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#26 25-10-2018 08:33:16

Adic2010
@rmenaute

Re: Al Andalous, sa réalité

Concernant les relations des Hays avec l'Andalousie, il y a LA CHANSON DE ROLAND... qui est un VRAI MYTHE / mais non mité-miteux !    hmm    roll    tongue

Les Arméniens sont cités plusieurs fois dans la Chanson de Roland. Surtout, il y a eu une étude (très) sérieuse sur les Chansons de geste (dont la Chanson de Roland) dans la Revue des études arméniennes, REA (Paris) 1922, tome II, pp.65-83 / Le mot Tervagan dans les Chansons de Geste,, M.S. David-Bek.

Il y a des applications à penser dans notre France profonde et sa diversité / Ancienne page ADIC réalisée vers 2005 à réactualiser.

>>> message#64

Bonne journée. Nil.

- 'Thread' faisant partie de la rubrique : FRANCE ET ARMÉNITÉ EN HISTORIOGRAPHIE  (#6)

- 'Thread' faisant partie de la rubrique : HORS HEXAGONE : REGISTRE(S) HISTORICO-GÉO-CULTUREL(S)  (#10)

#485

Dernière modification par Adic2010 (16-11-2018 00:04:36)

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#27 25-10-2018 10:45:14

Pascal Nicolaides
@rmenaute

Re: Al Andalous, sa réalité

Très intéressant sans conteste mais ce post n'a pas sa place dans cette discussion et devrait figurer dans le "Forum Le Monde Arménien" , dans la section "Histoire" ...
Cessez, svp, de"troller " systématiquement les sujets de discussion dont nous ne partageons pas le fond et de polluer les forum de pages et de pages stériles dans le seul but de faire valoir votre unique opinion, quel que soit le sujet d'ailleurs!


http://media.pn.am/media/issue/274/560/photo/274560.jpg

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#28 25-10-2018 11:23:33

Adic2010
@rmenaute

Re: Al Andalous, sa réalité

Grâce à notre ami PN, nous pourrons informer beaucoup de www sur le regard arménien concernant la réalité d'Al-Andalus -en particulier la Grande mosquée arabe de Cordoue avec sa gravure : PAZMAVEB.1858.ԺԶ - III.3, pp.88-90   neutral

Il y a même un wikipedia en arménien : Կորդովայի մզկիթ.   yikes

D'autres www et jpg à venir.    wink    Bonne continuation. Nil
#517

Dernière modification par Adic2010 (25-10-2018 11:26:05)

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#29 25-10-2018 11:30:21

Pascal Nicolaides
@rmenaute

Re: Al Andalous, sa réalité

Adic2010 a écrit:

Grâce à notre ami PN, nous pourrons informer beaucoup de www sur le regard arménien concernant la réalité d'Al-Andalus -en particulier la Grande mosquée arabe de Cordoue avec sa gravure : PAZMAVEB.1858.ԺԶ - III.3, pp.88-90   neutral

Il y a même un wikipedia en arménien : Կորդովայի մզկիթ.   yikes

D'autres www et jpg à venir.    wink    Bonne continuation. Nil
#517

Précision à l'attention de l'Internaute ADIC2010: 

JE NE SUIS PAS VOTRE AMI (heureusement !) Nous n'avons pas les mêmes valeurs !


http://media.pn.am/media/issue/274/560/photo/274560.jpg

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#30 25-10-2018 12:41:14

Adic2010
@rmenaute

Re: Al Andalous, sa réalité

Malgré tout, continuons à pointer des données arménisantes sur (la réalité de) Al-Andalus et SVP, pensons à les faire connaître en dehors de notre ghetto arméno-arménien / agité et en enfermement génocidaire / voir Piralian-Altounian & Cie...

Ainsi voici un article sur l'ALHAMBRA de Grenade : PAZMAVEB.1856.ԺԴ - XI.21 . pp.333-338 avec 4 gravures / la cour de la fontaine aux Lions ; salle intérieure ; arabesque...

et avec son wikipedia en arménien Ալ-Համբրա où on peut signaler ces données. Merci d'avance. Nil.
#537

Dernière modification par Adic2010 (25-10-2018 12:52:55)

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#31 25-10-2018 13:28:52

Pascal Nicolaides
@rmenaute

Re: Al Andalous, sa réalité

Et allez ! le Troll ADIC 2010 en remet une couche...Il ne supporte aucune contradiction: après l'orthographe stalinienne voici le retour des procès staliniens avec leurs lots de délations...Chassez le naturel...


http://media.pn.am/media/issue/274/560/photo/274560.jpg

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#32 25-10-2018 20:30:54

Adic2010
@rmenaute

Re: Al Andalous, sa réalité

Continuons à pointer des données arménisantes sur (la réalité de) Al-Andalus : pour les faire connaître aux Non-Hays.

C'est ce qui est important. En particulier, nous avons les composantes franco-espagnoles, franco-maghrébines et les milieux des pharmarciens.

Il s'agit d'un article en espagnol sur un manuscrit arménien traduit d'un manuscrit arabo-médiéval en pharmacologie de Ibn al BAYTAR (1197–1248). Il sera intéressant de trouver où est conservé le manuscrit arménien.

http://www.globalarmenianheritage-adic.fr/0sp/6baytar1956_0.jpg . Ibn al-Baytar en armeno, César Dubler, Al-Andalus (Madrid-Granada), 1956, pp 125-130

http://www.globalarmenianheritage-adic.fr/0sp/6baytar1956_125.jpg
#572

Dernière modification par Adic2010 (26-10-2018 16:15:20)

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#33 25-10-2018 20:37:54

Pascal Nicolaides
@rmenaute

Re: Al Andalous, sa réalité

Et le flooding continue ! Cet article devrait se trouver section "Histoire" duForum "Monde Arménien" Il n'a rien à voir avec le sujet de départ de cette discussion. Hélas le troll persiste selon sa stratégie habituelle- en attendant qu'i n'aille exhumer quelques posts datant de plusieurs années pour assouvir son besoin de s'exprimer pour rien...


http://media.pn.am/media/issue/274/560/photo/274560.jpg

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#34 26-10-2018 16:55:21

Adic2010
@rmenaute

Re: Al Andalous, sa réalité

On peut voir malheureusement par le message précédent que l'internaute PN ne tiens pas à accepter des témoignages arméniens d'époque ou biblio-arménisants concernant la réalité de l'Andalousie.     sad

Avant mon prochain arménisant sur Al-Andalus, voici la liste des messages arméno-historiques passés :

~ Message#5   : Vardgues Souréniants (1860-1921), peintre symboliste. Peinture de l'Alhambra de Grenade ;

~ Message#10 : échos du philosophe andalou Ibn-Rush (Averronès) dans des manuscrits arméniens ;

~ Message#18 : le juge arménien de Cordoue, originaire de Karine (Erzeroum) : Abou 'Ali al-Kali 901-967 ;

~ Message#20 : Frédéric Macler. Notices de manuscrits arméniens ou relatifs aux Arméniens vus dans quelques bibliothèques de la Péninsule ibérique et du sud-est de la France, Revue des Études arméniennes, Paris 1920, I. ;

~ Message#23 :  անդալուզիայ (Andalousie) & մաղրիպացոց (Maghreb) dans le récit du voyage de l'évêque Martyros Erzengatsi Մարտիրոս Երզնկացի en Europe (fin XV siècle) ;

~ Message#25 : Two Manuscripts Of Al-Qali's Redaction Of Ibn Qutayab's Adab Al-Katib, Primer Congreso de Estudios Arabes e Islamicos, Cordoba 1962, Actas, Madrid 1964 ;

~ Message#26 : Arméniens cités plusieurs fois dans la 'Chanson de Roland' ;

~ Message#28 : Grande mosquée arabe de Cordoue avec sa gravure : PAZMAVEB.1858.ԺԶ - III.3, pp.88-90 ;

~ Message#30 : un article sur l'ALHAMBRA de Grenade : PAZMAVEB.1856.ԺԴ - XI.21 . pp.333-338 avec 4 gravures ;

~ Message#32 : un article en espagnol en pharmacologie : Ibn al-Baytar en armeno, César Dubler, Al-Andalus (Madrid-Granada), 1956, pp 125-130.

Je listerai les références bibliographiques de l'article en espagnol et je commencerai (gamats-gamats) à les transcrire pour recherches ultérieures. Bonne continuation. Nil.
#640

Dernière modification par Adic2010 (26-10-2018 16:56:57)

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#35 26-10-2018 17:09:50

Pascal Nicolaides
@rmenaute

Re: Al Andalous, sa réalité

Adic2010 a écrit:

On peut voir malheureusement par le message précédent que l'internaute PN ne tiens pas à accepter des témoignages arméniens d'époque ou biblio-arménisants concernant la réalité de l'Andalousie.     sad

Avant mon prochain arménisant sur Al-Andalus, voici la liste des messages arméno-historiques passés :

~ Message#5   : Vardgues Souréniants (1860-1921), peintre symboliste. Peinture de l'Alhambra de Grenade ;

~ Message#10 : échos du philosophe andalou Ibn-Rush (Averronès) dans des manuscrits arméniens ;

~ Message#18 : le juge arménien de Cordoue, originaire de Karine (Erzeroum) : Abou 'Ali al-Kali 901-967 ;

~ Message#20 : Frédéric Macler. Notices de manuscrits arméniens ou relatifs aux Arméniens vus dans quelques bibliothèques de la Péninsule ibérique et du sud-est de la France, Revue des Études arméniennes, Paris 1920, I. ;

~ Message#23 :  անդալուզիայ (Andalousie) & մաղրիպացոց (Maghreb) dans le récit du voyage de l'évêque Martyros Erzengatsi Մարտիրոս Երզնկացի en Europe (fin XV siècle) ;

~ Message#25 : Two Manuscripts Of Al-Qali's Redaction Of Ibn Qutayab's Adab Al-Katib, Primer Congreso de Estudios Arabes e Islamicos, Cordoba 1962, Actas, Madrid 1964 ;

~ Message#26 : Arméniens cités plusieurs fois dans la 'Chanson de Roland' ;

~ Message#28 : Grande mosquée arabe de Cordoue avec sa gravure : PAZMAVEB.1858.ԺԶ - III.3, pp.88-90 ;

~ Message#30 : un article sur l'ALHAMBRA de Grenade : PAZMAVEB.1856.ԺԴ - XI.21 . pp.333-338 avec 4 gravures ;

~ Message#32 : un article en espagnol en pharmacologie : Ibn al-Baytar en armeno, César Dubler, Al-Andalus (Madrid-Granada), 1956, pp 125-130.

