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#1 06-08-2013 13:35:27

Adic2010
@rmenaute

Oppenheim / Berlin . Chapitre.4. Le Spectre du Pan-Islamisme et Djihad

- Max von OPPENHEIM (1860-1946) - - Chapter.4 on Oppenheim : The Spectre of Pan-Islamism and Jihad. The Background of Oppenheim?s 1914 "Denkschrift betreffend die Revolutionierung der islamischen Gebiete Unserer Feinde" par l'historien Lionel GOSSMAN >> Traduction.4 ~~ Traduction transcrite dans les messages ci-dessous de ce thread

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#2 06-08-2013 13:39:16

Adic2010
@rmenaute

Re: Oppenheim / Berlin . Chapitre.4. Le Spectre du Pan-Islamisme et Djihad

Traduction des paragraphes du Ch.4 incluant les notes (*1) >> (*10) :


Les points de vue contradictoires parmi les contemporains, l'allemand ainsi que la Colombie, de l'importance et de la valeur de l'activit√© de Oppenheim refl√®tent probablement pas seulement un √©cart entre les politiques relativement prudentes pr√©f√©r√© par la plupart des diplomates professionnels √† l'Ausw√§rtiges Amt et des objectifs plus ambitieux et aventureux d' le Kaiser et son entourage imm√©diat, mais des √©valuations divergentes de la signification du panislamisme parmi les savants occidentaux, les diplomates et les politiciens occidentaux et les musulmans eux-m√™mes. A √©t√© panislamisme vraiment, comme Oppenheim a fait valoir dans ses rapports pr√©c√©dents et dans le m√©morandum d'influence "betreffend die Revolutionierung der islamischen Gebiete unserer Feinde" ["concernant la fomentation des r√©volutions dans les territoires musulmans de nos ennemis"] qu'il a soumis aux Ausw√§rtiges Amt peu de temps apr√®s le d√©clenchement de la guerre en 1914, une force qui pourrait √™tre d'une importance cruciale dans le cas d'une guerre europ√©enne ? Ou at-il (avec un bon nombre d'autres) largement exag√©rer le potentiel du pan-islamisme? Dans un article intitul√© ¬ępanislamisme¬Ľ qu'il publia en 1904, Carl Becker, un orientaliste allemand tr√®s r√©put√©, a observ√© que "dans l'√©criture de l'islam moderne au cours des derni√®res ann√©es il ya eu beaucoup de discussions sur le panislamisme et les opinions les plus divergentes ont . √©t√© exprim√©es au sujet de l'√©tendue et de l'importance de ce mouvement "Selon un sp√©cialiste, cit√© par Becker en anglais,¬ę Pan-islamisme est un nid de jument d√©couvert par le correspondant du Times √† Vienne ", selon une autre, cependant,¬ę il est l'une des principales tendances de l'islam moderne ¬Ľ.(*1)

En outre, Oppenheim est souvent cr√©dit√© ou d√©nonc√© dans des √©tudes r√©centes pour avoir ranim√© la vieille id√©e du jihad et l'a adapt√© pour √™tre utilis√© comme une strat√©gie visant √† fournir un soutien politique et militaire de l'Allemagne dans sa qu√™te de sa place "dans le soleil "et, en particulier, dans sa rivalit√© avec la Grande-Bretagne, et pour ainsi cyniquement remuant et en essayant d'exploiter les engagements religieux et les passions des musulmans et musulmans¬ę fanatisme ¬Ľ, comme beaucoup le mettre-pour les fins purement la√Įques du nationalisme allemand . Encore une fois, cependant, il n'est pas du tout √©vident qu'il s'agissait d'une id√©e originale d'Oppenheim. Un auteur a m√™me fait valoir de mani√®re plausible qu'il y avait beaucoup de propos inconsid√©r√©s en Allemagne, aussi bien au Ausw√§rtiges Amt et dans la section politique de l'√©tat-major g√©n√©ral, √† exploiter le ressentiment musulman et fomenter la guerre sainte comme un moyen facile de promouvoir les int√©r√™ts nationaux de l'Allemagne , et que l'objectif de Oppenheim dans le m√©morandum 1914 √©tait de proc√©der √† un examen sobre de ce qui √©tait vraiment possible et dans ce conditions (*2) Comme nous le verrons, le m√©morandum contient de nombreuses mises en garde. Il sera utile d'examiner les deux questions de l'importance de panislamisme et de l'id√©e du djihad, et le r√īle sp√©cifique de Oppenheim dans l'exploitation de leur-tour.

Panislamisme √©tait d√©j√† un sujet br√Ľlant dans la derni√®re d√©cennie du XIXe si√®cle et les deux premi√®res d√©cennies du XXe lorsque Oppenheim s'est int√©ress√© √† leur valeur potentielle pour l'Allemagne. Comme un √©crivain indien, ancien secr√©taire honoraire de la Soci√©t√© Pan-islamique de Londres (fond√©e en 1903 par Sir Abdullah al-Ma'm√Ľn Al-Suhrawardy [1882-1935], un juriste musulman de Bengal (*3) ), a not√© avec une certaine irritation en 1908, une ¬ę√©pid√©mie r√©cente d'articles sur le panislamisme, Califat, et soi-disant¬ę fanatisme ¬Ľa √©t√© plus sauvage et plus virulente que celle qui a s√©vi il ya trois ans, lorsque Abdullah al-Ma'm√Ľn Suhrawardy joint Pan le mot moderne" ¬Ľ, qui d√©signe l'expansion et de l'union, √† l'ancien mot¬ę Islam ¬Ľ. Une controverse qui s'est pass√© dans tous les principaux journaux europ√©ens et en particulier ceux de l'Angleterre et de la France quant √† la signification et l'avenir du mouvement." (4) "Le public britannique¬Ľ, le m√™me auteur avait d√©j√† plaints dans le Morning Post (20 Ao√Ľt 1906), "qui est d√©j√† pr√©venu contre l'Islam, est amen√© √† comprendre que l'ensemble du monde islamique est comme un ferment qui va √©clater tout moment si la Grande-Bretagne n'utilise pas sa force puissante pour r√©primer l'esprit de Pan-Islam ou soi-disant fanatisme [...], et soi-disant autorit√©s et les experts ont mis en garde les autres nations √† √™tre pr√™t pour un mouvement fanatique musulman partout dans le monde si ils ne sont pas dos et soutiennent les mesures que la Grande-Bretagne a adopt√© le supprimer. "(*5)

Un article paru dans le mensuel La dix-neuvi√®me si√®cle pour Septembre 1907 intitul√© ¬ęLa menace musulmane: un aspect de la Pan-Islam", a pr√©venu en particulier de la menace de la confr√©rie Senussi. M√™me en Allemagne, malgr√© les gestes flamboyants de Guillaume II d'amiti√© envers le monde musulman, il y avait la peur et la suspicion. Un Allemand attach√© naval √† Rome √† l'√©poque de l'occupation italienne de la Tripolitaine (Libye aujourd'hui) clairement sympathis√© avec les efforts d√©ploy√©s par les Italiens pour r√©primer les soul√®vements contre eux par une population indig√®ne "ne veulent pas s'adapter √† la nouvelle donne." Dans l'Italie combat avec un ¬ępeuple totalement incultes, √† qui l'assassiner des blancs est un commandement religieux et la guerre contre ceux des autres religions un devoir sacr√©, sans tabou", at-il not√© dans une note intitul√©e "L'Italie justifi√©e," il sera n√©cessaire de proc√©der ¬ę√† l'anglaise¬Ľ, c'est-√†-dire ¬ęsans sentimentalit√© mi√®vre ou √©motion." (*6) D√®s 1898, la Gazette de Voss, le journal de Berlin √©tabli de longue date de l'enregistrement, avait publi√© un article intitul√© ¬ęDer Panislamismus¬Ľ dans lequel la d√©faite et la mort du g√©n√©ral Gordon au Soudan et les massacres impunis Christian Arm√©niens dans l'Empire ottoman (1894-1896) auraient alarmante renforc√© le ¬ęsentiment de leur sup√©riorit√© mahom√©tans¬Ľ. (*7)

