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#26 25-10-2018 23:58:37

Adic2010
@rmenaute

Re: Al Andalus, l'invention d'un mythe

- 'Thread' faisant partie de la rubrique : FRANCE ET ARMÉNITÉ EN HISTORIOGRAPHIE  (#6)

- 'Thread' faisant partie de la rubrique : HORS HEXAGONE : REGISTRE(S) HISTORICO-GÉO-CULTUREL(S)  (#10)

Transcription de la fin de la page.45 et de la page.46 du livre ci-dessous / suite au message#16 dans la page précédente...

https://www.babelio.com/couv/cvt_LOCCIDENT-IMAGINAIRE--LA-VISION-DE-LAUTRE-DS-LA_5620.jpeg . "L'Occident imaginaire. La vision de l'Autre dans la conscience politique arabe", Nassib Samir El-Husseini, historien né au Liban, Presses universitaires du Québec 1998.

(page.45) Prenons l'exemple de Bernard Lewis. Il saute aux yeux du lecteur arabe que ce célèbre orientaliste confond "chrétienté" et "Occident". Ce faisant, il contribue du haut de son autorité à présenter les Arabes et les musulmans comme des ennemis de la chrétienté. Ainsi le choix qu'il fait des nombreuses citations des récits des voyageurs arabo-musulmans méprisant les moeurs des chrétiens pour une raison ou pour une autre provoque chez le lecteur non averti le sentiment que (page.46) les Arabes et les musulmans voueraient une haine et un mépris profonds à l'endroit de la chrétienté. La citation qui suit témoigne de la confusion qu'il aide à créer en dissociant chrétienté et Arabes et en fusionnant la première à Al-Gharb :

. Le récit d'Usâma a toutes les caractéristiques d'une historiette ethnique ; il illustre néanmoins avec pittoresque l'impression que les moeurs matrimoniales chrétiennes devaent faire aux observateurs musulmans de l'époque.(*36)

Alors que, dans la citation en question, Oussâma parle des Francs et non des chrétiens (*37) ! Lewis poursuit :

. Le spectacle de ces chrétiennes n'était cependant pas déplaisant. Le musulman espagnol Ibn Djubair, qui visita la Syrie et la Palestine au temps des croisés, eut la chance d'assister à un mariage chrétien.(*38)

Comme si l'Andalousie était vide de chrétiens ! La question bien entendu, n'est pas de savoir si le chroniqueur andalou a assisté ou non à un mariage chrétien en Andalousie : ce qui nous intéresse dans l'affirmation de Lewis réside plutôt dans le fait qu'il véhicule l'idée que la possibilité de vivre une telle expérience est improbable. La tolérance vécue en Andalousie se trouve ainsi censurée par l'orientaliste et remplacée par une image suggérant l'interprétation contraire.

De telles subtibilités servent, souvent à l'insu de leur auteur et du lecteur, à consolider le cliché que les Arabes ne peuvent pas être des chrétiens et que l'islam ne se présente pas dans la continuité de la Bible, alors que le contre cliché annonce que la chrétienneté n'est pas l'apanage de d'Al-Gharb qui en fait l'a importée d'Al-Charq.

Aujourd'hui, le monde des intellectuels arabes n'a plus vraiment besoin ni des orientalistes ni des missionnaires pour répandre de tels clichés, car ils appartiennent maintenant à la conscience arabe, qu'ils ont profondément pénétrée. Par ailleurs, il existera toujours un nombre suffisant d'Arabes pour faire le travail des missionnaires sans que ceux-ci aient à se déplacer.

*36. Bernard Lewis, Comment l'islam a découvert l'Europe, traduit de l'anglais par Annick Pélissier, Paris, Gallimard, 1990, p.272 et 273

*37. Nous avons vu plus haut qu'Amin Malouf ne tombe pas dans le piège d'associer Francs et chrétienneté dans le discours d'Oussâma

*38. Ibid. p.273
#580

Dernière modification par Adic2010 (26-10-2018 08:55:01)

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#27 26-10-2018 14:08:59

Adic2010
@rmenaute

Re: Al Andalus, l'invention d'un mythe

En complément au message précédent, nous rappelons la stratégie rédactionnelle de Bernard Lewis vis à vis des Arabes qui est aujourd'hui connue.

Elle avait été pointée par le Pr Edward SAÏD qui était l'auteur du livre 'Orientalism' (N.Y. 1978), traduit et publié en français aux Editions du Seuil (Paris 1980), L'Orientalisme. L'Orient créé par l'Occident. Un livre de 400 pages dont j'ai la patience de lire vers 1993.  roll 

C'est ainsi qu'Edward Saïd parlant de Bernard Lewis, y note une "stratégie qui a l'air très raffinée", qui fait preuve "de condescendance et de mauvaise foi", "d'exposé méprisant"; "d'érudition sarcastique" et ceci "malgré l’air innocent de son savoir et de son langage bon ton" // Page Adic.

Dans la liste d'articles parlant du "Mythe de l'Al-Andalus" signalés par l'internaute PN et listés au message #20 dans la page précédente, il y aura à trouver chaque fois les références bibliographiques à Bernard Lewis.

De même, il y aura à voir aussi si leurs différents auteurs parlent du GDA1915, de son négationnisme d'État, de la prodction industrielle des dénis et comment ils en parlent... ??

On peut comprendre qu'il ne s'agit pas là d'un simple débat sur l'historiographie de Al-Andalus, mais d'un épisode de la Guerre entre le Sionisme et l'Islamisme -qui n'est pas la guerre des Arméniens, faut-il le rappeler. Nil.
#630

Dernière modification par Adic2010 (26-10-2018 14:16:22)

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#28 26-10-2018 14:37:11

Pascal Nicolaides
@rmenaute

Re: Al Andalus, l'invention d'un mythe

https://fr.news.yahoo.com/chr%C3%A9tien … 07770.html


Chrétiens, juifs et musulmans dans Al-Andalus, mythes et réalités
Atlantico.fr   

Hélène Renard pour Culture-Tops
Atlantico.fr26 octobre 2018

Chrétiens, juifs et musulmans dans Al-Andalus, mythes et réalités
Une pièce importante dans le dossier historique du multi-culturalisme.

LIVRE
Chrétiens, juifs et musulmans dans Al-Andalus, mythes et réalités

de Dario Fernandez-Morera,  préface de Rémi Brague, de l'Institut

Ed. Cyrille Godefroy

368 p. 24 €

RECOMMANDATION
Excellent 

THEME
L'affirmation qu'en Espagne arabo-musulmane (du VIIIe au XIIIe siècle) les fidèles des trois religions ont pu vivre une coexistence harmonieuse en un paisible paradis est une falsification de l'histoire.


Telle est la thèse de l'auteur qui entreprend ici une démystification de cette vision idyllique (soutenue, affirme-t-il, par une propagande efficace et utile à certains). Les faits historiques, les textes (en particulier juridiques), les trouvailles archéologiques récentes,  la démentent. Il aborde dans les deux premiers chapitres la façon dont l'Espagne a été colonisée et conquise par les forces du Califat islamique, démontrant qu'il s'agissait bien d'un jihad, d'une invasion à motifs religieux, avec pour effets la destruction d'une civilisation, celle de l'empire chrétien gréco-romain et wisigothique. A partir du troisième chapitre, il détaille les réalités quotidiennes de la vie à al-Andalus, société régie par la sharia, gouvernée par un clergé islamique, proche du malikisme, école conservatrice de la jurisprudence musulmane, où des mots comme tolérance, liberté de conscience, n'avaient aucun sens.

