Soutenez Armenews !

Vous devez être inscrits pour utiliser les forums d'armenews.com

Vous n'êtes pas identifié.

Annonce

Tout message posté sur ce forum engage la responsabilité civile et pénale de son auteur. Les messages racistes, homophobes, etc... sont donc interdits !

#1 16-08-2010 19:59:11

Hoppa
@rmenaute
Réputation :   

voici un extrait livre de Charles Calvo, 1896. le droit.......

vous pouvez accéder à l'extrait concernant les arméniens en cliquant sur le lien ci-dessous.

https://docs.google.com/fileview?id=0B6 … &hl=en



......on peut réellement se demander si les turcs ne visent pas à la destruction de ce peuple...

Dernière modification par Hoppa (16-08-2010 20:12:55)

Hors ligne

 

#2 16-08-2010 21:37:07

Louise Kiffer
@rmenaute
Réputation :   24 

Re: voici un extrait livre de Charles Calvo, 1896. le droit.......

En cliquant sur le lien,je n'ai pas trouvé l'extrait de livre de Charles Calvo -sad

Hors ligne

 

#3 16-08-2010 21:51:47

Hoppa
@rmenaute
Réputation :   

Re: voici un extrait livre de Charles Calvo, 1896. le droit.......

Louise Kiffer a écrit:

En cliquant sur le lien,je n'ai pas trouvé l'extrait de livre de Charles Calvo -sad

je ne maîtrise peut-être pas suffisamment google doc, mais moi quand je clique sur ce lien, j'accède au document PDF.
je vais voir mieux si j'ai fais une erreur.

https://docs.google.com/fileview?id=0B6 … &hl=en

Hors ligne

 

#4 16-08-2010 21:57:59

Hoppa
@rmenaute
Réputation :   

Re: voici un extrait livre de Charles Calvo, 1896. le droit.......

,

Dernière modification par Hoppa (16-08-2010 22:34:04)

Hors ligne

 

#5 16-08-2010 22:22:07

Armenian Archives
@rmenaute
Réputation :   42 

Re: voici un extrait livre de Charles Calvo, 1896. le droit.......

Hoppa a écrit:

Louise Kiffer a écrit:

En cliquant sur le lien,je n'ai pas trouvé l'extrait de livre de Charles Calvo -sad

je ne maîtrise peut-être pas suffisamment google doc, mais moi quand je clique sur ce lien, j'accède au document PDF.
je vais voir mieux si j'ai fais une erreur.

https://docs.google.com/fileview?id=0B6 … &hl=en

Hoppa , deconnectez-vous de google . Puis retester le lien .

Hors ligne

 

#6 16-08-2010 22:31:44

Hoppa
@rmenaute
Réputation :   

Re: voici un extrait livre de Charles Calvo, 1896. le droit.......

voici le texte recomposé de l'extrait du livre de Charles Calvo, Le droit  international, théorie et pratique précédé d'un exposés historique des progrès de la science du droit des gens publié à Paris en 1896 chez arthur Rousseaux Editeur.

avec mes excuses pour ma mauvaise maîtrise de l'informatique.



