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#51 26-04-2015 11:42:52

Adic2010
@rmenaute

Re: "Comment mieux combattre l'Islamophobie ?"

Pour les sites, blogs, messages dans les forums, etc. qui essaient de faire face à l'islamophobie et animés de l'esprit franco-citoyen : à les mettre courant avec cette prochaine conférence mercredi prochain

- 'Thread' faisant partie de la rubrique : ISLAM ET RELATIONS ARABO-ARMÉNIENNES  (#2)

#2310

Dernière modification par Adic2010 (17-10-2018 12:38:57)

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#52 26-04-2015 14:35:51

Peuimporte
@rmenaute
Réputation :   14 

Re: "Comment mieux combattre l'Islamophobie ?"

N'avez-vous pas d'autres combats Ă  mener ???

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#53 26-04-2015 14:56:23

Armen_P
@rmenaute
Réputation :   52 

Re: "Comment mieux combattre l'Islamophobie ?"

Peuimporte a écrit:

N'avez-vous pas d'autres combats Ă  mener ???

J'aurai une proposition: Comment combattre l'islamophilie...
Mais la............................................................................................................................................................


La culture, c'est comme la confiture:
Moins on en a, plus on l'Ă©tale.
Les titres y compris auto proclamés, idem...

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#54 04-10-2015 21:22:56

Adic2010
@rmenaute

Re: "Comment mieux combattre l'Islamophobie ?"

OÙ EST LE RELIGIEUX REPRÉSENTANT L'ÉGLISE APOSTOLIQUE ARMÉNIENNE À CETTE RÉUNION IMPORTANTE À LA GRANDE MOSQUÉE DE PARIS ??!!     neutral

Nos religieux dormaient-ils ce jour du 12 septembre 2014 ?  Nil   yikes   hmm    sad

PS - On peut voir le Turc Ahmed Ogras que l'on connait avec son video : https://m.youtube.com/watch?v=jKX1DrJG0M0 déjà signalé à ce message #30.

#3460

Dernière modification par Adic2010 (17-10-2018 12:40:34)

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#55 05-10-2015 19:48:06

JP
@rmenaute
Réputation :   74 

Re: "Comment mieux combattre l'Islamophobie ?"

Traitons toutes les phobies sociales de la mĂȘme maniĂšre, d'origine religieuses ou non, communautaires ou non.

l'aloufe-phobie :: la phobie du porc ;
l'arméno-phobie :: la phobie des Arméniens ;
la turco-phobie :: la phobie des Turcs ;
l'azéro-phobie :: la phobie du zéro ;
la phobie-phobie :: la phobie due la phobie ;

et c'est tes rats !

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#56 05-10-2015 19:52:54

JP
@rmenaute
Réputation :   74 

Re: "Comment mieux combattre l'Islamophobie ?"

Traitons des phobies sans phobie, avec justesse, en parlant de toutes sans en oublier une.

- l'aloufe-phobie :: la phobie du porc ;
- l'arméno-phobie :: la phobie de l'Arménien ;
- la turco-phobie :: la phobie du Turc ;
- l'azéro-phobie :: la phobie du zéro ;
- la phobie-phobie :: la phobie du bégaiement ;

et c'est tes rats.

Dernière modification par JP (05-10-2015 19:53:31)

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#57 05-10-2015 20:44:33

XYZ
@rmenaute
Réputation :   

Re: "Comment mieux combattre l'Islamophobie ?"

Excellent !
Ne pas oublier la phobie du gĂ©ranium : appelons cela la gĂ©ranio-phobie. Le cinglĂ© qui sĂ©vit sur ce forum en se prĂ©sentant comme un scientifique ne manquera pas de rĂ©agir. À bon entendeur salut...

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#58 06-10-2015 09:26:10

Adic2010
@rmenaute

Re: "Comment mieux combattre l'Islamophobie ?"

JP a écrit:

et c'est tes rats

XYZ a écrit:

Excellent !
Ne pas oublier la phobie du gĂ©ranium : appelons cela la gĂ©ranio-phobie. Le cinglĂ© qui sĂ©vit sur ce forum en se prĂ©sentant comme un scientifique ne manquera pas de rĂ©agir. À bon entendeur salut...

Les rĂ©actions de nos deux compĂšres sont originales, elles veulent se situer au niveau de la rĂ©crĂ© d'une cour d'Ă©cole communale (ou de colonie de vacances).    lol   lol    L'on pourra analyser ces rĂ©actions une autre fois en relation (consciente/inconsciente   hmm   ) avec cette photo Ă  la Grande MosquĂ©e de Paris -qui aujourd'hui reconnait officiellement le GA1915.  big_smile

Mais il est plus important de revenir en quoi cette photo est rĂ©vĂ©latrice d'un Ă©tat de fait (nous Ă©tant trĂšs handicapant) pointĂ© Ă  juste titre par notre ami 'nemesis' : On est bon en communication, ou on l'est pas ! Nous, on est nuls !   sad  et que nous pouvons essayer de remĂ©dier.

Le CHREDO, Coordination ChrĂ©tiens d?Orient en Danger fait un trĂšs bon boulot dans les milieux politiques d'Ă©lus de droite. Je ne sais pas pour les milieux croyants traditionnels. Dans les 42 pages de ce Pdf, on ne trouve pas la prĂ©sence de religieux armĂ©niens apostoliques, catholiques ou Ă©vangĂ©liques. Peut-ĂȘtre est-ce parce que ces manifestations sont politiques ? Et que le DiocĂ©se Ă  la Rue Jean Goujon se veut apolitique ? Mais la rencontre Ă  la MosquĂ©e de Paris se situait dans le cadre d'une institution religieuse officielle et dans l'esprit du dialogue islamo-chrĂ©tien.    neutral

Le co-président fondateur du CHREDO est Patrick KARAM qui est un Guadeloupéen d'origine libanaise. C'est un journaliste qui est passé à la politique. Il a été au Caucase et il a un publié un livre Les Guerres du Caucase : des tsars à la Tchétchénie, L'Harmattan 1995.

Enfin, je voudrais attirer l'attention des armĂ©nautes (au delĂ  des parasitages phobiaco-phobiques habituels, etc.  wink   ) que dans ces rencontres islamo-chrĂ©tiennes, il y a la prĂ©sence du reprĂ©sentant turc, Ahmet OGRAS. Ce blablateur Ă  la parole facile, ne semble pas du tout un religieux en islam, mais un politicien classique : ses diffĂ©rents vidĂ©os sont Ă  Ă©tudier et Ă  citer aux moments adĂ©quats.

Bonne journée. Nil.

#3560

Dernière modification par Adic2010 (17-10-2018 12:42:59)

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#59 06-10-2015 21:07:00

XYZ
@rmenaute
Réputation :   

Re: "Comment mieux combattre l'Islamophobie ?"

Pour l'humour, il faudra repasser : encore une phobie du pseudo-scientifique qui nous bassine une fois de plus avec l'argument de la cour de récréation, sauf que pour la éniÚme fois, il ferait bien de revoir, hormis son orthographe et sa grammaire bien flottantes, sa maniÚre d'argumenter, complÚtement erratique : comme disait Boileau, "ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement".
Cela dit "en relation (consciente/inconsciente ) du parfumage au delĂ  des parasitages phobiaco-phobiques habituels" (citation !), Adic machin, persuadĂ© qu'il a une mission Ă  remplir mais qui n'intĂ©resse personne, n'a strictement aucun sens de l'humour : je le plains profondĂ©ment, car sans sens de l'humour, la vie ne vaut pas d'ĂȘtre vĂ©cue.

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#60 07-10-2015 08:59:02

Adic2010
@rmenaute

Re: "Comment mieux combattre l'Islamophobie ?"

XYZ a écrit:

Pour l'humour, il faudra repasser : encore une phobie du pseudo-scientifique qui nous bassine une fois de plus avec l'argument de la cour de récréation, sauf que pour la éniÚme fois, il ferait bien de revoir, hormis son orthographe et sa grammaire bien flottantes, sa maniÚre d'argumenter, complÚtement erratique : comme disait Boileau, "ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement".
Cela dit "en relation (consciente/inconsciente ) du parfumage au delĂ  des parasitages phobiaco-phobiques habituels" (citation !), Adic machin, persuadĂ© qu'il a une mission Ă  remplir mais qui n'intĂ©resse personne, n'a strictement aucun sens de l'humour : je le plains profondĂ©ment, car sans sens de l'humour, la vie ne vaut pas d'ĂȘtre vĂ©cue.

Ce sont les (re)sentiments de l'internaute XYZ et nous pouvons les lui laisser. Aujourd'hui, il y a des choses plus importantes oĂč travailler.

http://www.mosqueedeparis.net/wp-content/uploads/2014/03/gmp-header-new-1170x220.jpg

http://www.fraternite-dabraham.com/wp-content/uploads/LOGO-MOSQUEE-DE-PARIS.jpg

- les Ă©tudes arabisantes en ArmĂ©nie ; 
. Institut des Études orientales de l'AcadĂ©mie des Sciences de l'ArmĂ©nie / Arabologie   .    Հայաստանի Հանրապետության Գիտությունների Ազգային Ակադեմիա  Արևելագիտության ինստիտուտ  . Արաբերեն
. UniversitĂ© d'ÉrĂ©van : DĂ©partement d'arabe     Արաբագիտություն ամբիոն Արևելագիտության դասընթացները . Երևանի պետական համալսարան
. Jeunes arabisants en ArmĂ©nie[/url]  .  Արաբագիտական գրադարան

- DI - Antelias : Rencontres inter-religieuses & Dialogue islamo-chrétien

- DI - Etchmiadzine : Rencontres inter-religieuses & Dialogue islamo-chrétien

- les instances francophones en ArmĂ©nie : Ambassade de France Ă  ÉrĂ©van ; les associations, clubs et sites francophones[/url] ; Le courrier d'ÉrĂ©van

- les Etudes françaises en ArmĂ©nie : UniversitĂ© d'ÉrĂ©van[/url] ; Professeurs de français dans les lycĂ©es[/url] ;

- WI - les mosquées de France ; Islam en France[/u]

- les instituts et Ă©coles arabo-islamiques de France (*) ;  LISTE DES ÉCOLES MUSULMANES DE FRANCE :

- les associations et médias francomaghrébins de France (*) ;

- les personnalités franco-maghrébines laïques ou religieuses (*) ;

- les Ă©tudes arabisantes universitaires en France (*) ;

- les associations en dialogue islamochrétien (*) ;

- les élus français en relation avec un concept arabisant = (*) ;

- WI - les services culturels des différentes ambassades arabes en France et en particulier l'Ambassade de la Ligue des Etats arabes ;

- UN - les délégations des Etats arabes à l'Unesco

- et enfin CHARLES AZNAVOUR dont le gendre est algérien.

Bonne journée. Nil.

(*) : ancienne page de 10 ans au moins à réactualiser

~ WWW HAYS / FRANCE -- EUROPE -- MOYEN-ORIENT  (#38) >> INFORMER SUR LA RECONNAISSANCE DU GA1915 PAR LE RECTEUR DE L'INSTITUT MUSULMAN DE LA GRANDE MOSQUÉE DE PARIS

#3648

Dernière modification par Adic2010 (17-10-2018 12:49:29)

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#61 27-06-2016 13:32:03

Adic2010
@rmenaute

Re: "Comment mieux combattre l'Islamophobie ?"