La prétendue convivencia était quotidiennement accompagnée de décapitations, d'empalements, de crucifixions à la fois contre les musulmans blasphémateurs et contre les chrétiens et les juifs non soumis.  Sans parler du sort réservé aux femmes, excisées, lapidées ou réduites à l'esclavage sexuel. Ni des destructions innombrables d'églises. Les Chrétiens restaient des dhimmis, tolérés mais avec des mesures humiliantes car en position d'inférieurs ; de même pour la majorité des juifs. Et bien entendu, (...)lire la suite sur Atlantico

http://www.atlantico.fr/sites/atlantico.fr/files/styles/une/public/images/2018/10/1_23.jpg


Du bon impérialisme islamiste ou l’islamiquement correct sous couvert de l’Age d’or du Califat éclairé d’Al-andalous
Georges Bensoussan a dérangé les idéologues de la mythologie al-Andalous qui postulent que l’islam est une religion tolérante à l’égard des autres monothéismes
Le mythe d’Al-Andalous et de la supériorité de la science arabo-musulmane: carburants du totalitarisme islamiste

Dernière modification par Pascal Nicolaides (26-10-2018 14:56:45)


http://media.pn.am/media/issue/274/560/photo/274560.jpg

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#29 26-10-2018 20:56:46

Pascal Nicolaides
@rmenaute

Re: Al Andalus, l'invention d'un mythe

Alexandre del Valle
GEOPOLITOLOGUE, CONSULTANT et ESSAYISTE

https://static.wixstatic.com/media/47828a_3b2ecf0a49684b8c9cd16283a025c28c~mv2.jpg/v1/crop/x_144,y_0,w_721,h_583/fill/w_140,h_108,al_c,q_80,usm_0.66_1.00_0.01/47828a_3b2ecf0a49684b8c9cd16283a025c28c~mv2.webp

https://www.alexandredelvalle.com/singl … l-Andalous

Atlantico
Le mythe d’Al-Andalous et de la supériorité de la science arabo-musulmane: carburants du totalitarisme islamiste
March 5, 2017

Après avoir évoqué les fondements théologiques du totalitarisme islamiste et le phénomène de la dhimmitude, Alexandre del Valle aborde le thème central du politiquement correct qu’est le mythe "d’Al-Andalous", c’est-à-dire l’Espagne musulmane passée et parée de toutes les vertus par contraste avec une Europe chrétienne adepte "croisée" qui aurait été en revanche la plus obscurantiste des civilisations.




L’âge d’or d’Al-Andalous : fondement mythique du projet irrédentiste islamiste



Les concepts de Oumma, de califat, de djihad, étudiés dans les feuilletons précédents, sont essentiels pour tout analyste géopolitique, car la Oumma, en tant que « communauté-matrie », puis le califat, en tant que pouvoir impérial théocratique dont le territoire doit s’étendre à terme à l’ensemble de la planète, impliquent la négation des frontières de toutes les nations non soumises à l’empire totalitaire de la Charià.



Le territoire comme enjeu de rivalités géopolitiques peut donc être irréel, mythifié, voire rêvé ou pleuré, comme cela est le cas d’Al-Andalous (l’Espagne musulmane de 711 à 1492) ou de la Sicile islamique du passé, territoires clés du supposé Age d’or islamique de jadis, puis, bien sûr, de la Palestine occupée, pleurée du Maroc au Pakistan par la supposée Oumma. Dans ce cas, la perte du territoire associé à un Age d’or, tel qu’Al-Andalous ou la Palestine constitue une représentation géopolitique suffisamment puissante pour mobiliser, nombre de militants de l’islamisme radical et pour justifier une forme d’irrédentisme politico-religieux. Celle-ci est incarnée notamment par les mouvements salafistes sunnites radicaux revendiquant la reconquête des « territoires perdus », ce qui est le cas de la nébuleuse terroriste d’Al-Qaïda et d’autres mouvements islamistes salafistes nostalgiques du califat déchu, désireux de le rétablir glorieusement sur toute la surface de la terre par le djihad, la lutte politique et le prosélytisme. L’âge d’or islamique andalou justifierait ainsi pour les islamistes radicaux l’islamisation de l’Europe, et la récupération des territoires perdus de l’Espagne islamique passée, des Balkans ou de la Sicile aussi impérative que celle de la Palestine mythifiée également qualifiée de « perdue ». Aussi les islamistes salafistes qui ont pour référence suprême l’époque mythifiée et exemplaire des premiers musulmans et du Prophète, les « Salaf », les « Pieux ancêtres », voient dans le mythe de l’Age d’Or glorieux de l’Islam, qu’ils s’agissent des Salaf de l’époque de Mahomet ou des Califats ultérieurs de Damas, Bagdad ou Cordoue, expliquent les échecs présents du monde islamique, selon eux déchéant, par l’éloignement de la pureté de la foi mythifiée des premiers conquérants et des grands califats et la contamination des musulmans modernes par les idées impies des occidentaux.

Cette idée irrédentiste de nature théocratique est au centre des discours des leaders d’Al-Qaïda, Oussama Ben Laden et Ayman al-Zawahiri. Ce thème d’Al-Andalous est si important dans l’idéologie islamiste radicale salafiste que l’idéologue Abdullah Azzam, l’un des précurseurs d’Al-Qaïda et mentor d’Oussama Ben Laden, lui a consacré un livre, « La défense des territoires islamiques ». Dans cet ouvrage, une fonction toute particulière est accordée à Al-Andalous (711-1492) époque supposée de splendeur perdue de l’Islam, et Abdullah Azzam appelle à sa récupération.





Cinq siècles après l’expulsion des Maures d’Espagne, les islamistes radicaux et nombre d’idéologues musulmans nostalgiques de cet âge d’or, prétendent ouvertement reconquérir à rebours l’Andalousie et l’Espagne islamiques (et même la Sicile et les Balkans ou la Grèce) elles-mêmes qui avaient elles-mêmes été reconquises par les puissances chrétiennes, notamment les rois catholiques espagnols en 1492. Comme l’observe la philosophe espagnole Maria Rosa Rodriguez Magda, la nostalgie de l’Espagne musulmane passée et du Califat omeyade d’Al-Andalous est au cœur des revendications et processus de légitimation des islamistes radicaux et même des terroristes qui revendiquent la « récupération du territoire andalous, lequel appartiendrait de droit à la civilisation islamique ».





Du point de vue tant idéologique que géostratégique, la dangerosité – selon l’auteur - de l’irrédentisme islamique à propos d’Al-Andalous, a été également mise en lumière par l’islamologue espagnol Gustave de Aristegui, lequel rappelle que « le mythe andalou est une vraie obsession pour nombre d’intégristes islamiques du monde depuis la chute de Grenade en 1492 ».

Le terme même d’Al-Andalous est en lui-même souvent ambigu dans la mesure où il est identifié à une région, l’actuelle Andalousie, où sont installées nombre d’associations islamistes, alors qu’il désignait pendant la période de domination de l’Espagne par l’empire arabo-musulman (711-1492), l’intégralité de l’Espagne islamisée, de l’actuelle province andalouse jusqu’à la Catalogne, en passant par le Levant, puis une partie du Sud de la France (Septimanie), occupée par les Arabo-berbères. Quant à la représentation de l’Andalousie islamique foncièrement « tolérante », nous avons montré dans nos ouvrages qu’il s’agit d’une vision romancée de l’histoire instrumentalisée pour des raisons politiques (haine de la civilisation chrétienne pour les repentants occidentaux et stratégie de légimitation de leur conquête pour les islamistes). Loin de la vision monolithique d’une Al-Andalous caractérisée par « l’harmonie entre les trois religions » et la « coexistence parfaite » des peuples différents (juifs, chrétiens et musulmans, autochtones ou Arabes), la réalité de l’Espagne islamique était tout autre : chrétiens et juifs étaient discriminés ; leur statut était celui de dhimmi ; ils avaient certes le « droit » de pratiquer leur culte ; ils devaient reconnaître l'autorité des musulmans à tous les niveaux, payer des impôts particuliers (jiziya), et que leur capacité de gagner en justice contre un musulman était nulle.

En réalité, il n’y avait pas d’égalité de droits entre gens du Livre et musulmans et que le fait d’appliquer au Moyen-Age espagnol des notions comme la tolérance religieuse ou le multiculturalisme particulièrement valorisées dans l’Europe des années 2000 n’a pas beaucoup de sens. La Grenade musulmane mythifiée tant par les islamistes que par les partisans du multiculturalisme et du dialogue des civilisations valide en fait les mobiles irrédentistes des islamistes contemporains.



En fait, ceux qui entretiennent la nostalgie du califat d’Al-Andalous et assimilent souvent la reconquista à une forme de colonialisme européen, relaient purement et simplement l’idée irrédentiste obsessionnelle de tous les islamistes du monde. L’âge d’or d’Al-Andalous est certes également souvent invoqué par certaines organisations et figures de l’extrême-gauche, adeptes des théories du philosophe français communiste converti à l’islam, Roger Garaudy, lui-même basé en Andalousie.



Pour ces néo-convertis radicaux de gauche ou d’extrême-gauche, sur lesquels nous avons enquêté, l’âge d’or islamique d’Al-Andalous fonctionne comme le mythe justificateur de l’islamisation-expiation de l’Europe ex-coloniale, « inféodée à l’impérialisme américano-sioniste », et susceptible de retrouver une légitimité révolutionnaire en embrassant la religion par excellence des opprimés et de l’égalité que serait l’islam.

