Vous devez être inscrits pour utiliser les forums d'armenews.com

Vous n'êtes pas identifié.

Annonce

Tout message posté sur ce forum engage la responsabilité civile et pénale de son auteur. Les messages racistes, homophobes, etc... sont donc interdits !

#1 19-05-2014 15:08:33

Adic2010
@rmenaute

UCFAF, fondée en 1949. 6, Cité Wauxhall, 75010 Paris (Pl. Rėpublique)

Transcriptions successives en numérisé des textes des deux pdf : PDF.1 . PDF.2. Il y aura à envisager de les traduire (gamats-gamats) en arménien-anglais-russe-allemand-farsi-arabe-espagnol.   roll    Nil.    smile   

L?UCFAF, UNE VIE HUMAINE 


L? UCFAF a 60 ans. Presque une vie humaine, mais une vie bien employée. Quand elle naît, en 1949, la Seconde Guerre mondiale est achevée depuis cinq ans ; la France entière s?active à la reconstruction. Mais l?union sacrée de la Résistance est rompue. Les alliés de la veille s?affrontent dans la guerre froide. Très loin de Paris, sur la frontière méridionale de l?URSS, l?Arménie panse les plaies de son héroïque contribution à la victoire.

Au prix de sacrifices inouïs, le dernier territoire arménien épargné par l?histoire a conquis le droit d?affirmer son identité trois fois millénaire. Son Eglise nationale est officiellement reconnue par l?Etat soviétique, le séminaire et l?imprimerie d?Etchmiadzine ont été rouverts, l?Académie des Sciences d?Arménie vole de ses propres ailes, sous la conduite de Victor Hambartzoumian, président de la société internationale d?astrophysique.

Comment les Arméniens de France peuvent-ils alors tendre la main, au-dessus du «rideau de fer» stigmatisé par Churchill, aux gardiens du foyer ancestral, dépositaires de l?espoir et de la fierté de tout un peuple ? Mesrop Machtots avait donné l?exemple, quand l?Arménie, divisée entre la Perse et Byzance à la fin du IVe siècle, était devenue l?enjeu d?une implacable guerre idéologique. Il pallia l?impuissance des diplomates par la force de l?intelligence. Inventant l?alphabet arménien, il le fit enseigner de part et d?autre de la frontière. Ce que la politique mondiale avait brisé, il le répara pour les siècles à venir.

A une échelle beaucoup plus modeste j?oserai comparer sa démarche à celle des fondateurs de l?UCFAF. Orphelins de la Première Guerre mondiale et du génocide de 1915, ou descendants des rescapés, ils n?avaient emporté, pour tout trésor, que leur langue et leur culture ? un impérissable héritage, seul capable de renouer la trame des liens rompus. Choisissant, en la personne du Commandant Zadig Khanzadian, un président d?honneur qui était aussi bien un savant qu?un homme d?action et un témoin de l?histoire, ils ne se limitèrent pas à inviter les personnalités les plus célèbres de la science, des lettres ou des arts, comme Victor Hambartzoumian, Silva Kapoutikian, ou Aram Khatchatourian, mais ils multiplièrent les occasions de rencontres personnelles entre citoyens ordinaires grâce aux groupes touristiques, aux séjours d?enfants dans le camp de vacances de Kirovakan et aux bourses d?études en Arménie offertes aux étudiants français d?origine arménienne.

Fête splendide et joyeuse à la fois, la célébration des anniversaires de la RSS d?Arménie permit à de nombreux artistes de voir la France, dont ils avaient toujours rêvé, apportant avec eux non seulement leur art, mais l?âme de leur pays. Grâce aux liens tissés par l?UCFAF, l?UNESCO a pu célébrer, en janvier 1969, le 2750e anniversaire de la fondation d?Erévan, et le Louvre a accueilli pendant trois mois, en 1970-71, la mémorable exposition «L?art arménien d?Ourartou à nos jours». Pour la première fois, le public français et les amateurs éclairés du monde en- tier découvraient avec émerveillement le génie créateur d?un peuple dispersé parmi les nations étrangères, mais passionnément attaché à sa terre natale. Ainsi, par son engagement enthousiaste et son généreux dévouement, l? UCFAF a fait sortir l?Arménie de l?anonymat culturel où la confinait l?indifférence de l?opinion française. Elle a montré aux Arméniens de France que le berceau de leurs ancêtres s?ouvrait à ceux qui voulaient le connaître. Elle a puissamment contribué à préparer l?immense vague de solidarité qui parcourut toute la société française après le séisme de 1988.