.......Cette question déjà si fertile en problèmes diplomatiques
(Droit international, I, § 191) en a posé un de plus à l'Europe
en novembre 1894 : à cette époque en effet, on apprit tout
à coup que des massacres épouvantables avaient eu lieu en Arménie.
C'était l'Association Anglo-Arménienne qui avait répandu
la nouvelle en envoyant à Lord Kimberley une note pour le
prier d'intervenir en faveur des Arméniens auprès de la Grande-
Bretagne et des puissances signataires du traité de Berlin (2). (2) Revue générale de droit international public, 1895, n° 2, p. 253.
Les premières explications tendirent à faire porter toute la responsabilité
sur les Arméniens qui auraient commencé par supplicier
plusieurs Turcs inoffensifs et se seraient ainsi exposés à des représailles.
Peu à peu, cependant, grâce aux efforts constants des amis des
Arméniens, on est arrivé à voir la question sous son véritable jour et
à apprendre les vraies causes du conflit.
Celui-ci se produisit dans le district de Sassim, au sud-ouest du
lac Vay, près des villes de Bitlis et de Mousch.
Les Arméniens de cette région vivent dans une sorte d'état de
vassalité envers les tribus Kurdes : de là obligations réciproques,
l'Arménien paie au Kurde des redevances moyennant lesquelles celui-
ci lui donne sa protection.
Il en résulte ce fait qui est l'origine du conflit actuel, que lorsque
le collecteur d'impôts ottoman vient lever ses taxes, le cultivateur
arménien refuse de les payer si on ne le garantit pas contre les exactions
kurdes.
Un corps d'irréguliers turcs venu pour lever de force des impôts
aurait été repoussé par les paysans arméniens.
Il aurait alors appelé à son aide des renforts et ces troupes auraient
vengé la première défaite en massacrant les malheureux
paysans.
Les coupables étaient les cavaliers kurdes du corps Hamediech,
les garnisons d'Erzeroum,d'Irisa, de Wan, de Tigranokert,ctc. ,soit en
tout 50 à 60.000 hommes qui s'étaient réunis pour vaincre la faible
résistance que pouvait leur opposer une population armée de faux,
de coutelas et de quelques mauvais fusils.
7 villages dans le district de Schatuck, 13 dans celui de Sassim,
3 dans celui de Chian, 5 dans celui de Chuspaï et 6 dans celui de
Chianu furent pillés et brûlés. Partout, les habitants furent tués ou
martyrisés, les enfants et les femmes furent massacrés et celles-ci
durent subir les plus grossiers outrages du farouche vainqueur de
leurs époux.
L'Arménie est, s'il faut en croire les témoignages et les correspondances
publiés dans la presse européenne, en proie à des
violences continuelles en des proportions telles qu'on peut réellement
se demander si les Turcs ne visent pas à la destruction de ce
Peuple : on y parle couramment de meurtres, de villages détruits,
de viols, de pillages, etc.
Cependant quelques voix s'élevèrent pour défendre le gouvernement
ottoman et les Kurdes et pour contester l'authenticité absolue
des nouvelles qui émotionnaient si vivement l'Europe ; on rappela
les provocations des comités arméniens de Londres, d'Athènes et de
Varna, les témoignages des voyageurs affirmant la paix et la quiétude
parfaites d'un pays que la presse se plaisait à représenter comme
en proie à des luttes intestines terribles. Enfin on parla beaucoup
d'une lettre du patriarche de l'Église arménienne unie, Mgr Azarian
et des commentaires plus ou moins justes et polis que lui valut son
opinion dans certains journaux allemands.
On ne peut, sans vouloir discuter une question que nous n'avons
nullement qualité pour examiner,s'empêcher cependant de remarquer
que la vraisemblance appartient aux partisans des Arméniens.
De plus certains faits montrent une attitude bizarre du gouvernement
ottoman : en effet, celui-ci supprima toutes correspondances
avec le théâtre du conflit; il empêcha les consuls européens de faire
une enquête sur les lieux et enfin il jugea à propos de conférer une
décoration à Zekki-Pacha qui commandait les troupes envoyées contre
les Arméniens.
Les puissances européennes avaient-elles le droit d'intervenir
pour empêcher le retour de semblables atrocités?
L'article 61 du traité de Berlin répond éloquemment à cette question :
« La Sublime Porte s'engage à réaliser, sans plus de retard, les
» améliorations et les réformes qu'exigent les besoins locaux dans
» les provinces habitées par les Kurdes. Elle donnera périodique-
» ment connaissance des mesures prises à cet effet aux puissances
» qui en surveilleront l'application ».
De ce texte, il est facile de conclure que les puissances signataires,
c'est-à-dire l'Autriche, la France, la Grande-Bretagne, l'Italie et la
Russie ont le droit de veiller sur le sort des populations arméniennes,
sur la réalisation des promesses de la Porte.
Sitôt averti des événements qui se déroulaient en Arménie, le
cabinet anglais s'empressa d'avertir les autres gouvernements pour
se concerter avec eux sur les mesures à prendre.
On décida tout d'abord de faire une enquête impartiale sur les
faits allégués.
L'Angleterre ayant voulu envoyer son attaché militaire à Constantinople,
le colonel Herbert Chermside, le sultan ému de cette
perspective, promit d'envoyer sur les lieux une commission formée
d'hommes impartiaux. La nomination de cette commission fut des
plus laborieuse : la mauvaise foi évidente des Ottomans fit repousser
l'idée, d'abord acceptée, de composer cette commission uniquement
de fonctionnaires turcs et l'on exigea qu'elle comprît également les
représentants des puissances occidentales.
Après quelques tâtonnements elle fut enfin composée des fonctionnaires
turcs et de MM. Supley, Vilbert et Prejevalski, délégués
de l'Angleterre, de la France et de la Russie.
Ces laborieuses négociations ne permirent à la Commission de
commencer ses travaux que tout récemment et il nous est impossible
par conséquent de faire connaître l'issue de cette affaire.
La Commission, c'est certain, peut arriver à la découverte de la
vérité, mais on ne peut se dissimuler que sa tâche sera des plus
rude, car le pays lui-même est aussi peu favorable que possible aux
opérations de l'enquête : c'est en effet une région sauvage et montagneuse
où les moyens de communication manquent totalement. De
plus ne faut-il pas craindre que les Arméniens habitués à la longue
tyrannie qu'ils subissent ne préfèrent taire leur malheur de peur
des représailles qu'ils connaissent si bien, plutôt que de chercher
à seconder les efforts des commissaires ?
La question est grave. C'est à l'Europe qu'il appartient de prévenir ce danger. Si de suite elle montre son intention ferme et arrêtée
de ne pas abandonner les Arméniens et qu'elle justifie cette intention
par des actes, les commissaires trouveront dans la population
un auxiliaire dévoué et reconnaissant qui ne cherchera qu'à faciliter
leur tâche.

Dernière modification par Hoppa (16-08-2010 22:36:14)

Hors ligne

 

#7 16-08-2010 22:50:41

Hoppa
@rmenaute
Réputation :   

Re: voici un extrait livre de Charles Calvo, 1896. le droit.......

le lien du PDF devrait maintenant fonctionner.

Hors ligne

 

#8 16-08-2010 22:54:15

Louise Kiffer
@rmenaute
Réputation :   24 

Re: voici un extrait livre de Charles Calvo, 1896. le droit.......

Un grand merci Hoppa pour ce texte très intéressant. Que ce soit le Sultan ou le Premier Ministre de Turquie,
ce sont toujours les mêmes méthodes, d'abord laisser massacrer, ensuite chercher à étouffer l'affaire, gagner
du temps, mentir, etc...La situation est pire maintenant, à cause du pétrole de Bakou...Les grandes puissances
ferment les yeux. Le droit international existe, mais les affaires internationales aussi...

Hors ligne

 

#9 16-08-2010 22:58:47

Hoppa
@rmenaute
Réputation :   

Re: voici un extrait livre de Charles Calvo, 1896. le droit.......

