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#1 15-01-2009 15:05:39

JP
@rmenaute
Réputation :   74 

N'est-il pas trop tôt ?

Tout en observant le côté novateur de la pétition, je conserve à son égard un regard méfiant. Non qu?il ne puisse pas exister des personnes sincères qui en aient signé le texte, mais parce que jusqu?à preuve du contraire tout n?est pas aussi limpide quant aux motivations cachées d?une telle entreprise. D?ailleurs, le collectif Van, toujours sur la brèche, ne manque pas d?en souligner  les contradictions. N?est-il pas étonnant en effet que certains, farouchement opposés à la reconnaissance du génocide, aient signé la pétition ? En quoi la reconnaissance du génocide ici ou là dans le monde empêcherait toute réflexion en Turquie ? 

Pourquoi continuer à prétendre  que tous les Arméniens décédés  ont perdu la vie en chemin, si ce n?est pour escamoter les massacres sur places ? Pourquoi continuer à nier le pillage des biens et leurs redistributions aux exilés de l?empire venus se réfugier en masse en Anatolie et dont l?accueil posé problème ?  Pour cacher à la fois le plan d?extermination, déguisé en simple déportation sans possibilité de retour puisque le vide était progressivement  comblé par les réfugiés de l?empire en déliquescence.

Il ne ce serait  donc rien passé ou presque rien, voilà pour la thèse officielle. Dès lors, pourquoi signer ? Rien n?est donc clair dans l?esprit des Turcs. Les voilà maintenant schizophrènes, eux qui se déchainent dès que le mot arménien est prononcé, du moins pour certains d?entre eux. La tragédie est avant turque, ne l?oublions pas.  La chute de l?empire est un déshonneur qui brise d?abord  l?orgueil ottoman et ensuite celui des Turcs. Qu?on se souvienne qu?un tel sentiment exista en Allemagne, après l?armistice de novembre 1918 vécu bien plus qu?une défaite. On en connait la suite, et ce n?est pas par hasard si Hitler puisa dans l?histoire des Turcs pour argumenter ici ou là sa thèse visant à grandir l?Allemagne et à exterminer les juifs.  D?ailleurs, durant cette période, les Turcs réécrivent leur histoire en la dotant d?une façade glorieuse et sans tâche. Le désir de modernisation vécu par l?élite la force à puiser dans les constitutions européennes de l?époque. Mais, pas plus qu?un tas de briques ne saurait élever un mur, l?assemblage de textes empruntés à d?autres états, y compris au fascisme italien,  ne saurait constituer une démocratie quant le tout est déposé par l?orgueil national sur une histoire fallacieuse et falsifiée. Si l?on peut comprendre ce qu?il en fut de cette construction au lendemain de la chute de l?empire, on conçoit mal qu?au fil des ans une évolution n?est aucunement remise progressivement l?histoire sur la voie de la vérité.  Alors, pourquoi prétendre à l?Europe, si le pays ne peut ni ne veut bouger de ses représentations, de ses stéréotypes, de ses mentalités ? Il se pouvait que les choses ne fussent pas perçues de la sorte, si bien que l?engament sur la voie européenne produisit une faille dans les représentations officielles. Deux autres failles vinrent ébranler l?édifice idéologique grand truc. D?abord,  la diaspora arménienne, dont on avait espéré la disparition, ensuite l?évolution du monde sortant l?individu anatolien de son enferment initial, ne serai-ce que par l?exil vers l?Europe. Et voilà maintenant que ce qui fut tant redouté arrive enfin. Le choc est immense, insupportable aux esprits encore rivés à l?image d?une grandeur nationale fabriquée de toutes pièces. Surtout que cela arrive au moment même où existerait une ouverture officielle vers l?Arménie, ouverture qui depuis peu est à nouveau passée sous silence.

Dans les réactions que nous relevons en provenance de la Turquie, nous constatons en fait que rien ne change au fond. Pourquoi ? Parce que ceux qui prêche l?ouverture du livre d?histoire pour en relire els évènements le fond avec une seule obsession, celle d?en retenir une nouvelle image encore à la gloire de la Turquie.  Autrement dit, nos grands intellectuels tournent en rond, reposent le même problème en le travestissant d?une autre manière, plus acceptable par le monde moderne. La forme change, pas le fond. Dès lors, dois-je me féliciter de cette pétition ? Je n?en suis pas certain. Cette pétition brille comme trop un miroir aux alouettes pour qu?on s?y précipite tant que certains préalables ne viennent accorder en Turquie les attitudes des uns avec les postures des autres.

Dans ces conditions, que faut-il penser de ceux qui en diaspora remercient pour cette demande de pardon ? N?est-il pas trop tôt pour se prononcer ?

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#2 15-01-2009 19:03:29

Louise Kiffer
@rmenaute
Réputation :   24 

Re: N'est-il pas trop tôt ?