La fidélité de ses fondateurs s?attachait à la nation, dans ses racines les plus profondes. Leur but était de promouvoir l?identité arménienne, quelles que fussent les vicissitudes de la vie politique. Qui ne sait que les 3000 ans de l?histoire des fils de Haïk ont été ponctués par les retournements géopolitiques les plus spectaculaires? L?indépendance de 1991 n?est pas l?effet inattendu de l?effondrement de l?empire soviétique, c?est la réalisation d?un rêve pluriséculaire du peuple dans son ensemble, accompagné depuis le XVIIIe siècle de la longue patience de ses élites. Si réelle et si dramatique qu?ait été la rupture politico-économique, la continuité culturelle est indiscutable. C?est grâce aux acquis scientifiques, éducatifs et institutionnels de la période soviétique que la jeune République d?Arménie affronte vigoureusement, depuis deux décennies, les défis de l?indépendance.

Plus que jamais la solidarité s?impose entre le pays et la diaspora. Les Arméniens de France ne peuvent rester eux-mêmes qu?en se référant au c?ur historique de leur nation, et celle-ci compte, pour se construire, sur l?appui, les contacts et les compétences de compatriotes du monde entier. Dans ces nécessaires échanges, l?UCFAF se tient toujours au premier rang. Assidue aux rencontres Arménie-diaspora organisées par le gouvernement arménien, elle multiplie les contacts, les voyages et, ce qui semblait naguère impossible, les randonnées, qui décuplent l?acuité du regard sur la terre et ses habitants.

Deux fois par mois, Achkhar apporte à tous ses lecteurs une analyse lucide de la situation internationale, une chronique de l?actualité arménienne dans la mère patrie comme dans la diaspora, avec de précieuses échappées culturelles. Un heureux équilibre s?est établi entre l?arménien et le français. L?arménien oriental n?a jamais été ostracisé, mais l?aisance et la belle tenue stylistique des articles en arménien occidental sont à elles seules un geste militant, qui témoigne, devant les générations futures, d?une fidélité indéfectible à la culture arménienne dans son ensemble.

La culture s?apparente à l?art philosophique du jardinage, au sens où Voltaire faisait dire à Candide: «Il faut cultiver notre jardin». Quel terroir est plus prometteur que l?Arménie, proche du Paradis terrestre et du pied de l?Ararat, premier séjour des hommes après le Déluge? Cataclysmes, invasions et guerres s?y sont succédés pendant des millénaires, mais chaque fois la vie est repartie. Tout comme la croissance des arbres et des fruits, des fleurs et des moissons exige un travail minutieux et des soins attentifs, l?organisation et l?épanouissement d?une société humaine s?inscrit dans un projet pluri-générationnel. Les 60 ans de l?UCFAF ne sont en somme que trois générations, au cours desquelles les jeunes de la JAF sont venus prendre la relève à deux reprises.

Que de progrès ont été accomplis dans la connaissance mutuelle de l?Arménie et de la diaspora et combien il reste encore à faire pour gagner le pari de l?indépendance ! La condition première de la réussite est l?espérance, dont l?UCFAF, hier et aujourd?hui, n?a jamais manqué, même aux heures les plus sombres. Quand on considère la richesse du bilan, on se croirait déjà arrivé au centenaire. Continuons sur la même lancée.

Jean-Pierre MAHÉ
Membre de l?Institut, Président d?honneur de l?UCFAF 

Dernière modification par Adic2010 (21-05-2014 17:05:02)


http://www.globalarmenianheritage-adic.fr/flags/turquie.JPG RUBRIQUE #85 . ANKARA~DIYANET~COJEP~PEJ ottomanisant-kémalisant L'ISLAM DE FRANCE ??

PENSONS À L'INFORMATION ARMÉNO-HISTORICO-CULTURELLE FRANCO-CITOYENNE FACE AUX RÉSEAUX TURCO-NÉGATIONNISTES EN FRANCE.

En ligne

 

#2 21-05-2014 16:57:57

Adic2010
@rmenaute

Re: UCFAF, fondée en 1949. 6, Cité Wauxhall, 75010 Paris (Pl. Rėpublique)

L?histoire de l?UCFAF est le miroir de toute la vie arménienne en France et en Arménie, avec ses bouleversements, ses mutations profondes, sociales et économiques qui eurent forcément des répercussions sur la culture.

L?UCFAF fut créée en juin 1949. Elle prit la relève du Front National Arménien, organisation issue de la Résistance. Elle est héritière des valeurs humanitaires incarnées dans les années 1930 par le «HOG» (Comité d?Aide à l?Arménie) et de la Résistance dont Missak Manouchian fut l?un des héros emblématiques.