Il y aura les sociologues ci-dessous Ă  informer sur le JIHAD MADE IN GERMANY et le GA1915 :

- avec leurs multiples dénis officiels ou organisés et sous-traités ;
- avec des historiens-mercenaires ;
- avec un siÚcle de complésences en différentes realpolitiks geo-stratégiques, mercantilistes ou électoralistes ;
- en poncepilatisme politicien (à la sauce versaillaise du "aprÚs moi, le déluge") ;
- en eurocentrisme ;
- en obscuratismes religieux musulmans s'alimentant d'ignorances entretenues ;
- en exploitation par Ankara des islamophobies occidentales.
___________________


- LE SOCIOLOGUE FACE À L?ISLAMOPHOBIE  VIDEO 2h44mn:59s . http://islamophobie.hypotheses.org

- Serge PAUGAM : directeur d'Ă©tudes Ă  l'EHESS et de recherche au CNRS .

http://www.streetpress.com/sites/default/files/field/image/imagefield_53fdf2ec6d089.jpg

- Houda ASAL : postdoctorante,  Membre de l'Ă©quipe ERIS du CMH) .

http://www.lescahiersdelislam.fr/photo/art/default/5776889-8611751.jpg?v=1376845376

- Bruno COUSIN : Maßtre de conférences, Université de Lille 1, membre de l'équipe ERIS du CMH) .

https://0.academia-photos.com/40289904/11011474/12288488/s200_bruno.cousin.jpg

- Abdellali HAJJAT : Maßtre de conférences, Université de Paris-Ouest Nanterre ) .

http://s1.dmcdn.net/Co3Tg/320x240-V8b.jpg

- Marwan MOHAMMED : chargé de recherche au CNRS) .

https://i.ytimg.com/vi/kAXZv7J0Ios/hqdefault.jpg

- Tommaso VITALE : Professeur de sociologie, GSPM, Centre d?études européennes, Sciences Po Paris)

#6890

Dernière modification par Adic2010 (17-10-2018 12:56:35)

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#62 27-06-2016 20:54:34

Dzovig
@rmenaute

Re: "Comment mieux combattre l'Islamophobie ?"

Ho ho, hi, hi ... Je viens de me payer une sacrĂ©e tranche de rigolade Ă  vous lire ! Bon sang ! De quoi pourrions-nous parler s'il n'y avait pas la "religion" ! Un sujet qui en fait couler de l'encre ! Pourquoi au juste ? Pour des plans tirĂ©s sur la comĂšte ! Bon, ok, il y a eu un sage Ă  une Ă©poque donnĂ©e, un peu en avance sur son temps, qui a dit des choses intĂ©ressantes en demandant aux hommes - de son Ă©poque - de s'en inspirer pour rĂ©gler leur vie - Au fil du temps, tout cela  a pris des proportions telles avec l'afflux de toutes les autres religions qui ne voulaient pas ĂȘtre en reste ! Et voilĂ  pourquoi depuis des siĂšcles, les hommes s'entre-tuent, se dĂ©chirent, s'adonnent au pires exactions pour imposer leur vue, car chacun est bien persuadĂ© que c'est lui qui a raison ! MDR !! Et ça marche - que dis-je - ça court  ! Quant au coĂ»t qu'a reprĂ©sentĂ© depuis des siĂšcles, l'exploitation de cette monumentale escroquerie au sentiment - je ne vous en parle mĂȘme pas ! Je vous laisse y rĂ©flĂ©chir !

Dieu ! (si je puis dire) que les hommes sont bĂȘtes ! Ce n'est pas Ă  vous que ce discours s'adresse ma soeur, mon frĂšre, c'est ... aux autres !  big_smile  big_smile

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#63 28-06-2016 09:27:15

Pascal Nicolaides
@rmenaute

Re: "Comment mieux combattre l'Islamophobie ?"

T'as ben raison Dzovig ! Cinq siÚcles avant J.C un "Illuminé" nous avait prévenus...
(En ce qui concerne le mauvais usage des "religions " je ne me réfÚre plus, ici, à ce cher Voltaire, de peur de déclencher les foudres de certain arménaute et de vous faire encourir des salves de posts tarabiscotés et ponctués d'innombrables émoticÎnes farfelus...)

http://www.evolution-101.com/citations-de-bouddha/

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/dc/BuddhaHead.JPG/418px-BuddhaHead.JPG


https://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn%3AANd9GcTkIXuUkqdt-LrfqdDjh78wSu2VrZXCgl1Qxxi1Uw1tnrNJH0_D

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#64 28-06-2016 10:39:56

Adic2010
@rmenaute

Re: "Comment mieux combattre l'Islamophobie ?"

Dzovig a écrit:

Ho ho, hi, hi ... Je viens de me payer une sacrĂ©e tranche de rigolade Ă  vous lire ! Bon sang ! De quoi pourrions-nous parler s'il n'y avait pas la "religion" ! Un sujet qui en fait couler de l'encre ! Pourquoi au juste ? Pour des plans tirĂ©s sur la comĂšte ! Bon, ok, il y a eu un sage Ă  une Ă©poque donnĂ©e, un peu en avance sur son temps, qui a dit des choses intĂ©ressantes en demandant aux hommes - de son Ă©poque - de s'en inspirer pour rĂ©gler leur vie - Au fil du temps, tout cela  a pris des proportions telles avec l'afflux de toutes les autres religions qui ne voulaient pas ĂȘtre en reste ! Et voilĂ  pourquoi depuis des siĂšcles, les hommes s'entre-tuent, se dĂ©chirent, s'adonnent au pires exactions pour imposer leur vue, car chacun est bien persuadĂ© que c'est lui qui a raison ! MDR !! Et ça marche - que dis-je - ça court  ! Quant au coĂ»t qu'a reprĂ©sentĂ© depuis des siĂšcles, l'exploitation de cette monumentale escroquerie au sentiment - je ne vous en parle mĂȘme pas ! Je vous laisse y rĂ©flĂ©chir !

Dieu ! (si je puis dire) que les hommes sont bĂȘtes ! Ce n'est pas Ă  vous que ce discours s'adresse ma soeur, mon frĂšre, c'est ... aux autres !  big_smile  big_smile

Dzovig, je suis de la vieille Ă©cole. On m'a appris qu'il fallait respecter la religion des autres.

Ma mĂšre avait Ă©tĂ© elĂšve au CollĂšge amĂ©ricain d'ÜskĂŒdar oĂč elle avait Ă©tĂ© Ă©duquĂ©e ainsi par les missionnaires protestantes. Nil.

PS - Je continue Ă  Ă©couter la video de la confĂ©rence : LE SOCIOLOGUE FACE À L'ISLAMOPHOBIE  VIDEO 2h44mn:59s. Je n'ai pas remarquĂ© pas s'ils parlent du GA1915 et du JIHAD MADE IN GERMANY. Il y a du boulot.

- 'Thread' faisant partie de la rubrique : ISLAM ET RELATIONS ARABO-ARMÉNIENNES  (#2)

#7021

Dernière modification par Adic2010 (17-10-2018 12:58:32)

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#65 02-10-2016 14:50:52

Adic2010
@rmenaute

Re: "Comment mieux combattre l'Islamophobie ?"

Comment mieux combattre l'Islamophobie ? En informant l'Islam de France, la Fondation pour l'Islam de France, le CCFM, le Service National des Relations pour les Musulmans (Église catholique de France) et les associations franco-citoyennes en gĂ©nĂ©ral de la SociĂ©tĂ© civile :

- qu'il y a eu un siÚcle de conséquences anthropologiques en dénis officiels, ordinaires ou banalisés d'un crime génocidaire impuni et non reconnu ;

- que ce génocide était basé sur l'idéologie touraniste qui avait commencé sa premiÚre étape en cherchant à faire la jonction avec les Turco-Tatars-Azéros de Bakou experts en pogromssad

- que les Hays n'ont pas été massacrés parce qu'ils étaient chrétiens -comme nous le dit le Catholicos Aram Ier ;

- car s'agissant avant tout d'un nettoyage ethnique d'une population autochtone -pouvant arriver aujourd'hui Ă  l'encontre des Kurdes (mĂȘme musulmans) si les circonstances Ă©taient favorables Ă  Ankara ;

- et qu'il y a eu JIHAD MADE IN GERMANY en 1914.

Il y a du boulot les ami(e)s. Nil  smile

N'hĂ©sitez pas Ă  informer les ANALYSTES DE l'ISLAMOPHOBIE ET DU VIVRE-ENSEMBLE : CONFÉRENCE À SCIENCES-PO DE LYON / 23.II.2015 / VIDEO 2h:25mn:17s.

https://i.ytimg.com/vi/MyaPlWXJMOA/maxresdefault.jpg
#8370

Dernière modification par Adic2010 (17-10-2018 13:00:15)

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#66 03-01-2018 11:08:40

Adic2010
@rmenaute

Re: "Comment mieux combattre l'Islamophobie ?"

Je n'oublie le message de Anne-Marie : Pour les fans de Plenel. Il y aura du boulot à mettre en évidence la CONFUSION-MYOPIE ou la [u]POLITIQUE POLITICIENNE EN REALPOLITIK FINANCIÈRE de Plenel.

http://www.infirmiers.com/forum/images/smilies/6834.gif . Mais je suis assez branchĂ© mentalement ces temps-ci Ă  bosser sur l'information du film LA PROMESSE -car talonnĂ© par l'actualitĂ© de sa programmation : un film qu'on a essayĂ© de snober parce que ressenti comme "Ă  l'eau de rose"...    roll     Ă  cause d'une confiture rance parce que trop enfermĂ©e ?   hmm

Cependant, suite Ă  mon surf matinal habituel sur web, (en buvant mon thĂ© et vous ne me croirez pas   yikes   mais je viens de voir passer un renard en bas dans le jardin -frĂ©quent Ă  Berlin oĂč il y a beaucoup de jardins et des parcs) j'ai trouvĂ© cette revue acadĂ©mique US :

- ISLAMOPHOBIA STUDIES JOURNAL, SPRING 2012, VOLUME 1, ISSUE 1

- ISLAMOPHOBIA STUDIES JOURNAL (SPRING 2014, VOLUME 2, ISSUE 1)

- ISLAMOPHOBIA STUDIES JOURNAL (FALL 2015, VOLUME 3, ISSUE 1)

- ISLAMOPHOBIA STUDIES JOURNAL (FALL 2014, VOLUME 2, ISSUE 2)

- ISLAMOPHOBIA STUDIES JOURNAL (SPRING 2016, VOLUME 3, ISSUE 2)

- ISLAMOPHOBIA STUDIES JOURNAL (FALL 2017, VOLUME 4, ISSUE 1)

Quand j'aurai le temps et une meilleure forme physique, je pourrai leur Ă©crire un article mettant en Ă©vidence COMMENT

- cinquante ans de mutismes (complices) Ă©tatiques sur le GDA1915 ;

- puis cinquante ans de productions industrielles d'un nĂ©gationnisme d'État en exportations-importations-consommations-minimisations ;

- de dénis purs-et-durs, en flous artistiques, en écrans de fumées, en verbiages laïcistes, en gargarismes du SiÚcle des LumiÚres (qui a organisé industriellement la Traite négriÚre et l'exploitation économique des esclaves) ;

- ont entretenu (et entretiennent encore) l'islamophobie qui est surtout à base psycho-sociologico-postcoloniale et en idéologie eurocentrique.