Louise Kiffer a écrit:

Un grand merci Hoppa pour ce texte très intéressant. Que ce soit le Sultan ou le Premier Ministre de Turquie,
ce sont toujours les mêmes méthodes, d'abord laisser massacrer, ensuite chercher à étouffer l'affaire, gagner
du temps, mentir, etc...La situation est pire maintenant, à cause du pétrole de Bakou...Les grandes puissances
ferment les yeux. Le droit international existe, mais les affaires internationales aussi...

pouvez-vous tester le lien du PDF maintenant SVP?

Hors ligne

 

#10 16-08-2010 23:30:18

Hoppa
@rmenaute
Réputation :   

Re: voici un extrait livre de Charles Calvo, 1896. le droit.......

Voici ci-dessous 2 dépêches de Paul Cambon, Ambassadeur de la République française à Constantinople, en rapport avec ce dont parle Charles Calvo




-------------------------

M. P. Cambon, Ambassadeur de la République française à Constantinople, à M. Develle, Ministre des affaires étrangères.

Péra, le 1er  avril 1893.

L'Ambassadeur d'Angleterre a reçu de son Gouvernement des instructions assez pressantes à l'effet de réclamer en faveur des Arméniens un régime plus équitable. Il estime également que ces derniers sont traités avec trop de rigueur et il a déjà fait dans leur intérêt des démarches verbales auprès de la Sublime Porte,

D'après ce qu'on m'assure, le Gouvernement Impérial aurait délégué le Gouverneur d'Angora, Abeddin Pacha, ancien Ministre des Affaires étrangères, à Césarée, et Djemal Pacha à Marsivan pour soumettre la question à un examen approfondi et adresser un rapport à la Porte,

P. Cambon.



----------------------------

M. P. Cambon, Ambassadeur de la République française à Constantinople, à M. Casimir-Perier, Président du Conseil, Ministre des Affaires étrangères.

Péra, 20 février 1894

Un haut fonctionnaire turc me disait il y a deux ans : « La question d'Arménie n'existe pas, mais nous la créerons. » La prédiction s'est réalisée. La question arménienne existe aujourd'hui. Depuis plus d'un an l'Arménie proprement dite et les provinces voisines sont le théâtre d'événements graves : nos Consuls nous transmettent chaque semaine la nouvelle d'arrestations, de collisions sanglantes entre les Arméniens et l?autorité. La Porte, dans une récente circulaire à ses Ambassadeurs, avouait que le sang avait coulé à Yuzgat, et le Grand-Visir reconnaissait dernièrement que l?Arménie était pour la Porte la plus grave préoccupation. Les Turcs sont en train de rouvrir la question d'Orient du côté de l'Asie.

Le moment semble venu de noter très brièvement les étapes parcourues pendant ces dernières années, pour mesurer l'importance des événements actuels et pour déterminer avec précision la position prise par les Puissances intéressées dans la question arménienne.

Votre Excellence connaît l'importance militaire et politique de l'Arménie. Les montagnes inaccessibles qui la hérissent séparent en deux tronçons et isolent complètement les deux parties musulmanes de l'Empire ottoman, la Mésopotamie et l'Anatolie.

L'article 61 du traité de Berlin intéressait l'Europe au sort des chrétiens d'Arménie et le traité de Chypre en 1878 reconnaissait la nécessité de « l'amélioration du sort des Arméniens ». A cette époque, le réveil de la nationalité arménienne ne s'était pas encore produit; l'idée de l'indépendance arménienne n'existait pas, ou, si elle existait, c'était seulement dans l'esprit de quelques lettrés, réfugiés en Europe.

La masse souhaitait simplement des réformes et ne rêvait qu'une administration régulière sous la domination ottomane.

L'inaction de la Porte a découragé les bonnes volontés des Arméniens. Les réformes promises n'ont pas été exécutées. Les exactions des fonctionnaires sont restées scandaleuses; la justice n'a pas été améliorée, la création de régiments Kurdes Hamidiés, soi-disant destinés à surveiller les frontières, n'a pas été autre chose que l'organisation officielle du pillage aux dépens des chrétiens arméniens. Ce n'est pas là, il est vrai, une situation particulière à l'Arménie. D'un bout à l'autre de l'Empire, les Grecs, les Albanais, les Arabes se plaignent du manque de justice, de la corruption des fonctionnaires et de l'insécurité de la vie. Mais l'importance politique de l'Arménie attirait spécialement sur ses habitants l'attention des Puissances et il devenait facile d'exploiter pour le compte des Arméniens une situation qui est celle de tous les sujets de l'Empire.

C'est vers 1885 qu'on entendit parler pour la première fois en Europe d'un mouvement arménien. Les Arméniens dispersés en France, en Angleterre, en Autriche, en Amérique s'unirent pour une action commune : des Comités nationaux se formèrent, des journaux, organes des revendications nationales, se publièrent en français et en anglais; très habilement, les uns et les autres s'attachèrent à dénoncer les méfaits de l'administration turque. Par là, on signalait à l'Europe la violation par les Turcs du traité de Berlin.

La propagande arménienne tâcha d'abord de gagner la France à sa cause, et fit appel à ce qu'on nomme « ses sentiments chevaleresques ». On publia quelques articles de revues, on orgnanisa des banquets, on prononça des discours, on manifesta sur la tombe de Lusignan à Saint-Denis. La France, il faut le reconnaître, n'y comprit rien et ne s'intéressa point à des gens qui lui parlaient du mont Ararat, de Noé et des Croisades.