L?UCFAF, UN BIEN COMMUN. L?UCFAF est toujours restée fidèle à sa vocation première, c?est à dire être au service de la communauté arménienne, être un lien entre l?Arménie et la France y compris durant les années qui ont émaillé la diplomatie internationale de la moitié du siècle dernier. Ses fondateurs étaient Jiraïr Abadjian, Kérovpé Jebdouni, Missak Gulbenkian, Zareh Tchakmechian, Khatchik Boyadjian, Barouïr Bodossian, Onnig Boyadjian, Zakar Roupinian, Hagop Vézirian et Haïg-Aram Kibarian. Le commandant Khanzadian en fut le président d?honneur, Hovsep Sevadjian, universitaire, chercheur à l?Institut Pasteur, assura la présidence effective. Les membres fondateurs comme les membres du bureau national étaient de conditions sociales et d?opinions diverses, unis pour la défense de la culture et la préservation de l?identité arméniennes et pour la reconnaissance de l?Arménie à travers ses échanges avec la France. Aujourd?hui c?est l?éminent professeur Jean-Pierre MAHÉ membre de l?Institut qui assume la présidence d?honneur.

A travers la presse. Dès sa fondation, l?UCFAF a toujours apporté sa contribution à la presse amie de l?Arménie dont le journal, Achkhar, né en 1960 et qui perdure jusqu?à présent ; elle a même édité son propre bulletin, Dérégadou.

Fête de la renaissance. Fidèle à son engagement, l?UCFAF a régulièrement participé à la commémoration des anniversaires de l?Arménie Soviétique, au sein d?un Comité composé de 17 associations arméniennes et en présence de hautes personnalités

Les voyages touristiques et la venue des groupes artistiques. 1955 fut un tournant: le premier groupe touristique d?Arménie vint en France à cette date et en retour, le tourisme de France vers l?Arménie se développa aussi. L?UCFAF en était à l?initiative. Ces voyages facilitèrent les échanges et permirent une meilleure connaissance mutuelle.

Les troupes artistiques de danses folkloriques, de théâtre, de musique tra- ditionnelle, du simple quatuor aux groupes de soixante-dix participants tels que l?«Estradaïne», l?Ensemble National de Danses ou le théâtre Soundoukian, venaient en France de plus en plus nombreuses. Elles partaient en tournée dans toutes les villes à forte concentration arménienne. Elles étaient accueillies chaleureusement et suscitaient toujours le même enthousiasme. Le dernier de ces groupes fut celui d?Artzakh en 1993. L?Artzakh en guerre pour son indépendance clamait, à travers ses chants et ses danses son droit à l?existence. On ne peut oublier cette jeune veuve qui dansait pour la mémoire de son mari, danseur du groupe comme elle, et mort au front, ni Gaguik, blessé à la guerre, qui dansait avec une balle dans la main et qui retournait au front après la tournée et l?extraction de la balle. Larmes et deuil coexistaient avec l?espérance de vie et de victoire. Ces groupes de danses, de musique, de théâtre nous firent connaître des artistes de grand talent parmi lesquels nous pou- vons citer Gohar Gasparyan, Loussiné Zakarian, Datévig Sazandarian, Ophélia Hampartzoumian, Hovannès Badalian, Meher Meguerditchian, Vartouhie Varteressian.

Les séjours des enfants de France en Arménie. A partir de 1968-1969, l?UCFAF et la JAF organisaient le séjour des enfants de France au camp de vacances de Kirovakan-Vanatzor. Chaque année, le gouvernement d?Arménie invitait les enfants de la diaspora. Les enfants étaient choisis par les enseignants parmi les meilleurs élèves des écoles arméniennes quotidiennes ou hebdomadaires. Ils prenaient conscience de leur véritable origine sur la terre d?Arménie. Des liens d?amitié très forts se créaient. Les manifestations artistiques, les rencontres avec d?autres enfants ont suscité de nouvelles vocations en France et y ont probablement créé un terreau auprès des jeunes qui ont voulu connaître et continuer la danse et la musique traditionnelles.

Manifestations culturelles en France. En outre, l?UCFAF a organisé des concerts de musique classique, des expositions de peintres d?Arménie en France et de peintres de France en Arménie. Elle a également envoyé en Arménie de très importantes archives dont celles d?Archag Tchobanian, de Zabel Essayan, de Siamanto, et d?Ardag Tarpinian ainsi que les ?uvres du sculpteur Gurdjian, les toiles d?Alkhazian et celles d?Aïvazosky, les manuscrits légués par Margossian et bien d?autres. Ces dons enrichirent le patrimoine de l?Arménie, de même que l?envoi des livres par l?Arménie nous permirent de connaître notre littérature classique ou moderne. Des hôtes presti- gieux furent les invités de l?UCFAF: hommes d?Etat d?Arménie (J. Guiragossian, ministre et historien du génocide, MM. Hamazaspian et Dallakian du Comité du Spurk), des académiciens de renommée in- ternationale (Victor Hambartsoumian,N. Sissakian...), des architectes, des compositeurs et musiciens (Aram Khatchatourian, Arno Babadjanian...) et de nombreux écrivains d?Arménie ou de diaspora. L?UCFAF fut aussi le maître d?oeuvre d?autres activités comme les conférences permettant au public de débattre et d?échanger avec des spécialistes sur des sujets multiples, l?édition d?un calendrier élaboré à partir d?une iconographie thématique ou encore, plus récemment, la création du ciné-club Rouben Mamoulian et la projection de films classiques arméniens ou étrangers.