Je listerai les références bibliographiques de l'article en espagnol et je commencerai (gamats-gamats) à les transcrire pour recherches ultérieures. Bonne continuation. Nil.
#640

On peut voir que l'Internaute ADIC 2010 extrapole, fait semblant de ne pas comprendre et repart dans ses digressions..
Où a -t-il été chercher que je ne validais pas ses recherches de témoignages arméniens concernant Al-Andalus ???

Ce n'est pas le sujet TOUT SIMPLEMENT !

On parle ici d'un prétendu Age d'Or qui s'avère n'être qu'un mythe ( dont au passage se nourrissent les Islamistes !)
Que l'Internaute ADIC 2010 cesse de faire l'âne ...pour avoir du son !


https://fr.news.yahoo.com/chr%C3%A9tien … 07770.html
http://www.atlantico.fr/sites/atlantico.fr/files/styles/une/public/images/2018/10/1_23.jpg
Chrétiens, juifs et musulmans dans Al-Andalus, mythes et réalités
Atlantico.fr   
Hélène Renard pour Culture-Tops
Atlantico.fr26 octobre 2018
Chrétiens, juifs et musulmans dans Al-Andalus, mythes et réalités
Une pièce importante dans le dossier historique du multi-culturalisme.

LIVRE
Chrétiens, juifs et musulmans dans Al-Andalus, mythes et réalités

de Dario Fernandez-Morera,  préface de Rémi Brague, de l'Institut

Ed. Cyrille Godefroy

368 p. 24 €

RECOMMANDATION
Excellent 

THEME
L'affirmation qu'en Espagne arabo-musulmane (du VIIIe au XIIIe siècle) les fidèles des trois religions ont pu vivre une coexistence harmonieuse en un paisible paradis est une falsification de l'histoire. Telle est la thèse de l'auteur qui entreprend ici une démystification de cette vision idyllique (soutenue, affirme-t-il, par une propagande efficace et utile à certains). Les faits historiques, les textes (en particulier juridiques), les trouvailles archéologiques récentes,  la démentent. Il aborde dans les deux premiers chapitres la façon dont l'Espagne a été colonisée et conquise par les forces du Califat islamique, démontrant qu'il s'agissait bien d'un jihad, d'une invasion à motifs religieux, avec pour effets la destruction d'une civilisation, celle de l'empire chrétien gréco-romain et wisigothique. A partir du troisième chapitre, il détaille les réalités quotidiennes de la vie à al-Andalus, société régie par la sharia, gouvernée par un clergé islamique, proche du malikisme, école conservatrice de la jurisprudence musulmane, où des mots comme tolérance, liberté de conscience, n'avaient aucun sens. La prétendue convivencia était quotidiennement accompagnée de décapitations, d'empalements, de crucifixions à la fois contre les musulmans blasphémateurs et contre les chrétiens et les juifs non soumis.  Sans parler du sort réservé aux femmes, excisées, lapidées ou réduites à l'esclavage sexuel. Ni des destructions innombrables d'églises. Les Chrétiens restaient des dhimmis, tolérés mais avec des mesures humiliantes car en position d'inférieurs ; de même pour la majorité des juifs. Et bien entendu, (...)lire la suite sur Atlantico


Du bon impérialisme islamiste ou l’islamiquement correct sous couvert de l’Age d’or du Califat éclairé d’Al-andalous
Georges Bensoussan a dérangé les idéologues de la mythologie al-Andalous qui postulent que l’islam est une religion tolérante à l’égard des autres monothéismes
Le mythe d’Al-Andalous et de la supériorité de la science arabo-musulmane: carburants du totalitarisme islamiste

Dernière modification par Pascal Nicolaides (26-10-2018 17:20:48)


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#36 26-10-2018 19:04:46

Adic2010
@rmenaute

Re: Al Andalous, sa réalité

Continuons de bosser en données bibliographiques arménisantes sur (la réalité de) l'Al-Andalous.

Le "Mythe de l'Andalousie" (et sa fantasmagorie dont veut se nourir le comportement islamophobe=islamiste sera disserté dans le 'thread' parallèle adéquat.

Je liste ci-dessous les références bibliographiques de l'article en espagnol  Ibn al-Baytar en armeno, César Dubler, Al-Andalus (Madrid-Granada), 1956, pp 125-130

Je commencerai (gamats-gamats) à les transcrire pour recherches ultérieures. Bonne continuation. Nil.

~ Page.125 :
#1  ~
#2  ~
#3  ~
#4  ~

~ Page.126 :
#5  ~
#6  ~

~ Page.127 :

~ Page.128 :
#7  ~
#8  ~
#9  ~

~ Page.129 :
#10 ~
#11 ~
#12 ~
#13 ~

~ Page.130 :
#14 ~
#15 ~

Nous avons des (riches) bibliographies avec index où nous pourrons chercher անդալուզիայ

Bonne continuation à toutes et à tous -même nos islamophobes arméniens. Il faut les comprendre. Nil.

PS - Je prends l'autobus pour le Hay Dun de Berlin où je vais rencontrer une nouvelle dame arménienne née à Bakou. Nous parlons un peu en arménien, un peu en anglais. Mais sa soeur vit en France, elle est à la retraite et je vais avoir son numéro de téléphone et son e-mail.

http://3.bp.blogspot.com/-zIMALJuirSM/VNTAaea3SEI/AAAAAAAABRI/Zc_CDlIq2RM/s1600/%D5%84%D5%A1%D5%BF%D5%A5%D5%B6%D5%A1%D5%A3%D5%AB%D5%BF%D5%A1%D5%AF%D5%A1%D5%B6%2B%D6%81%D5%A1%D5%B6%D5%AF%D5%A5%D6%80.png
#672

Dernière modification par Adic2010 (26-10-2018 19:05:19)

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#37 26-10-2018 20:49:25

Pascal Nicolaides
@rmenaute

Re: Al Andalous, sa réalité

http://www.liguedefensejuive.com/george … 11-13.html

Georges Bensoussan a dérangé les idéologues de « la mythologie al-Andalous » qui postulent que l’islam est une religion tolérante à l’égard des autres monothéismes By liguedefensejuive | 13 novembre 2017

De Barbara Lefebvre,

Atlantico : Dans quel but avez-vous écrit ce livre ?

Barbara Lefebvre : En mars dernier, après le rendu du jugement prononçant la relaxe de Georges Bensoussan dans le procès qui lui avait été intenté à l’initiative du Collectif contre l’islamophobie en France, il nous a paru nécessaire d’éclairer l’opinion sur ce qui s’était joué au cours des mois écoulés dans cette affaire.

Ce livre revient sur ce qui s’est passé dès le lendemain de l’émission radiophonique de France Culture Répliques en octobre 2015 où Georges Bensoussan a prononcé les mots qui lui ont valu de comparaître quatorze mois plus tard pour « délit de provocation à la discrimination, la haine, la violence à l égard d’un groupe de personnes en raison de l’appartenance à une religion déterminée », en l’occurrence l’islam.

Quatorze mois de calomnie, de mensonges. Georges Bensoussan a subi des attaques personnelles, des intimidations jusque dans son cadre professionnel, lui dont l’honnêteté et la rigueur des travaux historiques n’ont jamais été mis en cause, ce dont Pierre Nora ou Elisabeth de Fontenay ont témoigné au procès. Ce fut une année pénible pour cet homme dont nous connaissons la probité et l’attachement aux valeurs humanistes. Se faire traiter de raciste et être traîné devant les tribunaux de son pays ont été un déchirement pour nous qui le connaissions, pour lui surtout.
Tant que le procès n’avait pas eu lieu, que les juges ne s’étaient pas prononcés, nous avions soutenu Georges Bensoussan de façon amicale et discrète notamment en créant une page Facebook de soutien. Nous ne voulions pas entrer dans les polémiques créés par des gens qui cherchaient d’abord à nuire à l’historien, auteur d’ouvrages qui mettent à mal certaines idées toutes faites. Une fois la relaxe prononcée, nous avons voulu rassembler des textes analysant le pourquoi et le comment de ce procès inique. Ce devait être une courte brochure, finalement c’est un livre de deux-cents pages. L’ouvrage n’est pas un outil de défense de Georges Bensoussan, son avocat est là pour cela et il saura trouver les mots avec autant de brio et de pertinence que le 25 janvier 2017 pour l’appel en mars prochain – puisque le CCIF bien que déclaré par la Cour irrecevable dans leur constitution de partie civile a fait appel.
Ce livre est d’abord un décryptage des mécanismes du déni du réel sur l’antisémitisme dans le monde musulman. Le livre montre bien que c’est d’abord une partie de l’œuvre de Georges Bensoussan qui nourrit la haine de certains idéologues. Il les a rendus fous de rage car il fait partie de ces rares chercheurs qui décrivent les ressorts historiques et culturels de l’antisémitisme arabo-musulman. Il en avait souligné la banalisation et la violence dans l’ouvrage collectif paru en 2002 les Territoires perdus de la République. Ce livre, beaucoup de gens en parlent sans l’avoir lu. Beaucoup de gens ont aussi décidé depuis sa parution de faire taire ceux qui tentent de faire émerger cette vérité. Son ouvrage Juifs en pays arabes. Le grand déracinement paru en 2012 est une somme historique contestée par aucun historien, mais qui a déchaîné les idéologues qui veulent diffuser ce que j’appellerai globalement « la mythologie al-Andalous » qui postule que l’islam est une religion tolérante l’égard des autres monothéismes. Or la situation des Chrétiens et des Juifs dans le monde musulman c’est une condition de soumission, de sujets, de dominés, depuis les conquêtes et le pacte d’Omar au VIIe siècle jusqu’à aujourd’hui, enfin là où il en reste (pour les Juifs, moins de 4000 personnes pour l’essentiel au Maroc et en Tunisie contre 900 000 en 1948…). Ces idéologues veulent faire accroire que la rupture dans cette lune de miel judéo-arabe est née avec le sionisme et la création d’Israël. Or nombre d’historiens montrent qu’il n’en est rien, que la judéophobie est constitutive de la doctrine islamique et qu’elle a été entretenu au fil des siècles pour devenir une banalité culturelle. Dire cela c’est être raciste dans la France de 2017 !