Les Arméniens trouvèrent à Londres meilleur accueil. Le Cabinet Gladstone attira les mécontents, les groupa, les disciplina; il leur promit son appui. Dès lors, le Comité de propagande s'établit à Londres où il prit ses inspirations.

Il fallait faire pénétrer dans la masse de la population arménienne deux idées très simples, l?idée de la nationalité et l'idée de la liberté.

Les Comités se chargèrent de les répandre; les Turcs, par leur système inintelligent de persécutions et d'exactions, se chargèrent de les faire valoir. Peu à peu, ils se sont rendus odieux et insupportables à des populations qui s'étaient accoutumées à leur esclavage, et comme s'il ne leur suffisait pas de provoquer ce mécontentement, les Turcs se sont plu à les grossir en traitant les mécontents de révolutionnaires et les protestations de complots.

A force de dire aux Arméniens qu'ils complotaient, les Arméniens ont fini par comploter; à force de leur dire que l'Arménie n'existait pas, les Arméniens ont fini par croire à la réalité de son existence, et ainsi, en quelques années, des sociétés secrètes se sont organisées, qui ont exploité, en faveur de leur propagande, les vices et les fautes de l'Administration turque, et qui ont répandu, à travers toute l'Arménie l'idée du réveil national et d'indépendance.

Le terrain une fois préparé, il ne manquait plus qu'un prétexte ou un encouragement pour que le mouvement se dessinât. Ce prétexte ou, si l'on veut, cet encouragement, les Arméniens le trouvèrent dans la nomination, au poste de Catholicos, de Monseigneur Kirimian, ancien patriarche arménien de Constantinople, exilé à Jérusalem à cause de son patriotisme.

Mes dépêches de l'année dernière vous ont tenu au courant des événements de Césarée et de Marsivan (janvier 1893), des arrestations qui suivirent, du procès d'Angora (Mai-Juin), de l'exécution de cinq condamnés (Juillet). Par sa rigueur, la Porte consacrait un mouvement qui compte à présent ses martyrs; par son entêtement à maintenir en Arménie un véritable régime de terreurs, arrestations, assassinats, viols, etc., elle semble prendre plaisir à hâter les événements, il y a 15 jours, des troubles si graves ont éclaté à Yuzgat, qu'on parle, à la Porte même, de 500 victimes. A Sivas, notre Consul semble craindre une explosion prochaine. Et ainsi, quand le mouvement aura gagné tous les villages et que les autorités auront achevé d'exaspérer, par leurs exactions, une population inoffensive, tout d'un coup, d'Alep à Trébizonde et d'Angora à Erzeroum, pourront se produire des événements qui amèneront probablement l'intervention de l'Europe.

Voilà quelle est, au début de 1894, l'état exact de la question arménienne : Quelles solutions peut-on proposer ou prévoir à cet état de trouble? Une Arménie indépendante ?  Il n'y faut pas songer. L'Arménie ne forme pas, comme la Bulgarie ou la Grèce, un état limité par des frontières naturelles ou défini par des agglomérations de population. Les Arméniens sont disséminés aux quatre coins de la Turquie, et dans l'Arménie proprement dite, ils sont partout mélangés de musulmans. Ajoutez que l'Arménie est déjà morcelée entre la Turquie, la Perse et la Russie et qu'au cas, fort improbable, où, à la suite d'une guerre, l'Europe proposerait la création d'une Arménie, il serait presque impossible de fixer l'orientation du nouvel état.

Même difficulté si l'on se demande d'établir une province privilégiée jouissant d'une demi-autonomie. Où commence, où finit l'Arménie ? Reste la promesse de réformes. Mais on sait ce que vaut en Turquie ce genre de promesses.

Pour introduire une réforme il faudrait d'abord tout réformer. Quant aux améliorations de détail qui auraient peut-être satisfait les Arméniens il y a dix ans, il est à craindre qu?ils ne s'en contentent plus maintenant.

Il n'y a donc pas de solution possible à la question arménienne; elle restera ouverte et les turcs ne feront que l'envenimer par leur mauvaise administration et leur inertie. De temps en temps, un accès de brutalité éveillera des plaintes plus vives ou excitera des rébellions; la Presse européenne finira par se saisir de ces incidents sans cesse renouvelés, l'opinion publique en pays chrétien se prendra de compassion pour les persécutés, le mouvement restreint aujourd'hui à l'Angleterre et aux États-Unis gagnera les autres nations chrétiennes, le traité de Berlin sera remis sur le tapis et une intervention s'imposera. Sera-ce demain? Sera-ce dans plusieurs années? Nous ne pouvons déterminer aucune date.

Ce qu'on peut dire, c'est qu'en Turquie les situations les plus étranges se maintiennent très longtemps : il faut seulement s'attendre tous les jours à les voir craquer et ne pas s'en étonner.

P. Cambon.

Dernière modification par Hoppa (16-08-2010 23:34:49)

Hors ligne

 

#11 17-08-2010 10:13:15

lmm
@rmenaute
Réputation :   57 

Re: voici un extrait livre de Charles Calvo, 1896. le droit.......

Ce qu'on peut dire, c'est qu'en Turquie les situations les plus étranges se maintiennent très longtemps : il faut seulement s'attendre tous les jours à les voir craquer et ne pas s'en étonner.

ha ha ha, des situations qui s'éternisent.

la méthode qui consiste à faire que des gens se radicalisent , pour ensuite les traiter de subversifs...on connaît.
Méthode éternelle aussi.