Parmi les mouvements islamistes composés de convertis basés en Andalousie qui invoquent de façon systématique le mythe de l’âge d’or d’Al-Andalous pour justifier une réislamisation de l’Espagne contemporaine, nous avons voulu notamment signaler le cas particulier et emblématique du mouvement islamiste européen Al-Mourabitoun, créé par l’Ecossais Peter Van Leyck (alias Ian Dallas ou cheikh Sidi Abdelkader Al-Murabit). Officiellement appelée Communauté islamique en Espagne, Al-Mourabitoun est implantée dans toute l’Espagne, principalement à Séville et à Grenade, siège de l’association. A la recherche de l’Age d’Or islamique d’Al-Andalous, le noyau dur, établi depuis deux générations en Andalousie, a essaimé dans toute l’Europe, de Londres à Barcelone, en passant par Stockholm, Milan et Gènes, où des conférences sont données au profit de jeunes Européens invités à venir faire des « pélerinages de conversion en Andalousie », afin de retrouver « l’âge d’Or de la civilisation islamique européenne ».

Adhérant à une forme d’irrédentisme fondée sur un néo-impérialisme califal qui considère que l’appartenance actuelle de l’Andalousie à l’Espagne chrétienne est une occupation illégitime, Al-Mourabitoun appelle à une rupture avec l’ordre démocratique et diffuse une idéologie à la fois révolutionnaire de gauche et islamiste, à peine dissimulée derrière l’Islam. Ce n’est pas étonnant si Ian Dallas a choisi comme nom de son organisation celui d’Al-Mourabitoun, dans la mesure où le fanatisme et la violence féroces de l'antique confrérie des Almoravides - qui terrorisa au quatorzième siècle toute l’Espagne – sont des motifs de fierté pour les adeptes de Dallas. Aussi, les liens tissés par Al-Mourabitoun avec la nébuleuse salafiste internationale (Frères musulmans koweïtiens et égyptiens, mouvements islamistes libyens, GIA algérien, Tabligh, Arabie saoudite, etc.) constatés depuis quelques années par les services anti-terroristes espagnols constituent un soutien extérieur précieux et témoignent de l’évolution du mouvement soufi vers le néo-wahhabisme, virage amorcé depuis plusieurs années déjà. Pour les membres d’Al-Mourabitoun, l’Islam serait la seule voie permettant de se « désaliéner » et de poursuivre la révolution. Un rapport des services de renseignements espagnols définit Al-Mourabitoun comme « courant islamique de caractère islamo-occidental, préconisant une ‘troisième voie islamique’, antisioniste teintée d’une vague inspiration néo-nazie ou ‘national-révolutionnaire’ (...) les liens entretenus avec des mouvements de type sunnite radical, d’une part, et des organisations d’extrême-droite, d’autre part ».



Un autre mouvement radical composé de néo-convertis, l’Association pour le Retour de l’Islam en Andalousie, a été créé dans le sud de l’Espagne sur les mêmes bases appelant au rétablissement du Califat arabe de Cordoue. Certains passages des tracts de propagande diffusés par l’Association sont révélateurs de l’idéologie antichrétienne du mouvement qui provient de l’extrême-gauche : « Le racisme de l’Eglise catholique en Espagne, avec sa politique de génocide durant l’Inquisition, fut utilisé comme instrument de torture par le fascisme.

Celui-ci ravagea l’Europe pendant la première phase d’anarchie que le sionisme envoya par vagues tout en mettant au point ses méthodes bancaires de contrôle à long terme. Ce fut l’Europe chrétienne qui entreprit l’élimination de la civilisation islamique et ce fut l’Europe chrétienne (...) qui baissa la tête en acquiesçant au fascisme (...). L’Islam est le modèle de l’avenir...».



Source : http://www.atlantico.fr/rdv/geopolitico … 80370.html


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#30 26-10-2018 21:39:22

Haytoug
Modérateur

Re: Al Andalus, l'invention d'un mythe

si vous essayez de « rivaliser » avec Nil, il vous faut ajouter au moins
quelques illustrations imaginatives, des Emojis tape-à-l’œil , cher Pascal

genre,


https://media1.tenor.com/images/22f19c3af7f14768c1cfcf766deda2de/tenor.gif?itemid=10042139


http://creapills.com/wp-content/uploads/2016/06/gifs-minimalistes-game-of-thrones-4.gif


https://media1.tenor.com/images/d6972282af4c754f8a82d63a1dba6494/tenor.gif?itemid=10042147   
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#31 26-10-2018 21:44:29

Pascal Nicolaides
@rmenaute

Re: Al Andalus, l'invention d'un mythe

Cher Haytoug,
mon but n'est pas d'encombrer le forum avec des gamineries dignes d'un môme de dix ans...
Bien que déjà âgé , je ne suis pas encore complètement gaga au point de rivaliser avec le champion en émoticônes et autres amusettes ! Là il est vraiment hors-catégorie !


http://media.pn.am/media/issue/274/560/photo/274560.jpg

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#32 27-10-2018 10:30:16

Pascal Nicolaides
@rmenaute

Re: Al Andalus, l'invention d'un mythe

http://www.lavie.fr/debats/chretiensend … 88_431.php




DÉBAT
Al-Andalus, la fin d'un mythe interreligieux?
MARIE-LUCILE KUBACKI publié le 18/10/2013
http://www.lavie.fr/images/2013/10/18/45588_al-andalus.jpg
Nous l’avons tous vue cette vieille image sur laquelle un juif et un musulman, ne se différenciant que par la coiffe, jouent paisiblement aux échecs. Tout y est : l’amitié, la paix, l’échange. C’était, dit-on, l’âge d’or de l’interreligieux. Les juifs, plongés dans la culture islamique d’Al-Andalus (nom de l’Espagne musulmane), faisaient office de passeurs culturels. Ils avaient accès à des professions privilégiées. On évoque l’existence d’archevêques catholiques à Tolède sous domination musulmane, la déclaration du roi chrétien Alphonse VI s’autoproclamant « empereur des deux religions » chrétienne et musulmane tout juste après la Reconquista, ou encore le surnom de « Jérusalem des juifs d’Espagne » donné à Tolède.

Le meilleur des mondes interreligieux, donc. Évidemment, la réalité fut un peu plus complexe. C’est ce qu’expliquent Mark R. Cohen, professeur à l’université de Princeton, dans la très exhaustive Histoire des relations entre juifs et musulmans, que publient ce mois-ci les éditions Albin Michel, et Joseph Pérez, professeur émérite de civilisation de l’Espagne et de l’Ibéro-Amérique à l’université Bordeaux-III Michel-de-Montaigne dans l’Espagne des origines à nos jours (hors-série L’Histoire, 2013). « On retiendra deux étapes chronologiques : avant et après le XIIe siècle, écrit Joseph Pérez. Avant, des juifs et des chrétiens vivent à peu près librement dans Al-Andalus. Après, des musulmans et encore des juifs sont autorisés à rester dans l’Espagne chrétienne. Peut-on pour autant parler d’une Espagne pluraliste ? Certainement pas. Les juifs et les mozarabes (chrétiens) sous la domination musulmane, puis les juifs et les mudéjars (musulmans) sous l’autorité de souverains chrétiens avaient un statut de “protégés”, avec la nuance péjorative qui s’attache à cet adjectif. »

Dans les grandes lignes, l’Espagne médiévale connaît deux grandes périodes. Une période de domination musulmane, qui commence avec l’arrivée des conquérants berbères en 711, qui s’étend à tout le pays, hormis quelques royaumes du Nord. Puis une période de reconquête chrétienne des royaumes musulmans, qui commence au VIIIe siècle et dure jusqu’au XVe mais ne met fin à la période arabe qu’avec l’effondrement du califat de ­Cordoue, au XIe siècle. À ce moment-là, le rapport de forces entre chrétiens et musulmans commence à s’inverser sérieusement.