Comment décririez-vous ce déni du réel ?
Ce déni du réel s’accompagne non seulement de l’affirmation de contre-vérités mais aussi d’un dévoiement de l’antiracisme pour faire taire ceux qui disent le réel de cet antisémitisme là. Quand il s’agit de dénoncer voire trainer en justice les antisémites délirants de Rivarol ou Dieudonné, les choses semblent aller de soi. Quand il s’agit de dénoncer celui du PIR (nb : Parti des Indigènes de la République) ou de Medhi Meklat, les regards gênés se détournent et on abandonne celui qui s’en émeut publiquement à la meute qui l’accuse d’islamophobie.
On peut alors vous traîner devant les tribunaux pour l’usage d’un article indéfini qui signe votre arrêt de mort intellectuelle : les au lieu de certains, cela montre que vous essentialisez donc que vous êtes racistes. Quand Houria Bouteldja du PIR, le CCIF et bien d’autres de leurs alliés idéologiques obsédés par le post-national, disent « les blancs », « les juifs », « les Français », « les souchiens », ce n’est pas de l’essentialisation racistes puisque c’est de l’antiracisme. Ils ne parlent pas à une clientèle, ils parlent au nom de tous, ils essentialisent en permanence : « les musulmans », « les noirs », « les racisés », « les femmes racisées », mais ce n’est pas du racisme, c’est du progressisme ou du féminisme !
Nous avons donc voulu raconter dans le détail qui fut à la manœuvre dans cette procédure, sous quelles motivations. Montrer comment derrière l’historien c’est aussi le coordinateur de deux ouvrages basés sur des témoignages de terrain, Les territoires perdus de la République et Une France soumise, qu’on voulait atteindre. Montrer comment les associations antiracistes se sont embarquées dans cette galère. Logiquement pour la LDH et le MRAP qui sont des alliés objectifs du CCIF. Moins logiquement pour SOS Racisme ou la LICRA qui ne sont pas connus pour leur alliance avec l’islamo-gauchisme ou l’islamisme tout court. La LICRA en particulier y aura laissé des plumes, des dissensions internes à cause de l’affaire Bensoussan la fracturent désormais en profondeur. Nous avons voulu expliquer précisément pourquoi une personnalité comme Mohamed Sifaoui a pu se retrouver assis à côtés de ceux qu’il présente comme ses ennemis, à savoir le CCIF pour attaquer Georges Bensoussan avec autant de virulence. A chaque fois, ce qui était en jeu c’était nier la réalité d’un antisémitisme d’origine arabo-musulmane culturellement enraciné, violent et mortifère. Sifaoui essaie de faire croire que cet antisémitisme est une invention des islamistes, c’est un non sens historique, mais cela a un sens pour le politiquement correct actuel qui veut croire à la possibilité d’un « vivre ensemble » construit sur l’aveuglement collectif. Nous voulions aussi montrer que ce déni a des conséquences tragiques qui ne concernent pas que les Français juifs. Ce déni du réel qui prend parfois la forme d’une novlangue multiculturaliste politiquement correcte est un danger mortel pour l’identité démocratique de la France.

Vous semblez remettre en cause l’Etat et le système judiciaire à travers cet ouvrage. Que leur reprochez-vous ?
Nous ne remettons pas du tout en cause l’Etat, pas plus que le système judiciaire.
Nous sommes dans un Etat de droit et la justice est souveraine. D’ailleurs, ce procès aurait pu ne pas se tenir car une erreur de procédure permettait à Georges Bensoussan de s’y soustraire comme cela lui a été proposé en ouverture du procès par la Cour. Il a refusé de bénéficier de cette erreur matérielle. Il n’avait pas supporté ces mois de calomnie pour renoncer à démontrer sa bonne foi.
Nous avons simplement été stupéfaits que le Parquet décide de poursuivre après la plainte du CCIF déposée plusieurs mois après les faits, et ce malgré les auditions de Georges Bensoussan devant la police à deux reprises qui avait explicité ses propos au regard du contexte de l’émission où ils avaient été prononcés. Impossible de savoir s’il y a eu là un ordre venu du politique auprès du Procureur de la République. C’est indémontrable. Le fait est que le Parquet a validé la plainte. Dès lors la machine judiciaire était lancée.
La justice a fait son travail avec conscience, elle a consacré beaucoup de temps à auditionner tous les témoins ce 25 janvier 2017. L’audience a duré près de douze heures ! La relaxe a été motivée de façon rigoureuse. Nous publions, dans le livre, le jugement. Tout le monde se fera son opinion, c’est cela un Etat de droit. Nous n’avons donc rien à redire de la justice comme institution. Mais, en sortant à 1 heure du matin de cette interminable audience, nous étions entre l’envie de rire et de pleurer : comment peut-on encombrer la justice française de telles procédures.
Douze heures et des centaines d’heures de travail pour des juges, des greffiers etc. pour une expression sur la dimension culturelle de la judéophobie arabo-musulmane (« l’antisémitisme tété au lait de la mère ») et une assertion sur les ratés de l’intégration (« un autre peuple qui se constitue au sein de la société française »). Le président Hollande disait à peu de choses près la même chose à Davet et Lhomme, je cite : « comment peut-on éviter la partition? Car c’est quand même ça qui est en train de se produire: la partition», après avoir dit « qu’il y ait un problème avec l’islam, c’est vrai. Nul n’en doute » ou encore que le voile islamique est « un asservissement »…
Sans parler de propos du même acabit de personnalités de premier plan qui ont été cités lors du procès, dont Sifaoui qui témoignait contre Bensoussan, ce qui n’a pas été sans suscité l’hilarité, c’était l’arroseur arrosé en quelque sorte. La présidente lui a ainsi demandé quelle différence existait entre les propos de Bensoussan et lui qui avait parlé il ya quelques années de sociétés arabes « nourries à la mamelle de la haine antisémite »… Idem pour la sociologue Nacira Guénif témoin pour le CCIF et proche du PIR qui a convenu sans difficulté devant les juges que yahoud (juif en arabe) était une insulte en soi dans le monde arabe. Mais, elle a expliqué que c’était une expression qui n’avait pas un sens antisémite puisqu’elle est « d’usage courant, donc elle doit être contextualisée ». La salle a frémi, certains ont ri tant l’argument était ridicule et contre-productif pour les parties civiles qu’elle représentait. La présidente n’a d’ailleurs pas manqué de le lui faire remarquer. Dans ses écrits et son action militante, madame Guenif n’a pas ce genre de tolérance contextuelle quand il s’agit de condamner le racisme anti-arabe ou anti-noir. Deux poids, deux mesures.


http://media.pn.am/media/issue/274/560/photo/274560.jpg

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#38 27-10-2018 12:58:21

Adic2010
@rmenaute

Re: Al Andalous, sa réalité

http://www.globalarmenianheritage-adic.fr/images_6/20_anatolefrance.jpg . Sur le sujet de la réalité de l'Al-Andalous, voici

- une nouvelle donnée bibliographique par l'éminent arménophile Anatole FRANCE (1844-1924)

- "le jour de la bataille de Poitiers, quand, en 732, la science, l’art et la civilisation arabes reculèrent devant la barbarie franque."

On ne pourra pas accuser Anatole FRANCE d'être un pro-islamiste. D'autant plus qu'à l'époque, les méchants n'étaient pas les Arabes -mais c'étaient les Allemands.

C'est ainsi qu'après la judéophobie, avec l'air du temps il y aura la germanophobie, puis par la suite la russophobie, les autres xénophobies avec l'arrivée des migrants venant en France, l'américanophobie., etc., etc.

Aujourd'hui, aux USA, après la négrophobie, c'est la hispanophobie qui semble dépasser l'islamophobie. Nil
#725

Dernière modification par Adic2010 (27-10-2018 13:11:40)

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#39 27-10-2018 13:24:25

Pascal Nicolaides
@rmenaute

Re: Al Andalous, sa réalité

https://www.franceculture.fr/emissions/ … ou-reve-de


DU LUNDI AU VENDREDI DE 11H À 11H55
Réécouter La revanche des vieux conflits (2/4) : Al Andalus, idéal de tolérance ou rêve de conquête guerrière
58 MIN
La revanche des vieux conflits (2/4)
Al Andalus, idéal de tolérance ou rêve de conquête guerrière
29/08/2017
PODCAST   EXPORTER 
Le 17 et 18 août, l’Espagne a été frappée par un double attentat. Revendiquée par Daesh, la péninsule ibérique nommée Al Andalus sous la domination musulmane (VIIIe au XVe siècle) reste un enjeu de reconquête pour le groupe terroriste. Que signifie Al Andalus dans les mémoires espagnoles ?

Du VIIIe siècle jusqu'à la chute du royaume de Grenade en 1492, l'islam et la culture arabe ont dominé tout ou partie de la péninsule ibérique. Plus ou moins étendu, plus ou moins florissant, « Al-Andalus » a rayonné et fasciné, au-delà même de sa capitulation.

Rejeté par la monarchie catholique, puis sublimé par les orientalistes, le passé musulman de l'Espagne est devenu progressivement un mythe; utile à la construction politique, un épisode fondateur de la mémoire nationale.

Un mythe instrumentalisé aussi par les djihadistes qui, aujourd’hui, s’en servent pour justifier des carnages, appelant à la reprise de ces territoires arrachés aux musulmans par les chrétiens, une humiliation intolérable qu’il serait urgent d’effacer.

Quelle est la réalité historique de la période des royaumes musulmans d'Espagne ? Quelles traces a-t-elle laissé, dans la langue, la culture et la formation de la nation espagnole ?

Comment a-t-elle conditionnée la manière dont l’Islam s’inscrit, aujourd’hui encore, dans le paysage religieux, social et politique de la péninsule ibérique ? Quel héritage pour le vivre ensemble à l’espagnole ?

Idéal de tolérance ou rêve de conquête, nous allons étudier comment le mythe d'Al-Andalus continue de mobiliser et de polariser l'Espagne contemporaine.

Une émission préparée par Marguerite Catton.


http://media.pn.am/media/issue/274/560/photo/274560.jpg

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#40 27-10-2018 13:32:22

Pascal Nicolaides
@rmenaute

Re: Al Andalous, sa réalité

http://www.lemessieetsonprophete.com/an … ession.htm

Al-Andalus, l’Andalousie musulmane dans sa réalité

— juifs et chrétiens, et statut de « dhimmi » —

De : Clémence Hélou Matar, Comprendre l’Islam et construire une humanité fraternelle et spécifique, Paris, Cariscript, 2010


p. 246-250

Être « protégé » des musulmans

Le poids de la « protection » s’alourdissait très vite. En 822, au début du règne d’Abd ar-Rahman, l’émir de Cordoue, les recettes annuelles prélevées sur la population dhimmi s’élevaient à six cent mille dinars et trente ans plus tard elles atteignaient cinq millions et demi de dinars. 418

Lorsqu’une résistance populaire apparaissait ou menaçait d’apparaître, le pouvoir musulman organisait à volonté et en toute bonne conscience – puisque obéissant à des ordres divins – des massacres, des transferts et des déportations, de population. Toute tentative de rébellion était donc étouffée dès lors que le tissu social était déchiré. 419

Les autorités religieuses, évêques, prêtres ou rabbins, absorbés par leurs problèmes paroissiaux et leurs disputes doctrinales et théologiques n’encourageaient pas leurs ouailles à la révolte. Ils prélevaient la jizia pour le pouvoir musulman et s’efforçaient de maintenir la paix surtout que les autorités musulmanes les rendaient responsables de tout problème et les punissaient en conséquence.