Charles Calvo

L'Arménie est, s'il faut en croire les témoignages et les correspondances
publiés dans la presse européenne, en proie à des
violences continuelles en des proportions telles qu'on peut réellement
se demander si les Turcs ne visent pas à la destruction de ce
Peuple : on y parle couramment de meurtres, de villages détruits,
de viols, de pillages, etc.

Un visionnaire? Dans le Droit?
ça par exemple!

Hors ligne

 

#12 17-08-2010 10:26:26

Louise Kiffer
@rmenaute
Réputation :   24 

Re: voici un extrait livre de Charles Calvo, 1896. le droit.......

Hoppa a écrit:

Louise Kiffer a écrit:

Un grand merci Hoppa pour ce texte très intéressant. Que ce soit le Sultan ou le Premier Ministre de Turquie,
ce sont toujours les mêmes méthodes, d'abord laisser massacrer, ensuite chercher à étouffer l'affaire, gagner
du temps, mentir, etc...La situation est pire maintenant, à cause du pétrole de Bakou...Les grandes puissances
ferment les yeux. Le droit international existe, mais les affaires internationales aussi...

pouvez-vous tester le lien du PDF maintenant SVP?

réponse à Hoppa: j'ai testé le lien du pdf, ça ne fonctionne toujours pas.

Hors ligne

 

#13 17-08-2010 19:00:22

Hoppa
@rmenaute
Réputation :   

Re: voici un extrait livre de Charles Calvo, 1896. le droit.......

et maintenant, cela fonctionne-t-il ?



http://docs.google.com/fileview?id=0B6r … &hl=en

Dernière modification par Hoppa (17-08-2010 19:27:29)

Hors ligne

 

#14 17-08-2010 19:30:16

Armenian Archives
@rmenaute
Réputation :   42 

Re: voici un extrait livre de Charles Calvo, 1896. le droit.......

Hoppa a écrit:

et maintenant, cela fonctionne-t-il ?



http://docs.google.com/fileview?id=0B6r … &hl=en

oui !

Hors ligne

 

#15 18-08-2010 18:44:37

Adic2010
@rmenaute

Re: voici un extrait livre de Charles Calvo, 1896. le droit.......

Hoppa a écrit:

http://docs.google.com/fileview?id=0B6rRvGNVUdB-YzFjMzcyNDktMTc5ZC00ZWI3LWIxNjEtYzhmMzBmODQ4OWUy&hl=en

Merci beaucoup Hoppa, pour ce travail très-très important.

Je le signale dans deux pages :

- http://www.globalarmenianheritage-adic. … philes.htm

- http://www.globalarmenianheritage-adic. … eyan01.htm

Bonne continuation et merci encore. Nil
#231

PS On dirait que Charles Calvo est argentin (?) : http://www.idi-iil.org/idiF/navig_historique.html

par M. CHARLES CALVO anden ministre, membre
correspondant de l'académie des sciences morales et politiquea
de l'ínstitut de France, de l'Académie royale d'histoire de Madrid,
membre fondateur de l'institut du droit international, etc

Dernière modification par Adic2010 (18-08-2010 20:10:11)

Hors ligne

 

#16 18-08-2010 19:08:38

Adic2010
@rmenaute

Re: voici un extrait livre de Charles Calvo, 1896. le droit.......

Carlos CALVO (Montevideo, 26 février 1824 à - Paris, 2 mai 1906) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Carlos_Calvo

Essayons de retrouver sa tombe à Paris (?) :  http://www.globalarmenianheritage-adic. … isiens.htm

Y'a du boulot les ami(e)s -à suivre. Bonne continuation. Nil

PS1 - à signaler dans http://www.globalarmenianheritage-adic. … rtes00.htm comme membre correspondant de l'Académie royale d'histoire de Madrid > www ?

PS2 - y a-t-il une version espagnole de son livre avec le passage sur les massacres de 1894-96 ? Google.Books.espagnol : http://www.google.com/search?hl=es& … amp;tab=wp

http://www.google.com/search?hl=es& … lr=lang_es

PS3 - Calvo serait enterré au cimetière de de Recoleta : http://fr.wikipedia.org/wiki/Cimeti%C3% … a_Recoleta

#234

Dernière modification par Adic2010 (18-08-2010 20:07:50)

Hors ligne

 

#17 18-08-2010 19:44:16

Dzovig
@rmenaute

Re: voici un extrait livre de Charles Calvo, 1896. le droit.......

Create and share your work online with Google Docs
Upload your files from your desktop: It's easy to get started and it's free!
Access anywhere: Edit and view your docs from any computer or smart phone.
Share your work: Real-time collaboration means work gets done more quickly.



Documents 
Spreadsheets 
Presentations 
Drawings 
Forms


Try Google Docs Now New Features - Watch the videos 
 
Sign in with your   Account 


Email:               [email protected] 
 
Password:   
 
   
Can't access your account? 
Sign in as a different user 


       

Don't have a Google Account? Create an account now




Voilà ce que j'obtiens quand je clique sur le lien ; c'est ça ?

y a un truc, non ?

Hors ligne

 

#18 19-08-2010 00:20:38

Hoppa
@rmenaute
Réputation :   

Re: voici un extrait livre de Charles Calvo, 1896. le droit.......

Dzovig a écrit:

Create and share your work online with Google Docs
Upload your files from your desktop: It's easy to get started and it's free!
Access anywhere: Edit and view your docs from any computer or smart phone.
Share your work: Real-time collaboration means work gets done more quickly.