Quel que soit le régime en place, chrétiens, juifs et musulmans ont eu une existence légale et ont été reconnus : « Nous sommes devant un fait de civilisation propre à l’Espagne médiévale, la coexistence de groupes sociaux qui pratiquent des religions différentes, écrit Joseph Pérez. En terre d’Islam, le principe de la dhimma (“protection”) prévoit des dispositions particulières pour “les gens du Livre, juifs et chrétiens”. » On aurait pourtant tort de s’illusionner sur cette apparente tolérance. Dans l’Espagne médiévale, la règle est la suivante : le groupe qui se trouve en minorité peut pratiquer librement sa religion, travailler et s’autoadministrer en échange d’un tribut payé à l’occupant et à condition d’accepter l’autorité en place. La tolérance se paye, donc, et elle ne répond pas à un idéal humaniste : elle repose en grande partie sur le besoin de main-d’œuvre. « À défaut d’assimiler les communautés, on les exploite, poursuit ­l’historien français. C’est si vrai que, après la fin de la Reconquista, en 1492, la tolérance n’a plus de raison d’être : on expulse les juifs ; on prétend assimiler les mudéjars de Grenade puis – sous Charles Quint (1500-1558) – ceux de Valence en les convertissant de force. »

Alors pourquoi et comment cette image d’Épinal a-t-elle fait son chemin ? Les causes sont à la fois politiques et psychologiques. Côté juif, « cette idée découlait en premier lieu de la déception ressentie par les historiens juifs d’Europe centrale alors que les promesses d’égalité culturelle et politique de l’ère de l’émancipation demeuraient inaccomplies, écrit Mark R. Cohen. Ils s’appuyèrent sur la tolérance attribuée à l’islam pour critiquer l’échec de leurs voisins chrétiens à se montrer à la hauteur des critères établis par une société non chrétienne bien des siècles auparavant. » Ainsi, le mythe se creusa tout au long du XIXe siècle et de la première moitié du XXe, tandis que montait l’antisémitisme.

Côté musulman, au XXe siècle, le mythe de l’utopie interconfessionnelle fut à son tour instrumentalisé comme une « arme contre le sionisme et l’État d’Israël », jugé responsable d’avoir brisé l’harmonie entre juifs et musulmans : « Ils l’exprimèrent dans des écrits politiques, des livres et des articles sur les juifs ou de manière plus générale sur les non-musulmans du Moyen Âge, analyse Mark R. Cohen. Ces écrits opposaient, comme un leitmotiv, la “tolérance” islamique aux persécutions de la société chrétienne médiévale et occultaient l’infériorité juridique des juifs ou les épisodes de violence qui remettaient cette harmonie en question. » En réaction à cette récupération, pendant la deuxième moitié du XXe siècle, les juifs revinrent alors sur leur idée d’un « âge d’or » interreligieux, en développant ce que Mark R. Cohen appelle un « contre-mythe de la persécution islamique » : « Ces thèses révisionnistes dépeignaient un Prophète résolu dès l’origine à détruire les juifs et un Coran nourri de venin antijuif et même antisémite. » Récupérée, déformée, instrumentalisée, l’Espagne médiévale reste donc encore aujourd’hui un des pans les plus polémiques de l’histoire des religions.

> Et vous, qu'en pensez-vous ?


http://media.pn.am/media/issue/274/560/photo/274560.jpg

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#33 27-10-2018 11:40:37

Louise
Membre certifié
Réputation :   55 

Re: Al Andalus, l'invention d'un mythe

J'ai l'impression qu'on s'en fout de ces hstoires...

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#34 27-10-2018 12:19:46

MARZEVAN
@rmenaute
Réputation :   36 

Re: Al Andalus, l'invention d'un mythe

Ces histoires sont en fait essentielles pour celles et ceux qui voudraient donner un sens à la vie.

Essentielles pour ne pas être réduit à de simples mammifères qui mangent, dorment, qui mangent à nouveau, qui dorment à nouveau dans un cycle immuable.

Heureusement il y a des philosophes, des Prêtres qui ont voulu donner une valeur ajoutée à la vie.

Parfois les préceptes de ces personnes ont été déviés de leurs objectifs premiers et on a assisté et on assiste encore maintenant à des extrémismes.

Donc la lecture de ces sujets est primordiale pour pouvoir, si on le peut, discerner le bien et la mal.

Et je reproduis ci-dessous le paragraphe de haute importance si on veut comprendre les évènements contemporains.

"Dans l’Espagne médiévale, la règle est la suivante : le groupe qui se trouve en minorité peut pratiquer librement sa religion, travailler et s’autoadministrer en échange d’un tribut payé à l’occupant et à condition d’accepter l’autorité en place. La tolérance se paye, donc, et elle ne répond pas à un idéal humaniste :"

Donc la tolérance dans le cas religieux ne répond pas à un idéal humaniste.

Les dirigeants de nos contrées situés en occident feraient bien de méditer et d'approfondir ce sujet. Mais qu'ils le fassent vite avant qu'il ne soit trop tard.

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#35 27-10-2018 13:25:49

Pascal Nicolaides
@rmenaute

Re: Al Andalus, l'invention d'un mythe

https://www.franceculture.fr/emissions/ … ou-reve-de


DU LUNDI AU VENDREDI DE 11H À 11H55
Réécouter La revanche des vieux conflits (2/4) : Al Andalus, idéal de tolérance ou rêve de conquête guerrière
58 MIN
La revanche des vieux conflits (2/4)
Al Andalus, idéal de tolérance ou rêve de conquête guerrière
29/08/2017
PODCAST   EXPORTER 
Le 17 et 18 août, l’Espagne a été frappée par un double attentat. Revendiquée par Daesh, la péninsule ibérique nommée Al Andalus sous la domination musulmane (VIIIe au XVe siècle) reste un enjeu de reconquête pour le groupe terroriste. Que signifie Al Andalus dans les mémoires espagnoles ? (...)


http://media.pn.am/media/issue/274/560/photo/274560.jpg

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#36 27-10-2018 13:38:30

Pascal Nicolaides
@rmenaute

Re: Al Andalus, l'invention d'un mythe

http://www.lemessieetsonprophete.com/an … ession.htm


Al-Andalus, l’Andalousie musulmane dans sa réalité

— juifs et chrétiens, et statut de « dhimmi » —

De : Clémence Hélou Matar, Comprendre l’Islam et construire une humanité fraternelle et spécifique, Paris, Cariscript, 2010


p. 246-250

Être « protégé » des musulmans

Le poids de la « protection » s’alourdissait très vite. En 822, au début du règne d’Abd ar-Rahman, l’émir de Cordoue, les recettes annuelles prélevées sur la population dhimmi s’élevaient à six cent mille dinars et trente ans plus tard elles atteignaient cinq millions et demi de dinars. 418

Lorsqu’une résistance populaire apparaissait ou menaçait d’apparaître, le pouvoir musulman organisait à volonté et en toute bonne conscience – puisque obéissant à des ordres divins – des massacres, des transferts et des déportations, de population. Toute tentative de rébellion était donc étouffée dès lors que le tissu social était déchiré. 419

Les autorités religieuses, évêques, prêtres ou rabbins, absorbés par leurs problèmes paroissiaux et leurs disputes doctrinales et théologiques n’encourageaient pas leurs ouailles à la révolte. Ils prélevaient la jizia pour le pouvoir musulman et s’efforçaient de maintenir la paix surtout que les autorités musulmanes les rendaient responsables de tout problème et les punissaient en conséquence.

Toute tentative du dhimmi d’échapper à son « humiliations » autrement que par la conversion à l’islam, ou toute manifestation d’esprit critique ou d’indépendance, entraînait la perte de « protection » et en fait l’obligation pour le musulman de le combattre et le tuer sous peine de fâcher Allah.

Du fait du désarmement de la population, toute tentative de révolte était vouée à l’échec et se terminait par d’impitoyables tueries et des prises d’esclaves.

En 805, pour mettre fin à des troubles à Cordoue, le gouvernement fit exécuter 72 personnes et fit clouer leurs cadavres sur des croix le long du chemin longeant le Guadalquivir. Vers 807, à Tolède pour mettre un terme à l’opposition des notables, mouladis, de la ville, l’émir les invita tous à une réception et les fit exécuter. 420

Les aspects d'une humiliation permanente

L’humiliation des dhimmis a pris les formes les plus diverses. Cloches, schofars, bannières, croix, tout signe visible ou audible de leur foi leur était proscrit avec une obligation de discrétion dans la pratique de leur culte et l’enterrement de leurs morts. Leur infériorisation se manifestait également entre autres par des vêtements distinctifs et l’interdiction d’avoir des maisons plus hautes que celles des musulmans. 421

La monte à cheval (animal noble) était également interdite aux « protégés » qui devaient céder le passage lorsqu’ils croisaient à pied un musulman ou s’ils étaient à dos d’âne descendre de leur monture.