Le terme ¬ępanislamisme¬Ľ lui-m√™me est relativement moderne, venu en usage chez les Occidentaux dans le milieu des ann√©es 1870. N√©anmoins, comme le chercheur turc moderne Azmi √Ėzcan a fait remarquer, "bien avant l'entr√©e en usage en Occident, son √©quivalent le plus proche ottoman Ittihad-i Islam ou les termes Ittihad-i Din et Uhuvvet-i Din le terme qui portent des connotations similaires , a longtemps √©t√© utilis√© dans la correspondance entre les Ottomans et les dirigeants musulmans de l'Inde, en Asie centrale et en Indon√©sie. [...] Ainsi, √† partir de la fin du XVIIe au milieu du XIXe si√®cle, les souverains musulmans ont approch√© les califes ottomans en leur demandant de s'acquitter de leurs responsabilit√©s califale, c'est, pour donner aide et protection "(*8) Puisque les terres de plus en plus de musulmans sont tomb√©s sous la domination. de, puissances chr√©tiennes occidentales √† l'√©poque de l'expansion imp√©riale europ√©enne, ces appels sont devenus plus fr√©quents et plus urgent. Les dirigeants musulmans de l'Inde britannique et n√©erlandais en Indon√©sie ¬Ľ, non seulement inform√© le public ottoman de la situation de leurs peuples, mais aussi mis en √©vidence les espoirs et les aspirations que le monde musulman entretenait des Ottomans. [...] En cons√©quence, il a √©t√© le m√©contentement et le ressentiment croissant √† l'encontre des Europ√©ens. Sentiments anti-chr√©tiens √©taient √† la hausse avec une nouvelle vague de forts sentiments religieux. Les musulmans ont √©t√© invit√©s √† revenir √† l'islam traditionnel, sous la direction du Sultan comme le calife de tous les musulmans. C'est dans ce contexte, "√Ėzcan conclut:¬ę que les intellectuels ottomans ont commenc√© √† formuler des id√©es et des programmes de nature pan-islamique. [...] Mais il faut constater que cette id√©ologie n'est pas une nouvelle d√©couverte, mais la formulation concr√®te des tendances politiques d√©j√† existantes et les sentiments dans le monde musulman d√©velopp√©e √† travers les si√®cles. " (*9)

En cherchant une solution aux calamit√©s qui affligent le monde musulman de l'Europe du Sud-Est √† l'Afrique du Nord, en Asie centrale et en Indon√©sie, les Jeunes Ottomans des ann√©es 1860-les pr√©d√©cesseurs des Jeunes Turcs de quelques d√©cennies plus tard, √©taient, dans leur propre yeux, il suffit de r√©cup√©rer et d√©velopper le potentiel politique et id√©ologique de longue date de l'Islam, qui, selon eux, avait inspir√© les Sultans, pendant les beaux jours de l'Empire, pour tenter de parvenir √† une union de tous les peuples musulmans, de toute la oumma . Dans leurs programmes sur les jeunes Ottomans ont tent√© de combiner modernit√© et tradition, les institutions du lib√©ralisme politique et la charia, dans lequel ils ont continu√© √† voir l'√Ęme de l'Empire comme un Etat islamique, et ils √©taient fortement critiqu√© la passivit√© avec laquelle la porte avaient r√©pondu aux appels √† l'aide de fr√®res musulmans en Asie. Dans un de leurs journaux, le Basiret, un article paru le 12 Avril 1872, qui a propos√© explicitement, pour la premi√®re fois, qu'une politique de Itihad-Islam [union de l'Islam] devrait √™tre adopt√©e pour contrer les id√©ologies expansionnistes europ√©ennes de Pan panslavisme et le pangermanisme. Un an plus tard, l'invasion hollandaise du Sultanat d'Atjeh (Aceh parfois √©crit) √† Sumatra en Indes-encore une r√©gion agit√©e de l'Indon√©sie moderne d'aujourd'hui-a provoqu√© une grande col√®re et indignation dans le public ottoman. La pens√©e magique de la part des √©diteurs de Basiret conduit le papier d'annoncer que les navires de guerre ottoman serait envoy√© √† Atjeh pour d√©fendre les musulmans indig√®nes contre les Hollandais. Bien que la Porte officiellement d√©menti l'information, Reuters s'√©tait d√©j√† propag√© autour du monde, donner des encouragements aux musulmans Atjehnese et provoquant le gouvernement n√©erlandais de prendre l'affaire au s√©rieux, le pr√©senter comme partie d'un monde √† l'√©chelle pan-guerre islamique contre les chr√©tiens, et demander de l'aide des Britanniques pour le v√©rifier. Fait int√©ressant, m√™me si les Britanniques ont tendance √† n√©gliger un tel mouvement pan-islamique comme trop en proie √† des contradictions internes (entre modernistes et les conservateurs religieux, par exemple) pour √™tre efficace, le Foreign Office a √©t√© suffisamment impressionn√© par les vues du n√©erlandais pour instruire tous consuls britanniques en Asie pour mener une enqu√™te sur les d√©veloppements politiques et religieuses entre les musulmans dans leur domaine (*10) Les Britanniques ont raison d'√™tre inquiets. Alors que de nombreux musulmans de premier plan dans l'Inde britannique a accept√© la domination britannique au motif que cela ne nuise pas √† la pratique de leur religion et ont exhort√© leurs coreligionaries √† faire de m√™me, sous-courants constants de l'opposition ont conduit le vice-roi, Lord Lytton, au son d'une note de mise en garde Une d√©p√™che de Disraeli en date du 18 Septembre 1876 :

La simple vérité est la suivante: si 30.000 Russes ont franchi la frontière demain, et nous ont attaqués [...] nous pouvions compter sur tous nos mahométans se rallier autour de nous et s'y opposer. Mais si trois Turcs étaient d'atterrir à Bombay avec un message du Sultan commander les croyants en Inde à proclamer une jehad contre le gouvernement britannique, notre population mahométane ensemble serait, (cependant réticents), obéissez mandat.

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#3 06-08-2013 13:41:34

Adic2010
@rmenaute

Re: Oppenheim / Berlin . Chapitre.4. Le Spectre du Pan-Islamisme et Djihad

Notes du Ch.4 (*1) >> (*10) :

1   C.H. Becker, ?Panislamismus,? Archiv f√ľr Religionswissenschaft, 7 (1904): 168?92 (p. 168). Becker attributes the divergence of views, to some extent, to the distinction within Islam of Shi?a and Sunni and to the greater or lesser familiarity of Western commentators with one or the other.

2   Herbert Landolin M√ľller, Islam, ğihād (?Heiliger Krieg?) und Deutsches Reich (Frankfurt a. M., Bern, NewYork and Paris: Peter Lang, 1991) p. 203.

3   Suhrawardy, M.A. Ph.D. LLD, and D.Litt., was the author of several works on Muslim jurisprudence. His first book, The Sayings of Muhammad, published by Constable in London in 1905, enjoyed considerable success and led the author into a correspondence with Tolstoy. See http://www.twf.org/bio/Suhrawardy.html.