Naturellement, la foi religieuse n'y contribue pas ou plutĂŽt c'est la non-foi religieuse ou l'obscurantisme religieux qui contribuent Ă   l'islamophobie -avec les ignorances (quotidiennes, scolaires) qui alimentent la peur.   sad

- 'Thread' faisant partie de la rubrique : ISLAM ET RELATIONS ARABO-ARMÉNIENNES  (#2)

- Thread faisant partie de la rubrique : FRANCE PSYCHO-SOCIOLOGICO-SOCIÉTALE  (#5)

#14040

Dernière modification par Adic2010 (17-10-2018 13:03:24)

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#67 10-01-2018 13:08:10

Adic2010
@rmenaute

Re: "Comment mieux combattre l'Islamophobie ?"

Expression populaire : 'Crazy as a loon' me vient de dire un amĂ©ricain du Starbucks.   lol

https://d28akss8xdipta.cloudfront.net/resized/height-648/path-assets/covers/v2/9780745331317.jpg . https://image.isu.pub/130319170606-a769328be77d4fb5b31099910a0ef966/jpg/page_1_thumb_large.jpg . https://www.crg.berkeley.edu/wp-content/uploads/2016/08/COVER-268x348.jpg . L'islamophobie exploitera toujours le GDA1915 comme écran de fumées -faussant notre cause. Le GDA1915 fut un nettoyage ethnique de la population arméno-autochtone pour faire la jonction avec les Tatars de Bakou : faire table-rase de ces autochtones (dhimmis).

Je rappelle que le mot 'dhimmi' veut dire protégé en arabe et on m'a dit que c'était dans le Coran (et pas seulement dans la Sunna). Le dhimmi était ainsi représentatif de l'Islam et de l'islam traditionnels dont cherchaient à s'afranchir les Jeunes-Turcs à l'école de l'idéologie touranienne -qui avait été initiée par les Turcs de Russie.(*)

On l'a vu par la suite comment le kémalisme (négationniste) avait commencé un autre nettoyage ethnique... ceux des Kurdes du Dersim.

(*) : Il y a un passage dans le premier livre de HélÚne Piralian, Génocide arménien. Sortir du meutre. Sauver la Mort. qui justement parle comment L'HOMME NOUVEAU (Jeune-Turc) ne supportait plus les Hays -car lui rappelant symboliquement l'Islam (et l'islam) traditionnels. Il y a aussi une telle approche chez le psychanalyste Gilles Lussac dans son livre : Peut-on guérir du génocide

Les intellectuels franco-musulmans et les thĂ©ologiens de l'islam comprendront que le GDA1915 fut politico-symboliquement une PERTE DE L'ISLAM en brisant la chaine de transmission humaine -une perte qui est restĂ©e en suspend avec l'abolition du Califat en 1924 :  >> DAESH, "ISLAMIC STATE".

https://3.bp.blogspot.com/-SMbbnoJvtKo/VzavWHXK6vI/AAAAAAAAAMQ/oO8YygzgprYGhNOJ4zh7AUlb2TB1YIZiQCLcB/s1600/zz.gif

https://www.crg.berkeley.edu/wp-content/uploads/2016/08/islam2012.jpg
#14217

Dernière modification par Adic2010 (17-10-2018 13:05:45)

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#69 17-10-2018 20:46:39

lmm
@rmenaute
Réputation :   57 

Re: "Comment mieux combattre l'Islamophobie ?"

papy ADIC a oublié de mentionner le 17 octobre 61. lol

et aprÚs ça, il nous parle de mémoire.
pfff

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#70 17-10-2018 23:05:28

Adic2010
@rmenaute

Re: "Comment mieux combattre l'Islamophobie ?"

lmm a écrit:

papy ADIC a oublié de mentionner le 17 octobre 61. lol

et aprĂšs ça, il nous parle de mĂ©moire.  pfff   [img]aaa[/img]

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/5/5d/Here_are_drown_the_Algerians.jpg . C'est vrai Anne-Marie. HĂ©lĂ s, il m'arrive d'oublier... mĂȘme des mots appropriĂ©s que je peux avoir au bout de la langue. Heureusement il y a le dictionnaire des Synonymes.

J'Ă©tais en classe de terminale au lycĂ©e lors du Massacre du 17 octobre 1961. Les annĂ©es passent. Vous faĂźtes bien de rappeler cette date Ă  ne pas oublier : 17 octobre 1961.    neutral

Il y a les versions azĂ©rie et turque du wikipedia mais non pas la version armĂ©nienne !!    sad
#16885

Dernière modification par Adic2010 (17-10-2018 23:14:16)

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#71 17-04-2020 19:54:31

Adic2010
@rmenaute

Re: "Comment mieux combattre l'Islamophobie ?"

https://www.psychiatrictimes.com/sites/default/files/PSY0619_022.jpg
#21348

Dernière modification par Adic2010 (17-04-2020 19:55:22)

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#72 17-04-2020 20:02:16

Pascal Nicolaides
@rmenaute

Re: "Comment mieux combattre l'Islamophobie ?"

http://www.lesprovinciales.fr/jihad-gen … -armenien/



Jihad et génocide : le cas arménien
On a trop peu Ă©crit Ă  propos du potentiel gĂ©nocidaire de l’Islam. Le premier gĂ©nocide du vingtiĂšme siĂšcle, prĂ©curseur de la Shoah, a pourtant Ă©tĂ© infligĂ© par un pays musulman Ă  l’encontre de sa population chrĂ©tienne : il s’agit du gĂ©nocide de 1915 de la minoritĂ© armĂ©nienne de Turquie. Celui-ci fut en outre prĂ©cĂ©dĂ© par le massacre quasi-gĂ©nocidaire de cent mille Ă  deux cent mille Ăąmes en 1894-1896, sous le rĂšgne du sultan AbdĂŒl-Hamid II (1877-1909), et par celui de trente mille autres en 1909 dans la rĂ©gion d’Adana. Les premiĂšres violences furent perpĂ©trĂ©es sous l’autoritĂ© traditionnelle du sultan, dans le cadre de ce que lui et son cercle estimaient ĂȘtre la dĂ©fense de l’Empire ottoman. Pendant la premiĂšre guerre mondiale un massacre mieux organisĂ© fut commis par le mouvement modernisateur « Jeunes Turcs » en vue, pensaient-ils, de dĂ©fendre la nation turque. La diffĂ©rence entre les deux rĂ©gimes et entre leurs objectifs a conduit deux universitaires de premier plan Ă  ĂȘtre en dĂ©saccord sur l’historiographie des massacres de 1894-96 et de 1915. Vahakn N. Dadrian considĂšre que les premiers faisaient partie d’une sĂ©rie d’assauts de plus en plus intenses qui culminĂšrent en 1915 [1]. Ronald Grigor Suny pense que AbdĂŒl-Hamid Ă©tait un monarque impĂ©rial classique donc prĂ©disposĂ© Ă  utiliser la violence meurtriĂšre pour « tenir ses sujets armĂ©niens dans le droit fil » ; nĂ©anmoins « il n’envisageait pas l’utilisation de la dĂ©portation de masse pour modifier la composition dĂ©mographique de l’Anatolie [2] ». Sans nier que la religion ait jouĂ© un rĂŽle en 1915 autant qu’en 1894-96, Suny considĂšre que l’idĂ©ologie Ă  l’Ɠuvre Ă©tait surtout ethnique et nationaliste chez les coupables Jeunes Turcs. D’autre part, selon toute vraissemblance, le gĂ©nocide n’aurait pas eu lieu sans la guerre mondiale et le « coup de massue politique » que reprĂ©senta la perte d’une grande partie de la Turquie d’Europe dans les annĂ©es qui prĂ©cĂ©dĂšrent immĂ©diatement celle-ci [3].

Nous n’avons pas les compĂ©tences qui permettraient de trancher entre ces Ă©minents spĂ©cialistes. Il y a toutefois assez d’accord entre eux pour au moins reconnaĂźtre que la religion joua un rĂŽle significatif dans chacun des deux cas. Le facteur religieux est plus Ă©vident dans le premier, puisque l’État ottoman Ă©tait au moins en thĂ©orie une sociĂ©tĂ© sacralisĂ©e que dirigeait le sultan-caliphe ; celui-ci, en tant que caliphe, Ă©tait gĂ©nĂ©ralement reconnu comme le successeur du ProphĂšte. Selon Dadrian, le principe de droit commun fondamental qui au sein de l’empire ottoman rĂ©gissait les relations entre l’élite musulmane et les sujets « infidĂšles » Ă©tait un contrat quasi-lĂ©gal, la Akdi Zimmet (contrat avec les nations vassales), au terme duquel le souverain garantissait la sĂ©curitĂ© des « personnes, des libertĂ©s civiles et religieuses, et sous certaines conditions, des propriĂ©tĂ©s, en Ă©change du paiement de l’impĂŽt et des taxes locales, et de la soumission Ă  une sĂ©rie d’interdictions sociales et lĂ©gales [4] ». Fondamentalement, la substance et l’esprit de la Akdi Zimmet Ă©taient la dhimma, le pacte de soumission musulman qui met un terme Ă  l’état de guerre en stipulant les conditions sous lesquelles chrĂ©tiens, juifs et zoroastriens sont autorisĂ©s Ă  demeurer en pays islamique [5]. La tradition islamique n’envisage, Ă  proprement parler, rien moins qu’une vĂ©ritable paix entre musulmans et infidĂšles. Il peut y avoir une trĂȘve lorsque le combat ne paraĂźt pas devoir tourner Ă  l’avantage des premiers. Il peut aussi y avoir une forme de tolĂ©rance religieuse au sein d’un empire plurinational comme l’empire ottoman, Ă  condition qu’elle s’établisse sur la gradation hiĂ©rarchique des status et qu’elle conserve les distinctions entre musulmans et infidĂšles, entre maĂźtres et vassaux [6]. Cependant il n’y a aucun droit humain inaliĂ©nable en faveur des peuples assujettis : leurs droits demeurent contractuels et conditionnels, et sont strictement liĂ©s au respect scrupuleux de la dhimma. Chaque fois qu’un dhimmi ou une communautĂ© dhimmi manque Ă  leurs obligations, le contrat de soumission et de protection devient ipso facto caduc et l’état de guerre rentre en vigueur.

Une crise se dĂ©veloppa au cours du XIXe siĂšcle entre les communautĂ©s assujetties et l’empire ottoman Ă  la suite des rĂ©formes des Tanzimat, et de la dissonnance qu’elles introduisaient entre le droit traditionnel et la nouvelle lĂ©gislation. Les rĂ©formes avaient Ă©tĂ© engagĂ©es en 1839 par le sultan AbdĂŒl-Medjid sous la pression des Occidentaux et de la Russie. Elles garantissaient l’honneur, la sĂ©curitĂ©, et les biens de tous, sans considĂ©ration de race ni de religion. En 1856 un second Ă©dit plus dĂ©taillĂ© affirmait l’égalitĂ© des sujets de l’empire, musulmans et non-musulmans. Étant donnĂ© la subordination traditionnelle des infidĂšles aux musulmans, et sa justification religieuse, le dĂ©cret connu sous le nom de hatt-i hĂŒmayun de 1856, fut amĂšrement ressenti par l’écrasante majoritĂ© de ces derniers, surtout en raison des pressions Ă©trangĂšres qui conduisaient Ă  cette abolition du statut de dhimmi.