Au XVIIIème siècle, le roi Frédéric V du Danemark (1723-1766) envoya une expédition dirigée par le Danois Carsten Niebuhr étudier l’Arabie. C. Niebuhr a raconté qu’en 1761, au cours du séjour de son équipe au Caire, un médecin français y fut mutilé pour n’être pas descendu assez vite de son âne en croisant un seigneur musulman. Le simple passage de non musulmans (impurs) à proximité des mosquées, de certaines maisons, ou de certains quartiers était considéré une profanation. 422

Lorsqu’il venait payer ses impôts, le dhimmi devait se tenir debout à l’endroit le plus bas, se présenter tête basse, être traité avec dédain. Il fallait lui faire sentir que c’était lui faire une grâce que d’accepter de lui la jizia, l’humiliation pouvant être complétée par des soufflets ou des coups de bâton. 423

L’uléma Muhammad al-Majlissi (mort en 1699) a conseillé de maintenir les dhimmis dans la peur et le doute en ne leur permettant pas de connaître le montant de la jizia, de sorte que, le jour du paiement, ils se présentent avec tout leur argent et comptent jusqu’à ce qu’il leur soit dit de s’arrêter. 424

En Espagne au XIIè siècle, les obligations d’un inspecteur musulman de l’ordre public consistaient entre autres, à veiller à la parfaite ségrégation des sexes, à l’assiduité à la mosquée et surtout à ce que les juifs portent bien un signe qui permette de les identifier. L’inspecteur devait également s’assurer que les musulmans ne souhaitent pas la paix aux juifs et aux chrétiens qui, étant le parti du diable, devaient être haïs et isolés. 425

La précarité de la situation des non musulmans, même lorsque leurs services leur permettaient d’atteindre une situation relativement élevée, est illustrée par les massacres en Espagne de près de cinq mille juifs à la suite de la perte de faveur et du meurtre en 1066 de Joseph fils de Samuel ibn Naghrela connu en hébreu comme Samuel ha-Naguid (993 – 1056).

Joseph ibn Naghrela avait repris la charge de vizir assumée par son père au service de la famille Zirid qui dirigeait Grenade. Il suscita des jalousies, et le poète Abû Ishâq de Elvira (mort en 1067) avait alors composé des poèmes appelant les musulmans à ramener les juifs à l’était d’infamie qu’ils méritaient et où ils se trouvaient dans les autres pays musulmans ? Le poète rappela à ses coreligionnaires qu’Allah dans le Coran avait prévenu les musulmans contre la fréquentation des mauvais. Il les appela à sacrifier le chef des juifs (Joseph ibn Naghrela) comme une offrande à Allah et à ne pas non plus épargner son peuple. Ce qu’une foule excitée s’empressa de faire. 426

Dans les pays sous domination musulmane, les indigènes devenus musulmans, qui retournaient à leur foi d’origine furent toujours exécutés. Ainsi, la fille d’Ibn Hafsoun, descendant du dernier comte de la principauté autonome de Rhonda en Espagne, qui était revenue au christianisme et était entrée dans un couvent à Cordoue, fut extirpée de son couvent, condamnée pour apostasie et égorgée en 937. 427

L'oppression au 13e siècle

Aux XIIème et XIIème siècles, les fondamentalistes Almoravides (de al mourabitoun, c’est-à-dire ceux qui gardent les frontières des territoires musulmans), puis les Almohades (de al mouahiddoun ou ceux qui oeuvrent au service de l’unicité d’Allah), venus d’Afrique du Nord soutenir le pouvoir musulman en Espagne, contraignirent de nombreux juifs et chrétiens à se convertir.

Les inquisiteurs musulmans chargés de contrôler la sincérité des nouveaux convertis retiraient les enfants de leurs familles et les confiaient à des familles musulmanes. Pour leur échapper, le grand savant juif Maimonide feignit la conversion à l’islam, puis se réfugia en Egypte. En 1148, les juifs furent renvoyés d’Espagne par les musulmans dans des conditions que l’on retrouvera lors des expulsions organisées par le pouvoir royal espagnol en 1492. 428

Le dhimmi n’avait aucune valeur juridique face à un musulman contre lequel sa parole au tribunal était irrecevable en cas de conflit. 429

L’accusation de blasphème contre l’islam était (est toujours) en terre d’islam le moyen le plus simple de faire condamner à mort quelqu’un. Sous une apparence de noble défense du sacré, c’est également le moyen le plus sournois de museler et détruire la liberté et la vérité. Des voyageurs européens o nt signalé au XVIIIème siècle qu’en pays musulmans, leur parole n’ayant aucune valeur, ils avaient été contraints de payer des sommes importantes à des commerçants qui les accusaient d’avoir insulté l’islam. 430

L’humiliation des non musulmans et la multiplication des agressions à leur encontre à tout instant de la vie quotidienne étaient facilitées par les vêtements distinctifs qu’ils devaient porter, permettant de les reconnaître au premier abord.

Les vêtements distinctifs des dhimmis servaient également à les contrôler financièrement. Ils pouvaient être arrêtés dans les rues et devaient toujours pouvoir produire la preuve qu’ils avaient payé leur jizia. Au Yémen, les juifs furent contraints de porter des vêtements particuliers jusqu’à leur départ pour Israël en 1948. 431

L’exploitation des dhimmis fut un souci constant des autorités musulmanes au cours des siècles. On la retrouve en 1576 dans la correspondance du sultan Mehmed III demandant au gouverneur de la ville de Safed d’envoyer des familles juives à Chypre pour l’enrichir. La réponse du gouverneur qui souhaitait garder ses familles juives, car le trésor de Damas souffrirait de grandes pertes si elles partaient, est éloquente.432 Les autorités musulmanes devaient parfois intervenir pour protéger les dhimmis de violences spontanées, ne serait-ce qu’à cause des multiples avantages tirés de leur exploitation.

Après l’invasion de Constantinople et la fuite ou le massacre de la population, le sultan Mahomet II contraignit des chrétiens et des juifs à venir s’y installer pour revivifier la ville.

Dans l’Espagne sous dominations musulmane, pour pallier au manque à gagner résultant des conversions d’indigènes, les autorités musulmanes avaient décidé de continuer à faire payer le Kharaj aux convertis distinguant les musulmans de la première heure ainsi que leurs descendants de ligne masculine des convertis plus récents, les « moualladuns ». 433

Ségrégation et haine sociale

La ségrégation et la haine entretenues entre musulmans, non musulmans et nouveaux musulmans, Arabes et non Arabes dans la population en Espagne y ont souvent entraîné des éruptions de violence spontanée. En 891, lorsque le corps arabe originaire du Yémen qui constituait la garnison de Séville se souleva, les soldats déchaînés massacrèrent aussi bien les dhimmis que les convertis moualladuns dont les vieux musulmans doutaient de la sincérité. Un poète arabe du IXème siècle célébra ces massacres se félicitant de la mise à mort des nouveaux musulmans, esclaves et fils d’esclaves. 434

p. 251

L’histoire prouve donc qu’il est vital de refuser d’entrer dans le jeu des islamistes qui tentent actuellement d’imposer partout une ségrégations entre les musulmans et les non-musulmans et de remettre en question les traditions et la culture de leur pays d’accueil.

_________________________________________________

Page d’accueil

418 DUFOURCQ Charles-Emmanuel, La vie quotidienne dans l’Europe Médiévale sous domination Arabe, p. 214, Hachette, Paris, 1978.

419 Bat YE’OR, Les Chrétientés d’Orient entre Jihâd et dhimmitude, VIIè-XXè siècle, p. 43, Editions du Cerf, collection « L'histoire à vif », Paris, 1991

420 DUFOURCQ Charles-Emmanuel, La vie quotidienne dans l’Europe Médiévale sous domination Arabe, p. 217, Hachette, Paris, 1978.

421 FATTAL Antoine, Le Statut légal des non musulmans en Pays d’Islam, p. 203, Imprimerie Catholique, Beyrouth, 1958.

422 Carsten NIEBUHR, Voyage de M. Niebuhr en Arabie et en autres pays de l'Orient, Avec l'extrait de sa description de l'Arabie & des observations de Mr Forskal, pp. 80-81, Chez les Libraires Associés, Berne, 1780.

423 Bat YE’OR, Juifs et chrétiens sous l’islam face au danger intégriste, p. 63, Berg International Editeur, Paris, 2005,

424 BOSTOM Andrew G., The Legacy of Jihad : Islamic Holy war and the fate of Non-Muslims, p. 219, Prometheus Books, Amherst, NY, 2005.