4   Mushir Hosain Kidwai. Pan-Islamism (London: Lusac & Co., 1908; printed in India), p. 4.

5   Cit. Herbert Landolin M√ľller, Islam, ğihād (?Heiliger Krieg?) und Deutsches Reich. p. 181.

6   Memo of naval attach√© Fuchs from Rome, dated 1 December 1911, cit. ibid., p. 184.

7   Cit. ibid., p. 180.

8   Azmi √Ėzcan, Pan-Islamism: Indian Muslims, the Ottomans and Britain (1877?1924) (Leiden: Brill, 1997), p. 24. Nearly a century earlier, Carl H. Becker had already argued in his article on ?Panislamismus? (Archiv f√ľr Religionswissenschaft, 7 [1904]: 169?92) that ?In theory, the Pan-Islamist idea is already fully present in the primitive community? (p. 172). ?The aim of Pan-Islamism is the realization of Islamic ideals and the unity of the entire world in Islam, under the guidance of a single leader? (p. 181). But ?there has always been a rift between the political and the religious element. Political unity was an ideal, religious unity a fact. In consequence, political propaganda was carried out using religion as an instrument,? (p. 184). ?What is happening at present is that the old Panislamic idea is stirring and, as efforts are made to put it into practice, it is being transformed into the Panislamic movement? (p. 192).

9   √Ėzcan, Pan-Islamism: Indian Muslims, the Ottomans and Britain (1877?1924), pp. 33?34.

10  Ibid., p. 40, note 63.

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#4 06-08-2013 14:06:48

Adic2010
@rmenaute

Re: Oppenheim / Berlin . Chapitre.4. Le Spectre du Pan-Islamisme et Djihad

Traduction des paragraphes du Ch.4 incluant les notes (*11) >> (*20) :

Dans une lettre à la reine Victoria un an plus tard (4 Octobre 1877), Lytton a réitéré son inquiétude:

Si l'une par la pression de l'opinion publique à la maison, ou la difficulté politique à l'étranger, le Gouvernement de Votre Majesté devrait être contraint à une politique d'agression en vue sur la Turquie, je suis enclin à penser qu'une Mohammmedan hausse en Inde est parmi les éventualités que nous pourrions avoir à faire face .(*11)

La guerre russo-turque de 1877-1878 ne crée en effet un grand élan de soutien pour la Turquie parmi les musulmans indiens. Prières pour le succès de l'armée ottomane ont été offertes dans chaque mosquée, articles soutenant la cause ottomane rempli la presse musulmane en développement, une grande quantité d'argent et de bijoux a été donné aux organisations de secours, et certaines fatwas ont été émises musulmans rappelant que la guerre entre la Russie et les Ottomans était un jihad, et que tous les musulmans étaient donc obligés d'aider les Ottomans dans tous les sens, ils could.(*12)

En 1880, un an avant l'annexion fran√ßaise de Tunis et deux ans avant l'occupation britannique de l'Egypte a provoqu√© l'indignation parmi les plus nombreux musulmans indiens, (*13) l'ambassadeur britannique √† Constantinople a envoy√© une note √† la ministre des Affaires √©trang√®res de l'√©poque, Lord Granville, dans lequel il pr√©voit un plan d'Oppenheim tard pour engager le Sultan du c√īt√© de l'Allemagne dans le cas d'une guerre europ√©enne et l'amener √† inciter les sujets musulmans de Grande-Bretagne en Inde pour se r√©volter:
Le danger [...] est que si, dans le cours des événements, l'Angleterre est obligée d'entrer dans une politique hostile à la Turquie ou qui, de l'avis du Sultan peut menacer son indépendance ou ses droits souverains, [...] il peut avoir recours à tous les moyens en son pouvoir pour semer le trouble et l'embarras. Avec cet objectif en vue, il peut tenter d'exciter les mahométans de l'Inde contre la domination britannique et provoquer ainsi une autre rébellion dans ce pays. A cet effet, il fera usage de toute la puissance et l'influence qu'il possède en tant que chef de la Muhammedan faith.(*14)

La victoire ottomane sur la Gr√®ce en 1897 a √©t√© l'occasion d'une grande joie parmi les musulmans indiens. Il a renforc√© ainsi le sens de la solidarit√© musulmane qui avait √©t√© cr√©√© plus t√īt par le r√©sultat moins heureux de la guerre entre les Ottomans et la Russie. Un message de f√©licitations adress√© au Sultan par les musulmans de Karachi est all√© assez loin en proclamant l'unit√© de tous les musulmans:
Nous, tes fid√®les serviteurs, [...] m√™me si nous semblons √™tre dans la jouissance de toute la tranquillit√© [sous domination britannique], consid√®rent qu'il est de notre devoir de d√©clarer que nous nous consid√©rons moralement et r√©ellement sous la protection bienveillante du souverain de tous les mahom√©tans . Par cons√©quent tout ce que nous poss√©dons, nos fortunes enti√®res, nos maisons et nos biens, nos corps et nos √Ęmes, sont exclusivement √† la disposition du grand gouvernement Muhammedan. Nous sommes fiers d'√™tre membres de cette communaut√© sacr√©e, et nous √©prouvons une joie immuable dans la sagesse, la grandeur et la bont√© de votre Majesty.(*15)

À la fin du siècle, et probablement bien avant, Abdul Hamid II lui-même a été en mesure d'envisager comment il pourrait exploiter les sentiments des musulmans à travers le monde et, si elle devrait lui convenir, user de son autorité en tant que calife pour libérer un jihad contre les puissances coloniales européennes.
Les liens de la religion qui nous unissent tous doivent être serrées chaque année: c'est là que réside notre espoir pour l'avenir! N'est-ce pas l'Angleterre, la France, la Russie et la Hollande tout en mon pouvoir? Un mot du calife serait tout ce qu'il faut pour libérer Jihad. Et puis, Malheur aux puissances chrétiennes! L'heure n'a pas encore sonné, mais ça va venir, lorsque tous les fidèles musulmans se lèvera comme un seul homme pour briser le joug du Giaour [infidèle] les 85 millions dans les possessions anglaises, les 30 millions dans les colonies hollandaises, 10 millions en Russie, etc.(*16)

Et dans un autre endroit, les z√©ros sultan turc dans le ennemi num√©ro un ¬Ľles Anglais, plus √† craindre Que Toute Autre nation¬Ľ [¬ęles Anglais, plus √† craindre que toute autre nation"], comme il l'a dit plus t√īt 1882:(*17)

Les ennemis et de toute l'Angleterre, en fait, tous les pouvoirs du monde devaient se compter parmi ceux-ci, mais en particulier la Russie, la France et l'Allemagne, tous les ennemis de l'Angleterre doit placer une tr√®s grande valeur √† notre amiti√©. On n'a pas besoin d'√™tre tr√®s intelligent pour comprendre que moi, le calife, le commandant de tous les fid√®les, pourrais avec un seul mot mettent s√©rieusement en danger la domination anglaise en Inde. Les ennemis de l'Angleterre laissent le moment propice glissement par [ie l'√©poque de la guerre des Boers]. Avec mon aide la Russie et l'Allemagne auraient pu facilement renvers√© le ch√Ęteau de cartes de l'Angleterre en Inde. L'empereur allemand √©tait trop chevaleresque et sans doute dans les profondeurs de son c?ur, il a un faible pour ses cousins ​​blondes, et puis, en plus, il s'est senti oblig√© d'agir avec mod√©ration en raison de liens familiaux. Il est bien dommage que aucun avantage n'a √©t√© tenu compte des circonstances favorables, car c'√©tait le moment o√Ļ il aurait √©t√© possible de r√©gler ses comptes avec l'Angleterre pour toutes ses actions brutales contre d'autres nations, pour tous les actes de violence perp√©tr√©s contre les pauvres hindous. Le temps de la vengeance viendra tout de m√™me! Les Hindous se l√®vera et briser le joug de England.(*18)

Sans surprise, Abdul Hamid a fait ce qu'il pouvait et apparemment d√©pens√© des sommes consid√©rables d'argent pour encourager les sentiments pan-islamistes parmi ses sujets, depuis qu'il a vu dans le panislamisme un moyen de consolider sa faiblement li√©s et se d√©sint√©grer Empire et en particulier de tenir ensemble les Turcs et les Arabes, qui ne sont pas toujours sur les meilleurs termes. L'accent mis dans la propagande Abdul Hamid n'√©tait pas seulement √† l'Empire ottoman comme le dernier vestige du pouvoir temporel de la oumma ou communaut√© mondiale de l'Islam, mais sur le califat comme une n√©cessit√© de la foi transmise l√©gitimement de Abu Bakr, le beau-p√®re la loi du Proph√®te et apr√®s la mort de ce dernier le premier calife, jusqu'aux Ottomans. "Le calife", dans ce cadre, comme Albert Hourani a mis dans sa pens√©e arabe classique √† l'√Ęge lib√©ral 1798-1939 ¬Ľ, est l'ombre de Dieu sur la terre, l'ex√©cutant de ses d√©crets; tous les musulmans doivent lui ob√©ir, d'√™tre reconnaissants s'il fait droit, patient, s'il ne le fait pas. "(*19) Abdul Hamid, en bref, revendiquait √† la fois √† l'autorit√© s√©culi√®re comme sultan de l'Empire et de l'autorit√© religieuse sur tous les musulmans dans le monde entier comme calife.