Les rĂ©actions de la population furent consignĂ©es par Cevet Pasha, haut fonctionnaire de l’administration ottomane et observateur pĂ©nĂ©trant : « Par cet Ă©dit les sujets, musulmans ou non, devenaient Ă©gaux dans tous leurs droits. Cela eĂ»t un effet trĂšs nĂ©gatif sur les musulmans. Avant cela un des quatre points adoptĂ©s pour servir de base Ă  des nĂ©gociations de paix Ă©tait que certains privilĂšges pourraient ĂȘtre accordĂ©s aux chrĂ©tiens Ă  condition que cela ne remette pas en cause la souverainetĂ© du gouvernement. À prĂ©sent la question des privilĂšges spĂ©ciaux perdait de son importance : dans tout le champ d’intervention du gouvernement les non-musulmans Ă©taient considĂ©rĂ©s comme Ă©gaux dors et dĂ©jĂ . Beaucoup de musulmans commencĂšrent Ă  murmurer : “Aujourd’hui nous perdons nos droits sacrĂ©s confĂ©rĂ©s par le sang de nos pĂšres et de nos aĂŻeux. Alors mĂȘme que le millet islamique est le millet rĂšgnant, il se fait dĂ©possĂšder de ce droit sacrĂ©. C’est un jour d’affliction et de deuil pour la nation de l’Islam”. Mais chez les non-musulman c’était l’allĂ©gresse : ils laissaient le statut de raya [dhimmi] et obtenaient l’égalitĂ© avec le millet au pouvoir. Les patriarches et les autres chefs spirituels voyaient pourtant de mauvaise grĂące leurs apointements ĂȘtre fixĂ©s par l’édit. Un autre aspect Ă©tait que les communautĂ©s avaient auparavant chacune leur rang, les musulmans d’abord, puis les Grecs, puis les ArmĂ©niens et enfin les Juifs – mais maintenant toutes Ă©taient mises au mĂȘme niveau. Certains Grecs contestaient cela en disant : “Le gouvernement nous a mis avec les Juifs. La suprĂ©matie de l’Islam nous allait bien [7]”. »

En 1876 une constitution libĂ©rale fut proposĂ©e par Midhat Pacha pendant son bref second mandat comme grand vizir. Au dĂ©but le nouveau sultan AbdĂŒl-Hamid II (1876-1909) Ă©tait tentĂ© d’accepter la constitution, mais il changea rapidement d’avis et mit un terme aux rĂ©formes des Tanzimat. La suite de son rĂšgne fut une pĂ©riode de rĂ©action conservatrice. Les consĂ©quences plutĂŽt nĂ©gatives de la rĂ©forme avaient dĂ©jĂ  Ă©tĂ© relevĂ©es en 1856 par Mustapha Rashid Pasha (1800-1858), un ancien Grand Vizir et brillant diplomate. Dans un memorendum adressĂ© au sultan dans le sillage des rĂ©formes de l’annĂ©e, Rashid avait prĂ©vu que les efforts faits pour Ă©tablir par dĂ©cret l’égalitĂ© civile de tous les sujets de l’empire portaient le risque d’un « grand massacre [8] ».

Les analyses de Rashid Ă©taient prĂ©monitoires. Les musulmans traditionalistes prirent l’émancipation des juifs et des chrĂ©tiens comme une vĂ©ritable agression. Ils pensĂšrent qu’elle annulait la dhimma. Avant l’émancipation, le paiement de la jizya, l’impĂŽt frappant tout dhimmi mĂąle, symbolisait leur sujĂ©tion, leur statut d’infĂ©rioritĂ© et l’arrĂȘt du jihad. Mais pour les traditionalistes si les discriminations Ă©taient annulĂ©es la dhimma devenait caduque : l’émancipation des dhimmi restaurait contre eux l’état de guerre. Les traditionalistes croyaient que dans ces circonstances la umma, la communautĂ© musulmane, avait cette fois encore, au moins en thĂ©orie, le droit de saisir leur propriĂ©tĂ©s, de mettre Ă  mort les adultes mĂąles, et de rĂ©duire en esclavage les femmes et les enfants. Bien plus, ces actions paraissaient « non seulement justifiĂ©es mais prescrites et honorables [9] ».

Dans les annĂ©es 1880, les idĂ©es occidentales plaçant le « peuple » Ă  la racine de la lĂ©gitimitĂ© politique et prĂŽnant l’autodĂ©termination influencĂšrent les exilĂ©s armĂ©niens, et ceux-ci commencĂšrent Ă  militer en faveur de l’autonomie nationale. Au dĂ©part les ArmĂ©niens ne cherchĂšrent pas Ă  obtenir une complĂšte indĂ©pendance politique, mais dans le contexte d’un empire supra-national le nationalisme en tant que tel, aportant sa puissante lĂ©gitimation, Ă©tait profondĂ©ment subversif. Dans le Caucase il y eut aussi des rebelles armĂ©niens qui organisĂšrent des raids Ă  l’intĂ©rieur du teritoire ottoman. La grande majoritĂ© des ArmĂ©niens ne cherchaient qu’à amĂ©liorer leur situation Ă  l’intĂ©rieur de l’empire, mais en 1890 une FĂ©dĂ©ration RĂ©volutionnaire armĂ©nienne s’établit Ă  Tiflis et revendiqua la libertĂ© « les armes Ă  la main [10] ». Le Sultan rĂ©agit en levant une armĂ©e irrĂ©guliĂšre de musulmans kurdes (1891) et en approuvant leurs pillages contre les ArmĂ©niens. En moins d’un an les Kurdes avaient constituĂ© des unitĂ©s de cavalerie fortes de quinze mille hommes. Les Kurdes, assurĂ©s de l’impunitĂ© lĂ©gale, attaquaient et rĂ©pandaient la terreur parmi les ArmĂ©niens de la capitale et de l’arriĂšre pays. En 1893 des rĂ©volutionnaires armĂ©niens placardĂšrent Ă  dans de nombreuses villes des appels au soulĂšvement des musulmans contre l’oppression du Sultan. Étant donnĂ© que celui-ci Ă©tait aussi le caliphe, combinant les fonctions traditionnelles de l’autoritĂ© politique et de l’autoritĂ© religieuse, cela fut interprĂ©tĂ© comme une entorse radicale aux conditions de la dhimma.

Une autre raison du ressentiment Ă©prouvĂ© par les Turcs venait du fait que les ArmĂ©niens faisaient figure de « minoritĂ© Ă©conomiquement dominante [11] ». TrĂšs souvent lorsque des minoritĂ©s font l’objet de discriminations sociales et professionnelles, et se trouvent interdites de servir dans l’armĂ©e ou la fonction publique, elles comptent davantage sur l’éducation et l’instruction que les majoritĂ©s indigĂšnes, pour assurer leur survie Ă©conomique et leur bien-ĂȘtre. Elle se concentrent aussi plus volontiers dans les grands centres urbains, se consacrant au commerce, Ă  la finance et aux professions libĂ©rales, Ă  tous les savoir-faire citadins. Leur capital se rĂ©sume Ă  ce qu’elles ont dans leur cerveau, qui ne peut leur ĂȘtre retirĂ©. Souvent sujettes Ă  expulsion, elles constituent des rĂ©seaux au sein de la diaspora qui se rĂ©vĂ©lent intrinsĂšquement avantageux dans la finance ou le commerce. Ce fut le cas des Juifs europĂ©ens avant la Seconde Guerre mondiale, des Chinois en Asie du Sud-Est, des Libanais en Afrique occidentale, et des ArmĂ©niens dans l’Empire ottoman.

Au cours du XIXe siĂšcle, les ArmĂ©niens Ă©veloppĂšrent leur potentiel Ă©conomique plus que les Turcs. Les plus aisĂ©s envoyaient leurs fils Ă  l’étranger afin qu’ils fussent Ă©duquĂ©s au sein d’une Europe qui changeait vite. En tant que chrĂ©tiens, ils avaient avec elle des liens que la majoritĂ© mususlmane n’avait pas. Les ArmĂ©niens de la diaspora faisaient parvenir dans leur famille des devises, des machines et des technologies inconnues dans l’Empire. Lorsque les rĂ©formes de 1856 les autorisĂšrent Ă  acquĂ©rir des terres appartenant Ă  des musulmans, les ArmĂ©niens avaient de quoi acquĂ©rir de grands domaines, surtout aprĂšs 1870 [12]. Dans un monde orientĂ© vers l’industrie et le commerce, cela provoqua une inversion des conditions. Alors que dans l’Islam traditionnel les ArmĂ©niens pĂątissaient du statut infĂ©rieur de dhimmi, c’était dĂ©sormais la condition des musulmans qui en rĂ©alitĂ© se trouvait infĂ©rieure sans qu’ils le perçoivent clairement. Leur ressentiment Ă©tait amer et s’alimentait lui-mĂȘme de telle sorte que les efforts d’AbdĂŒl-Hamid II pour annuler les rĂ©formes se trouvĂšrent largement approuvĂ©es des musulmans.

De vrais massacres Ă©clatĂšrent durant l’étĂ© 1894 Ă  Sassoun dans le sud de l’ArmĂ©nie. Les autoritĂ©s turques utilisĂšrent la rĂ©sistance armĂ©nienne Ă  l’agression des Kurdes comme prĂ©texte Ă  des brutulitĂ©s et des tueries. La nouvelle de ces outrages se rĂ©pandit rapidement Ă  travers l’Europe : la Grande Bretagne, la France et la Russie exigĂšrent une commission d’enquĂȘte. Elles cherchĂšrent aussi Ă  persuader le gouvernement ottoman de mettre en Ɠuvre des rĂ©formes dans les provinces oĂč rĂ©sidaient la plus grande part des ArmĂ©niens. Le Sultan fit montre de bonne volontĂ© en faveur de certaines d’entre elles quoiqu’il n’eĂ»t aucune intention de les appliquer. En septembre 1895 les ArmĂ©niens manifestĂšrent Ă  Constatinople dans l’intention de pousser le sultan et les puissances europĂ©ennes Ă  les faire appliquer. La police et les Ă©lĂ©ments musulmans radicaux rĂ©pondirent par dix jours de massacres et de terreur. À peu prĂšs au mĂȘme moment, dans la ville de TrĂ©bizonde sur la mer noire, un massacre planifiĂ© et gratuit commença [13]. Puis les tueries se rĂ©pandirent Ă  peu prĂšs dans chaque ville comptant un nombre significatif d’ArmĂ©niens. Ces massacres Ă©taient rien moins que spontannĂ©s : il s’agissait en fait d’opĂ©rations militaires qui commençaient et se terminaient chaque jour Ă  l’appel d’un clairon [14].