Documents 
Spreadsheets 
Presentations 
Drawings 
Forms


Try Google Docs Now New Features - Watch the videos 
 
Sign in with your   Account 


Email:               [email protected] 
 
Password:   
 
   
Can't access your account? 
Sign in as a different user 


       

Don't have a Google Account? Create an account now




Voilà ce que j'obtiens quand je clique sur le lien ; c'est ça ?

y a un truc, non ?

normalement vous devriez accéder au PDF sans avoir besoin d''être enregistrer sur google doc.

j'ai donné accès  au doc a : me to everyone, CAD tout le monde peut y accéder.


Je vous l'adresse par mail.

Dernière modification par Hoppa (19-08-2010 00:33:05)

Hors ligne

 

#19 21-08-2010 00:38:59

Hoppa
@rmenaute
Réputation :   

Re: voici un extrait livre de Charles Calvo, 1896. le droit.......

Ce que nous dit Charles Calvo c'est que l'empire ottoman s'était engagé par un traité international à assurer la sécurité des arméniens, et donc l'Empire Ottoman reconnaissait que la sécurité des arméniens relevait du droit international; et donc les massacres et le génocide qui suivirent sont des actes illicites en droit international, et l'obligation de réparation ne peut qu'en être la conséquence; et je ne parle pas du préjudice immatériel.
Les diplomaties occidentales seront emmenés un jour ou l'autre à reconnaitre cette évidence, même si jusqu'à aujourd'hui elles ont fait en sorte que nous restions des victimes.
Charles Calvo dit également que si les diplomaties occidentales n'abandonnent pas les Arméniens, elles trouveront dans la population un auxiliaire dévoué et reconnaissant qui ne cherchera qu'à faciliter leur tâche. Les diplomaties occidentales n'avaient-elle pas besoin d'un élément dévoué à l'intérieur de l'empire ottoman; à moins que les diplomaties occidentales avaient déjà trouvé un autre élément encore plus dévoué et sans risque de se rapprocher d'une autre puissance concurrente. Nous comprendront peut-être un jour ce mystère.

Dernière modification par Hoppa (21-08-2010 00:40:16)

Hors ligne

 

#20 21-08-2010 10:16:09

Adic2010
@rmenaute

Re: voici un extrait livre de Charles Calvo, 1896. le droit.......

Hoppa a écrit:

-1/ Ce que nous dit Charles Calvo c'est que l'empire ottoman s'était engagé par un traité international à assurer la sécurité des arméniens, et donc l'Empire Ottoman reconnaissait que la sécurité des arméniens relevait du droit international; et donc les massacres et le génocide qui suivirent sont des actes illicites en droit international,

-2/ et l'obligation de réparation ne peut qu'en être la conséquence; et je ne parle pas du préjudice immatériel.

-3/ Les diplomaties occidentales seront emmenés un jour ou l'autre à reconnaitre cette évidence, même si jusqu'à aujourd'hui elles ont fait en sorte que nous restions des victimes.

-4/ Charles Calvo dit également que si les diplomaties occidentales n'abandonnent pas les Arméniens, elles trouveront dans la population un auxiliaire dévoué et reconnaissant qui ne cherchera qu'à faciliter leur tâche.

-5/ Les diplomaties occidentales n'avaient-elle pas besoin d'un élément dévoué à l'intérieur de l'empire ottoman; à moins que les diplomaties occidentales avaient déjà trouvé un autre élément encore plus dévoué et sans risque de se rapprocher d'une autre puissance concurrente. Nous comprendront peut-être un jour ce mystère.

Merci pour cette analyse.

Y a-t-il eu une approche analogue avec le Traité de Lausanne ?  Au delà de l'occultation de crime génocidaire  http://www.globalarmenianheritage-adic. … licite.htm , le Traité de Lausanne s'engageait à faire respecter le droit des minorités. Or les Kurdes ont été massacrés. Certainement les associations kurdes ont dû travailler sur ce concept.

Bonne continuation. Nil
#374

Dernière modification par Adic2010 (21-08-2010 10:17:08)

Hors ligne

 

#21 21-08-2010 10:39:12

totor
@rmenaute
Réputation :   16 

Re: voici un extrait livre de Charles Calvo, 1896. le droit.......

Hoppa a écrit:

Ce que nous dit Charles Calvo c'est que l'empire ottoman s'était engagé par un traité international à assurer la sécurité des arméniens, et donc l'Empire Ottoman reconnaissait que la sécurité des arméniens relevait du droit international; et donc les massacres et le génocide qui suivirent sont des actes illicites en droit international, et l'obligation de réparation ne peut qu'en être la conséquence; et je ne parle pas du préjudice immatériel.
Les diplomaties occidentales seront emmenés un jour ou l'autre à reconnaitre cette évidence, même si jusqu'à aujourd'hui elles ont fait en sorte que nous restions des victimes.
Charles Calvo dit également que si les diplomaties occidentales n'abandonnent pas les Arméniens, elles trouveront dans la population un auxiliaire dévoué et reconnaissant qui ne cherchera qu'à faciliter leur tâche. Les diplomaties occidentales n'avaient-elle pas besoin d'un élément dévoué à l'intérieur de l'empire ottoman; à moins que les diplomaties occidentales avaient déjà trouvé un autre élément encore plus dévoué et sans risque de se rapprocher d'une autre puissance concurrente. Nous comprendront peut-être un jour ce mystère.

regardez ces jours-ci, la puissance concurrente est toujours là!