Il y avait, en outre, une autre ligne, politiquement moins conservatrice du sentiment pan-islamiste. Ceux qui ont suivi cette ligne, selon Hourani, ne consid√®rent pas la r√®gle personnelle d'un autocrate musulman une mise au point n√©cessaire de l'unit√© musulmane. En effet, la propagation de l'id√©e que tous les musulmans doivent s'unir pour se d√©fendre contre l'Occident de plus en plus dominant et, finalement, faire revivre les jours de gloire de la Omeyyades t√īt (7e-8e si√®cles) et abbassides califats (8e-13e si√®cles) est g√©n√©ralement attribu√©e √† l'oratoire, l'√©criture et le charisme personnel de Jamal al-Din al-Afghani (1837-1897), qui a voyag√© √† travers tous les pays du Moyen-Orient, ainsi que l'Inde et l'Egypte, la propagation d'une id√©e pan-islamique qui n'√©tait pas d√©pendant de la direction d'un empereur musulman. L'objectif de Al-Afghani semble avoir √©t√© d'√©veiller les musulmans √† r√©sister √† la fois l'agression europ√©en de l'ext√©rieur et corrompus, des r√©gimes tyranniques int√©rieur. Il √©tait pr√™t √† travailler avec Abdul Hamid, cependant, ou toute autre r√®gle qui pourrait √™tre amen√© √† servir ses desseins. De son c√īt√©, Abdul Hamid √©tait √©galement pr√™te √† s'engager dans une alliance tactique avec al-Afghani et de subventionner ses activit√©s financi√®res. Al-Afghani a donc √©t√© invit√© √† la cour du Sultan en 1892 dans le but de travailler sur une r√©solution du conflit entre chiites et sunnites et le rapprochement des deux groupes. Al-Afghani a √©labor√© un plan par lequel le sultan ottoman, le Shah de Perse et le Sultan du Maroc √©taient de mettre en place une organisation √† Constantinople, avec Abdul Hamid √† sa t√™te, compos√© de deux repr√©sentants de chaque pays musulman, l'un repr√©sentant l'Etat et un (choisi parmi les oul√©mas ou experts du pays dans la loi islamique), qui repr√©sente le peuple. Si aucune puissance europ√©enne s'est immisc√© dans les affaires d'un pays musulman, l'organisation serait d√©clarer le djihad et interdire les relations commerciales avec ce pouvoir. Al-Afghani a envoy√© des lettres aux oul√©mas chiites d'Iran, l'Irak, l'Inde, les pays arabes, et le Turkestan et suppos√©ment re√ßu 200 r√©ponses positives dans les six mois. Le projet a √©chou√©, cependant, en raison de la m√©fiance mutuelle d'Abdul Hamid et ses conseillers et al-Afghani une m√©fiance qui refl√®te une diff√©rence fondamentale entre les conceptions pan-islamiques des deux. "Afghani vise √† la renaissance plus large et plus profonde religieuse et intellectuelle des musulmans √† travers la suppression de l'obstacle principal √† l'unit√© politique¬Ľ, selon l'Indien √©rudit musulman Anwar Moazzam. "D'autre part, le sultan avait soutenu le projet islamique de l'unit√© pour aucune autre raison que de renforcer son autorit√© politique en Asie comme le chef spirituel des musulmans." Le plaidoyer de Al-Afghani de la r√©forme constitutionnelle en politique et sa d√©fense d'une plus ouvrir engagement intellectuel avec le dogme religieux et la tradition en mati√®re spirituelle √©taient encore in√©vitables sources de d√©saccord et conflict.(*20)

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#5 06-08-2013 14:09:52

Adic2010
@rmenaute

Re: Oppenheim / Berlin . Chapitre.4. Le Spectre du Pan-Islamisme et Djihad

Notes du Ch.4 (*11) >> (*20) :   

11  Both letters from Lord Lytton cited ibid., p. 90.

12  Ibid., pp. 64?69.

13  Ibid., p. 98.

14  Note from Austen Henry Layard to Lord Granville 25 May 1880, cit. ibid., p. 92.

15  Cit. ibid., p. 102.

16  L?Empire Ottoman et l?Europe, d?apr√®s les ?Pens√©es et souvenirs? du Sultan Abdul-Hamid II (see ch. 2, note 29 above), p. 170.

17  Ibid., p. 96.

18  Ibid., pp. 136?37, passage dated 1902.

19  Albert Hourani, Arabic Thought in the Liberal Age 1798?1939 (Cambridge: Cambridge University Press, 1983), p. 107.

20  Anwar Moazzam, Jamal al Dīn al-Afghāni: A Muslim Intellectual (New Delhi: Nauran Rai Concept Publishing Co., 1983), pp. 28?29. See also Bassam Tibi, Arab Nationalism. Between Islam and the Nation-State, 3rd edn (New York: St. Martin?s Press, 1996), pp. 91?92.

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#6 06-08-2013 14:11:07

Adic2010
@rmenaute

Re: Oppenheim / Berlin . Chapitre.4. Le Spectre du Pan-Islamisme et Djihad

Traduction des paragraphes du Ch.4 incluant les notes (*21) >> (*30) :     

Il peut tr√®s bien avoir √©t√© le cas que ¬ęle concept d'une communaut√© musulmane unie avec un chef spirituel et politique √† sa t√™te √©tait essentielle pour dix-neuvi√®me si√®cle Pan-Islam tard", comme Jacob Landau a mis it.(*21) r√©alisation de cette unit√©, mais , n'a pas √©t√© facile, en raison des tensions tant au sein du mouvement panislamique-entre conservateurs et modernistes religieuses, Ottomans et des Arabes, chiites et sunnites et sans, entre le panislamisme et le panturquisme adopt√©e par beaucoup de l'Empire ottoman modernisateurs. Il est vrai que m√™me le Comit√© essentiellement la√Įque Union et Progr√®s, le soi-disant "Jeunes Turcs" qui a d√©pos√© Abdul Hamid en 1909, enfin, est aussi venu l√† pour jeter leur poids derri√®re le panislamisme comme un moyen de promouvoir leur propre vision de l' un empire moderne fermement sous le contr√īle de Constantinople.(*22) Ce changement de politique a eu lieu apr√®s les pertes territoriales importantes en Europe dans les guerres des Balkans consid√©rablement r√©duit la population non-musulmane de l'Empire, ce qui rend l'id√©e plus t√īt d'un multi-ethnique Jeunes Turcs de Etat la√Įc moins opportun, et apr√®s l'invasion italienne de Tripoli d√©montr√© que la menace de l'imp√©rialisme occidental avait nullement diminu√©. Pourtant, le doute est rest√© sur l'unit√© et l'efficacit√© du mouvement pan-islamiste, ce qui entra√ģne une r√©ponse europ√©enne divis√©e en cons√©quence √† cela: la peur d'une part, le scepticisme sur l'autre.