Le plus terrible eut lieu dans la ville d’Orfa (autrefois Édesse), oĂč les ArmĂ©niens reprĂ©sentaient environ un quart de la population. En dĂ©cembre 1895, aprĂšs un siĂšge de deux mois du quartier armĂ©nien, les chefs de la communautĂ© se rĂ©unirent dans la cathĂ©drale, pour requĂ©rir une protection offficielle. Le commandant turc l’accorda, et il fit encercler la cathĂ©drale, mais les troupes turques et la populace se rĂ©pandirent furieusement dans le quartier, brĂ»lant, pillant et tuant tous les mĂąles. Dadrian fait remarquer que chaque fois que possible, la tuerie exaltait la nature religieuse de l’action [15]. Lord Kinross a dĂ©crit la maniĂšre dont les meurtres Ă©taient assimilĂ©s Ă  un sacrifice rituel : « Lorsqu’un groupe important de jeunes ArmĂ©niens Ă©tait amenĂ© devant un cheik, celui-ci les faisait plaquer sur le dos, et tenir par les mains et les pieds. Puis, selon ce que rapporte un tĂ©moin, il rĂ©ctitait des versets du Coran et il les Ă©gorgeait comme des moutons selon le rite sacrificiel de la Mecque [16]. »

Les mosquĂ©es Ă©taient des lieux d’émulation ; les Ă©glises chrĂ©tiennes Ă©taient des abattoirs. Les imams dĂ©pĂȘchaient leurs foules meurtriĂšres. Souvent les pires boucheries se produisaient aprĂšs l’office du vendredi. Dadrian relĂšve aussi le rĂŽle des autoritĂ©s religieuses locales dans le dĂ©clenchement des massacres. Le sultan, pour les susciter depuis sa lointaine Constantinople, pouvait donner des ordres souvent Ă  mots couverts, mais il fallait l’autoritĂ© des notables locaux pour interprĂ©ter ceux-ci, les planifier et les exĂ©cuter. Du fait de la nature thĂ©ocratique du rĂ©gime, ce sont les chefs religieux du pays qui usĂšrent de leur autoritĂ© pour rassurer les foules sur la conformitĂ© de ces massacres avec la shari’a [17]. En leur confĂ©rant cette lĂ©gititmitĂ© religieuse, les muftis, les cadis, les ulĂ©mas et les mollahs jouĂšrent un rĂŽle crucial Ă  trĂšs peu d’exceptions prĂšs [18]. Deux mille cinq cents ArmĂ©niens furent brĂ»lĂ©s vifs dans la cathĂ©drale d’Orfa.

Dans de nombreux endroits, aprĂšs que les hommes eurent Ă©tĂ© tuĂ©s, la foule voulut forcer les veuves et les enfants Ă  se convertir. Ceux qui refusaient Ă©taient assassinĂ©s [19]. Les massacres reprĂ©sentĂšrent un degrĂ© de violence sans prĂ©cĂ©dent de la part de l’empire ottoman contre l’un de ses peuples assujettis. En dĂ©pit des pressions exercĂ©es par les grandes puissances AbdĂŒl-Hamid II Ă©tait Ă©videmment dĂ©terminĂ© Ă  briser les espoir de rĂ©formes. Il cherchait aussi Ă  Ă©craser toute tentative d’organisation politique de la part des ArmĂ©niens. Les estimations du nombre de morts varient entre cent mille et trois cent mille. Des dizaines de milliers Ă©migrĂšrent ; des milliers furent contraints de se convertir Ă  l’islam. Le Sultan comprit qu’il pouvait en user avec ses sujets comme il lui plaisait, parce que l’enjeu des relations des grandes puissances avec son empire prĂ©valait sur toute autre considĂ©ration. De son point de vue les ArmĂ©niens avaient eu ce qu’ils mĂ©ritaient : en cherchant Ă  outrepasser leur statut de subordination ils avaient rompu leur contrat et s’étaient eux-mĂȘmes placĂ©s en situation de guerre avec son royaume, de sorte qu’aucune violence, expropriation ou violation n’étaient plus inacceptables. NĂ©anmoins dans leur intention comme dans leurs effets les massacres de 1894 ne s’aparentaient pas Ă  un gĂ©nocide. La politique d’AbdĂŒl-Hamid Ă©tait traditionaliste et restauratrice. Quoiqu’il employĂąt l’extrĂȘme violence contre les ArmĂ©niens, il ne s’intĂ©ressait pas Ă  l’homogĂ©nĂ©isation dĂ©mographique de son royaume, et n’avait pas l’intention d’éliminer l’un ou l’autre des grands groupes religieux ou ethniques de son empire. Pour voir le jour, le gĂ©nocide Ă  grande Ă©chelle et l’uniformitĂ© ethnique devraient attendre le XXe siĂšcle et le rĂ©gime modernisateur du ComitĂ© d’union et de progrĂšs, les « Jeunes-Turcs ».

Les objectifs politiques des Jeunes-Turcs Ă©taient diffĂ©rents de ceux du sultan. Ils constituaient un parti rĂ©formateur nationaliste en rĂ©action Ă  la faiblesse de l’empire ottoman dont avaient tĂ©moignĂ© l’annexion par l’Autriche-Hongrie de la Bosnie HerzĂ©govine en 1908, la cession Ă  l’Italie de la Lybie et de l’üle de Rhodes en 1912, l’accession Ă  l’indĂ©pendance de l’Albanie la mĂȘme annĂ©e, et la dĂ©faite dans la premiĂšre guerre des Balkans en 1912-1913 conduisant Ă  la perte de la plupart des possessions de l’empire en Europe. Au sein de l’empire-mĂȘme, comme nous l’avons dit, les musulmans avaient cĂ©dĂ© du terrain face aux minoritĂ©s dhimmi, les Grecs, les Juifs, les ArmĂ©niens, qui dominaient le monde des affaires. Selon S. N. Eisendrath, « la rĂ©volution turque rejeta complĂštement les fondements religieux de la lĂ©gitimitĂ© et tenta de donner des fondements sĂ©culiers et nationaux comme paramĂštre idĂ©ologique majeur de la nouvelle collectivitĂ© [20]. » Les Jeunes-Turcs Ă©taient des « progressistes » adeptes de la modernisation et de la rationalisation, et avaient bien compris – comme l’avaient compris les Ă©lites du Japon au temps de la rĂ©forme Meiji de 1866-1869 – que sans elles, l’indĂ©pendance et l’intĂ©gritĂ© territoriale de leurs empires respectifs se trouveraient en pĂ©ril. En 1908 les Jeunes-Turcs renversĂšrent en effet le rĂ©gime traditionnel d’AbdĂŒl-Hamid II. Dans l’enthousiasme initial, de nombreux ArmĂ©niens firent une comprĂ©hensible mais fatale erreur de calcul. Ils prĂ©sumĂšrent que le renversement d’un rĂ©gime innefficace et corrompu par un autre, moins corrompu et plus rationnel Ă©tait de bon augure pour eux. Les Jeunes-Turcs avaient donnĂ© des assurances publiques comme quoi les minoritĂ©s non-musulmanes seraient traĂźtĂ©es sans discrimination ; cependant la logique de leur rĂ©volution faisait de l’homogĂ©nĂ©isation ethnique la consĂ©quence quasi-inĂ©vitable de leur politique de modernisation.

La premiĂšre gĂ©nĂ©ration de rĂ©volutionnaires turcs se montra divisĂ©e sur la question de savoir s’il convenait de travailler avec les ArmĂ©niens ou non. Cela apparut clairement au premier congrĂšs de l’opposition ottomane qui se tint Ă  Paris en fĂ©vrier 1902 : quelques uns parmi les Jeunes Turcs les plus libĂ©raux pensaient qu’une alliance avec les ArmĂ©niens provoquerait une impression favorable sur les europĂ©ens. Les activistes armĂ©niens dĂ©clarĂšrent que la coopĂ©ration avec les rĂ©volutionnaires turcs dĂ©pendrait de la possibilitĂ© de faire garantir par les puissances europĂ©ennes les rĂ©formes attendues au sein des six villayets d’Anatolie oĂč la population armĂ©nienne Ă©tait significative. Ces conditions paraissaient acceptables Ă  la majoritĂ© des participants mais la minoritĂ© nationaliste les rejeta avec vĂ©hĂ©mence. Elle considĂ©rait que le soutien europĂ©en serait complĂštement contraire Ă  leur objectif fondamental, la crĂ©ation d’un État ottoman souverain et fort, au sein duquel la hiĂ©rarchie traditionnelle des statuts demeurerait plus ou moins inchangĂ©e. La minoritĂ© en fin de compte parvint Ă  imposer ses vues [21], car c’était cette tendance qui dominait les organisations et les journaux jeunes turcs.

Si l’on en croit Suny et d’autres historiens, c’est dans la premiĂšre dĂ©cade du vingtiĂšme siĂšcle que les Jeunes Turcs passĂšrent de ce qu’il appelle une « orientation ottomane », qui mettait en avant l’égalitĂ© des millets au sein d’une sociĂ©tĂ© aux multiples nationalitĂ©s, – Ă  une position plus nationaliste exaltant la prĂ©dominance des Turcs ethniques [22]. Jusqu’à la premiĂšre guerre mondiale, la loyautĂ© Ă  l’égard de l’empire resta un des thĂšmes de la rhĂ©torique jeune turque, mais de plus en plus supplantĂ© par l’idĂ©ologie nationaliste. Cette Ă©volution plaça les responsables politiques armĂ©niens dans une position difficile. Leur communautĂ© se trouvait rĂ©partie des deux cĂŽtĂ©s de la frontiĂšre russo-ottomane. Qui plus est, deux factions d’ArmĂ©niens s’opposaient, surtout selon leur condition socio-Ă©conomique. Le Dashnak, membre de la FĂ©dĂ©ration rĂ©volutionnaire armĂ©nienne reprĂ©sentait la petite bourgeoisie armĂ©nienne d’Anatolie ; le Patriarcat reprĂ©sentait la classe fortunĂ©e de la capitale et des autres grandes villes [23]. S’il ne briguait pas l’indĂ©pendance, le but ultime du Dashnak Ă©tait une complĂšte autonomie. Le Patriarcat et ses alliĂ©s voulaient eux restaurer leurs prĂ©rogartives traditionnelles dans le systĂšme des millets menaçé par les tendances centralisatrices du gouvernement.

Lorsque la guerre commença, le Dashnak poussa les ArmĂ©niens Ă  se porter volontaires dans l’armĂ©e ottomane. Mais du cĂŽtĂ© russe, il les pressait de rejoindre l’armĂ©e du Tsar
 Le rĂ©sultat fut que l’empire ottoman aussi bien que le Tsar suspĂšctĂšrent la loyautĂ© des ArmĂ©niens. La situation s’agrava encore Ă  cause des dangers auxquels l’empire dĂ» faire face en 1914 et 1915. En novembre 1915 les forces turques Ă©taient dirigĂ©es par Enver Pasha, ministre de la guerre et l’un des membres du triumvirat. Elles s’efforcĂšrent de regagner dans le Caucase le terrain perdu au profit des forces russes en 1878, malgrĂ© les objections du commandement opĂ©rationnel. La tentative avorta dans la catastrophe Ă  Sarikamis, une ville du Caucase turc. À l’ouest, en fĂ©vrier 1915, Djemal Pasha conduisit une attaque sur le canal de Suez qui se solda aussi par une dĂ©faite. En mars 1915, rĂ©pondant Ă  une demande d’aide des Russes, les forces navales alliĂ©es commandĂ©es par Sir John de Robeck, chef de l’escadre Ă©gĂ©enne, firent des prĂ©paratifs pour forcer le dĂ©troit des Dardanelles. L’évacuation de Constantinople commença et l’on en sortit les rĂ©serves d’or, ainsi que les archives d’État24. La plupart des observateurs prĂ©voyaient un effondrement de l’empire. Pourtant, le 18 mars 1915, des mines non dĂ©celĂ©es dans le dĂ©troit dĂ©truisirient cinq navires des AlliĂ©s : leur tentative finissait en dĂ©sastre.