Certes, tout ce que tu écris est juste, cette pétition est loin d'être un pas de géant vers la vérité historique,
mais c'est quand même une brêche dans le mur de leurs certitudes, c'est ainsi que commencent les
avalanches.

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#3 15-01-2009 22:24:38

lol ©
@rmenaute

Re: N'est-il pas trop tôt ?

http://lawrencehallofscience.org/pass/passv07/lunar_phase_animation10sec.gif

Dernière modification par lol © (01-05-2010 22:12:31)


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#4 16-01-2009 16:04:07

Louise Kiffer
@rmenaute
Réputation :   24 

Re: N'est-il pas trop tôt ?

Et pourtant : NAM 14 janvier 2009, restitution de biens aux Assyriens spoliés en 1915

Berzan Boti, un résident de la ville de Siirt en Turquie, a pris la décision de laisser toutes ses propriétés au Centre Seyfo, centre de recherche des Assyriens. Les propriétés consistent en des terrains et maisons qui appartenaient à des Assyriens avant le génocide de 1915.

Il y a un an, Berzan Boti, est entré en contact avec le Centre Seyfo. Dans la lettre il a fait des excuses pour ce qui était arrivé en 1915 et affirmait désirer rendre les propriétés. Dans sa lettre il affirmait : « Quand j?ai découvert que les propriétés que mes frères et moi-même avions hérité de notre père n?étais pas les notres, mais des propriétés prises à des Assyriens assassiné en 1915 j?ai resenti un sentiment indescriptible de culpabilité et de honte. J?ai longtemps pensé avec difficulté avant que de prendre cette décision.

J?ai essayé de me mettre dans leur position. J?ai personnellement fait des excuses à chaque Assyrien et Arménien que j?ai rencontré. Mais cela ne me débarrasse pas du crime que nos ancêtres ont commis. Même si je ne suis pas personnellement responsable de ce qui est arrivé en 1915, j?ai senti que je devais faire plus que juste des excuses. Finalement, je suis venu à la décision de rendre toutes les propriétés que j?ai hérité de mes ancêtres au Centre de Seyfo, qui lutte pour une reconnaissance du génocide en 1915 ».

Berzan Boti a maintenant signé un document disant que Sabri Atman, le fondateur du Centre Seyfo, est responsable des propriétés. Sabri Atman a reçu la lettre et dit que l?action de Boti est honorable.

« C?est un commencement ; j?espère que d?autres personnes qui ont obtenu des propriétés pendant le génocide prendront leur responsabilité comme Berzan Boti l?a fait » dit Sabri Atman.

Pour des raisons de sécurité Berzan Boti n?a pas donné sa vraie identité. Le transfert de propriété au Centre Seyfo aura lieu pendant une conférence de presse en Suède au printemps.






et pourtant:

NAM 14 janvier 2009, restitution de biens aux Assyriens spoliés en 1915

Berzan Boti, un résident de la ville de Siirt en Turquie, a pris la décision de laisser toutes ses propriétés au Centre Seyfo, centre de recherche des Assyriens. Les propriétés consistent en des terrains et maisons qui appartenaient à des Assyriens avant le génocide de 1915.

Il y a un an, Berzan Boti, est entré en contact avec le Centre Seyfo. Dans la lettre il a fait des excuses pour ce qui était arrivé en 1915 et affirmait désirer rendre les propriétés. Dans sa lettre il affirmait : « Quand j?ai découvert que les propriétés que mes frères et moi-même avions hérité de notre père n?étais pas les notres, mais des propriétés prises à des Assyriens assassiné en 1915 j?ai resenti un sentiment indescriptible de culpabilité et de honte. J?ai longtemps pensé avec difficulté avant que de prendre cette décision.

J?ai essayé de me mettre dans leur position. J?ai personnellement fait des excuses à chaque Assyrien et Arménien que j?ai rencontré. Mais cela ne me débarrasse pas du crime que nos ancêtres ont commis. Même si je ne suis pas personnellement responsable de ce qui est arrivé en 1915, j?ai senti que je devais faire plus que juste des excuses. Finalement, je suis venu à la décision de rendre toutes les propriétés que j?ai hérité de mes ancêtres au Centre de Seyfo, qui lutte pour une reconnaissance du génocide en 1915 ».

Berzan Boti a maintenant signé un document disant que Sabri Atman, le fondateur du Centre Seyfo, est responsable des propriétés. Sabri Atman a reçu la lettre et dit que l?action de Boti est honorable.

« C?est un commencement ; j?espère que d?autres personnes qui ont obtenu des propriétés pendant le génocide prendront leur responsabilité comme Berzan Boti l?a fait » dit Sabri Atman.

Pour des raisons de sécurité Berzan Boti n?a pas donné sa vraie identité. Le transfert de propriété au Centre Seyfo aura lieu pendant une conférence de presse en Suède au printemps.

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