L?UCFAF et la reconnaissance du génocide. Bien que cette reconnaissance eût un caractère politique, l?UCFAF ne pouvait rester à l?écart de ce fait majeur. Elle a toujours participé au défilé, unitaire depuis 1965, en souvenir du mil- lion et demi de morts mais elle a aussi mené une action revendicative pour faire connaître le premier génocide du siècle et le faire reconnaître comme tel. Il a fallu toute la sagesse et la clairvoyance des présidents de l?UCFAF et de la JAF pour ne pas tomber dans l?esprit d?aventure et pour avancer pas à pas mais avec ténacité vers la reconnaissance. Le 18 juin 1987, le génocide des Arméniens fut reconnu par le Parlement européen, ce qui fut une première victoire grâce à l?union de toutes les associations. Il a encore fallu des années de luttes unitaires, de démarches auprès des députés pour que le Parlement français reconnaisse le 21 Janvier 2001 à l?unanimité le génocide dont la loi fut promulguée le 29 Janvier 2001 par le Président de la République et le premier ministre . Ce fut là encore le résultat d?un travail unitaire au sein du Comité du 24 Avril qui devint ensuite le CCAF (Comité de Coordination des Organisations Arménienne de France). L?UCFAF fut l?une des associations fondatrices de ces deux structures représentatives. De nombreux autres Etats reconnurent le génocide des arméniens alors que la Turquie nie toujours. La lutte continue pour la reconnaissance par la Turquie et contre son négationnisme.

Le séisme du 7 décembre 1988, la guerre et l?indépendance de l?Arménie. Ce furent les années noires de l?Arménie. De nouvelles formes d?actions s?imposèrent alors.
Après l?aide d?urgence, dans laquelle JAF et UCFAF s?investirent totalement, elles participèrent avec Arménie-Village à une aide de plus longue haleine, avec la prise en charge du village de Yégheknoud, la construction de chalets préfabriqués dans un premier temps, puis la construction de l?école, l?adduction d?eau potable, la fourniture de nouvelles semences pour l?amélioration de l?agricul- ture et de la production laitière...
A Yérévan, l?UCFAF et la JAF entreprirent la rénovation de deux écoles où était enseigné le français, puis celle de deux écoles maternelles d?Artachat, après le jumelage avec Clamart. En 1995, l?UCFAF et le journal Achkhar participèrent au voyage d?information organisé par le Fonds arménien de France car la situation nouvelle et l?indépendance de l?Arménie exi- geaient d?autres formes de réflexion et d?action.

Préservation d?identité et humanisme. Toutes ces entreprises renforçaient le lien franco-arménien séculaire; deux congrès internationaux de grande importance, organisés par le Comité du Spurk, auxquels furent conviés l?UCFAF et le journal Achkhar, eurent lieu en Arménie en 1985 et 1987 sur le thème de «la préservation de l?identité arménienne en diaspora». Après l?indépendance, le président Robert Kotcharian poursuivit ces rencontres Arménie-diaspora, ce qui permit de mieux cibler les besoins; ce furent alors des associations de spécialistes qui purent apporter leur aide et leurs compétences à l?Arménie. Ces relations virent leur couronnement dans l?Année de l?Arménie en France. L?UCFAF contribua à cette manifestation grandiose d?Etat à Etat par de nombreuses festivités à Paris et dans les villes de province. A travers elles, l?identité arménienne se trouvait renforcée et enrichie, sa préservation même prenait une autre dimension. Durant ses 60 ans d?existence, l?UCFAF est devenue incontournable dans la communauté arménienne de France et elle poursuivra ses efforts dans le but d?une meilleure connaissance mutuelle en restant ouverte à la culture des autres peuples.
L?association fait sienne la définition de l?humanisme d?Avétik Issahakian dont elle a célébré en 1975, le centième anniversaire de la naissance : «L?homme est d?autant plus grand qu?il est apte à aimer les autres. Si tu aimes ton ami, tu es plus grand que si tu n?aimes que toi-même. Si tu aimes l?humanité, tu seras aussi grand que l?humanité».

Thaïs SAMIKYAN

- Thread faisant partie de la rubrique : FRANCE STRUCTURELLE ET ARMÉNITÉ  (#12)

#111

Dernière modification par Adic2010 (21-05-2014 17:17:08)


http://www.globalarmenianheritage-adic.fr/flags/turquie.JPG RUBRIQUE #85 . ANKARA~DIYANET~COJEP~PEJ ottomanisant-kémalisant L'ISLAM DE FRANCE ??