Lorsque les Jeunes Turcs envisagĂšrent l’évacuation de Constantinople vers le centre de l’Anatolie, ils ne pouvaient ignorer la question de la sĂ©curitĂ©. La population d’Anatolie Ă©tait mixte : en plus des Turcs, des Grecs, des ArmĂ©niens et des Kurdes l’habitaient, dont la loyautĂ© Ă  l’égard des premier Ă©tait suspecte. Quelques civils grecs avaient Ă©tĂ© dĂ©portĂ©s loin des zones cĂŽtiĂšres, mais l’objectif de ces dĂ©portations n’était pas encore le gĂ©nocide. La dĂ©faite de Sarikamish augmenta la suspicion des Turcs Ă  l’égard des ArmĂ©niens. Dans les premiers mois de 1915 les autoritĂ©s ottomanes dĂ©mobilisĂšrent les soldats armĂ©niens, puis ceux-ci furent enrĂŽlĂ©s de force dans des groupes de travail et contraints de creuser leur propre tombe avant d’ĂȘtre abattus. La rumeur du massacre se rĂ©pandit dans tous les villages armĂ©niens25. Le 20 avril 1915 les ArmĂ©niens de Van organisĂšrent leur auto-dĂ©fense, ce que les Turcs assimilĂšrent Ă  une sĂ©dition. Les ArmĂ©niens rĂ©ussirent Ă  tenir la ville jusqu’au 14 mai 1915, date Ă  laquelle elle se trouva prise par les Russes, aidĂ©s de quelques franc-tireurs armĂ©niens qui proclamĂšrent une rĂ©publique indĂ©pendante Ă  Van. Les Turcs reprirent la ville en juillet, furieux de ce qu’ils considĂ©raient comme une trahison, et ils dĂ©clenchĂšrent un massacre, s’acharnant sur les hommes, pillant tout, violant les femmes qui furent laissĂ©es pour mortes. Le docteur Clarence B. Ussher, un mĂ©decin amĂ©ricain en mission Ă  Van rapporta que 55 000 ArmĂ©niens y furent tuĂ©s [24].

Le 24 avril 1915, le ministre de l’intĂ©rieur avait ordonnĂ© l’arrestation des dĂ©putĂ©s du Parlement armĂ©nien, d’anciens ministres et de quelques intellectuels . Des milliers d’ArmĂ©niens Ă©taient arrĂȘtĂ©s et beaucoup d’entre eux Ă©xĂ©cutĂ©s [25]. Le 27 mai 1915 une nouvelle loi d’urgence Ă©tait promulguĂ©e : la « loi provisoire de dĂ©portation » autorisait les chefs militaires Ă  ordonner la dĂ©portation de groupes de populations suspects d’espionnage ou de trahison, ou en cas de nĂ©cessitĂ© militaire. Avec cette autorisation amĂ©nageable, et sans que les ArmĂ©niens soient explicitement nommĂ©s, le gouvernement turc s’arrogeait la dĂ©portation gĂ©nocidaire de sa population armĂ©nienne. Peu aprĂšs cela, Djevdet Bey, le beau frĂšre d’Enver rĂ©cemment nommĂ© gouverneur du villlayet de Van, rĂ©gion frontailiĂšre, donna l’ordre d’« exterminer tous les ArmĂ©niens mĂąles de douze ans et plus [26]. ». Le gĂ©nocide avait commencĂ© rĂ©ellement en avril 1915 avec, d’un centre de peuplement Ă  l’autre, le rassemblement des hommes et leur dĂ©portation. Ceux-ci Ă©taient en gĂ©nĂ©ral emprisonnĂ©s plusieurs jours, aprĂšs quoi on les conduisait hors de la ville pour les abattre. Ensuite les femmes, les enfants et les vieillards Ă©taient dĂ©portĂ©s. Souvent les femmes Ă©taient violĂ©es et mutilĂ©es avant d’ĂȘtre mises Ă  mort. Des milliers d’entre elles eurent le choix entre la conversion Ă  l’islam ou la mort. Ayant perdu leurs hommes, et complĂštement Ă  la merci de Turcs et de Kurdes hostiles, elles furent nombreuses Ă  se convertir.

En juin 1915 le gouvernement commença Ă  utiliser les chemins de fer pour accĂ©lĂ©rer la dĂ©portation et l’extermination. Des fourgons furent utilisĂ©s pour envoyer par milliers les dĂ©portĂ©s mourir de faim dans des lieux Ă©cartĂ©s oĂč ils subissaient les assauts dĂ©vastateurs de la nature et de la perfidie humaine. Beaucoup Ă©taient tuĂ©s sur le champ. Ils furent les premiers au XXe siĂšcle Ă  apprendre qu’un droit humain n’existe qu’en vertu du statut politique qui l’octroit. Ayant Ă©tĂ© dĂ©chus de tout statut lĂ©gal, exceptĂ© celui de proscrit de l’empire ottoman, tous les tourments pouvaient leur ĂȘtre impunĂ©ment infligĂ©.

Le projet d’extermination Ă©tait absolument moderne dans son esprit et son exĂ©cution depuis sa planification initiale jusqu’à sa complĂšte rĂ©alisation [27]. On prĂ©conisait l’exĂ©cution de masse au cours de sessions prĂ©paratoires comme la rĂ©ponse appropriĂ©e, « scientifique », au combat universel des races pour la survie [28]. Hans-Lukas Kieser, « Historical responsibility and culture of law instead of culturalism – on the historical debate about Turkey and the boundaries of Europe », in Orient Yearbook Deutsches Orient Instiut, 1/03, http://www.duei.de/doi/show.php/en/cont … eser.html. Comme d’autres Ă©lites modernisatrices de la pĂ©riode, les Jeunes Turcs, qui s’étaient gĂ©nĂ©ralement formĂ©s en Europe, interprĂ©taient les relations entre les races et les nations en termes de social-darwinisme. Par dessus tout, ils avaient constituĂ© un rĂ©seau bureaucratique centralisĂ© fiable. Taalat Bey, ministre de l’intĂ©rieur et l’un des triumvirs, ne confia pas la tĂąche Ă  l’ancienne bureaucratie provinciale, mais envoya des bureaucrates Jeunes Turcs afin qu’ils agissent comme ses reprĂ©sentants personnels. Si nĂ©cessaire, ils pouvaient sanctionner les gouverneurs et les autoritĂ©s locales qui, par compassion ou par corruption, auraient manquĂ© d’exĂ©cuter les ordres. Il y avait un organisme spĂ©cialement dĂ©volu Ă  l’organisation des massacres. À l’échelon local, il y avait des bataillons de la mort auquel on donnait le nom de « bataillons de boucherie [29] ».

Taalat Bey dĂ©tailla les objectifs de son gouvernement dans un tĂ©lĂ©grame adressĂ© au poste de police d’Alep, en Syrie, le 15 septembre 1915 : « On a rapportĂ© que sur ordre du ComitĂ© [Union et ProgrĂšs], le gouvernement a pris la dĂ©cision radicale d’exterminer les ArmĂ©niens vivant en Turquie. Ceux qui refuseront d’obĂ©ir Ă  cet ordre ne pourront ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme amis du gouvernement. Sans Ă©gards pour les femmes, les enfants, ou les invalides, et quelque dĂ©plorables les mĂ©thodes de destruction puissent paraĂźtre, il y a lieu de mettre un terme Ă  leur existence [Ă  celle des ArmĂ©niens] sans prendre garde aux sentiments et Ă  la conscience. » Le Ministre de l’IntĂ©rieur Taalat [30]. »

Les Jeunes Turcs qualifiĂšrent leur agression de « dĂ©portations », et affirmĂšrent qu’ils agissaient dans l’intĂ©rĂȘt de la sĂ©curitĂ© nationale. Pourtant il apparut vite que quelque chose d’entiĂšrement nouveau s’était produit et que le nombre de victimes Ă©tait beaucoup plus important que lors du massacre du siĂšcle prĂ©cĂ©dant. En plus, la dĂ©portation avait pris une nouvelle et sinistre signification [31]. En 1915 la dĂ©portation Ă©tait devenue un moyen d’extermination Ă  la faveur duquel pas moins d’un million d’ArmĂ©niens avaient pĂ©ri.

De nombreux volumes ont Ă©tĂ© Ă©crits sur le gĂ©nocide armĂ©nien ; l’un des premiers demeure l’un des plus complets : il s’agit du rapport Ă©tabli en 1916 par le vicomte James Bryce avec la collaboration d’Arnold Toynbee et qui fut prĂ©sentĂ© au ministre britanique des Affaires Ă©trangĂšres, Sir Edward Grey. Les auteurs concluaient le rapport avec cette observation au sujet du massacre : « Ce fut une tentative dĂ©libĂ©rĂ©e et systĂ©matique d’éradiquer la population armĂ©nienne de tout l’empire ottoman et elle a en grande partie rĂ©ussi [32] ».

Jusqu’à ce jour les autoritĂ©s turques ont niĂ© qu’aucun gĂ©nocide ait jamais eu lieu et soutiennent qu’il ne s’est agit que de mesures dĂ©fensives Ă  l’égard d’une minoritĂ© dĂ©loyale [33]. Cette version se trouva rĂ©futĂ©e par la grande majoritĂ© des spĂ©cialistes. Pourtant le gouvernement turc a fait usage de tout son arsenal diplomatique pour empĂȘcher qu’aucun gouvernement ami ne prenne officiellement position contre son dĂ©ni de gĂ©nocide [34].

Comme nous l’avons signalĂ©, il y a peu de raisons de douter que, dans une large mesure, les massacres d’AbdĂŒl-Hamid aient eu une motivation religieuse [35]. Le sultan-caliphe voulait remettre Ă  leur place les ArmĂ©niens, c’est-Ă -dire Ă  leur place de dhimmis de son empire plurinational. Il n’avait pas l’intention de les exterminer. Il n’en fut pas de mĂȘme avec les Jeunes Turcs. La dĂ©cision d’exterminer les ArmĂ©niens se trouva prise quelques mois aprĂšs l’entrĂ©e de la Turquie dans la Grande Guerre. AprĂšs coup les justifications avancĂ©es par les Jeunes Turcs furent surtout politiques et Ă©conomiques.

Lorsque j’écrivis pour la premiĂšre fois Ă  propos du gĂ©nocide armĂ©nien, j’insistai sur la modernitĂ© de l’entreprise et ses motifs Ă©conomiques, politiques et militaires. Je ne prenais pas garde qu’ils pussent inclure un trĂšs important composant religieux. L’élite modernisatrice jeune turque affichait beaucoup d’indiffĂ©rence Ă  l’égard de son propre hĂ©ritage religieux. Aujourd’hui je dirais que la religion Ă©tait un facteur du gĂ©nocide, nĂ©cessaire mais non pas suffisant. Je dirais mĂȘme que les crimes perpĂ©trĂ©s contre les ArmĂ©niens Ă©taient considĂ©rĂ©s par les Turcs comme des mĂ©thodes lĂ©gitimes de dĂ©fense contre des dhimmis : ayant violĂ© les conditions de la dhimma ils n’étaient plus que des proscrits dĂ©chus de tout droit de vivre et de propriĂ©tĂ©, Ă  nouveau exposĂ©s Ă  l’esclavage, et sans droits familliaux. Et j’irais jusqu’à dire que le dĂ©ni persistant du gĂ©nocide par les Turcs – si diffĂ©rent de la maniĂšre dont les Allemands se dĂ©brouillĂšrent avec leur gĂ©nocide – est liĂ© Ă  la croyance qu’ils n’accomplirent rien de condamnable en exterminant les ArmĂ©niens, une croyance Ă©tablie en dernier ressort sur les traditions du jihad et de la dhimma. Dans les massacres de 1894-1896, les autoritĂ©s turques faisaient ouvertement Ă©tat de leur lĂ©gitimation religieuse. En 1915 il n’y avait pas une telle franchise, mais cela ne veut pas dire que les vieilles traditions ne confĂ©raient pas Ă  la plupart des Turcs qui n’avaient pas encore acquis la laĂŻcitĂ© une conscience relativement lĂ©gĂšre en ce qui concerne le massacre et l’expropriation des ArmĂ©niens [36].