Toute tentative du dhimmi d’échapper à son « humiliations » autrement que par la conversion à l’islam, ou toute manifestation d’esprit critique ou d’indépendance, entraînait la perte de « protection » et en fait l’obligation pour le musulman de le combattre et le tuer sous peine de fâcher Allah.

Du fait du désarmement de la population, toute tentative de révolte était vouée à l’échec et se terminait par d’impitoyables tueries et des prises d’esclaves.

En 805, pour mettre fin à des troubles à Cordoue, le gouvernement fit exécuter 72 personnes et fit clouer leurs cadavres sur des croix le long du chemin longeant le Guadalquivir. Vers 807, à Tolède pour mettre un terme à l’opposition des notables, mouladis, de la ville, l’émir les invita tous à une réception et les fit exécuter. 420

Les aspects d'une humiliation permanente

L’humiliation des dhimmis a pris les formes les plus diverses. Cloches, schofars, bannières, croix, tout signe visible ou audible de leur foi leur était proscrit avec une obligation de discrétion dans la pratique de leur culte et l’enterrement de leurs morts. Leur infériorisation se manifestait également entre autres par des vêtements distinctifs et l’interdiction d’avoir des maisons plus hautes que celles des musulmans. 421

La monte à cheval (animal noble) était également interdite aux « protégés » qui devaient céder le passage lorsqu’ils croisaient à pied un musulman ou s’ils étaient à dos d’âne descendre de leur monture.

Au XVIIIème siècle, le roi Frédéric V du Danemark (1723-1766) envoya une expédition dirigée par le Danois Carsten Niebuhr étudier l’Arabie. C. Niebuhr a raconté qu’en 1761, au cours du séjour de son équipe au Caire, un médecin français y fut mutilé pour n’être pas descendu assez vite de son âne en croisant un seigneur musulman. Le simple passage de non musulmans (impurs) à proximité des mosquées, de certaines maisons, ou de certains quartiers était considéré une profanation. 422

Lorsqu’il venait payer ses impôts, le dhimmi devait se tenir debout à l’endroit le plus bas, se présenter tête basse, être traité avec dédain. Il fallait lui faire sentir que c’était lui faire une grâce que d’accepter de lui la jizia, l’humiliation pouvant être complétée par des soufflets ou des coups de bâton. 423

L’uléma Muhammad al-Majlissi (mort en 1699) a conseillé de maintenir les dhimmis dans la peur et le doute en ne leur permettant pas de connaître le montant de la jizia, de sorte que, le jour du paiement, ils se présentent avec tout leur argent et comptent jusqu’à ce qu’il leur soit dit de s’arrêter. 424

En Espagne au XIIè siècle, les obligations d’un inspecteur musulman de l’ordre public consistaient entre autres, à veiller à la parfaite ségrégation des sexes, à l’assiduité à la mosquée et surtout à ce que les juifs portent bien un signe qui permette de les identifier. L’inspecteur devait également s’assurer que les musulmans ne souhaitent pas la paix aux juifs et aux chrétiens qui, étant le parti du diable, devaient être haïs et isolés. 425

La précarité de la situation des non musulmans, même lorsque leurs services leur permettaient d’atteindre une situation relativement élevée, est illustrée par les massacres en Espagne de près de cinq mille juifs à la suite de la perte de faveur et du meurtre en 1066 de Joseph fils de Samuel ibn Naghrela connu en hébreu comme Samuel ha-Naguid (993 – 1056).

Joseph ibn Naghrela avait repris la charge de vizir assumée par son père au service de la famille Zirid qui dirigeait Grenade. Il suscita des jalousies, et le poète Abû Ishâq de Elvira (mort en 1067) avait alors composé des poèmes appelant les musulmans à ramener les juifs à l’était d’infamie qu’ils méritaient et où ils se trouvaient dans les autres pays musulmans ? Le poète rappela à ses coreligionnaires qu’Allah dans le Coran avait prévenu les musulmans contre la fréquentation des mauvais. Il les appela à sacrifier le chef des juifs (Joseph ibn Naghrela) comme une offrande à Allah et à ne pas non plus épargner son peuple. Ce qu’une foule excitée s’empressa de faire. 426

Dans les pays sous domination musulmane, les indigènes devenus musulmans, qui retournaient à leur foi d’origine furent toujours exécutés. Ainsi, la fille d’Ibn Hafsoun, descendant du dernier comte de la principauté autonome de Rhonda en Espagne, qui était revenue au christianisme et était entrée dans un couvent à Cordoue, fut extirpée de son couvent, condamnée pour apostasie et égorgée en 937. 427

L'oppression au 13e siècle

Aux XIIème et XIIème siècles, les fondamentalistes Almoravides (de al mourabitoun, c’est-à-dire ceux qui gardent les frontières des territoires musulmans), puis les Almohades (de al mouahiddoun ou ceux qui oeuvrent au service de l’unicité d’Allah), venus d’Afrique du Nord soutenir le pouvoir musulman en Espagne, contraignirent de nombreux juifs et chrétiens à se convertir.

Les inquisiteurs musulmans chargés de contrôler la sincérité des nouveaux convertis retiraient les enfants de leurs familles et les confiaient à des familles musulmanes. Pour leur échapper, le grand savant juif Maimonide feignit la conversion à l’islam, puis se réfugia en Egypte. En 1148, les juifs furent renvoyés d’Espagne par les musulmans dans des conditions que l’on retrouvera lors des expulsions organisées par le pouvoir royal espagnol en 1492. 428

Le dhimmi n’avait aucune valeur juridique face à un musulman contre lequel sa parole au tribunal était irrecevable en cas de conflit. 429

L’accusation de blasphème contre l’islam était (est toujours) en terre d’islam le moyen le plus simple de faire condamner à mort quelqu’un. Sous une apparence de noble défense du sacré, c’est également le moyen le plus sournois de museler et détruire la liberté et la vérité. Des voyageurs européens o nt signalé au XVIIIème siècle qu’en pays musulmans, leur parole n’ayant aucune valeur, ils avaient été contraints de payer des sommes importantes à des commerçants qui les accusaient d’avoir insulté l’islam. 430

L’humiliation des non musulmans et la multiplication des agressions à leur encontre à tout instant de la vie quotidienne étaient facilitées par les vêtements distinctifs qu’ils devaient porter, permettant de les reconnaître au premier abord.

Les vêtements distinctifs des dhimmis servaient également à les contrôler financièrement. Ils pouvaient être arrêtés dans les rues et devaient toujours pouvoir produire la preuve qu’ils avaient payé leur jizia. Au Yémen, les juifs furent contraints de porter des vêtements particuliers jusqu’à leur départ pour Israël en 1948. 431

L’exploitation des dhimmis fut un souci constant des autorités musulmanes au cours des siècles. On la retrouve en 1576 dans la correspondance du sultan Mehmed III demandant au gouverneur de la ville de Safed d’envoyer des familles juives à Chypre pour l’enrichir. La réponse du gouverneur qui souhaitait garder ses familles juives, car le trésor de Damas souffrirait de grandes pertes si elles partaient, est éloquente.432 Les autorités musulmanes devaient parfois intervenir pour protéger les dhimmis de violences spontanées, ne serait-ce qu’à cause des multiples avantages tirés de leur exploitation.

Après l’invasion de Constantinople et la fuite ou le massacre de la population, le sultan Mahomet II contraignit des chrétiens et des juifs à venir s’y installer pour revivifier la ville.

Dans l’Espagne sous dominations musulmane, pour pallier au manque à gagner résultant des conversions d’indigènes, les autorités musulmanes avaient décidé de continuer à faire payer le Kharaj aux convertis distinguant les musulmans de la première heure ainsi que leurs descendants de ligne masculine des convertis plus récents, les « moualladuns ». 433

Ségrégation et haine sociale

La ségrégation et la haine entretenues entre musulmans, non musulmans et nouveaux musulmans, Arabes et non Arabes dans la population en Espagne y ont souvent entraîné des éruptions de violence spontanée. En 891, lorsque le corps arabe originaire du Yémen qui constituait la garnison de Séville se souleva, les soldats déchaînés massacrèrent aussi bien les dhimmis que les convertis moualladuns dont les vieux musulmans doutaient de la sincérité. Un poète arabe du IXème siècle célébra ces massacres se félicitant de la mise à mort des nouveaux musulmans, esclaves et fils d’esclaves. 434

p. 251

L’histoire prouve donc qu’il est vital de refuser d’entrer dans le jeu des islamistes qui tentent actuellement d’imposer partout une ségrégations entre les musulmans et les non-musulmans et de remettre en question les traditions et la culture de leur pays d’accueil.

_________________________________________________

Page d’accueil

418 DUFOURCQ Charles-Emmanuel, La vie quotidienne dans l’Europe Médiévale sous domination Arabe, p. 214, Hachette, Paris, 1978.

419 Bat YE’OR, Les Chrétientés d’Orient entre Jihâd et dhimmitude, VIIè-XXè siècle, p. 43, Editions du Cerf, collection « L'histoire à vif », Paris, 1991

420 DUFOURCQ Charles-Emmanuel, La vie quotidienne dans l’Europe Médiévale sous domination Arabe, p. 217, Hachette, Paris, 1978.

421 FATTAL Antoine, Le Statut légal des non musulmans en Pays d’Islam, p. 203, Imprimerie Catholique, Beyrouth, 1958.

422 Carsten NIEBUHR, Voyage de M. Niebuhr en Arabie et en autres pays de l'Orient, Avec l'extrait de sa description de l'Arabie & des observations de Mr Forskal, pp. 80-81, Chez les Libraires Associés, Berne, 1780.

423 Bat YE’OR, Juifs et chrétiens sous l’islam face au danger intégriste, p. 63, Berg International Editeur, Paris, 2005,

424 BOSTOM Andrew G., The Legacy of Jihad : Islamic Holy war and the fate of Non-Muslims, p. 219, Prometheus Books, Amherst, NY, 2005.

425 CONSTABLE Olivia Remie , Medieval Iberia : Readings from Christian, Muslem, and Jewish Sources, p. 179, University of Pennsylvania Press, Philadelphia, 1997.

426 Ibid., p. 91 - 98

427 DUFOURCQ Charles-Emmanuel , La vie quotidienne dans l’Europe Médiévale sous domination Arabe, p. 234, Hachette, Paris, 1978.

428 STARK Rodney, One true God : Historical Conqequences of Monotheism, p. 80, Princeton University Press, Princeton, 2001.

429 HIITI Philipp K. , History of the Arabs, p. 235, The Macmillan Press Ltd, London, Tenth Edition, 1970.

430 NIEBUHR Carsten, Voyage de M. Niebuhr en Arabie et en autres pays de l'Orient, Avec l'extrait de sa description de l'Arabie & des observations de Mr Forskal, pp. 427 – 428, Chez les Libraires Associés, Berne, 1780.