PENSONS À L'INFORMATION ARMÉNO-HISTORICO-CULTURELLE FRANCO-CITOYENNE FACE AUX RÉSEAUX TURCO-NÉGATIONNISTES EN FRANCE.

En ligne

 

#3 27-05-2014 23:47:39

Adic2010
@rmenaute

Re: UCFAF, fondée en 1949. 6, Cité Wauxhall, 75010 Paris (Pl. Rėpublique)

L'IMMIGRATION ARMÉNIENNE EN FRANCE : L'EXIL

La diaspora arménienne du XXe siècle, issue du génocide de 1915, se caractérise par un dénuement extrême. La majorité des survivants pour la plupart apatrides et orphelins arrive par bateaux entiers à Marseille dès les années 1922/1923 . Les témoignages relatifs à cette époque nous restituent un univers instable d'embauches brèves et précaires. De nombreux intermédiaires délivrent des contrats de travail, aidés par le Bureau International du Travail (B.I.T.) et le Haut Commissariat afin d'alimenter les industries françaises alors en quête de main d??uvre. Dans un premier temps, les mobilités migratoires sont déterminées prioritairement par les règles d'offres et de demandes du marché du travail. Mais on assiste par-dessus l'ensemble des couloirs migratoires traditionnels, à la mise en place d'un système organisateur des mobilités géographiques et résidentielles fondé sur le regroupement régional et le désir de rejoindre un parent, un ami du même village d'origine. Ainsi, les réseaux villageois constituaient en 1925 de véritables réseaux de solidarité et développent des pratiques d'entraide : prêts sans intérêts entre les familles pour l'achat d'un terrain, construction de petits pavillons en dur, prise en charge commune des enfants, mariages arrangés entre les familles.

La plupart des Arméniens ont été naturalisés aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale. Le rapatriement vers l'Arménie soviétique entre 1946 et 1947 ou Nerkaght reste un événement majeur de l'histoire contemporaine des Arméniens et témoigne d?un mythe du retour toujours tenace en situation d?exil.

Les vagues migratoires des communautés d'Orient vers la France joueront un rôle essentiel dans la modification du paysage communautaire surtout depuis 1975 et contribueront à la diversification des pratiques ethnoculturelles. Désormais, on peut parler d'une communauté hétérogène, tant sur le plan culturel que social.

La répartition spatiale des Arméniens fidèle aux itinéraires du regroupement des années 1930 : entre Paris et la région parisienne (Issy-les-Moulineaux, Alforville, Arnouville, Chaville, Bagneux/Cachan etc ), le long du sillon rhodanien (Valence, Romans, St-Etienne, Vienne, Décines, Lyon) et dans les Bouches-du-Rhône (Marseille).

Les modes de regroupement des années 1930 permettent de saisir les espoirs investis dans les nouvelles terres-refuges. Dans un premier temps, Il s'agit pour les réfugiés, de poser en un lieu les fondations d'une existence collective non-provisoire. Dans les communes de banlieues, l'aspiration à l'enracinement apparaît dans l'acquisition des terrains à bâtir : "construire sa maison" devient l'objectif quasi-obsessionnel des familles.

L'invention de territoires communautaires permettra de circonscrire des frontières entre un "dedans" et un "dehors" et garantira la continuité avec une mémoire collective. La notion de village arménien exprime une proximité des lieux d'habitations des familles favorisant un univers du contrôle social et l'expression de pratiques codifiées en fonction des règles d'une société patriarcale. On se contente de se replier sur les formes privées de l'identité.

Les Arméniens ont tenté de résoudre le sort de leur destinée migratoire itinérante. Ils créeront rapidement des lieux de sociabilité permettant de maintenir une conscience d'appartenance. On assiste très tôt en diaspora à une sorte d'amplification du sentiment national assumé à l'intérieur du champ de la collectivité par d'innombrables associations satellites des partis politiques. Les représentants affirmeront à cet égard qu'elles sont les relais indispensables pour la conservation de son arménité. Citons en ce sens, la JAF (Jeunesse arménienne de France) qui naît dans le contexte français d'après-guerre et qui soutenait l'Arménie soviétique, le mouvement de jeunesse Nor Seround (nouvelle génération) d'obédience dachnak qui a formé des générations de militants pour "une Arménie libre, indépendante et réunifiée".

Le tissu associatif demeure très dense : associations philanthropiques (UGAB), cultuelles, culturelles, sportives, compatriotiques, unions professionnelles, associations de femmes, d'anciens combattants, de scouts etc...