D√®s les ann√©es 1880, le gouvernement britannique avait re√ßu des rapports d'intrigues pr√©sum√©s ottomans non seulement par leurs propres canaux, mais aussi d'autres sources europ√©ennes, notamment en France et aux Pays-Bas. Comme les Britanniques, les Fran√ßais et les N√©erlandais ont √©t√© de plus en plus pr√©occup√©e par une croissance renouveau musulman per√ßu dans le monde et, parfois, ils cherchaient √† collaborer dans la lutte contre ce qu'ils ont identifi√© comme le "mouvement pan-islamique." En D√©cembre 1880, par exemple, le ministre n√©erlandais des Affaires √©trang√®res a communiqu√© avec la Colombie au sujet d'un plan de rumeur d'inciter les populations musulmanes de l'Inde et de l'Indon√©sie √† la r√©volte et a sugg√©r√© que les deux pays collaborent dans la mise en place une sorte de surveillance des p√®lerins allant de leurs possessions coloniales respectives √† la Mecque, depuis ces p√®lerins, il a √©t√© all√©gu√©, devaient √™tre les principaux agents du r√©gime. En l'occurrence, le gouvernement indien a cru que les craintes √©taient exag√©r√©es, m√™me si, comme nous l'avons vu, certains vice-rois de l'Inde et des ambassadeurs √† Constantinople fait not.(*23) Avec le passage du temps, cependant, les craintes se confirment. En 1906, l'ambassadeur d'Allemagne √† Paris a rapport√© une conversation avec son homologue, Salih Munir-Pacha, ambassadeur de la Porte. Munir-Pacha, l'ambassadeur allemand a √©crit, a observ√© un mouvement panislamique plus grave en d√©veloppement en Alg√©rie et au Maroc, qu'il croyait √©tait √©troitement li√© √† ¬ęfanatisme levant" en Egypte. "En augmentant le niveau de bien-√™tre en Egypte et la diffusion de l'√©ducation parmi les fellahs [paysans], les Anglais avaient en m√™me temps, √©veill√© leur esprit religieux et national", Munir Pacha avait dit. ¬ĽLa r√©compense de la version anglaise pour les avantages qu'ils avaient manifestement provoqu√© √©tait une haine profonde d'entre eux, qui t√īt ou tard se peut que conduire √† l'√©clatement d'un soul√®vement g√©n√©ral. [...] En ce qui concerne le fanatisme fermentation au Maroc et dans les districts frontaliers alg√©riens, il √©tait tr√®s caract√©ristique que les musulmans dans ces r√©gions, qui jusqu'alors avait refus√© de reconna√ģtre le sultan ottoman √† Constantinople comme calife et ont √©t√© mal dispos√©s √† les Turcs parce qu'ils consid√©raient leur propre sultan du Maroc d'√™tre le calife l√©gitime, on reconna√ģt maintenant le Sultan des Lieux Saints et, partant, le sultan ottoman, dans l'espoir de faire cause commune avec tous les autres musulmans contre la haine √©tranger-dire le fran√ßais et l'anglais. [...] Munir Pacha croit ", le rapport de l'ambassadeur allemand a conclu,¬ę qu'√† un certain point, et peut-√™tre dans un avenir pas trop lointain, une lutte gigantesque des musulmans en Afrique et en Asie contre la tyrannie des Europ√©ens est in√©vitable. "(*24)

Dans la m√™me veine, quelques ann√©es plus tard, le sous-secr√©taire permanent de l'Etat au Foreign Office, Sir Arthur Nicolson, qui avait √©t√© en service √† Berlin et au Maroc et qui a toujours √©t√© m√©fiants √† l'√©gard de l'Allemagne, a mis en garde √† la fois son chef, le ministre des Affaires √©trang√®res Sir Edward Grey, et de l'ambassadeur de Grande-Bretagne √† Constantinople, Sir Gerard Lowther, de la menace pos√©e par le panislamisme: ¬ęJe pense que ce mouvement pan-islamique est l'un de nos plus grands dangers dans l'avenir, et c'est en effet beaucoup plus d'une menace que l' ¬ęp√©ril jaune¬Ľ. [...] L'Allemagne a la chance d'√™tre capable de voir avec indiff√©rence relative de la croissance de la grande puissance militaire musulmane, elle ne comportant pas de sujets musulmans elle-m√™me, et une union entre elle et la Turquie serait l'un des plus graves dangers pour l'√©quilibre de l'Europe et de l'Asie. "(*25)  Sir Arthur aurait trouv√© un appui pour son appr√©hension dans les id√©es du Dr Karl Peters, un explorateur allemand √©nergique, fonctionnaire du Colonial Office imp√©rial, et Reichskommissar pour la r√©gion du Kilimanjaro en Afrique orientale allemande, connu pour son traitement impitoyable des indig√®nes africains. Selon le Dr Peters, √©crit pr√©monitoire en 1906, "Il ya un facteur qui pourrait tomber sur notre [ie le] c√īt√© allemand de la balance et dans le cas d'une guerre mondiale pourrait √™tre fait utile pour nous: ce facteur est l'Islam. Comme le panislamisme il pourrait √™tre jou√© contre la Grande-Bretagne, ainsi que contre la R√©publique fran√ßaise, et si la politique allemande est assez audacieux, il peut la mode de la dynamite pour faire sauter en l'air la domination des puissances occidentales du Cap Nun au Maroc √† Calcutta ¬Ľ.(*26)

L'invasion italienne de l'nominalement ottoman contr√īl√©e Tripolitaine √† la fin de 1911 et "la r√©ponse des musulmans pr√®s ou de loin √† l'invasion du territoire musulman¬Ľ relev√© le niveau d'anxi√©t√© sur le panislamisme. ¬ęD√®s le d√©but de cette guerre," Jacob Landau √©crit: ¬ęPan-Islam a servi de liaison pour les tribus disparates en Libye, ainsi qu'entre eux et les Ottomans, et entre ces deux et d'autres musulmans dans et hors de l'empire . Pan-Islam a √©t√© un facteur dominant dans l'unification de ces divers √©l√©ments. [...] De nombreux c√Ębles d'identification avec le [ottoman] gouvernement sont arriv√©s de dignitaires et des communaut√©s musulmanes √† l'int√©rieur et sans l'empire. La guerre a √©t√© largement consid√©r√© comme un jihad. Enver Pacha [l'un des dirigeants du Comit√© Union et Progr√®s, le soi-disant "Jeunes Turcs", puis dans le contr√īle de Constantinople] a publi√© une proclamation pour les guerriers, les exhortant √† combattre les ennemis de l'Islam et les assurant de l' soutien des musulmans du monde ". Enver lui-m√™me est parti √† prendre part √† la d√©fense de Tripoli.(*27) "L'ensemble de la presse musulmane de l'Empire ottoman et de nombreux journaux musulmanes √† l'√©tranger (y compris ceux chiites en Iran)," Landau continue, ¬ęsoutenu le gouvernement ottoman et de ses forces militaires pour des raisons pan-islamiques, en insistant sur le besoin d'unit√© et d'union. [...] Il ya des indications que la soci√©t√© du canal principal islamique de bienfaisance pour les activit√©s pan-islamiques du Comit√© Union et Progr√®s organis√© une part non n√©gligeable de l'aide musulman non √©tatiques √† la Libye. De cette mani√®re, la guerre a contribu√© √† l'institutionnalisation de la Pan-Islam en tant que force d'√™tre employ√© [...] afin d'aider les musulmans militairement, politiquement et √©conomiquement. [...] Dans l'ensemble, les manifestations de solidarit√© islamique ont √©t√© si impressionnants qu'ils ont cr√©√© un jeu d'accusations de fanatisme pan-islamique, non seulement dans la presse italienne, mais dans celle des autres Etats europ√©ens. "(*28)