425 CONSTABLE Olivia Remie , Medieval Iberia : Readings from Christian, Muslem, and Jewish Sources, p. 179, University of Pennsylvania Press, Philadelphia, 1997.

426 Ibid., p. 91 - 98

427 DUFOURCQ Charles-Emmanuel , La vie quotidienne dans l’Europe Médiévale sous domination Arabe, p. 234, Hachette, Paris, 1978.

428 STARK Rodney, One true God : Historical Conqequences of Monotheism, p. 80, Princeton University Press, Princeton, 2001.

429 HIITI Philipp K. , History of the Arabs, p. 235, The Macmillan Press Ltd, London, Tenth Edition, 1970.

430 NIEBUHR Carsten, Voyage de M. Niebuhr en Arabie et en autres pays de l'Orient, Avec l'extrait de sa description de l'Arabie & des observations de Mr Forskal, pp. 427 – 428, Chez les Libraires Associés, Berne, 1780.

431 Bat YE’OR, Juifs et chrétiens sous l’islam face au danger intégriste, p. 90, Berg International Editeur, Paris, 2005,

432 LEWIS Bernard Cultures in conflict : Christians, Muslims, and Jews in the Age of Discovey, p. 43, Oxford University Press, New York, 1995.

433 DUFOURCQ Charles-Emmanuel, La vie quotidienne dans l’Europe Médiévale sous domination Arabe, p. 202, Hachette, Paris, 1978.

434 Ibid, pp. 209 - 211


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#37 27-10-2018 15:01:21

Adic2010
@rmenaute

Re: Al Andalus, l'invention d'un mythe

Haytoug, s'il est question de se « rivaliser » avec moi... c'est avant tout sur le diapason de trouver des données bibliographiques arménisantes en passerelles-thématiques et à faire connaîtres aux Non-Hays. Je ne demande que cela et ce ne sont pas les sujets qui manquent.

Pour ce qui est de L'INVENTION DU MYTHE DE L'AL ANDALUS, on sait qu'il ne s'agit pas d'historiographie, mais d'une affaire politicienne à grands renforts d'articles journalistiques... une affaire à coups de copiés-collés que l'on peut voir jusque dans notre forum NAM

- sur un fond déstructuré / islamophobie = islamisme
et
- dans un cadre mondial / la guerre entre le sionisme et l'islamisme qui n'est pas la guerre des Arméniens... avec des échos qui commencent à peser en France.

Cependant, on peut quand même rappeler quelques données historiques qui ne sont pas celles d'Al Andalus -rappelant la violence de la Chrétienneté occidentale (des Francs et des Germains) à la même époque : La bataille de Roncevaux (778) --- Guerre des Saxons (772-804) --- Croisade populaire (1096) --- Siège de Jérusalem (1099) --- Siège de Constantinople (1204) --- Croisade des albigeois (1209-1229)

On pourrait se demander alors qui a intérêt réellement à inventer ce mythe et à vouloir y "disserter" ?

Un arbre qui voudrait cacher la forêt ? Parce que les historiens arabes commencent à mettre sur internet leurs (riches) historiographies en anglais et en français. Je rappelle ci-dessous les lignes importantes de l'orienaliste libanais du Québec, Nassib Samir El-Husseini, signalé aux messages #26 et #16 plus haut.

Aujourd'hui, le monde des intellectuels arabes n'a plus vraiment besoin ni des orientalistes ni des missionnaires pour répandre de tels clichés, car ils appartiennent maintenant à la conscience arabe, qu'ils ont profondément pénétrée. Par ailleurs, il existera toujours un nombre suffisant d'Arabes pour faire le travail des missionnaires sans que ceux-ci aient à se déplacer.

On peut comprendre que les eurocentristes ne tiennent pas à ce que les publications arabisantes (écrites par des Arabes) soient connues en Occident. Nil.
#825

Dernière modification par Adic2010 (27-10-2018 16:43:35)

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#38 27-10-2018 17:26:01

Haytoug
Modérateur

Re: Al Andalus, l'invention d'un mythe

t'as pas aimé mes emojis... ?

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#39 27-10-2018 17:57:08

Pascal Nicolaides
@rmenaute

Re: Al Andalus, l'invention d'un mythe

C'est inoui tout de même la capacité de mauvaise foi d'ADIC 2010 ! Ce "chercheur en Arménologie appliquée" sait mieux que tous les historiens précités sur ce sujet- qui soit dit en passant sont eux, de vrais chercheurs...
Alors il ramène tout à sa marotte, sa turlutaine monomaniaque : la Défense et l'Illustration de l'Islam, des Arabes...
Si l'on ose le contredire- même avec des arguments difficilement contestables- il fustige toute opposition à ses points de vue, en accablant l'opposant en lui prêtant des sentiments qu'il n'a pas : encore une fois que cela soit bien clair: je n'ai rien contre les Arabes, ni contre l'Islam ce que je demande c'est qu'on ne nous bassine pas à longueur de forums avec ça !
Je crois hélas qu'on ne peux pas faire entendre raison à un esprit aussi étroit et de parti-pris...mad


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#40 27-10-2018 20:02:16

Haytoug
Modérateur

Re: Al Andalus, l'invention d'un mythe

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#41 28-10-2018 10:10:49

Pascal Nicolaides
@rmenaute

Re: Al Andalus, l'invention d'un mythe

T'en veux ? En v'la ! Quel dommage tous ces auteurs et universitaires n'ont pas eu la chance de rencontrer notre "chercheur- en- Arménologie- appliquée- auto- proclamé," ce sont tous des  i g n o r a n t s   sans doute !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Andalu … alit%C3%A9

Mythe ou réalité
Article détaillé : Convivencia.
Depuis les années 1970, des historiens comme Pierre Guichard et plus tard des universitaires comme Serafín Fanjul57, arabisant espagnol spécialiste de la philologie sémitique; Guy Rachet58, écrivain français, passionné d'archéologie et d'égyptologie; l'universitaire américain Norman Berdichevsky, de l'université du Wisconsin à Madison et Gabriel Martinez-Gros considèrent que l'âge d'or d'Al-Andalus où les trois religions auraient coexisté en bonne harmonie est davantage un mythe construit, plutôt qu'une réalité historique.(/b]

En 1990, Joseph Perez, professeur de civilisation espagnole, minore la tolérance religieuse ayant existé en Espagne au Moyen Âge : « C'est la force des choses plus que l'esprit de tolérance qui a rendu possible la présence de communautés chrétiennes en terre d'Islam et de minorités de mudéjares dans les royaumes chrétiens, sans parler des Juifs que l'on trouve partout. A défaut d'assimiler les minorités, on les exploite. »59.

Dans Al-Ándalus contra España (2000) ou dans La quimera de Al-Andalus (2004), Fanjul dénonce le « mythe d'Al-Ándalus », notamment la mystification de la pensée développée au xixe siècle par le romantisme littéraire, qui tend à représenter cette période de l'histoire de l'Espagne d'une manière erronée. Cette mystification de la société maure n'est qu'une reprise du discours eurocentrique, celui du « Bon sauvage » et celui du « Paradis perdu ».[b) Ainsi, l'auteur démystifie l'idéalisation du passé islamique, autrement dit des Arabes supérieurs, raffinés et cultivés succombant aux chrétiens barbares, ignorants et maladroits. Il montre que cette image idéalisée d'une Espagne multiculturelle, terre de tolérance et de vie en commun entre trois cultures et trois religions monothéistes est, pour une très large part, historiquement fausse.


Même s'il reste controversé dans le milieu académique, Serafin Fanjul pense que l'âge d'or d'Al-Andalus relève davantage du mythe construit60. En 2017, dans son essai Al Andalus, l'invention d'un mythe, Serafín Fanjul dénonce le « mythe d'un islam éclairé dans l'Espagne médiévale »60. Serafín Fanjul, philologue et islamologue espagnol, tente de montrer que la contribution musulmane à la construction nationale espagnole relève d'un mythe60. Ces idées font controverse dans le milieu universitaire. En effet, José Antonio González Alcantud, anthropologue et historien à l'université de Grenade, explique que « Ce qui est frappant chez Serafin Fanjul, écrivain d'opinion, dans la presse la plus extrémiste qui soit, est son manque de pertinence dans les concepts des sciences sociales [...] Son but est de discréditer l'idée d'Al-Andalus pour en faire une chimère61. »

Origine du mythe
Pour Maria Jesús Rubiera Mata de l'Université d'Alicante, les origines du mythe sont littéraires et peuvent être attribuées à l'œuvre d'Al-Maqqari de Tlemcen (1577-1632), un descendant des musulmans de Grenade. Les arabistes espagnols ont ensuite contribué à la reconstruction de l'histoire d'Al-Andalus en incorporant l'histoire (arabe) d'Al-Andalus à l'histoire espagnole62.