Les conduites au travail révèlent un rapport intense à la tradition : le métier indépendant, l'élan créateur du petit artisan sont des dispositions essentielles pour retrouver une dignité perdue. Enfin, La possession d'une petite affaire personnelle renforcera le travail en famille et les liens de dépendance entre les générations.

La deuxième génération née en France dans l'entre-deux-guerres accélère le processus d'intégration en louant les vertus de l'ascension sociale et de la trajectoire socioprofessionnelle. Changeant de statut juridique, cette génération sacralisera les valeurs portées par la citoyenneté française, sorte d'antidote à l'histoire douloureuse du déracinement.

Des années 1930 jusqu'aux années 1970, on assiste à des allégeances aux obédiences politiques qui structurent le champ social. Les territoires communautaires nés de l'exil emprunteront les événements fondateurs de l'Histoire et favoriseront ainsi le maintien d'un légendaire national.

L'édification des églises (apostoliques mais aussi évangéliques) dans les lieux du regroupement contribuera au marquage d'une différence officialisée. La fonction sociale de ces édifices cultuels est importante puisque l'Eglise deviendra un pôle d'attraction des mobilités quotidiennes (l'Eglise et la "vie autour de l'Eglise"). Incarnant le lieu de la mémoire vraie, l'institution religieuse symbolisera l'unité dans la dispersion. Cette fonction emblématique de l'Eglise s'est doublée de la constitution de corps mixtes de laïcs et de clercs qui mettent en place des activités culturelles comme l'enseignement de la langue et organisent avec les entités politiques le souvenir de l'événement fondateur de la dispersion grâce au caractère processionnel des manifestations organisées le 24 avril de chaque année pour commémorer le génocide. Soulignons l'importance des marqueurs (noms de rues ou de places, de panneaux associatifs, de monuments aux morts) ou des jumelages avec des villes d'Arménie qui donneront lieu à des inaugurations et témoigneront d'une inscription de la communauté dans le paysage urbain. La présence de Khatchkars (pierres à croix) réintroduit le pouvoir suggestif d'un ancien culte populaire et d'un art proprement religieux. Il apparaît de nos jours comme un motif privilégié pour la remémoration du génocide et la célébration de liens franco-arméniens.

Les générations issues de l'exil ont transmis la nécessité de rester fidèle à un patrimoine afin de le sauvegarder. Dès les années 1975, on peut évoquer la formulation d'une idéologie diasporique qui s'était déjà manifestée à l'occasion du cinquantenaire du génocide en 1965. Cette date demeure très importante dans l'histoire de l'exil des Arméniens en France puisque pour la première fois, la collectivité, en Arménie tout comme en diaspora, revendique des droits territoriaux et un droit à la mémoire.

Enfin, depuis l?Indépendance de l?Arménie en 1991 de nouveaux échanges culturels, politiques et économiques se tissent entre le Centre et la périphérie (la diaspora) et invitent à de nouvelles reformulations de l?imaginaire national .

Martine HOVANESSIAN
Anthropologue, chargée de recherches au CNRS


http://www.acam-france.org/bibliographie/livres/hovanessian-martine-lien2007.jpg. http://www.sciencespo.fr/bibliotheque/statique/armenie/images/images7/2-1_img025_o.jpg . http://images.gibertjoseph.com/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/i/319/9782862605319_1_75.jpg . http://urmis.unice.fr/local/cache-vignettes/L150xH200/Hovanessian-cd2d5.jpg . http://www.acam-france.org/bibliographie/auteurs/hovanessian-martine.jpg . http://images.gibertjoseph.com/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/b/319/9782862605319_4_75.jpg . http://www.acam-france.org/bibliographie/livres/hovanessian-martine-lesrecits.jpg .

- Thread faisant partie de la rubrique : FRANCE FRANCOPHONE-MULTI.CULTURELLE-EN ENSEIGNEMENT & ARMÉNITÉ (#22)

#160

Dernière modification par Adic2010 (20-07-2014 18:40:51)


http://www.globalarmenianheritage-adic.fr/flags/turquie.JPG RUBRIQUE #85 . ANKARA~DIYANET~COJEP~PEJ ottomanisant-kémalisant L'ISLAM DE FRANCE ??

PENSONS À L'INFORMATION ARMÉNO-HISTORICO-CULTURELLE FRANCO-CITOYENNE FACE AUX RÉSEAUX TURCO-NÉGATIONNISTES EN FRANCE.

En ligne

 

#4 16-11-2014 22:34:25

Adic2010
@rmenaute

Re: UCFAF, fondée en 1949. 6, Cité Wauxhall, 75010 Paris (Pl. Rėpublique)

http://www.diasporamag.com/images/ucfaflogo.jpg . Le centre culturel de l'UCFAF et de la JAF est en rénovation complète pour nous accueillir dans de bonnes conditions et pour donner un nouvel élan à leurs actions cuturelles et éducatives notamment pour les jeunes. Pour financer les travaux l'UCFAF et la JAF ont besoin de notre soutien c'est pourquoi ils lancent un appel qui nous l'espérons recevra de notre part un écho favorable .