431 Bat YE’OR, Juifs et chrétiens sous l’islam face au danger intégriste, p. 90, Berg International Editeur, Paris, 2005,

432 LEWIS Bernard Cultures in conflict : Christians, Muslims, and Jews in the Age of Discovey, p. 43, Oxford University Press, New York, 1995.

433 DUFOURCQ Charles-Emmanuel, La vie quotidienne dans l’Europe Médiévale sous domination Arabe, p. 202, Hachette, Paris, 1978.

434 Ibid, pp. 209 - 211


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#41 28-10-2018 08:07:58

Adic2010
@rmenaute

Re: Al Andalous, sa réalité

https://halqa.hypotheses.org/files/2017/12/REMM.jpg . http://iremam.cnrs.fr/IMG/jpg/logo-iremam-hd-tiff-100.jpg . Les (mini)données arméno-bibliographiques sur (la RÉALITÉ d')AL-ANDALUS seront importantes à faire connaître aux historiographes

- de la REVUE DU MONDE MUSULMAN ET DE LA MÉDITERRANNÉE

- de L'INSTITUT DE RECHERCHES SUR LES MONDES ARABES ET MUSULMANS (AIX-MARSEILLE)
et
- du CENTRE JACQUES BERQUE (RABAT).

Peut-être grâce à eux, nous pourrons en trouver d'autres.  smile     Nil

https://www.persee.fr/renderIssueCoverThumbnail/remmm_0035-1474_1985_num_40_1.jpg . http://www.cjb.ma/cjb-logo_3.png . https://iismm.hypotheses.org/files/2018/03/IISMM-bulletin-V3.jpg
#775

Dernière modification par Adic2010 (28-10-2018 08:18:15)

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#42 28-10-2018 10:02:23

Pascal Nicolaides
@rmenaute

Re: Al Andalous, sa réalité

C'est inoui tout de même la capacité de mauvaise foi d'ADIC 2010 ! Ce "chercheur en Arménologie appliquée" sait mieux que tous les historiens précités sur ce sujet- qui soit dit en passant sont eux, de vrais chercheurs...

Alors il ramène tout à sa marotte, sa turlutaine monomaniaque : la Défense et l'Illustration de l'Islam, des Arabes...

Si l'on ose le contredire- même avec des arguments difficilement contestables- il fustige toute opposition à ses points de vue, en accablant l'opposant en lui prêtant des sentiments qu'il n'a pas : encore une fois que cela soit bien clair: je n'ai rien contre les Arabes, ni contre l'Islam ce que je demande c'est qu'on ne nous bassine pas à longueur de forums avec ça !
Je crois hélas qu'on ne peux pas faire entendre raison à un esprit aussi étroit et de parti-pris...

.


http://media.pn.am/media/issue/274/560/photo/274560.jpg

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#43 28-10-2018 15:43:32

Adic2010
@rmenaute

Re: Al Andalous, sa réalité

Avant de passer à mon prochain message en bibliographie arménisante sur LA RÉALITÉ d'AL-ANDALUS, voici la liste des messages arméno-historiques passés :

~ Message#5 : Vardgues Souréniants (1860-1921), peintre symboliste. Peinture de l'Alhambra de Grenade ;

~ Message#10 : échos du philosophe andalou Ibn-Rush (Averronès) dans des manuscrits arméniens ;

~ Message#18 : le juge arménien de Cordoue, originaire de Karine (Erzeroum) : Abou 'Ali al-Kali 901-967 ;

~ Message#20 : Frédéric Macler. Notices de manuscrits arméniens ou relatifs aux Arméniens vus dans quelques bibliothèques de la Péninsule ibérique et du sud-est de la France, Revue des Études arméniennes, Paris 1920, I. ;

~ Message#23 : անդալուզիայ (Andalousie) & մաղրիպացոց (Maghreb) dans le récit du voyage de l'évêque Martyros Erzengatsi Մարտիրոս Երզնկացի en Europe (fin XV siècle) ;

~ Message#25 : Two Manuscripts Of Al-Qali's Redaction Of Ibn Qutayab's Adab Al-Katib, Primer Congreso de Estudios Arabes e Islamicos, Cordoba 1962, Actas, Madrid 1964 ;

~ Message#26 : les Arméniens cités plusieurs fois dans la 'Chanson de Roland' ;

~ Message#28 : Grande mosquée arabe de Cordoue avec sa gravure : PAZMAVEB.1858.ԺԶ - III.3, pp.88-90 ;

~ Message#30 : un article sur l'ALHAMBRA de Grenade : PAZMAVEB.1856.ԺԴ - XI.21 . pp.333-338 avec 4 gravures ;

~ Message#32 : un article en espagnol en pharmacologie : Ibn al-Baytar en armeno, César Dubler, Al-Andalus (Madrid-Granada), 1956, pp 125-130 ;

~ Message#34 : 1er listing des messages avec titres

~ Message#36 : Ibn al-Baytar en armeno, César Dubler, Al-Andalus, 1956, pp 125-130 / listing des références bibliographiques en bas page >> recherches utérieures

~ Message#38 : citation d'Anatole France (1844-1924)

~ Message#41 : REVUE DU MONDE MUSULMAN ET DE LA MÉDITERRANNÉE -- L'INSTITUT DE RECHERCHES SUR LES MONDES ARABES ET MUSULMANS (AIX-MARSEILLE) -- CENTRE JACQUES BERQUE (RABAT).

~ Message#43 : 2ème listing des messages avec titres

~ Message#44 : les archives et études sur Al-Andalus au Maroc ?? (penser à informer le Catholicos Karékine II du Liban pour rencontrer le Roi du Maroc, Commandeur des Croyants, qui pourra condamner le GDA1915 comme étant un crime contre l'Humanité contraire à l'islam).

~ Message#45 : la plus ancienne Université du Monde fondée par une femme / Mosquée Al Qaraouyine à Fès

~ Message#53 : Medieval Islamic Spain (al-Andalus) as a Civlizational Bridge between Later Antiquity and Early Modernity, Roscoe C. HINKLE, Brigham UnIversity, Salt Lake City 2009

~ Message#54[/url][/u] : LISTING RÉCAPITULATIF / à tenir à jour

~ Message#nn[/url][/u] :

#850

Dernière modification par Adic2010 (03-11-2018 10:06:44)

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#44 29-10-2018 10:12:11

Adic2010
@rmenaute

Re: Al Andalous, sa réalité

Malheureusement' il n'y a pas écrit le mot Ալ-Անդալուս ou անդալուզիայ dans la carte ci-dessous de la mappemonde arménienne d'Amsterdam de 1695.

http://www.globalarmenianheritage-adic.fr/0sp/6_map1695.jpg . http://a133.idata.over-blog.com/0/31/89/29/andalousie.jpg . https://pmcdn.priceminister.com/photo/915083589_MML.jpg . On peut y lire cependant :

Կատիս (Cadix) ~~ Ջիբրալտար (Gibraltar) ~~ Սիվիլլա (Séville) ~~ Կօրտվա (Cordoue) ~~ Մուրցէա (Murcia) -- et aussi Թօլէտ (Tolède), Մադրիտ (Madrid), etc.

Cependant, il y a écrit dans la carte ci-dessous ՖԷՍ --Ֆէս // FÈS et nous avons son wikipedia arménien. C'est ce qui important aujourd'hui / sachant les futures recherches historio-bibliographiques pouvant conduire à des contacts diplomatico-religieux de notre (très dynamique) Catholicos Aram Ier d'Antélias avec les autorités religieuses officielles du Maroc >> Maroc, sonCommandeur desCroyants etL'Arménie ? Islam.MA & GDA1915 ?.

Je rappelle que le Maroc est le seul pays arabe qui n'a pas été occupé par les méchants (truco-)Turcs (à la sauce ottomane).

http://www.globalarmenianheritage-adic.fr/0ab/x4_1carte1695.jpg.

À suivre // recherches vers les études et les archives andalouses au Maroc // en ajoutant au fur et à mesure.

Je vais préparer mon deuxième thé du matin. Merci de votre patience. À bientôt. Nil.  smile
#885

Dernière modification par Adic2010 (29-10-2018 12:41:36)

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#45 29-10-2018 12:57:33

Adic2010
@rmenaute

Re: Al Andalous, sa réalité

http://www.globalarmenianheritage-adic.fr/flags/a_maroc.JPG . http://www.globalarmenianheritage-adic.fr/flags/armenie.jpg . http://www.globalarmenianheritage-adic.fr/flags/france.JPG . Suite au message précédent où l'on voit l'importance des sources arabo-médiévales sur l'Al-Andalus s'orientant vers le Maroc...

https://i.ytimg.com/vi/hSb6ngVaOqo/maxresdefault.jpg . https://lnt.ma/wp-content/uploads/2017/03/qarawiyyine-925x430.jpg . https://balises.bpi.fr/files/live/sites/Balises/files/Images/Histoire/Al-Andalus/Couverture%2C%20Ce%20que%20la%20culture%20doit%20aux%20arabes%20d'Espagne.jpg  . https://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn%3AANd9GcSccEyqfKzhzv2SWqC0NGfWTDkB8uv_Kc80nXfDYjHeoNDUIxVT . https://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSgUVQFQhZUd6G0OnD0wXcd0fd3lEmCV_gMr2nwRmx91KDRXtNmSg . https://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn%3AANd9GcQVvQjqF8hq8eInvXiTWU_bI4j2ZfSmw7MD7LqfGiA3rcg1Dt1I . Henri TERRASSE, La Mosquee des Andalous à Fes. Paris, Edit. Art et Histoire, sd. (1942). Un volume de texte de 54 pages, broché, illustré de 4 plans dépliants suivis d'un volume de 96 planches sous portefeuille.

Vous pouvez en parler à vos associations et aux conseils cultuels de vos paroisses qui pourraient contacter les spécialistes des manuscrits andalous au Maroc travaillant à L'INSTITUT DU MONDE ARABE ou y étant intéressés dans les Associations musulmanes franco-communautaires -dont celles originaires du Maroc. En parler autour de vous en pensant aussi en particulier aux conseillers culturels dans les municipalités des communes de France jumelées avec des villes du Maroc.