Pour Christophe Cailleaux, chercheur en histoire au laboratoire d'Histoire Médiévale et d'Archéologie à l'Université de Bourgogne, la fabrication du mythe d'Al-Andalus débute dans les années 1950 avec le débat rageur qui oppose Américo Castro à Claudio Sánchez-Albornoz sur la définition de l’identité espagnole63. Pour Castro, l’Espagne est une réalité médiévale, née de la fusion entre musulmans juifs et chrétiens, tandis que pour Albornoz, elle est une « énigme historique » qui naquit durant l’Antiquité tardive et s’affirma dans l’affrontement avec les éléments non-chrétiens, tout particulièrement musulmans63,64. Le terme alors employé de convivencia (de l'espagnol convivialité) est repris dans les années 1970 par des chercheurs américains en l’associant à d’autres notions parfois anachroniques telles que acculturation, assimilation, intégration, colonisation, tolérance65. Pour Alex Novikoff, l’accaparement idéologique du débat sur le vivre-ensemble dans l’Espagne du Moyen Âge doit être replacé dans le contexte d'« un monde moderne toujours plus sensible aux relations tendues au sein d’une communauté mondiale multiethnique »66.

Le mythe d'Al-Andalus a été utilisé par certains spécialistes du monde arabe tels George Antonius ou Said Abdel-fattah Ashour pour légitimer leur opposition à Israël63.

Pour Christophe Cailleaux, « le mythe de la convivencia et son cortège d’anachronismes et de contre-mythes n’en finissent pas de prospérer, portés par les mésusages publics de l’Histoire face auxquels il convient de rester vigilant »63.

Tolérance et cohabitation pacifique
Au cours du xixe siècle, de nombreux orientialistes occidentaux ont découvert les écrits d'historiens musulmans sur Al Andalus et notamment les écrits de Al Maqqari (1577–1632). Ces lectures ont permis de nouvelles lectures moins partisanes du passé en passant de "l'histoire de la présence arabe en Andalousie" à "l'histoire arabe de l'Andalousie". Cette approche a provoqué une levée de boucliers parmi les mouvements nationalistes et conservateurs car cela contrevenait à la propagande historique officielle castillane[non neutre][réf. nécessaire]. Des critiques ont ainsi été émises sur le type de tolérance d'Al-Andalus et sur le statut des chrétiens et des juifs considérés à tort ou à raison comme des sujets de seconde classe, chargés de très lourds impôts. Toutefois, en 1992, le 500e anniversaire de la fin du dernier royaume musulman d'Espagne a vu de nombreux andalous reconnaitre avec fierté leur héritage d'Al-Andalus62.

Selon Dario Fernández-Morera, la jurisprudence malékite serait conservatrice et intolérante et les persécutions étaient courantes. Dans un style colonialiste, les conquérants musulmans ont fait de leur mieux pour effacer les noms de lieux et les langues locales. Ils ont également détruit des églises et construit des mosquées à la place67.

Al-Andalus a toujours été sous la pression extérieure de la Reconquista chrétienne et les insurrections des muladis, comme lors du fameux « massacre du fossé » où 5 000 muladis furent décapités et crucifiés, mettent à mal l'idée d'une cohabitation pacifique.[réf. nécessaire]

Toutefois, María Rosa Menocal, professeur Sterling à l'Université de Yale et écrivaine d'origine cubaine, souligne la tolérance dans l'Espagne médiévale, aussi bien dans les royaumes musulmans que chrétiens, à travers des exemples politiques ainsi que des exemples culturels dans son livre The Ornament of the World: How Muslims, Jews, and Christians Created a Culture of Tolerance in Medieval Spain'.

Selon David Nirenberg (en), la coexistence des juifs, musulmans et chrétiens dans l'Espagne médiévale repose sur une violence centrale et systémique et sur ce qu'il appelle les "négociations et marchandages". Nirenberg s'attache notamment à analyser le sort des minorités musulmanes et juives au sein du Royaume d'Aragon au xive siècle et notamment les excès sporadiques de violences contre eux par les chrétiens dans un contexte général de cohabitation pacifique68.

Âge d'or des sciences et de la culture
En 1978, Juan Vernet publie La cultura hispano-árabe en Oriente y Occidente, où il indique dès le prologue :

« Ce livre prétend faire l'inventaire de ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne. Qu'il soit bien entendu d'emblée que le mot « arabe » ne renvoie pour moi, ni à une ethnie, ni à une religion, mais à une langue : celle des Arabes, des Perses, des Turcs, des Juifs et des Espagnols au Moyen-Âge et qui fit office de vecteur dans la transmission des savoirs les plus divers de l'Antiquité - classique ou orientale - au monde musulman. L'Islam les réélabora et les accrut de nouveaux apports décisifs - l'algèbre et la trigonométrie pour ne citer qu'un exemple ; de l'arabe, ils passèrent à l'Occident grâce aux traductions en latin et en langues romanes et débouchèrent sur le majestueux déploiement scientifique de la Renaissance »(/b]

— Juan Vernet69.

[b]Pour Fernández-Morera, dire que l'islam préservait le savoir classique et le transmettait à l'Europe ne se base sur aucun fondement. En fait, l'Islam aurait ralenti l'échange de science, d'art et de poésie de l'Espagne avec l'Europe et beaucoup de soi-disant sommités musulmanes de l'âge d'or se révèlent être d'ascendance non musulmane ou non arabe, sinon elles-mêmes chrétiennes ou juives.


Sylvain Gouguenheim, historien médiéviste français remet en cause la thèse d'une transmission des auteurs antiques par les Arabes, dans son livre Aristote au mont Saint-Michel. Il rappelle que le savoir a régulièrement circulé entre Byzance et l'Occident bien mieux qu'entre la civilisation islamique et l'Occident. Toutefois, les thèses de Gouguenheim ont été vivement contestées par des historiens du Moyen Âge spécialistes de l'histoire intellectuelle, culturelle et philologique dans plusieurs articles et ouvrages du fait de ses omissions et ses confusions70. En effet, les Byzantins ont volontiers transmis leur savoir aux lettrés d'Al-Andalus : ainsi, l'empereur Romain Ier Lécapène (Ρωμανός Α' ο Λεκαπηνός) envoie bibliothèques et traducteurs à Hasdaï ibn Shaprut, ministre du calife de Cordoue, Abd al-Rahman III71.

Dans sa révision de l'histoire intellectuelle de l'Europe occidentale, Gouguenheim passe en effet pratiquement sous silence le rôle joué par la péninsule Ibérique et Al-Andalus, où l'on a traduit de l'arabe au latin les principaux textes mathématiques72, astronomiques et astrologiques dont la réception allait préparer en Europe la révolution scientifique moderne 73.

Dernière modification par Pascal Nicolaides (28-10-2018 10:28:10)


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#42 28-10-2018 23:30:11

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@rmenaute

Re: Al Andalus, l'invention d'un mythe

Pascal Nicolaides a écrit:

- Al-Andalus, l’invention d’un mythe », de Serafin Fanjul, Camille Galic, POLEMIA, 10/12/2017 ;

- Wikipedia de Sérafin Fanjul ;

- Le mythe de la convivencia : Chrétiens, juifs et musulmans dans l’Espagne médiévale, Terre promise, 19 juillet 2018 ;

- Wikipedia de Convivencia ;

- L'islam de la vieille Espagne était-il vraiment tolérant?, EDWARD ROTHSTEIN SEPT. 27 2003 ;

- Spain in Middle Ages no paradise for Christians, Jews, women, PAUL MONK, JULY 9, 2016 ;

- The Convivencia in Islamic Spain, Sarah-Mae Thomas, July - August 2013 ;

- Al-Andalus, l’Andalousie musulmane dans sa réalité, Clémence Hélou Matar, "Comprendre l’Islam et construire une humanité fraternelle et spécifique", Paris, Cariscript, 2010

- Chrétiens, Juifs et Musulmans en Espagne : le mythe de la tolérance religieuse (VIIIe-XVe siècle), Joseph Perez dans mensuel 137 daté octobre 1990

Le mythe de l'Espagne musulmane. ( Le mythe d'Al Andalus), 11 Septembre 2012 par Edouard Boulogne