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b8/Cité_du_Wauxhall_(Paris)_01.jpg/260px-Cité_du_Wauxhall_(Paris)_01.jpg . http://pics2.meilleursagents.com/photos/b8/8f/c0c7e0dd0cdbfd1.26799.ms.jpg . UCFAF-JAF, 6, CITÉ DU WAUXHALL, 75010 PARIS. À SUIVRE.  Nil. 

http://www.issy.com/sites/default/files/styles/association/public/jaf_redimensionne.jpg?itok=zemExZtK . http://ekladata.com/Ou-0DCHgrOXxIwrtVPdSpOfaaXQ.jpghttp://www.acam-france.org/bibliographie/livres/gulbenkian-missak-ucfaf.jpg . http://www.gralon.net/plan-ville/cartes/planr-cite-du-wauxhall-paris-4131.gif . http://4.bp.blogspot.com/-Hz59Ukw-p7o/UTxhKkIH0rI/AAAAAAAAHdU/uTCbhyUOvXs/s1600/2013_0310parisinlove0049.JPG
#399

Dernière modification par Adic2010 (16-11-2014 22:35:43)


http://www.globalarmenianheritage-adic.fr/flags/turquie.JPG RUBRIQUE #85 . ANKARA~DIYANET~COJEP~PEJ ottomanisant-kémalisant L'ISLAM DE FRANCE ??

PENSONS À L'INFORMATION ARMÉNO-HISTORICO-CULTURELLE FRANCO-CITOYENNE FACE AUX RÉSEAUX TURCO-NÉGATIONNISTES EN FRANCE.

En ligne

 

#5 25-11-2014 11:10:18

Adic2010
@rmenaute

Re: UCFAF, fondée en 1949. 6, Cité Wauxhall, 75010 Paris (Pl. Rėpublique)

L'UCFAF et la JAF ont besoin de notre aide pour la rénovation de leur centre qui se trouve près de la Place de la République. Il n'y a pas de petit don. Nil.

http://www.armenews.com/IMG/renovation_centre_JAF.pdf
#446

Dernière modification par Adic2010 (25-11-2014 11:15:20)


http://www.globalarmenianheritage-adic.fr/flags/turquie.JPG RUBRIQUE #85 . ANKARA~DIYANET~COJEP~PEJ ottomanisant-kémalisant L'ISLAM DE FRANCE ??

PENSONS À L'INFORMATION ARMÉNO-HISTORICO-CULTURELLE FRANCO-CITOYENNE FACE AUX RÉSEAUX TURCO-NÉGATIONNISTES EN FRANCE.

En ligne

 

#6 01-01-2015 23:59:10

Adic2010
@rmenaute

Re: UCFAF, fondée en 1949. 6, Cité Wauxhall, 75010 Paris (Pl. Rėpublique)

Il n'y a pas de petit dons. Nil

http://www.armenews.com/IMG/renovation_centre_JAF.pdf
#578

Dernière modification par Adic2010 (05-02-2015 21:43:43)


http://www.globalarmenianheritage-adic.fr/flags/turquie.JPG RUBRIQUE #85 . ANKARA~DIYANET~COJEP~PEJ ottomanisant-kémalisant L'ISLAM DE FRANCE ??

PENSONS À L'INFORMATION ARMÉNO-HISTORICO-CULTURELLE FRANCO-CITOYENNE FACE AUX RÉSEAUX TURCO-NÉGATIONNISTES EN FRANCE.

En ligne

 

#7 05-02-2015 22:47:19

Adic2010
@rmenaute

Re: UCFAF, fondée en 1949. 6, Cité Wauxhall, 75010 Paris (Pl. Rėpublique)

http://www.globalarmenianheritage-adic.fr/1jaf2ucfaf3alakyaz/00mahe.jpg . Nouvelle page Adic : Jean-Pierre MAHÉ, Membre de l'Institut, Président d'Honneur de l'UCFAF, fondée en 1949

http://www.diasporamag.com/images/ucfaflogo.jpg . http://www.globalarmenianheritage-adic.fr/images_2/mahe_epee.jpg

- 'Thread' faisant partie de la rubrique : FRANCE PSYCHO-SOCIOLOGICO-SOCIÉTALE &  (INTER.TRANS.)ARMÉNITÉ  (#5)

- 'Thread' faisant partie de la rubrique : FRANCE STRUCTURELLE ET ARMÉNITÉ  (#12)

#678

Dernière modification par Adic2010 (07-02-2015 09:58:16)


http://www.globalarmenianheritage-adic.fr/flags/turquie.JPG RUBRIQUE #85 . ANKARA~DIYANET~COJEP~PEJ ottomanisant-kémalisant L'ISLAM DE FRANCE ??