Hors ligne

 

#22 21-08-2010 21:17:41

Hoppa
@rmenaute
Réputation :   

Re: voici un extrait livre de Charles Calvo, 1896. le droit.......

voici un témoignage d'Anatole France recomposé par mes soins concernant sa pensée sur les diplomaties occidentales par rapport au traité de Berlin.
J'ai d'autres discourts d'Anatole France que je posterai plus tard.
----------------------


Anatole France

Discourt prononcé à Rome,
à la réunion de l'association de la presse,
pour l'Arménie et la Macédoine,
le 7 mai 1903.



              Mesdames et Messieurs,

Si j'ai l'honneur de me trouver ici parmi vous, si j'ai été appelé à joindre, dans cette salle de votre association, aux journalistes de Rome, c'est comme rédacteur de Pro Arménia, pauvre défenseur d'une grande cause, très petit journal fondé à Paris, par Pierre Quillard, avec le concours de Francis de Pressensé, de Jean Jaurès et de Clémenceau. Et mon premier devoir, qu?il m'est doux d'accomplir, est de saluer mes confrères de la Ville éternelle.
Laissez-moi vous dire ensuite, Messieurs, combien j'aime l'Italie et de quel respect Rome me pénètre. Dans les heures  trop brèves qu'il m?est permis d'y passer, j'y goûte des joies incomparables. La vie y coule pleine, tranquille, profonde, et s'y plonge magnifiquement dans un passé très grand. Comment ne pas se rappeler, à l'hombre de vos ruines de brique et de marbre, couronnées d'oliviers, les siècles où l'immense majesté de la paix romaine enveloppait la terre, et comment ne pas voir avec sympathie la renaissance de Rome et la prospérité croissante de l'Italie délivrée ? De quelque contrée qu'on vienne et quelque langue qu'on parle, comment, parmi les vestiges du Forum romain, ne pas s'essayer à murmurer d'un accent dont vous pardonnerez la rudesse, cette parole de votre antique historien : Roma pulcherrima rerum ?
En contemplant les monuments de votre antiquité, un Français ne se sont pas étranger chez vous : il retrouve les restes de la grande aïeule des nations latines ; si l'on parcourt vos rues et vos places illustres, à tout moment on rencontre les vestiges de gloire et de puissance. Mais de tous ses souvenirs, le plus admirable peut-être, et celui, du moins, qu'il convient le mieux de rappeler ici, c'est le geste pacifique par lequel votre Marc-Aurèle, du haut du Capitole, apaise les Barbares.
C'est un peu le geste, Messieurs, que vous êtes venus faire ici. Sans doute vous ne pouvez pas, comme l'empereur philosophe, en étendant le bras, tranquilliser l'univers. Mais enfin vous êtes venus travailler dans cette salle selon vos forces, qui ne sont pas petites, puisque ce sont les forces de l'esprit, à l'affermissement de la paix européenne, car il ne s'agit pas seulement ici de la macédoine déchirée et de l'Arménie martyre. Il s'agit de l'union morale et du concert intellectuel de l'Europe civilisée. Le directeur de votre école d'anthropologie, l'illustre professeur Sergi, vient de vous dire, dans le plus noble langage, comment la cause des Arméniens est portée devant toutes les capitales de l'Europe. Elle a été portée cet hiver a Paris. Dans mon pays, partagé à cette heure entre deux partis qui se livrent un combat sans merci, les adversaires les plus résolus se sont réunis pour prendre en main la cause arménienne.
Loris Mélikoff que vous voyez ici les avait convoqués, l'Arménien Loris Mélikoff qui soutient son grand nom toute la force de son grand coeur. Dans une assemblée immense, MM. Lerolle et Cochin, les citoyens Jaurès et Pressensé, côte à côte, ont protesté contre les assassinats commis par le sultan exterminateur à la face de l'Europe honteusement silencieuse, et réclamé l'entière exécution du traité de Berlin.
Cette union des gens de coeur pour l'accomplissement d'une oeuvre nécessaire et généreuse se fera aussi facilement chez vous, Messieurs, qu'elle s'est faite en France. Tout ce que Rome contient de noble se réunira dans une même pensée humaine et pacifique ; les hommes éminents dans la politique est dans la presse que je vois assemblés ici en sont le même présage certain.
Et ce n'est pas pour former de vains souhaits, pour jeter d'inutiles plaintes. Ce que vous réclamerez, comme nous l'avons réclamé, et précis, légal, pratique. C'est la pleine exécution du traité de Berlin. Ce traité institue la tutelle de l'Europe sur l'empire ottoman. Est-il possible que l'Europe dise sultan rouge : Tue, pourvu que tu payes ? Est-il possible que l'Europe tutrice et, par conséquent, responsable, qui se jugent suffisamment armé par les traités pour faire rentrer à coup de canon des créances en souffrance à Constantinople, s'estime impuissante devant l'égorgement de trois cent mille sujets du sultan ? La question financière intéresse seule les Européens, diront les monstrueux égoïstes qui se croient sages.
Messieurs, c'est une question économique et financière que l'égorgement de tout un peuple.
En obtenant la pleine exécution du traité de Berlin, en même temps que vous rendrez la vie à l'Arménie assassinée, vous procurerez aux Etats européens, et particulièrement à l'Italie, des avantages économiques certains, puisque dans la Turquie soumise au contrôle européen, le commerce pourra se développer librement.
L'opinion est une grande force. C'est en notre temps, dans une partie de l'Europe, la plus grande force des forces. Par un effort de l'opinion publique italienne unie à l'opinion publique des autres peuples civilisés, on peut espérer que se fondera le droit international comme fut fondé, voilà un siècle, le droit civil.
Je m'arrête. M. Barsilai saura définir devant vous avec une haute autorité l'oeuvre à laquelle vous êtes conviés. Pour moi, si votre bienveillance permet à votre hôte d'un jour de vous ouvrir son coeur, rien ne sera plus doux que de voir la pensée italienne unie à la pensée française dans une oeuvre de sagesse et humanité.