Tout en maintenant qu'il ne serait pas sage pour la Grande-Bretagne et la France √† "c√īt√© contre l'Italie maintenant¬Ľ, le secr√©taire au Foreign Office Sir Edward Grey a admis que la crise italienne de la Tripolitaine (d√©crit par un ancien sous-secr√©taire au Foreign Office et-nettement-courant vice-roi et gouverneur g√©n√©ral de l'Inde, Sir Charles Hardinge, comme le pire "cas de brigandage¬Ľ, il n'avait jamais entendu parler) pourrait causer "un grand embarras" en Grande-Bretagne comme une puissance imp√©riale avec de nombreux sujets musulmans. Quelques jours plus tard HARDINGE r√©f√©rence en fait √† ¬ęconsid√©rable effervescence" parmi les musulmans indiens et a averti qu '¬ęil est tr√®s important pour nous d'√™tre en mesure de montrer aux mahom√©tans de l'Inde que nous avons fait tout notre possible pour mettre un terme √† la guerre avec l'Italie dont ils n'appr√©cient pas beaucoup et consid√®rent comme le d√©but de la fin de l'Islam en Europe. "(*29) Un article intitul√©¬ę Les musulmans indiennes et du panislamisme ¬Ľqui a √©t√© publi√© trois mois plus tard, en traduction anglaise dans le journal New Delhi camarade , donne du cr√©dit √† la pr√©occupation de Hardinge:

Pour l'homme de la rue panislamisme était synonyme d'une union gigantesque des musulmans du monde, ayant pour objet chéri l'extermination du christianisme comme une force politique vivante. [...] Le bombardement de Meched [en Perse] par les Russes, la descente de l'Italie sur Tripoli, à l'assaut des alliés des Balkans à la Turquie, avec toutes leurs horreurs qui en découlent, ont fait les musulmans de l'Inde a __gVirt_NP_NNS_NNPS<__ gens ont changé. Ils ne sont pas ce qu'ils étaient il ya deux ans ... La fraternité de l'Islam, ou le panislamisme si vous voulez, transcende toutes les considérations de race et de couleur est d'un type extra-territoriale dans laquelle toutes les populations musulmanes du monde fusionner leurs géographique identité et devenir un nation.(*30)

DerniŤre modification par Adic2010 (06-08-2013 19:20:25)

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#7 06-08-2013 14:15:03

Adic2010
@rmenaute

Re: Oppenheim / Berlin . Chapitre.4. Le Spectre du Pan-Islamisme et Djihad

Notes du Ch.4 (*21) >> (*30) :   

21  Jacob M. Landau, The Politics of Pan-Islam, p. 18.

22  On the exploitation of Pan-Islamism by Abdul Hamid and then by the Young Turks, see Landau, The Politics of Pan-Islam, Chs. 1, 2. The tension between the modernizing and Pan-Turkish ambitions of the Young Turks, on the one hand, and Pan-Islamism, on the other, was noted by the German Oriental scholar Carl Becker in his 1904 article, ?Panislamismus? (see note 1 above). According to Becker, the Panislamist idea was contrary to the real interests of Turkey as conceived by the Young Turks. (See also C. Snouck Hurgronje, The Holy War ?Made in Germany? [New York and London: G.P. Putnam?s Sons, 1915], pp. 66?68).

23  √Ėzcan, Pan-Islamism: Indian Muslims, the Ottomans and Britain (1877?1924), pp. 94?95.

24  Cit. Herbert Landolin M√ľller, Islam, ğihād (?Heiliger Krieg?) und Deutsches Reich, pp. 182?83. Munir Pasha?s view was also that of Edward Dicey, a British journalist specializing in foreign affairs, who had worked for The Daily Telegraph and served as editor of The Daily News and the weekly Observer. In The Egypt of the Future (London: William Heinemann, 1907), he warned that the defeat of Russia by a non-European nation (i.e. Japan) had had enormous resonance in the colonial territories of the Europeans (pp. 140?42) and that the British were deluding themselves in thinking that the Egyptians would be loyal out of gratitude for the ?justice of our sway and the success of our administrative policy,? which had resulted in the raising of living standards (p. 146). Muslims were far more closely bound together by their religion than by any national sentiment, he maintained: ?A Moor or a Malay, a Soudanese, a Tunisian, or an Algerian, are to all intents and purposes more fully brethren than a couple of fellaheen who live and work side by side in the same village, supposing one to be a Moslem and the other a Copt? (p. 144). He had long argued that ?the mere rumour of Turkish intervention would unite the whole Egyptian nation into partisans of the Sultan? (p. 146). Recent events?such as ?the riot of Alexandria, the attempt to blow up the arsenal of Khartoum, the raid by Soudanese who had served under the Khalifa upon a village occupied by Anglo-Egyptian soldiers, a raid which was only possible on the hypothesis that the sympathies of the Soudanese were with the insurgents, not with the Anglo-Egyptian soldiery, the sudden occupation of Akaba by Turkish troops, the revival of the Sultan?s shadowy Suzerainty over Egypt??bore out his contention that ?in the event of a collision between Turkish and Egyptian troops the latter would refuse to fight against the former and their refusal would enlist the sympathies of the whole Moslem community? (pp. 147?48).

25  Dated 23 January 1911, cit. Joseph Heller, British Policy toward the Ottoman Empire 1908?1914 (London: Frank Cass, 1983), p. 39.

26  Cit. Samuel M. Zemer, The Disintegration of Islam (New York, Chicago, Toronto, London and Edinburgh: Fleming H. Revell Company, 1916), p. 127 (Students? Lectures on Missions, Princeton Theological Seminary, 1915).

27  Having led Turkey into the First World War, having fled the country on the collapse of the Empire in 1918, having been convicted in his absence by the new Turkish Republic of needlessly plunging the country into a disastrous war, Enver allied himself in the years immediately following the war with Communists in Germany and Soviet Russia. This enabled him to claim in 1922: ?I am pursuing today the same purpose that I pursued before and during the Revolution of 1908, during the Tripolitanian War, the Balkan Wars, and the World War. And this purpose is very simple: to organize and bring to action the Islamic world of four hundred million people [?] and to save it from the European and American oppression which enslaves it.? (Cit. Mustafa Aksakal, The Ottoman Road to War in 1914 [Cambridge: Cambridge University Press, 2008], pp. 15?16).

28  Landau, The Politics of Pan-Islam, pp. 134?37.

29  Heller, British Policy toward the Ottoman Empire 1908?1914, pp. 53, 55?56.

30  Cit. Landau, The Politics of Pan-Islam p. 191. On Panislamic ideas and Ottoman sympathies among Indian Muslims in the period leading up to the Great War, see also √Ėzcan, Pan-Islamism: Indian Muslims, the Ottomans and Britain (1877?1924), Chs. 4, 5.

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#8 06-08-2013 14:16:27

Adic2010
@rmenaute

Re: Oppenheim / Berlin . Chapitre.4. Le Spectre du Pan-Islamisme et Djihad

Traduction des paragraphes du Ch.4 incluant les notes (*31) >> (*40) :     

Tout aussi caract√©ristique, cependant, malgr√© le ton alarmiste de certains de ses propres rapports, √©tait suggestion en r√©ponse √† l'avertissement de Nicolson de Janvier 1911-que le mouvement pan-islamique √©tait selon toute probabilit√©, moins dangereux que Nicolson croit l'ambassadeur Lowther: les chiites Persique d√©dain pour les sunnites et qu'il √©tait peu probable de collaborer avec les Ottomans; l'Arabe n'avait aucun respect pour le Turc comme un musulman et feutre, par ailleurs, que le califat doit √™tre dans les mains des Arabes, en Inde, les musulmans sunnites consid√©raient les Jeunes-Turcs, qui en contr√īle √† Constantinople, comme ¬ęr√©volutionnaires sacril√®ges¬Ľ, qui avait d√©pos√© les √©lus de Dieu du califat et l'a remplac√© par un puppet.(*31) De m√™me, le 27 Novembre 1911, dans son premier discours au Parlement comme d√©put√© conservateur pour la coque centrale, Sir Mark Sykes-le futur co-signataire de l'accord Sykes-Picot par lequel la Grande-Bretagne et la France ont d√©fini leurs sph√®res d'influence respectives au Moyen-Orient apr√®s l'effondrement attendu de l'Empire ottoman √† la fin de la Premi√®re Guerre mondiale- exprima un jugement ambivalent. Col√®re et le ressentiment musulman √©taient r√©elles et √† craindre, mais ils √©taient peu susceptibles d'√™tre contr√īl√©e et dirig√©e par le panislamisme. D'une part, en Egypte et en Afrique du Nord ¬Ľ, il est le carburant du fanatisme¬Ľ, ¬ę. Cette √©tincelle peut venir de Tripoli" si l'√©tincelle devrait tomber, "il peut s'embraser", et de l'autre, "je ne fais pas croire panislamisme est une force ¬Ľ.(*32)