PENSONS À L'INFORMATION ARMÉNO-HISTORICO-CULTURELLE FRANCO-CITOYENNE FACE AUX RÉSEAUX TURCO-NÉGATIONNISTES EN FRANCE.

En ligne

 

#8 14-02-2015 18:10:36

Adic2010
@rmenaute

Re: UCFAF, fondée en 1949. 6, Cité Wauxhall, 75010 Paris (Pl. Rėpublique)

VOYAGE EN ARMÉNIE
organisé par l'UCFAF du 19 au 26 avril 2015

http://www.diasporamag.com/images/ucfaflogo.jpg
#751

Dernière modification par Adic2010 (14-02-2015 18:14:16)


http://www.globalarmenianheritage-adic.fr/flags/turquie.JPG RUBRIQUE #85 . ANKARA~DIYANET~COJEP~PEJ ottomanisant-kémalisant L'ISLAM DE FRANCE ??

PENSONS À L'INFORMATION ARMÉNO-HISTORICO-CULTURELLE FRANCO-CITOYENNE FACE AUX RÉSEAUX TURCO-NÉGATIONNISTES EN FRANCE.

En ligne

 

#9 21-02-2015 10:44:34

Adic2010
@rmenaute

Re: UCFAF, fondée en 1949. 6, Cité Wauxhall, 75010 Paris (Pl. Rėpublique)

Merci à Stephane de nous signaler le voyage en Arménie pour le mois d?Avril 2015 organisé par l'UCFAF.

Dans le circuit il y a la visite du site de pétroglyphes de Karahundge qui doit être assez impressionnant à voir. Nil.

PS1 - http://www.tatev.com/uploads/files/pages/pg_805948596_petroglyphs_armenia-0028near-karahunj00291.jpg . http://serials.flib.sci.am/openreader/hushardzanner_6/book/info.jpg   Հայաստանի հնագիտական հուշարձանները, Հ. 6.  Գեղամա լեռների ժայռապատկերները/Հ.Ա. Մարտիրոսյան; Խմբ. կոլ.՝ Բ.Ն. Առաքելյան և ուրիշն.; ՀՍՍՀ ԳԱ Հնագիտ. և ազգագր. ին-տ. Երևան : ՀՍՍՀ ԳԱ հրատ., 1971.

LES PÉTROGLYPHES EN ARMÉNIE , publication de l'Académie des Sciences de la RSS d'Arménie 1971

PS2 - Suite aux textes en arménien et en russe, il y a un résumé un résumé en anglais, pp.54-66 et aussi près de cent cinquante de pages de reproductions de pétroglyphes, pp.71-223

- PS3 : http://ancientufo.org/2014/04/karahundj … tonehenge/

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/5b/Petrogliph-Ughtasar-Armenia2.jpg . [img][/img] . http://www.azg.am/image.php?imgBig=300-201109211.jpg
#796

Dernière modification par Adic2010 (21-02-2015 10:56:04)


http://www.globalarmenianheritage-adic.fr/flags/turquie.JPG RUBRIQUE #85 . ANKARA~DIYANET~COJEP~PEJ ottomanisant-kémalisant L'ISLAM DE FRANCE ??

PENSONS À L'INFORMATION ARMÉNO-HISTORICO-CULTURELLE FRANCO-CITOYENNE FACE AUX RÉSEAUX TURCO-NÉGATIONNISTES EN FRANCE.

En ligne

 

#10 25-02-2015 16:53:40

Adic2010
@rmenaute

Re: UCFAF, fondée en 1949. 6, Cité Wauxhall, 75010 Paris (Pl. Rėpublique)

Nouvelle page Adic : RÉNOVONS ENSEMBLE LE CENTRE CULTUREL DE L'UCFAF-JAF DE PARIS

http://www.jafparis.fr/img/local.jpg . http://www.jafparis.fr/img/plan.jpg
#841

Dernière modification par Adic2010 (25-02-2015 16:56:35)


http://www.globalarmenianheritage-adic.fr/flags/turquie.JPG RUBRIQUE #85 . ANKARA~DIYANET~COJEP~PEJ ottomanisant-kémalisant L'ISLAM DE FRANCE ??

PENSONS À L'INFORMATION ARMÉNO-HISTORICO-CULTURELLE FRANCO-CITOYENNE FACE AUX RÉSEAUX TURCO-NÉGATIONNISTES EN FRANCE.

En ligne

 

Pied de page des forums

Droits de reproduction et de diffusion réservés
© Nouvelles d'Arménie Magazine / www.armenews.com -