UNIVERSITÉ AL QUARAOUYINE À FES ~~ BIBLIOTHÈQUE DE L'UNIVERSITÉ D'AL QUARAOUYINE[/url][/u]?? ~~ INSTITUT DES RECHERCHES DES ÉTUDES ANDALOUSES À FÈS[/url] ?? ~~ MOSQUÉE DES ANDALOUS À FES

http://www.lecentreculturelmarocain.ca/wp-content/uploads/2016/11/fès-Maroc.png
PS - Quelle est la ville de France jumelée avec Fès ?
#930

Dernière modification par Adic2010 (29-10-2018 16:23:04)

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#46 29-10-2018 13:58:06

Pascal Nicolaides
@rmenaute

Re: Al Andalous, sa réalité

http://frblogs.timesofisrael.com/al-and … is-existe/

The Times of Israël

 
OPS & BLOGS  >  Maurice-Ruben Hayoun

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Al-Andalus, un paradis qui n’aurait jamais existé ?3 DÉCEMBRE 2017, 16:45    BLOGGERMaurice-Ruben Hayoun
Maurice-Ruben Hayoun
Né en 1951 à Agadir, père d'une jeune fille, le professeur Hayoun est spécialiste de la philosophie médiévale juive et … [Plus]
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C’est bien ce qu’affirme avec force, sur plus de sept cents pages, Sérafin Fanjul, l’auteur de ce véritable pavé, intitulé Al-Andalus, l’invention d’un mythe.

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Et pour être certain d’avoir été bien compris, il enfonce le clou en ajoutant un sous titre des plus explicites La réalité historique de l’Espagne des trois cultures.
Tout est dit avec ces trois termes : l’histoire, à ne pas confondre avec la littérature ou la poésie, l’Espagne dont l’auteur va s’attacher à prouver sur des pages et des pages le caractère spécifiquement chrétien ou hispano-romain ou – wisigothique, et enfin les trois cultures religieuses que sont le christianisme, le judaïsme et l’islam, ces deux derniers ayant été sacrifiés sur l’autel de la monarchie catholique unificatrice, pour faire de la péninsule ibérique ce qu’elle est aujourd’hui.

Le propos de l’auteur est absolument univoque : il combat avec force les thèses modernes ou anciennes de l’hispano-arabisme et fait preuve d’une érudition absolument écrasante tant en matière historique de son pays l’Espagne, qu’en littérature arabo-musulmane dont il est, sans conteste, un spécialiste reconnu.

Voici ce qu’on peut lire dès la page 71 et cela se poursuivra jusqu’à l’ultime page de sa conclusion : « la proximité géographique avec le Maroc et le fait historique indiscutable qu’une part de l’Andalousie a été le dernier territoire musulman de la péninsule ibérique. C’est sur ces bases aussi fragiles et critiquables que repose l’arabité de l’Andalousie… »

L’ouvrage que nous recensons, et qui en contient deux en réalité, a été ainsi conçu pour la version française dont la parution va sûrement provoquer des réactions de soutien mais aussi de rejet.

On a un peu tendance à l’oublier, tant on se focalise sur l’expulsion des Juifs de la péninsule ibérique en 1492, mais les morisques (musulmans convertis au catholicisme, pour la plupart, de force, mais qui saisissaient chaque opportunité pour islamiser en secret) furent eux aussi victimes de massacres et de bannissements collectifs en 1609 et en 1614.

L’Espagne, ou pour être plus précis, les régions qui la constituent aujourd’hui encore mais qui n’avaient pas, à l’origine, d’autre ciment unificateur que géographique et religieux, fut conquise dès les premières années du VIIIe siècle par un islam expansionniste.

Le conquérant musulman ne sera chassé des domaines, jadis indépendants les uns des autres, de la couronne espagnole, que vers la fin du XVe siècle avec la chute du royaume de Grenade.

Mais durant tant de siècles, près de sept, l’occupant arabo-musulman a imprimé sa marque à tant de lieux dans la péninsule, à sa culture, à ses pratiques, y compris religieuses, au point qu’une certaine historiographie, énergiquement dénoncée et rejetée par Sérafin Fanjul, a tracé les contours d’une terre intrinsèquement musulmane et fait de pans entiers de la lexie hispanique, un sous produit de la langue arabe.

Les cités les plus connues de cette terre d’accueil que fut l’Andalousie ont été magnifiées, portées au pinacle par des historiens, notamment arabo-musulmans, suivis de près (de trop près selon Fanjul) par des collègues ou des littérateurs espagnols qui accréditèrent ce que l’auteur considère comme un mythe, une pure invention, une idée qui a germé dans l’esprit de gens qui étaient soit des idéologues soit des ignorants, parlant de choses qu’ils ne connaissaient pas.

On discerne ici, bien que l’expression ne soit jamais utilisée, une sorte de haine de soi que l’auteur combat avec acharnement. Il parle de gens qui adorent détester l’Espagne dans sa composante actuelle.

Et il cloue au piloris des auteurs qui imputent à la foi catholique la responsabilité de ce qui ne marche pas bien dans la péninsule.

En termes encore plus clairs : le catholicisme serait venu troubler gravement une entente profonde et durable entre les différentes cultures présentes en Andalousie, une paradis que l’auteur considère avoir été une pure fiction historique.

Cette thèse de l’absence de tout âge d’or, ou de relations sereines ou fécondes, mutuellement profitables aux adeptes des trois grandes cultures religieuses, est défendue avec force par cet auteur qui ruine jusqu’à ses fondements.

Pour donner une idée de ce qui se passe ici, disons que le dialogue interreligieux, intercivilisationnel et interculturel entre les Juifs et les musulmans n’aurait jamais existé en cette Andalousie des premiers siècles de la conquête arabe.

Des gens comme Abraham ibn Ezra ou Moshé ibn Ezra et avant lui, Salomon ibn Gabirol de Malaga ou Juda ha-Lévi, qui avaient tous une excellente connaissance de la langue arabe, n’auraient alors jamais joué le rôle qu’on leur prête habituellement dans la plupart des livres d’histoire…

Certes, Fanjul souligne avec raison que les minorités ethniques et religieuses vivant sous la férule arabe à Cordoue et ailleurs, étaient des citoyens de seconde zone, des dhimmis ; l’auteur n’hésite pas à utiliser le terme d’apartheid qui aurait réglé durant tous ces siècles la vie quotidienne des juifs et des chrétiens.

On rappelle même que ces non-musulmans furent contraints de choisir entre l’exil, la conversion forcée ou la mort.

Fanjul cite même des passages tirés de livres du grand islamologue anglo-américain et juif Bernard Lewis qui semble s’accommoder, dans ses analyses historiques de grande valeur, de tels traitements dégradants.

Exemple : si un créancier juif a un débiteur arabe il doit observer bien des règles de politesse, voire de soumission, en lui réclamant son argent.

Il parle en baissant les yeux, use de formules les plus respectueuses, comme un sujet de seconde zone s’adressant à quelqu’un appartenant à la classe supérieure.

Et là Fanjul n’a pas tort : les relations sociales ne reflètent pas du tout un âge d’or…

Même si je trouve que la thèse de la nature mythique de cet âge d’or, de cette époque bénie des VIIIe-XVe siècles, n’est pas dénuée de force, le ton constamment polémique adopté par l’auteur finit par m’agacer et par émousser ses propres arguments.

Ce que nous pouvons rappeler, cependant, pour bien montrer qu’il est dans le vrai, du moins partiellement, ce sont les persécutions dont Maïmonide (1138-1204), donc bien avant la Reconquista, et l’ensemble se famille, furent victimes dans sa ville natale, Cordoue, qu’ils durent quitter pour échapper à la conversion forcée.

C’est ce que dit Maimonide littéralement dans une missive : we-nitsalti min ha-shemad…

Mais même dans leur fuite éperdue vers la ville marocaine de Fès ils ne se sentirent guère plus en sécurité et durent reprendre la route pour s’établir en Orient, d’abord à Alexandrie, ensuite dans la région du Caire.

Si l’Andalousie avait réellement été ce havre de paix et de sérénité, respectueuse de la diversité religieuse de ses habitants et avait tenu compte de leurs libertés fondamentales, les natifs non-musulmans de cette contrée ne se seraient pas précipité sur les routes de l’exil…

Mais par-delà cette analyse historique du passé, ce qui importe aux yeux de cet auteur, c’est de réaffirmer que les racines de l’hispanité sont tout sauf arabo-musulmanes, même si sept siècles de présence islamique dans la péninsule ne se sont pas évanouies sans laisser la moindre trace.

Un autre facteur semble obséder l’auteur, c’est le mélange des populations, les habitants originels du pays et les hispano-arabes considérés comme des conquérants et des occupants.

Et on en vient à parler des yeux de braise des femmes sévillanes dont les reflets rappelleraient indéniablement la présence arabe au temps jadis. Les Maures, comme on les appelait au Moyen Age, se seraient mêlés à la population locale en contractant des mariages et en provoquant des conversions, la plus souvent forcées…

Il est vrai que ce débat autour de la présence arabo-musulmane durant tant de siècles suscite tout un questionnement au sujet de l’identité de la péninsule ibérique et donc du statut de la religion catholique, sans laquelle l’Espagne contemporaine ne serait pas ce qu’elle est, depuis au moins les premières années du XVIIe siècle, après l’expulsion massive des derniers morisques.

Alors, pouvons nous dire qu’une certaine arabité est constitutive de l’identité nationale de ce pays où certains n’hésitaient pas à opposer l’Espagne à l’Etat espagnol ?

Et l’Espagne en tant que telle, formée par le fer et le sang, serait-elle en opposition presque ontologique avec cette terre de paix et de fraternité qu’aurait été cette Andalousie si disputée…

Ce serait cet héritage paradisiaque ou prétendu tel que la Reconquista aurait annihilée, arrachant l’Espagne à sa destinée première ?

Alors quel serait le vrai fondement de ce pays qui s’est uni par la force et la guerre : l’islam des premiers siècles de l’Hégire ou le catholicisme qui a uni toutes ces provinces sous la bannière de l’église et le sceptre de ses rois ?

A la page 96 on peut lire ceci : … nous affirmons que l’unification plus politique que religieuse (nous insistons à ce sujet) entreprise par les Rois catholiques et poursuivie par leurs successeurs a évité à l’Espagne de très graves conflits internes qui subsistent dans des pays comme la Turquie.

Ce type de phrases pourrait passer pour des justifications de toutes les expulsions des minorités religieuses vivant dans le royaume. Il est vrai que dans la phrase suivante, Fanjul écrit qu’il vaut mieux une expulsion qu’une extermination, notamment des Arméniens…

La thèse se laisse défendre mais elle implique tant de choses que la saine raison se doit de désavouer.

A la page 102, l’auteur revient sur un sujet délicat concernant la participation de roitelets africains au commerce triangulaire et souligne que sans l’intervention active de ces négriers noirs, le transfert de millions des leurs n’aurait pas été possible.

Ce n’est pas faux même si une telle traite est abominable, quels que soient leurs promoteurs.

Dans un excellent volume regroupant de très belles études de Bernard Lewis et intitulé sobrement Islam, on lit une étude très fouillée sur l’islam et l’esclavagisme.

L’éditeur souligne que la plupart de ces études furent traduites en langue arabe, à l’exception, toutefois, ce celle signalée plus haut.