Le scepticisme quant √† la force du panislamisme √©tait en fait aussi commun que la peur de celui-ci. D√®s le d√©but, comme cela a √©t√© plusieurs fois sugg√©r√©, il y avait des souches divergentes et concurrentes dans le panislamisme: un arc-traditionaliste, contrainte religieuse orthodoxe, une souche la√Įcisation et la modernisation; une souche imp√©rial turc domin√© qui a remport√© le titre de calife l'empereur ottoman, et une souche nationaliste, majoritairement arabe qui a rejet√© cette demande et a demand√© la libert√© pour les diff√©rents peuples sous r√©serve du joug de l'imp√©rialisme ottoman. Les savants modernes ont explor√© ces tensions au sein du mouvement en profondeur, mais ils √©taient d√©j√† de devenir familier aux lecteurs √† la fois des √©crits scientifiques et de la presse populaire par la premi√®re d√©cennie du XXe si√®cle. Alors que certains, comme Oppenheim et Lord Cromer, le consul g√©n√©ral britannique en Egypte, a pris le panislamisme s√©rieusement, l'ancien afin de l'exploiter √† l'avantage de l'Allemagne, celui-ci parce qu'il a vu comme une menace √† la domination britannique en Inde et au la bou√©e de sauvetage imp√©riale reliant Londres √† Bombay et Calcutta, beaucoup d'autres a jug√© que, compte tenu des objectifs et des id√©ologies des partis qui le soutiennent radicalement divergentes, il ne constitue pas une r√©elle menace pour les int√©r√™ts occidentaux.

Une figure de proue parmi les sceptiques √©tait le savant hollandais de renomm√©e internationale de la culture islamique, Christiaan Snouck. En 1901, dans un article publi√© en fran√ßais dans la Revue de l'Histoire des Religions, il verse le m√©pris sur ce que deux chercheurs fran√ßais ont appel√© "la concentration de l'd'action panislamique √† Constantinople, sous la direction du Sultan¬Ľ [¬ęla concentration d'activit√© pan-islamique √† Constantinople sous l'√©gide du sultan "]. Les islamistes religieuses √† travers le Sultan, selon lui, √©taient trop occup√©s √† mener "toutes les intrigues possibles, en employant tous calomnie ou une autre arme toxique dans le but de discr√©diter les uns les autres dans l'esprit du sultan et porter un coup mortel contre leurs rivaux" pour constituer un pouvoir r√©el. ¬ęIl ya certainement une forte tendance pan-islamiste en Turquie", at-il conc√©d√©, "et dans un sens, le sultan peut √™tre consid√©r√© comme le chef supr√™me de ce mouvement." En outre, ¬ęla religion, en particulier dans le monde islamique, est la plus puissante des motivations politiques." Dans la d√©cadence de l'Empire ottoman ¬Ľ, il fournit l'Etat turc avec un grand principe d'inscrire sur sa banni√®re comme il confronte le monde europ√©en, un principe par lequel il peut faire appel pour un soutien sur les millions de musulmans qui vivent en dehors de sa juridiction. Mais ce mouvement de panislamisme est loin d'√™tre bien organis√©. En fait, il est √©loquente d√©monstration de la faiblesse des institutions actuelles de la Turquie qu'ils sont incapables de faire un meilleur usage de cette force redoutable. "(*33)

Snouck maintenu cette position dans les premi√®res ann√©es de la Premi√®re Guerre mondiale, quand il s'en est pris √† l'exploitation allemande cynique du panislamisme et le jihad comme des instruments dans une lutte purement europ√©enne et √† la volont√© des chercheurs allemands de l'islam √† se rallier derri√®re une politique qu'ils savaient √©tait malavis√©e, dangereux pour la civilisation europ√©enne, et non des moindres, est nuisible √† la modernisation, les √©l√©ments progressistes dans le monde islamique lui-m√™me. La plupart des Europ√©ens, at-il not√©, sont facilement tromp√©s en imaginant que le califat est ¬ęune sorte de papaut√© musulman" avec l'autorit√© spirituelle absolue sur les fid√®les. En fait, il object√©, "une telle chose il n'a jamais √©t√©, et Islam, qui ne conna√ģt ni pr√™tres, ni sacrements, ne pouvait pas avoir eu l'occasion de lui." Il reconna√ģt que ¬ęla multitude pr√©f√©r√© la l√©gende √† la r√©alit√©, ils ont imagin√© le successeur de l' Proph√®te comme toujours regarder sur l'ensemble de la communaut√© musulmane ". N√©anmoins, la tentative ottoman de ressusciter le califat n'a pas et ne pouvait pas produire l'instrument puissant les strat√®ges de guerre allemands ont pens√© qu'ils pourraient utiliser pour leurs propres fins. "Le Califat re-n√© manquait caract√©ristiques traditionnelles importantes, et √† d'autres √©gards aussi, il ne pouvait pas √™tre consid√©r√© comme la continuation r√©guli√®re de son pr√©d√©cesseur. Plusieurs des anciens pays musulmans sont rest√©s totalement en dehors de la sph√®re d'influence turque, et ce ne sont pas seulement comme lorsque, comme en Perse, une dynastie opposition aux Turcs soulev√© la banni√®re de l'h√©r√©sie, mais aussi des pays parfaitement orthodoxes en Asie centrale, en Inde , en Afrique du Nord-Ouest, o√Ļ l'√©p√©e turque n'a trouv√© aucune occasion de s'affirmer. Au Maroc, le califat turc a m√™me √©t√© directement ignor√©, comme les princes locaux, descendants du Proph√®te, eux-m√™mes assum√© le titre le plus √©lev√© ".

Par ailleurs, de nouvelles dominations musulmanes ont surgi qui "n'est jamais entr√© en contact avec un centre politique r√©elle ou suppos√©e de l'Islam, comme ceux de l'Extr√™me-Orient de l'Asie et en Afrique centrale." Ce n'est que "dans ce dernier si√®cle que les Turcs, √† travers un concours de circonstances, ont parfois r√©ussi √† inventant quelque petit avantage sur ce titre dubitatif juridique, d√©sormais vide de sens. "Malgr√© toutes ces mises en garde, cependant, le savant hollandais, √©crit il ya un si√®cle, a not√© dans des mots qui n'ont rien perdu de leur force aujourd'hui (2012) que ¬ęles moyens de communication, multipli√© par mille, ont maintenant mis en contact mahom√©tans nations qui ont su autrefois rien, ou presque rien, sur l'existence de l'autre." En particulier, √©crit du point de vue d'un ancien conseiller (1889 - 1906) au gouverneur g√©n√©ral de la Dutch East Indies pendant la phase finale de la guerre Atjeh, Snouck a d√©plor√© ce qu'il a d√©crit comme l'absence de ¬ęm√©moire historique suffisant" dans le "environ 230 millions de musulmans vivant sous la r√®gle de non-Moslim" et leur incapacit√© cons√©quente "pour comprendre que le changement dans l'administration [ie √† la domination coloniale] a eu une am√©lioration pour eux. Ils voient le pass√© politique de l'islam qu'√† travers le voile de l√©gende et quand le pr√©sent donne l'occasion pour les griefs et les objections-et o√Ļ sont ces d√©faut?, Ils sont plut√īt enclins √† croire que tous leurs plaintes seraient gu√©ris, si ce n'est que le commandant de les fid√®les pouvaient prendre leurs int√©r√™ts en main. "de" la mauvaise administration en vertu de laquelle les vrais sujets du sultan de Turquie peinent "ils, bien s√Ľr, ne savent rien.