                                    Anatole France.

Dernière modification par Hoppa (21-08-2010 21:18:36)

Hors ligne

 

#23 22-08-2010 00:10:56

Adic2010
@rmenaute

Re: voici un extrait livre de Charles Calvo, 1896. le droit.......

Hoppa, merci pour la frappe du discours. J'en ai fait une nouvelle page :

http://www.globalarmenianheritage-adic. … e_roma.htm

Ce serait bien si on pouvait avoir les  références bilbiographiques.

Je signale cette page aussi par la page : Echos des exterminations ottomanes en Italie et Mouvement arménophile   http://www.globalarmenianheritage-adic. … ie1915.htm

Bonne continuation. Kichèr pari. Nil.
#428

Dernière modification par Adic2010 (22-08-2010 00:14:30)

Hors ligne

 

#24 22-08-2010 11:00:50

Adic2010
@rmenaute

Re: voici un extrait livre de Charles Calvo, 1896. le droit.......

Salvatore Barzilai (1860-1939) né à Trieste était présent à Rome lors du discours de Anatole France >> en bas de la page : http://www.globalarmenianheritage-adic. … e_roma.htm

SVP, où à Rome ce meeting se passait ? Je pourrais trouver la photo du batiment.

Bonne continuation. Nil.
#453

Dernière modification par Adic2010 (22-08-2010 11:01:50)

Hors ligne

 

#25 22-08-2010 15:58:39

Hoppa
@rmenaute
Réputation :   

Re: voici un extrait livre de Charles Calvo, 1896. le droit.......

Adic2010 a écrit:

Salvatore Barzilai (1860-1939) né à Trieste était présent à Rome lors du discours de Anatole France >> en bas de la page : http://www.globalarmenianheritage-adic. … e_roma.htm

SVP, où à Rome ce meeting se passait ? Je pourrais trouver la photo du batiment.

Bonne continuation. Nil.
#453

je n'ai pas cette information mais voici un autre discourt d'Anatole France recomposé par mes soins où le lieu est mentionné :

---------------------



Anatole France


Allocution prononcée
à la réunion (1) organisée en faveur
de l'Arménie et de la Macédoine,
le 18 mars 1903.




    Citoyen,

sur l'ordre du Sultan Rouge, trois cent mille Arméniens sont tombés. Des sommets du Taurus au plateaux de l'Ararat, un peuple d'orphelins vit sous le couteau. En Macédoine, à quelques heures de Buda-Pesth et de Vienne, les soldats et les fonctionnaires turcs massacrent des paysans dont ils ont violé les filles et les femmes. Ces crimes commis à la honte de l'Europe, l'Europe doit les réprimer.
L?humanité lui en fait un devoir, le traité de Berlin lui en donne le droit positif.
La France a envoyé ses cuirassés pour réclamer à la Porte, par la bouche des canons, le remboursement de Lorenzo et de Tubini. Nos cuirassés sont-ils uniquement au service de Tubini et de Lorenzo ?
Le sultan, en livrant l'Arménie et la Macédoine aux égorgeurs, ne s'est-il donc exposé à aucune réclamation des puissances ? L'Allemagne, l?Angleterre, la France, ses tutrices, lui diront-elle : « tu peux tuer, pourvu que tu payes ! »
Il y a deux  politiques si l?on en croit d'habiles gens. Celle de la prudence, et la nôtre. Nous répondons que devant le crime il y a qu'une politique : celle de l'humanité.
On prétend que nous manquons de réserves et de précautions. Non, en prévoyant les massacres qui dans quelques jours ensanglanterons la Macédoine et en criant à quiconque peut nous entendre que le sabre Turc est toujours levé sur l'Arménie, nous ne manquons ni de prudence ni de sagesse. La prudence n'est pas de taire et de nier les massacres. La prudence n'est pas d'autoriser le crime par un lâche silence. La lâcheté n'est jamais sage.
Quelle est donc cette sagesse de se taire quand le sang des victimes crie ? Seule notre politique est sage parce qu'elle est ouverte et franche, et qu'en dehors des voies droites, il n?y a que surprises et dangers.
Seule, notre politique et pacifique parce qu'elle se fonde sur le sentiment populaire dans les nations civilisées, et que partout le peuple a la guerre en exécration.

    Citoyen,

Nous intéressants au sort des Arméniens et les Macédoniens, non parce qu'ils sont chrétiens, mais parce qu'ils sont des hommes, nous réclamons comme garantie de leur salut et  pour l'affermissement de la paix universelle, l'exécution pleine et entière du traité de Berlin en ce qui concerne l'Arménie et la Macédoine.



(1)  Cette réunion, organisée par la Société Républicaine de Propagande, s'est tenue dans la salle l'Eden du Temple.

----------------------
Précision (sources Quid) :  1901-5-11 Les Français débarquent à Mytilène, demandant le remboursement de 750 000 £ turques prêtées en 1876 par les banquiers français Tubini et Lorenzo au  gouv. turc (pour payer le complot devant destituer Abdül-Aziz). La Turquie règle 502 000 £.

Dernière modification par Hoppa (22-08-2010 19:30:49)

Hors ligne

 

Pied de page des forums

Droits de reproduction et de diffusion réservés
© Nouvelles d'Arménie Magazine / www.armenews.com -