En tout Ă©tat de cause, il y a un aspect du gĂ©nocide qui montre la prĂ©sence indubitable de l’élĂ©ment religieux. Selon Ara Safarian, en plus des meurtres et des massacres gĂ©nĂ©ralisĂ©s, un grand nombre d’ArmĂ©niens furent « enlevĂ©s », « emmenĂ©s », ou « convertis Ă  l’Islam [37] ».

Avec beaucoup de crĂ©dibilitĂ©, Sarafian soutient que les autoritĂ©s mirent en Ɠuvre une « politique unique de destruction » aussi bien dans le meurtre dĂ©libĂ©rĂ© des hommes que dans l’absorbtion des femmes et des enfants. Les mĂȘmes bureaucrates ottomans qui dirigeaient les dĂ©portations Ă©taient Ă©galement chargĂ©s du programme de conversions. Dans les Ă©tapes initiales de l’assaut contre la communautĂ© armĂ©nienne, il y eĂ»t des conversions « volontaires ». Des musulmans sĂ©lectionnaient quelques individus afin de les prendre dans leur famille ; des agences du gouvernement rĂ©partissaient aussi des ArmĂ©niens dans des familles musulmannes. Des enfants Ă©levĂ©s dans des orphelinats subventionnĂ©s par le gouvernement Ă©taient convertis et directement absorbĂ©s par la communautĂ© musulmane. Les Ă©vĂšnements de TrĂ©bizonde sont caractĂ©ristiques de la maniĂšre dont le programme se dĂ©roula. Entre le 1er et le 18 juillet 1915, cinq convois de dĂ©portation quittĂšrent la ville. Oscar Heizer, le Consul amĂ©ricain, rapporte que la plupart des dĂ©portĂ©s furent tuĂ©s par leurs gardiens peu aprĂšs le dĂ©part [38]. Environ 3000 enfants – les filles jusqu’à quinze ans, mais lesgarçons jusqu’à dix ans seulement – furent plaçés dans des maisons dĂ©signĂ©es par les Turcs comme des « orphelinats ». Trois cents autres furent recueillis dans l’école des missions amĂ©ricaines transformĂ©e en orphelinat. Par la suite un fonctionnaire envoyĂ© par Constantinople pour superviser l’extermination des ArmĂ©niens ferma tous ces Ă©tablissements. Certains enfants furent noyĂ©s par les Turcs ; d’autres furent rĂ©partis dans des familles au sein desquelles, rapporte Heizer, ils devenaient musulmans en l’espace de quelques semaines [39]. Ailleurs le Consul amĂ©ricain Leslie Davis signale le passage de milliers de dĂ©portĂ©s dans Harpoot, situĂ©e sur la route des dĂ©serts de Syrie. Davis Ă©crivit que presqu’aucun homme parmi les dĂ©portĂ©s n’avait survĂ©cu. Constamment battus, ayant peu ou pas d’eau ni de nourriture, les victimes mourraient trĂšs rapidement. Les gens armĂ©s qui gardaient les ArmĂ©niens refusaient de les laisser quitter le convoi ou recevoir de l’aide des missions amĂ©ricaines. Ils permettaient cependant Ă  des Turcs de le parcourir en compagnie de mĂ©decins afin de sĂ©lectionner Ă  leur intention les plus « jolies filles ». Davis explique plus loin que les Turcs ne cherchaient pas seulement Ă  exterminer les ArmĂ©niens ; il voulaient aussi en intĂ©grer un grand nombre comme musulmans. Sarafian conclut qu’il y eut un transfert de masse des ArmĂ©niens en direction des familles musulmanes en 1915. En dĂ©truisant Ă  travers le meurtre des hommes jeunes, des chefs de famille et des notables de la communautĂ©, la structure sociale des ArmĂ©niens dĂšs les premiĂšres Ă©tapes du gĂ©nocide, les Turcs avaient pu engranger « les candidats idĂ©als pour l’absorbtion » au sein des familles et de la population musulmane en gĂ©nĂ©ral [40].

Aussi cruel que pouvait ĂȘtre ce programme, il Ă©tait fondamentalement diffĂ©rent de la solution finale des nazis. Sunny a bien observĂ© que « dans une forte mesure, les diffĂ©rences religieuses se trouvaient transformĂ©es en diffĂ©rences raciales et nationales, chez les ArmĂ©niens aussi bien que chez les Turcs [41] ». NĂ©anmoins le qualificatif « dans une forte mesure » est important. Pour les nazis, la diffĂ©rence raciale entre les soi-disant aryens et les non-aryens Ă©tait insurmontable et immuable. Dans l’univers national-socialiste, il n’y avait absolument pas place pour un programme d’absorbtion des non-aryens. Certains Polonnais et d’autres douĂ©s des caractĂ©ristiques physiques requises pouvaient ĂȘtre absorbĂ©es, mais pas les Juifs. À l’inverse, dans l’empire ottoman, mĂȘme en matiĂšre de gĂ©nocide la religion a fait une diffĂ©rence. La conversion pouvait sauver, et sauva effectivement des ArmĂ©niens, alors mĂȘme que celle-ci accomplissait la dĂ©truction de leur communautĂ©. D’autre part, aussi bien l’extermination que la conversion se trouvaient en adĂ©quation avec la tradition islamique aux yeux des Turcs.

Ceux-ci n’éliminĂšrent pas eulement les ArmĂ©niens mais aussi d’autres minoritĂ©s chrĂ©tienne, quoique par des moyens plus dĂ©licats. En janvier 1923, aprĂšs que la GrĂšce eut Ă©chouĂ© Ă  envahir le continent anatolien, et que laTurquie eut rĂ©pudiĂ© le traĂźtĂ© de SĂšvres, les deux pays procĂ©dĂšrent, Ă  l’instigation de la Turquie, Ă  un Ă©change de populations. Entre 1923 et 1930, 1,25 millions de « Grecs » furent « rapatriĂ©s » de Turquie vers la GrĂšce ; un plus petit nombre de « Turcs » quittĂšrent la GrĂšce pour la Turquie. Pourtant, comme Bernard Lewis le souligne, l’échange n’impliquait pas seulement l’acceptation du principe europĂ©en des nationalitĂ©s, selon lequel Grecs et Turcs, « ne souhaitant pas ou ne pouvant pas vivre comme des minoritĂ©s au sein d’une population Ă©trangĂšre », choisissaient de regagner leur patrie respective et d’y vivre parmi leur propre peuple. En rĂ©alitĂ© la grande majoritĂ© des « Grecs » d’Anatolie parlaient peu ou pas du tout le grec,utilisant entre eux – quoiqu’avec la graphie grecque – la langue turque. De mĂȘme, de nombreux « Turcs » en GrĂšce et en CrĂšte parlaient le grec entre eux et ne savaient pas ou peu le turc. En rĂ©alitĂ© les expulsions Ă©taient dĂ©cidĂ©es suivant la religion. Des chrĂ©tiens turcophones restĂ©s fidĂšles Ă  la religion grecque orthodoxe Ă©taient expulsĂ©s en GrĂšce, une « patrie » qu’ils n’avaient jamais connue, tandis que des musulmans grecophones se trouvaient expulsĂ©s vers la Turquie [42]. Le gĂ©nocide armĂ©nien, le programme d’absorption-conversion et l’expulsion des Grecs de Turquie avaient en commun un mĂȘme objectif, l’élimination d’une prĂ©sence chrĂ©tienne qui restait dĂ©mographiquement significative en Turquie. Les mĂ©thodes Ă©taient diffĂ©rentes, mais toutes les trois peuvent ĂȘtre vues comme un programme aux motivations religieuses pilotĂ© par l’État en vue d’éliminer une certaine population.

Finallement, je remarque un rapport pĂ©remptoire exclusivement Ă©tabli sur des sources arabes et intitulĂ© : « L’autorisation du meurtre gĂ©nocidaire par l’idĂ©ologie islamiste contemporaine », par Yigal Carmon – dans lequel celui-ci dĂ©montre que les islamistes radicaux d’aujourd’hui considĂšrent le gĂ©nocide comme une arme lĂ©gitime contre ceux qu’ils se reprĂ©sentent comme des ennemis de l’Islam. Professant que l’Islam est actuellement menacĂ©, ils ne voient dans le jihad incessant qu’un caractĂšre dĂ©fensif , et le tiennent pour la plus importante des obligations religieuses musulmanes : il est obligatoire pour tous les musulmans sans restriction ni limitation ; aucune arme ou type de guerre ne saurait ĂȘtre exclus ; tous les infidĂšles doivent ĂȘtre combattus sans exception, et exterminĂ©s s’ils ne se convertissent pas [43] . Il me faut cependant insister sur le fait que ce sont lĂ  les vues des Ă©lĂ©ments les plus radicaux au sein de l’islam contemporain. Nous ne savons pas dans quelle mesure ils sont capables d’entraĂźner l’adhĂ©sion ou de forcer le courant dominant de l’Islam Ă  partager leurs conceptions.

©Richard L. Rubenstein Traduction de l’amĂ©ricain par O. V.

[1] Cf. aussi Andrew G. Bostom, « The Armenian Genocide was a Jihad », http://www.secularislam.org/articles/genocide.htm.

[2] Ronald Grigor Suny, « Religion, Ethnicity, and Nationalism : Armenians, Turks, and the End of the Ottoman Empire », in Omer Bartov & Phyllis Mack Ă©diteurs, In God’s Name : Genocide and Religion in the Twentieth Century, Londres, Bedrghan Books, 2001, p. 44.

[3] Sunny, op. cit., pp. 50-52. Bat Ye’or considĂšre Ă©galement que : « Il est probable que, n’eĂ»t Ă©tĂ© l’émergence soudaine de la PremiĂšre Guerre mondiale dont l’extension et les techniques nouvelles monopolisĂšrent toutes les forces des AlliĂ©s, l’extermination des ArmĂ©niens – le premier gĂ©nocide de ce siĂšcle – aurait pu ĂȘtre sinon Ă©vitĂ©e, du moins attĂ©nuĂ©e », Bat Ye’or, Les chrĂ©tientĂ©s d’Orient entre Jihad et dhimmitude, Éditions du Cerf, 1991, p. 227.

[4] Dadrian, p. 4.