Dans le chapitre sobrement intitulé l’Espagne perdue et retrouvée, on lit ceci page 104 : subitement, les vaincus voient s’abattre sur eux en même temps une religion totalisante et fascinante, exaltée par ses triomphes militaires, une organisation sociale qui n’avait pas encore dépassé le stade du tribalisme et une culture embryonnaire qui devait tout aux pays récemment conquis, encore loin de la splendeur à venir.

L’énoncé est si clair qu’il se passe de commentaire ; il y a, certes, du vrai là-dedans, mais le ton et la perspective étonnent quelque peu sous la plume d’un collègue si érudit.

Fanjul est du côté de la vérité historique lorsqu’il stigmatise l’idéalisation tardive et à distance (comme il le dit lui-même) des musulmans et de leur influence bienfaisante en Andalousie durant leur domination pluriséculaire.

Fanjul parle de culture ennemie et juge que ce fut sur le plan religieux que s’effectua le plus fort rejet de la culture arabo-musulmane.

C’est justement là que se situe la pomme de discorde entre l’auteur et l’historiographie qu’il dénonce comme étant à la fois ignorante (volontairement ou involontairement) des faits historiques et animée par une idéologique discutable..

J’ai noté dans le camp chrétien de l’époque, un élément qui m’a rappelé la préoccupation majeure des communautés juives de l’Espagne médiévale : lors de confrontation militaires ou d’invasions de territoires, voire d’actes de piraterie, les Maures enlevaient des soldats ou des habitants et exigeaient de fortes rançons pour leur libération (p. 168).

Or, les chrétiens faisaient preuve d’un zèle comparable à celui des communautés juives désireuses d’obtenir la libération des captifs.

Car, tant les chrétiens que les juifs redoutaient plus que tout des conversions forcées de leurs coreligionnaires détenus par les Arabes.

A la fin du chapitre, voici la conclusion qu’on peut lire (p. 173) : dans tous les cas, on assiste tout au long de ces sept siècles à la constitution d’un esprit d’auto-défense d’abord, de vengeance ensuite et enfin de reprise collective de l’idée d’une justice divine.

Par quelque bout que l’on considère l’histoire assez controversée de cette entité politique et géographique qu’est l’Espagne ou l’Etat espagnol actuel (ce n’est pas vraiment la même chose) on relève la présence indiscutable d’une certaine imprégnation religieuse.

Parfois, c’est dans ce domaine mystérieux qu’on est allé chercher un principe d’explication aux catastrophes nationales ou au déclin qui s’est emparé de ce pays et de ses habitants.

Nul besoin de parler de l’image catastrophique de l’Espagne et de ses très catholiques souverains dans la conscience juive.

Certains rabbins avaient même jeté l’anathème sur ce pays, interdisant à tout bon juif d’y résider, en souvenir des atrocités commises…

Il y avait un slogan en judéo-arabe pour vouer l’Espagne aux gémonies : Spanya khaliya. Mais les Espagnols eux-mêmes pensaient parfois que les malheurs qui s’abattaient sur leur royaume étaient une punition, un châtiment venu d’en-haut.

Avoir jeté sur les routes de l’exil des centaines de milliers de Juifs et de Morisques, avoir arraché à leur terre natale tant d’innocents dont le seul crime était de penser, de croire et de prier autrement, ne pouvait pas laisser la divinité indifférente à un tel malheur.

On lit ceci page 234 : … des fantaisies à la mode ou des clichés les plus burlesques : on doit bien entendu la décadence espagnole à l’expulsion des Juifs et des Morisques…

Ce combat autour de l’origine de l’identité (est-elle hispano-mauresque ou hispano-romaine ?) parcourt aussi tout un chapitre dont le titre prête à sourire : Les Maures ont-ils apporté le Flamenco ?

Je vous laisse deviner la réponse tant elle est facile à deviner… p. 322 : « les Arabes s’enorgueillissent du fait que nous leur devons le Flamenco alors que cette filiation est loin d’être claire… »

Bien que je n’aie pas épuisé la moitié des remarques que j’entendais faire sur cet ouvrage qui est important et qui fera date, il faut conclure.

L’auteur conteste formellement l’expression qu’il cire en page 363, « les présupposés culturels islamiques ».

Mais il est peut-être excessif de parler de chimère d’Al-Andalus, de sa falsification, de son édulcoration.

Il serait plus juste et plus vrai historiquement de dire ceci : (p 396) Nous ne pouvons pleinement comprendre notre passé sans étudier l’existence de l’Espagne musulmane.

Il faut lire ce livre de Sérafin Fanjul qui se veut, c’est évident, iconoclaste. Il nous recommande jeter un regard neutre, sans préjugés sur les racines culturelles d’une Espagne musulmane, Al-Andalus, dont le mythe ou la réalité a illuminé l’existence de tant de gens.

Mais lui-même ne respecte pas toujours les règles qu’il édicte. Outre le ton souvent polémique et la volonté de se confronter durement à ceux qui ne pensent pas comme lui, l’auteur a négligé, selon moi, un aspect dans son grand libre : l’aspect philosophico-religieux ou théologique.

Averroès, Maimonide et ibn Nagrela ne sont cités qu’en passant alors que l’historiographie que dénonce l’auteur fait fond sur eux pour déployer cette Andalousie de notre passé ou de nos rêves.

Souhaitons à cet ouvrage qui fera date une réédition prochaine au cours de laquelle il sera débarrassé, non point de sa thèse principale qui en constitue l’épine dorsale, mais de certaines déclarations polémiques qui en déparent le contenu.

Sérafin FANJUL : Al-Andalus, l’invention d’un mythe. La réalité historique de l’Espagne des trois culture. Editions l’Artilleur, 2017


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#47 29-10-2018 14:29:22

Pascal Nicolaides
@rmenaute

Re: Al Andalous, sa réalité


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#48 29-10-2018 14:50:46

Pascal Nicolaides
@rmenaute

Re: Al Andalous, sa réalité

https://www.jforum.fr/al-andalus-netait … croit.html


Professeur de littérature arabe et historien, Serafin Fanjul vient de publier une somme magistrale, Al-Andalus. L’invention d’un mythe (L’Artilleur, 2017). En développant une réflexion poussée sur l’identité nationale espagnole, il bat en brèche le mythe d’un paradis multiculturel mis en place par les huit siècles de domination musulmane. Loin d’une symbiose entre chrétiens, juifs et musulmans, Al-Andalus formait une société foncièrement inégalitaire, guerroyant contre les royaumes chrétiens du Nord, soumettant les minorités en son sein. Entretien (2/2)
Retrouvez ici la première partie de cet entretien

Causeur. Dans votre essai Al-Andalus. L’invention d’un mythe (L’Artilleur, 2017), vous déconstruisez l’image idyllique de l’Espagne musulmane que certains intellectuels espagnols ont construite a posteriori. En comparant certaines périodes d’Al-Andalus à l’Afrique du Sud sous l’Apartheid, ne commettez-vous pas un anachronisme ?

Serafin Fanjul. Je n’établis pas un parallèle entre al-Andalus et l’apartheid sud-africain, je dis seulement qu’il y a une certaine similitude entre les deux. Et en vérité, cette similitude existe en raison de la séparation des communautés religieuses et raciales, des droits très supérieurs accordés aux musulmans et au-contraire des statuts inférieurs qu’avaient les membres des deux autres communautés. Il y avait aussi entre les musulmans des différences de degré de noblesse et de prééminence selon leur appartenance au groupe des berbères, des muladis (les chrétiens d’origine hispanique convertis à l’islam), des arabes « baladis » (les premiers à avoir pénétré dans la péninsule, en 711) et des arabes commandés par Baldj, arrivés en 740.

Dans al-Andalus, les personnes n’avaient de valeur et n’étaient des sujets de droit qu’en tant que membres d’une communauté et non pas en tant qu’individus. La pierre de touche était évidemment les mariages mixtes. Il était impossible pour une musulmane de se marier avec un chrétien ou un juif, et il était même difficile pour une femme « arabe  d’origine » de se marier avec un muladi (un chrétien converti à l’islam) en vertu du concept de Kafa’a (proportionnalité), et dans la mesure ou celle-ci était considérée comme ayant un sang de niveau supérieur. Quand la domination politique et militaire a été inversée et que les musulmans sont devenus minoritaires, la situation a été maintenue mais cette fois au détriment de ces derniers.

Les textes écrits dans al-Andalus abondent en allusions discriminatoires et insultantes contre les chrétiens et les juifs. Ces derniers se sont matérialisées, pour ne citer que quelques exemples,  par la persécution antichrétienne du IXe siècle à Cordoue, par le pogrom de 1066 à Grenade, par les déportations de juifs au Maroc au XIIe siècle, ou par les fuites massives de chrétiens et de juifs vers l’Espagne chrétienne dès le IXe siècle.

Vous décrivez un choc des civilisations et d’un état de guerre quasi-permanents entre chrétiens, juifs et musulmans…

La première fois que j’ai lu l’expression « choc des civilisations » ce n’est pas sous la plume d’Huntington, mais dans l’œuvre majeure de Fernand Braudel La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, dont la publication remonte à 1949. Je crois interpréter correctement Braudel en affirmant pour ma part, en accord avec lui, que la langue nous égare en suggérant derrière le syntagme « choc des civilisations » l’idée de grandes confrontations guerrières. Il ne s’agit pas du tout de cela, mais plutôt de confrontations quotidiennes à petite échelle, réitératives, dans la vie courante, entre des cosmogonies différentes, des notions de base, des conceptions du monde dissemblables, des morales civiques ou sexuelles, des concepts politiques élémentaires, mais qui sont déterminants dans la relation des êtres humains avec le pouvoir : la soumission totale ou l’exercice de droits et la conscience de posséder des droits. Et cela sans entrer dans des questions plus concrètes comme la position de la femme ou celle des minorités religieuses, qui heureusement ont été depuis longtemps dépassées en Europe, alors que dans les pays musulmans elles demeurent intactes ou suscitent des convulsions graves lorsqu’elles sont débattues.

A lire aussi: « Serafin Fanjul: « La Catalogne a été économiquement favorisée par l’Etat espagnol »

Je n’ai jamais écrit qu’il y avait un état de guerre permanent dans la péninsule ibérique médiévale entre deux blocs antagoniques et irréductibles. Et cela parce que je sais parfaitement que cela n’a pas été le cas jusqu’à ce que la Reconquête se consolide comme grand projet national au XIIe et XIIIe siècles. Je sais aussi, bien sûr, qu’il y a encore eu par la suite des alliances croisées avec des royaumes de taïfas musulmans, des interventions de troupes chrétiennes (même franques) ou musulmanes contre des princes chrétiens comme cela avait été le cas depuis le IXe siècle.

Le monde d’Averroès et Maimonide était-il si apocalyptique ?