- Chrétiens, juifs et musulmans dans Al-Andalus, mythes et réalités, de Dario Fernandez-Morera,  préface de Rémi Brague, de l'Institut, Ed. Cyrille Godefroy

- Le mythe d’Al-Andalous et de la supériorité de la science arabo-musulmane: carburants du totalitarisme islamiste, Alexandre del Valle, March 5, 2017, Atlantico

- Andalus, la fin d'un mythe interreligieux?, Marie-Lucile KUBACKI, publié dans LA VIE, le 18/10/2013

- La revanche des vieux conflits (2/4) : Al Andalus, idéal de tolérance ou rêve de conquête guerrière, émission préparée par Marguerite Catton

- Al-Andalus, l’Andalousie musulmane dans sa réalité, juifs et chrétiens, et statut de « dhimmi », Clémence Hélou Matar, "Comprendre l’Islam et construire une humanité fraternelle et spécifique", Paris, Cariscript, 2010

- TERRE PROMISE

#974

Dernière modification par Adic2010 (28-10-2018 23:49:26)

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#43 28-10-2018 23:44:24

Pascal Nicolaides
@rmenaute

Re: Al Andalus, l'invention d'un mythe

Adic2010 a écrit:

Pascal Nicolaides a écrit:

- Al-Andalus, l’invention d’un mythe », de Serafin Fanjul, Camille Galic, POLEMIA, 10/12/2017 ;

- Wikipedia de Sérafin Fanjul ;

- Le mythe de la convivencia : Chrétiens, juifs et musulmans dans l’Espagne médiévale, Terre promise, 19 juillet 2018 ;

- Wikipedia de Convivencia ;

- L'islam de la vieille Espagne était-il vraiment tolérant?, EDWARD ROTHSTEIN SEPT. 27 2003 ;

- Spain in Middle Ages no paradise for Christians, Jews, women, PAUL MONK, JULY 9, 2016 ;

- The Convivencia in Islamic Spain, Sarah-Mae Thomas, July - August 2013 ;

- Al-Andalus, l’Andalousie musulmane dans sa réalité, Clémence Hélou Matar, "Comprendre l’Islam et construire une humanité fraternelle et spécifique", Paris, Cariscript, 2010

- Chrétiens, Juifs et Musulmans en Espagne : le mythe de la tolérance religieuse (VIIIe-XVe siècle), Joseph Perez dans mensuel 137 daté octobre 1990

Le mythe de l'Espagne musulmane. ( Le mythe d'Al Andalus), 11 Septembre 2012 par Edouard Boulogne

- Chrétiens, juifs et musulmans dans Al-Andalus, mythes et réalités, de Dario Fernandez-Morera,  préface de Rémi Brague, de l'Institut, Ed. Cyrille Godefroy

- Le mythe d’Al-Andalous et de la supériorité de la science arabo-musulmane: carburants du totalitarisme islamiste, Alexandre del Valle, March 5, 2017, Atlantico

- Andalus, la fin d'un mythe interreligieux?, Marie-Lucile KUBACKI, publié dans LA VIE, le 18/10/2013

- La revanche des vieux conflits (2/4) : Al Andalus, idéal de tolérance ou rêve de conquête guerrière, émission préparée par Marguerite Catton

- Al-Andalus, l’Andalousie musulmane dans sa réalité, juifs et chrétiens, et statut de « dhimmi », Clémence Hélou Matar, "Comprendre l’Islam et construire une humanité fraternelle et spécifique", Paris, Cariscript, 2010

#974

Oui et alors ? Vous allez encore lister longtemps ce que j'écris ? Soit, je vais vous envoyer d'autres références si vous y tenez mais à mon avis votre cas  est franchement pathologique ! Vous vous ennuyez tant que ça à Berlin ???


http://media.pn.am/media/issue/274/560/photo/274560.jpg

PAS D'OUBLI, PAS DE PARDON !

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#44 29-10-2018 00:05:15

Adic2010
@rmenaute

Re: Al Andalus, l'invention d'un mythe

Pascal Nicolaides a écrit:

C'est inoui tout de même la capacité de mauvaise foi d'ADIC 2010 ! Ce "chercheur en Arménologie appliquée" sait mieux que tous les historiens précités sur ce sujet- qui soit dit en passant sont eux, de vrais chercheurs...
Alors il ramène tout à sa marotte, sa turlutaine monomaniaque : la Défense et l'Illustration de l'Islam, des Arabes...
Si l'on ose le contredire- même avec des arguments difficilement contestables- il fustige toute opposition à ses points de vue, en accablant l'opposant en lui prêtant des sentiments qu'il n'a pas : encore une fois que cela soit bien clair: je n'ai rien contre les Arabes, ni contre l'Islam ce que je demande c'est qu'on ne nous bassine pas à longueur de forums avec ça !
Je crois hélas qu'on ne peux pas faire entendre raison à un esprit aussi étroit et de parti-pris...mad

Pascal Nicolaides a écrit:

Oui et alors ? Vous allez encore lister longtemps ce que j'écris ? Soit, je vais vous envoyer d'autres références si vous y tenez mais à mon avis votre cas  est franchement pathologique ! Vous vous ennuyez tant que ça à Berlin ???

À disserter un jour. Cependant, ce n'est pas prioritaire. Il y a des priorités plus importantes. Nil.
990

Dernière modification par Adic2010 (29-10-2018 00:05:56)

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#45 29-10-2018 04:08:18

jonathan
@rmenaute
Réputation :   22 

Re: Al Andalus, l'invention d'un mythe

Tiens, rien ne change ici.
Toujours M. Agopoff au rendez-vous avec son érudition flatulente de gloubi-glouba googlesque et ses gigantesques auto-collants.  Le bon goût quoi!

Les autres non plus ils ont pas changé.   Hein!  Juste comme cela, il me souvient que c'était la chasse aux sorcières des années 90 contre les sectes pour drainer la vindicte populaire qui marchait fort il y a 25-30 ans.  Maintenant, du Gang de Roubaix à Daech, c'est le mahométisme qui a raflé le marché.

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#46 30-10-2018 15:14:40

Adic2010
@rmenaute

Re: Al Andalus, l'invention d'un mythe

Avec ces pages politico-essayistes, l'internaute PN veut absolument faire entrer l'histoire d'Al-Andalus dans la guerre entre le sionisme et l'islamisme -qui n'est pas la guerre des Arméniens.
#1076

Dernière modification par Adic2010 (30-10-2018 15:15:14)

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#47 30-10-2018 15:24:40

Haytoug
Modérateur

Re: Al Andalus, l'invention d'un mythe

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#48 30-10-2018 16:10:33

Pascal Nicolaides
@rmenaute

Re: Al Andalus, l'invention d'un mythe

jonathan a écrit:

Tiens, rien ne change ici.
Toujours M. Agopoff au rendez-vous avec son érudition flatulente de gloubi-glouba googlesque et ses gigantesques auto-collants.  Le bon goût quoi!

Les autres non plus ils ont pas changé.   Hein!  Juste comme cela, il me souvient que c'était la chasse aux sorcières des années 90 contre les sectes pour drainer la vindicte populaire qui marchait fort il y a 25-30 ans.  Maintenant, du Gang de Roubaix à Daech, c'est le mahométisme qui a raflé le marché.

Tiens tiens, pourquoi la vindicte de l'internaute ADIC 2010 ne s'adresse pas à toi Jonathan ? Curieux...Bon je sais que je suis la cible préférée du Camarade Agopoff mais tout de même !...


http://media.pn.am/media/issue/274/560/photo/274560.jpg

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#49 30-10-2018 16:13:56

Pascal Nicolaides
@rmenaute

Re: Al Andalus, l'invention d'un mythe

Adic2010 a écrit:

Avec ces pages politico-essayistes, l'internaute PN veut absolument faire entrer l'histoire d'Al-Andalus dans la guerre entre le sionisme et l'islamisme -qui n'est pas la guerre des Arméniens.
#1076

Et voila c'est reparti pour un tour !!!

Mais encore une fois Tovaritch Agopoff je  me contrefous de la guerre du Sionisme et de l'Islamisme ! La seule guerre qui m'importe c'est celle de l'Arménie-Artsakh et de l'Azerbaidjan !!!

Faut te le dire en quoi ?


http://media.pn.am/media/issue/274/560/photo/274560.jpg

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#50 30-10-2018 16:15:33

Pascal Nicolaides
@rmenaute

Re: Al Andalus, l'invention d'un mythe


http://media.pn.am/media/issue/274/560/photo/274560.jpg

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