[5] La dhimma a pour modĂšle le premier traitĂ© formulĂ© par le prophĂšte Muhammad en vue de la conquĂȘte des gens du Livre. Cf. Bat Ye’or, Islam and Dhimmitude : Where Civilizations Collide, Rutherford, NJ, Farleigh Dickenson University Press, 2002, pp.37-38. En outre, le sort des minoritĂ©s en islam a Ă©tĂ© Ă©tudiĂ© avec grande compĂ©tence par Bat Ye’or dans The Dhimmi : Jews and Christians under Islam, avec une prĂ©face de Jacques Ellul, Rutherford, NJ, Farleigh Dickenson University Press, 1985 ; The Decline of Eastern Christianity under Islam, Rutherford, NJ, Farleigh Dickenson University Press, 1996 ; en français : Juifs et chrĂ©tiens sous l’islam, les dhimmĂź face au dĂ©fi intĂ©griste, Berg international, 1994 ; Les ChrĂ©tientĂ©s d’Orient entre JihĂąd et Dhimmitude, Éditions du cerf, 1991 ; Le DhimmĂź, Antropos, 1980

[6] Sunny, op. cit., pp. 30-31

[7] Cité par Benjamin Braude et Bernard Lewis, Christian and Jews in the Ottoman Empire : The Functioning of a Plural Society, New York, Holmes and Meier Publishers, 1982, p. 30.

[8] Cité par J. Hurewitz, Diplomacy in the Near and Middle East, A Documentary Record : 1535-1914, vol. 1, Princeton University Press, 1956, p. 154. Cf. Dadrian, op. cit., p. 37, n. 3.

[9] Bat Ye’or, Le Dhimmi, op. cit.

[10] Lord Kinross, The Ottoman Centuries : The Rise and Fall of the Turkish Empire, New York, Morrow, 1977, pp. 556-7.

[11] A propos de la domination économique des minorités et les violences ethniques, cf. Amy Chua, World on Fire : How Exporting Free Market Democrat Breeds Ethnic Hatred and Global Instability, New York, Doubleday, 2003.

[12] Suny, op. cit., p. 39.

[13] Rouben Paul Adalian, « Hamidian (Armenian) Massacres », http://www.armenian-genocide.org/hamidian.html.

[14] Kinross, The Ottoman Centuries, p. 559.

[15] Dadrian, op. cit. p. 147.

[16] Kinross, op. cit., p. 560.

[17] Dadrian, op. cit. p. 149.

[18] Les muftis Ă©taient des jurisconsultes qui dispensaient des interprĂ©tations formelles de la loi musulmane ; les kadis Ă©taient les magistrats, et en tant que tels les gardiens de la loi et de l’ordre ; les oulemas Ă©taient les thĂ©ologiens de l’islam « un groupe d’intĂ©rĂȘts puissant qui combattit constamment contre la sĂ©cularisation, le modernisme et les incursions des “infidĂšles” dans le tissus de la thĂ©ocratie ottomane », Dadrian, op. cit., p. 150.

[19] Abraham H. Hartunian, Neither to Laugh Nor to Weep. A Memoir of the Armenian Genocide, trad. Vartan Harturian, Boston.Beacon Press, 1968, pp. 12-14.

[20] S. N. Eisentadt, « The Kemalist Regime and Modernization : Some Comparative and Analytical Remarks », in Jacob M. Landau,Attaturk and the Modernization of Turkey, Boulder, CO, Westview Press, 1984, p. 9. Cf. Suny, op. cit. , p. 44.

[21] Suny, op. cit., pp. 46-47.

[22] Suny, op. cit., p. 47.

[23] Cf. Benjamin Braude et Bernard Lewis, op. cit., p. 418.

[24] Henry Morgenthau, Ambassador Morgenthau’s Story, New York, Doubleday, 1919, p. 299. Pour le compte rendu d’in tĂ©moin amĂ©ricain des Ă©vĂ©nements de Van en 1915, cf. Grace Higley Knapp, « The American Mission in Van » in Viscount Bryce, The Treatment of Armenians in the Ottoman Empire 1915-1916 : Documents Presented to Secretary of State for Foreign Affairs By Viscount Bryce, Beyrouth, G. Doniguian & Sons, 1972, pp. 21-47.

[25] Dadrian, op. cit. p. 221.

[26] Mark Masower, « The G Word », London Review of Books, 8/II/2001, Vol. 23, n°.3, http://www.lrb.co.uk/v23/n03/mazo01_.html

[27] Tous les commentateurs reconnaissent la modernitĂ© de l’opĂ©ration, cf. par exemple, Michael J. Arlen, Passage to Ararat, New York, Farrar Strauss & Giroux, 1975, pp. 343-4.

[28] Taner Akçam, « The Genocide of the Armenians and the Silence of the Turks », http://www.omroep.nl/human/tv/muur/artikel2.htm

[29] Ce renseignement a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© par le Professeur R. Hrair Dekmejian de l’UniversitĂ© de Californie Sud, Ă  l’occasion du SĂ©minaire commĂ©morant le soixante-cinquiĂšme anniversaire du gĂ©nocide armĂ©nien, Ă  la cathĂ©drale de St Vartan, New York, 25 avril 1980.

[30] TĂ©lĂ©grame citĂ© par Manuel Sarkisianz, A Modern History of Transcaucasian Armenia, Ă©ditĂ© par l’auteur, Nagpur, Inde, Udyama Commercial Press, 1975, p. 196.

[31] Selon Mark Masower, « La dĂ©portation – cet instrument traditionnel du pouvoir impĂ©rial – avait peu Ă  voir avec celle-ci : autrefois on cherchait plutĂŽt Ă  rĂ©implanter de force des populations pour des raisons Ă©conomiques et non pas Ă  les dĂ©truire », Masower, op. cit.

[32] Bryce, op. cit., p. 648.

[33] L’entretien accordĂ© par Halil Bey, le Ministre des Affaires ÉtrangĂšres turc Ă  l’Associated Press le 25 octobre 1915, est assez reprĂ©sentatif des premiĂšres tentatives de justifier le massacre. Halil essaie de jeter le blĂąme du massacre d’hommes, de femmes et d’enfants armĂ©niens sur les ArmĂ©nians eux-mĂȘmes, affirmant qu’ils s’étaient rĂ©voltĂ©s Ă  l’occasion de l’invasion Russe. « Turkish Foreign Minister’s Defense of the Armenian Massacres », Current History Magazine, December 1915. http://www.cilicia.com/armo10c-nyt191612.html .

[34] Sur la diplomacie de la négation, cf. Masower, op. cit.

[35] Cf. Richard L. Rubenstein, The Age of Triage : Fear and Hope in an Overcrowded World, Boston, Beacon Press, 1983, pp. 12-19.

[36] En ce qui concerne les expropriations des Arméniens en lien avec les déportations, cf. Dadrian, op. cit.

[37] Ara Sarafian, « The Absorption of Armenian Women and Children into Muslim Households As a Structural Component of the Armenian Genocide » in Bartov and Mack, op. cit., p. 210. ». Sarafian assure que « le destin de cette derniĂšre classe d’ArmĂ©niens Ă©tait fixĂ© avec la mĂȘme intention (calculus) gĂ©nocidaire que ceux qui furent tuĂ©s ». On estime a cent ou deux cent milles le nombre d’ArmĂ©niens – femmes et enfants pour la plupart – qui en 1915-1916 Ă©chappĂšrent Ă  la mort en se convertissant Ă  l’islam. L’absorbtion de ces convertis au sein de la communautĂ© musulmanne avait le mĂȘme objectif que le gĂ©nocide radical : l’élimination de la communautĂ© armĂ©nienne en tant qu’entitĂ© dĂ©mographique au sein de l’empire ottoman. En plus de faire mourrir de faim ou par des marches forcĂ©es un trĂšs grand nombre d’ArmĂ©niens, les dĂ©portations permettaient d’affaiblir et de terrifier les femmes et les enfants qui perdaient ou avaient perdu Ă  cette occasion leur protecteur masculin. D’aprĂšs Sarafian : « 
 aprĂšs avoir Ă©tĂ© isolĂ©s de leur propre famille et terrorisĂ©s par les marches forcĂ©es et l’exĂ©cution de leurs aĂźnĂ©s, les jeunes femmes et les enfants pouvaient ĂȘtre absorbĂ©s dans la fleur de l’ñge au sein des familes musulmanes[[Ibid.

[38] Oscar Heizer, « Report on the treatment of Trebizond » Ă  l’Ambassadeur Henry Morgenthau, datĂ© du 15 juillet 1915, transmis au Secretaire d’État le 20 juillet 1915. http://www.armenian-genocide.org/us-7-20-15-text.html Sur le traitement des enfants pendant le gĂ©nocide, cf. Vahakn N. Dadrian, « Children as victims of genocide : the Armenian case », Journal of Genocide Research, Vol. 5, N° 3, Sept. 2003, pp. 421- 437

[39] Sarafian, op. cit., pp. 212-213.

[40] Sarafian, op. cit., pp. 217.

[41] Suny, op. cit., p. 50.

[42] Lewis, Islam and the West, p. 142-143.

[43] MEMRI (Middle East Media Research Institute), Special Report, No. 25, 27 janvier 2004, http://memri.org/bin/articles.cgi ?Page=archives&Area=sr&ID=SR2504#_edn2

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#73 17-04-2020 21:12:38

Adic2010
@rmenaute

Re: "Comment mieux combattre l'Islamophobie ?"

RAPPEL : ne perdons pas de temps avec les islamophobes.

http://www.lesprovinciales.fr/wp-content/uploads/2017/10/cropped-Lesprovinciales-01.png
#21362

Dernière modification par Adic2010 (17-04-2020 21:16:19)

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#74 17-04-2020 21:33:16

Pascal Nicolaides
@rmenaute

Re: "Comment mieux combattre l'Islamophobie ?"

Ne perdons pas notre temps avec les islamophilies du type Berlinois déjanté !

Agissons avez les ARMENOPHILES !


https://www.armenian-genocide.org/News. … etail.html

https://www.jihadwatch.org/category/armenian-genocide


https://www.researchgate.net/publicatio … nals_ISSN_


https://www.nouvelhay.com/2019/12/le-pr … holicisme/


L'internaute Adic 2010 perd une fois de plus une occasion de se taire...quand il n' a rien Ă  dire .

Dernière modification par Pascal Nicolaides (17-04-2020 22:21:24)


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#75 22-04-2020 08:38:35

Adic2010
@rmenaute

Re: "Comment mieux combattre l'Islamophobie ?"

Il serait intéressant de savoir si Richard RUBENSTEIN parle de Mustafa Kemal ATATURK et de son ISLAMOPHOBIE ANTI-ARABE ? J'ai visionné le (gros) copié-collé de l'internaute islamophobe PN, on dirait que Rubenstein n'en parle pas.

DĂšs les premiĂšres lignes, l'auteur amĂ©ricain est au diapason de l'omission et du non-dit : pays musulman Ă  l’encontre de sa population chrĂ©tienne + la minoritĂ© armĂ©nienne de Turquie. Ce n'est pas dit qu'il s'agissait avant tout de la population autochtone Et on sait combien Mustafa KĂ©mal avait voulu terminer le sale boulot avec l'autre peuple autochtone restant dans la rĂ«gion, c'est-Ă -dire...

LES KURDES. http://www.globalarmenianheritage-adic.fr/flags/kurdistan.JPG . http://www.globalarmenianheritage-adic.fr/images_8/0_kurde0handinhand.jpg.

DĂ©solĂ©, les copains, mais l'islamophobie fait partie de notre enfermement gĂ©nocidaire... en particulier pour ceux qui fantasment sur "les titans" et "les gĂ©ants".   :rolleye
#21550

Dernière modification par Adic2010 (30-04-2020 02:12:52)

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