Je ne crois pas qu’il soit très heureux de citer Averroès et Maïmonide comme deux exemples de liberté de pensée et de confraternité des communautés dans al-Andalus. Averroès était un néoplatonicien qui a été persécuté en tant que libre penseur par les Almohades. Quant au juif Maïmonide, il a été obligé de s’islamiser. Exilé au Maroc avec sa famille, il est allé ensuite en Égypte où il est retourné au judaïsme. Découvert et dénoncé par un habitant d’al-Andalus, il a été accusé d’apostasie et n’a pu finalement sauver sa vie que grâce à l’intervention du cadi Ayyad. Maïmonide expose bien sa position et son état d’esprit à l’égard des chrétiens et des musulmans dans son  Épitre au Yémen.

Comment en arrivez-vous à justifier politiquement l’expulsion des juifs et des morisques (maures convertis au christianisme) de l’Espagne chrétienne ?

J’essaie seulement d’expliquer ces événements. Nous ne pouvons pas nous limiter à voir les événements du passé comme bons ou mauvais, alors qu’ils sont tout simplement irréversibles. La seule chose que nous puissions faire, c’est de nous en rapprocher le plus honnêtement possible pour essayer de les comprendre. Et dans le cas ou notre bonne foi et notre volonté régénératrice sont sincères, il nous faut essayer de ne pas les répéter.

C’est malheureusement toute l’Europe médiévale qui s’est appliquée à marginaliser et persécuter les juifs, avec de fréquents massacres et des mises à sac de quartiers juifs. Dans l’Espagne chrétienne, ce mouvement s’est produit plus tard. Si en 1212 les troupes castillanes d’Alphonse VIII ont protégé les juifs de Tolède contre les francs venus à cette occasion, en revanche, en 1348 et 1391, la situation était radicalement différente. Il y a eu alors une grande quantité de morts, d’exactions et de conversions forcées. Les juifs convertis au christianisme et ceux qui avaient maintenu leur foi, après les tentatives de conversion massive des années 1408-1415, ont cependant coexisté tout au long du XVe siècle. Au début, les Rois catholiques ont essayé de faire en sorte que les juifs et les mudéjares (musulmans) demeurent sur les lieux où ils vivaient et conservent leurs fonctions. Ils dépendaient directement du roi, payaient un impôt spécial de capitation et recevaient en échange une protection face a la société, mais toujours avec l’idée qu’à long terme on parviendrait à les convertir. Au XIIe et XIIIe siècles les communautés juives de l’Espagne chrétienne avaient augmenté considérablement alors que celles d’al-Andalus en étaient venues à disparaitre en raison de l’action des Almohades. A la même époque, la persécution des juifs redoublait en Europe. Cette attitude générale a fini par atteindre l’Espagne, stimulée par le fait que quelques juifs se livraient à l’usure et participaient au recouvrement des impôts, motifs qui irritaient les populations exploitées les plus pauvres et les incitaient à des réactions aussi brutales que totalement injustes. Jean Ier, en 1390, et Isabelle Ière, en 1477, avaient dû freiner les ardeurs belliqueuses des membres les plus exaltés du clergé.

Quelle était la situation des sujets juifs du royaume catholique de Castille ?

À  la veille de l’expulsion de 1492, il y avait  environ cent mille juifs dans la couronne de Castille et une vingtaine de mille en Aragon. Une minorité était riche, mais la majorité ne l’était pas (il s’agissait d’agriculteurs, d’éleveurs, d’horticulteurs, d’artisans du textile, du cuir et des métaux). La protection dans les terres des seigneurs de la noblesse était plus directe et plus efficace que celle du domaine royal. Les juifs y exerçaient des professions libérales comme la médecine en dépit des interdits. Parmi les juifs proches des Rois catholiques il y avait notamment Abraham Seneor, grand rabbin de Castille, Mayr Melamed, Isaac Abravanel, Abraham et Vidal Bienveniste. L’attitude des Rois catholiques n’était pas antijuive mais elle ne contribua pas non plus à éliminer l’hostilité populaire ni à contredire les arguments doctrinaux contre les juifs. Le plus grand connaisseur actuel de l’Espagne des Rois catholiques, Miguel Ángel Ladero Quesada, écarte les motifs économiques pour expliquer l’expulsion (qui était en fait plutôt préjudiciable pour les revenus de la Couronne). Il  l’attribue plutôt à la volonté de résoudre le problème des convertis judaïsant, problème qui avait déjà justifié l’établissement de la nouvelle inquisition en 1478. On croyait alors que les juifs, par leur seule présence et en raison des liens familiaux qui les unissaient avec de nombreux convertis, contribuaient à empêcher l’assimilation ou l’absorption. D’autre part, comme les juifs n’étaient pas chrétiens, ils ne pouvaient pas faire l’objet d’enquêtes de la part de l’Inquisition. Le climat d’euphorie de la chrétienté triomphante après la prise de Grenade en 1492, aida les inquisiteurs à convaincre les Rois catholiques de la nécessité de l’expulsion. D’autant qu’à cette époque de plein affermissement du pouvoir royal, une idée se répandait de plus en plus: celle selon laquelle seule l’homogénéité de la foi pouvait garantir la cohésion du corps social, indispensable au bon fonctionnement de la monarchie. Nous savons aujourd’hui que ces idées étaient injustes et erronées, mais elles avaient alors cours dans toute l’Europe. Pour s’en convaincre, il suffit de rappeler l’antisémitisme féroce de Luther, la persécution des huguenots, des protestants en Espagne, en Italie et en France, ou des catholiques dans les différents pays d’Europe du nord au cours des siècles suivants.

Quant aux musulmans, je crois savoir qu’ils n’ont pas été épargnés par l’Espagne catholique…

La politique de la Couronne envers les musulmans a été erratique et souvent contradictoire. Les mudéjares (musulmans sous la domination des chrétiens) avaient subsisté depuis le XIIIe siècle bien qu’en nombre décroissant. L’expulsion comme châtiment pour rébellion (1264) à Niebla et Murcie, l’exil volontaire pour ne pas être soumis au pouvoir chrétien et l’attraction qu’exerçait le royaume de Grenade, avaient finalement vidé l’Andalousie occidentale de ses musulmans. Après la prise de Grenade, les mudéjares ont été autorisés à émigrer ou à rester en conservant leur religion, mais en 1498 les pressions pour qu’ils se convertissent ont été tellement fortes qu’elles ont provoqué la rébellion des Alpujarras (1499-1502) avec pour conséquence le décret de baptême forcé ou l’expulsion. La fuite volontaire et clandestine de morisques s’est ensuite accrue en raison des fatwas et des exhortations des jurisconsultes musulmans (al-Wansharisi, ibn Yuma’a) qui condamnaient la permanence en territoire chrétien pour ne pas s’exposer au danger de perdre la foi et de finir christianisé. En 1526, une nouvelle rébellion de morisques (crypto-musulmans officiellement chrétiens) a éclaté dans la Sierra d’Espadan et l’explosion finale, le grand soulèvement de Grenade, Almeria et Malaga, s’est produit en 1568. Dès le début du XVIe siècle, il a été interdit aux morisques de quitter l’Espagne en raison des effets négatifs que cela pouvait avoir sur les caisses de la Couronne. Il leur a été également interdit de s’approcher des côtes à moins de dix kilomètres pour éviter leur fuite ou les empêcher de collaborer activement avec les pirates barbaresques et turcs qui dévastaient le littoral espagnol.

Et la population catholique, était-elle aussi hostile que la Couronne aux ex-musulmans devenus morisques ?

L’hostilité de la population chrétienne à l’égard des morisques n’a fait qu’augmenter au cours des événements. Elle a culminé avec la prise de conscience de leur refus de s’intégrer dans la société majoritaire. A nouveau, le peuple et le bas clergé ont exacerbé leur antipathie pour les morisques, ce qui en retour a renforcé la haine et le rejet par ces derniers de la majorité dominante, un cercle vicieux qui ne pouvait être rompu que par le maillon le plus faible, en dépit des opinions contraires des autorités politiques les plus hautes, de la noblesse de certaines régions (qui avait des travailleurs morisques comme en Aragon et à Valence), voire du roi lui-même. Entre 1609 et 1614, environ trois cent mille morisques qui ont quitté l’Espagne surtout en direction du nord de l’Afrique.


Al Andalous, l’invention d’un mythe: La réalité historique de l’Espagne des trois cultures

Price: EUR 28,00

par
Daoud Boughezala

– 15 novembre 2017
causeur.fr
L’interview mentionne Maimonide comme islamisé. Quel sens donné à cette dérive sémantique?
Le parcours, toute l’oeuvre de Rambam montre sa résistance à toute forme de prosélytisme islamique des conquérants Almohades.
Comme il a survécu aux persécutions certains mauvais esprits ou prosélytes professionnels en déduisent qu’il s’est converti..Quelle drôle de conclusion ?
Relisons mieux et étudions bien son parcours pour comprendre pourquoi Maimonide a tant influencé le judaïsme.
Allez sur le site redécouvrir la vie et l’oeuvre de Maimonide.
joel@jforum.fr

2 COMMENTS
David Belhassen Nov 19, 2017 at 16 h 53 min
Maïmonide s’est en effet converti à l’islam ! Ce personnage abject que les juifs rabbiniques idolâtrent et encensent, a été un collabo des musulmans et a provoqué, de par sa “taqyah” toute musulmane, l’islamisation de centaines de milliers d’Israélites au Maroc et au Yemen !

Reply
o.icaros Nov 17, 2017 at 14 h 17 min
Ce n’était pas la peine d’aller chercher un parallèle avec l’Afrique du sud. L’empire ottoman aurait suffi!!!!!!!!!!!!!!
Il n’y avait que les idiots utiles pour adhérer à cette thèse, un espace de prospérité et d’harmonie ou les trois religions louaient d’un même choeur le créateur.


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#49 29-10-2018 15:03:46

MARZEVAN
@rmenaute
Réputation :   36 

Re: Al Andalous, sa réalité

Qu'en reste t-il quatre ou cinq siècles plus tard, c'est à dire maintenant au XXIème siècle ?

Reste t-il des communautés musulmanes, des descendants de ces maures convertis ?

Il y a une quinzaine d'années une information a divulgué qu'il y aurait des Espagnols de religion musulmane descendants des primo envahisseurs qui auraient pratiqués leur religion en cachette depuis des siècles et qu'ils allaient maintenant se découvrir au grand jour.

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#50 29-10-2018 15:06:57

Vassilyan
Banni
Réputation :   

Re: Al Andalous, sa réalité

Y'a beaucoup d'Ibères qui ont des faciès arabes d'ailleurs, à mon avis Cristiano Ronaldo c'est bien plus une tête qu'on retrouve dans nos banlieues maghrébinisées qu'à Lisbonne.

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