Apr√®s avoir examin√© tous les √©l√©ments de la situation, Snouck conclu que parler d'une ¬ęorganisation de Panisl√Ęm sous la direction de Abdulhamid¬Ľ √©tait ¬ęsans fondement¬Ľ, comme il le pr√©tend lui-m√™me avait d√©j√† cherch√© √† d√©montrer d√®s 1898 dans un article d√©crivant l'atmosph√®re d'intrigues et de rivalit√© ¬Ľautour du despote.¬ę √Ä l'√©poque de la r√©volution √† Constantinople en 1908, dont une partie a √©t√© t√©moin, il avait trouv√© ce point de vue plus t√īt tout √† fait justifi√©e. "Cela bande d'intrigants peu profondes a √©t√© peu qualifi√© pour diriger un mouvement international s√©rieux." L'arriv√©e des Jeunes Turcs en 1908 aurait d√Ľ conduire √† l'√©limination compl√®te de "m√©lange m√©di√©val de religion et la politique" et l'√©tablissement d'un Etat moderne la√Įc. "Le maintien de l'islam comme religion d'Etat √©tait de leur part une concession √† la tradition sans pr√©judice de l'√©galit√© compl√®te des adeptes de toutes les religions en tant que citoyens de l'Empire turc." Malheureusement, "l'avidit√© des puissances europ√©ennes ne pas accorder aux jeunes la Turquie reste n√©cessaire √† la r√©forme interne [...] Le Comit√© de l'Unit√© et du Progr√®s [...] s'est trouv√© contraint d'un c√īt√© √† recourir √† nouveau √† la m√©thode r√©gissant odieux du despotisme, de l'autre c√īt√© d'accorder beaucoup de concessions au d√©triment de son propre programme, m√™me √† Moslim orthodoxie et aux croyances et superstitions de la multitude. Le f√©tiche du califat devait √™tre exhum√© √† nouveau du mus√©e d'antiquit√©s o√Ļ il avait √©t√© temporairement stock√©s. Quant √† l'id√©e du djihad, qui a √©t√© si √©troitement li√©e avec elle, les puissances europ√©ennes ont pris soin qu'il n'a pas √©t√© oubli√©. La Turquie a √©t√© constamment contraint √† un djihad ¬Ľ.

Snouck Hurgonje donc clair que, √† son avis, c'√©tait une interf√©rence europ√©enne, l'exploitation europ√©enne persistante de la faiblesse de l'Empire ottoman, qui avait fait le panislamisme et le renouveau de l'id√©e du djihad possible et ainsi permis √† l'Allemagne d'exploiter √† la fois dans son propre int√©r√™t. La ligne de fond demeure, cependant, que le panislamisme est un instrument contondant et inefficace. "Il est un fait que Panisl√Ęm ne peut pas travailler avec n'importe quel programme, sauf avec le us√©s, de mani√®re flagrante impraticable, programme de monde-conqu√™te par l'islam, et cela a perdu son emprise sur tous les adh√©rents sensibles de l'Islam, tandis que, parmi la multitude stupide, qui peut encore √™tre tent√© par l'id√©e de guerre contre tous les kafirs, il peut remuer seulement confusion et d'agitation. Tout au plus, il peut provoquer des troubles locaux, mais il ne peut jamais, en aucune fa√ßon, avoir une influence constructive ".(*34)

Parmi les savants orientaux allemands eux-m√™mes, avant le d√©clenchement de la guerre en 1914, beaucoup ont exprim√© pas moins de scepticisme que Snouck sur la puissance et l'efficacit√© du panislamisme. L'un des plus virulents √©tait la controverse, non-conformiste Berlin orientaliste, Martin Hartmann, dans lesquels sympathie avec les aspirations des peuples arabes contemporains a √©t√© combin√© avec le plaidoyer de la modernisation, la critique du "jour" religieuses et ethniques "fanatisme", et l'opposition farouche de Ottoman imperialism.(*35) Dans un article intitul√© "Das Ultimatum des Panislamismus¬Ľ, √©crit en 1912, donc au moment de l'invasion italienne de l'ottoman gouvern√© Tripolitaine et appelle par de nombreux musulmans, notamment le Senussi, pour un jihad pour r√©sister aux infid√®les- Hartmann a √©crit que, bien que l'indignation du monde musulman √† l'"Banditenstreich" des Italiens √©tait compr√©hensible, la r√©action musulmane n'√©tait ni raisonnable ni unifi√©:

La temp√™te provoqu√©e par les actions des Italiens dans le monde musulman a fait na√ģtre fleurs √©tranges. Il est compr√©hensible que indignation face √† cet ¬ęacte de brigandage" a d√©pass√© m√™me les enfants de ceux qui ont √©t√© eux-m√™mes des voleurs de terres √† travers tous les si√®cles depuis l'apparition de l'Islam, ainsi, en effet, que les descendants de ces tribus dont la course pi√©tin√© les sol de la Hongrie et assi√©gea Vienne. Souvenirs prouvent ais√©ment court, h√©las, dans de telles circonstances. Mais voyons les formes prises par cette indignation. Le plus doux, c'est la menace d'un boycott g√©n√©ral musulman de tous les Italiens. Un peu plus aigu est la menace de guerre sainte, c'est-√†-d'une guerre contre les infid√®les, √† l'exception de ceux express√©ment d√©sign√©s par les dirigeants de la communaut√© musulmane comme des amis de l'islam. Cette id√©e est pure folie. Il a r√©cemment √©t√© formul√©e, cependant, avec le plus grand soin par certains musulmans respect√©s et largement diffus√©. Sauf si un avertissement est √©mis en temps opportun, il pourrait bien causer des dommages consid√©rables.

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#9 06-08-2013 14:19:30

Adic2010
@rmenaute

Re: Oppenheim / Berlin . Chapitre.4. Le Spectre du Pan-Islamisme et Djihad

Notes du Ch.4 (*31) >> (*40) :   

31  Cit. Landau, The Politics of Pan-Islam, p. 191.

32  Hansard, vol. 32, 27 November 1911 http://hansard.millbanksystems.com/comm … 7_HOC_302. See also a letter dated 9 November 1911 to Professor E.G. Browne, an Oriental scholar at Cambridge with whom Sykes had studied: ?I am terrified at Grey?s policy. It is getting us into the very devil of a mess. Italy?s action unless repudiated must set the whole of the Moslem world against us, and if the Moslem world is against us we are done. We only rule by favour of Moslems because we play the game nine times out of ten.? (Shane Leslie, Mark Sykes: His Life and Letters [London: Cassell and Company, 1923], p. 201). After spending time in Egypt, Sykes took the threat of Pan-Islamism very seriously; see Donald M. McKale, ?The Kaiser?s Spy?: Max von Oppenheim and the Anglo-German Rivalry Before and During the First World War,? European History Quarterly, 27 (1997): 199?219 (pp. 208?09).

33  C. Snouck Hurgronje, ?Les Confr√©ries religieuses, La Mecque, et le Panislamisme,? Revue de l?Histoire des Religions, 44 (1901): 262?81 (pp. 268?71).

34  C. Snouck Hurgronje, The Holy War ?Made in Germany?, pp. 17?18, 25?27, 29?32. The bulk of this work is a denunciation of the endorsement by German scholars, notably Carl Becker, a friend and colleague, of German efforts to exploit Pan-Islamism (in which Oppenheim played a major role). It first appeared in Dutch in the journal De Gids early in 1915 and was immediately translated into English. (On the Snouck Hurgronje-Becker debate, see Peter Heine, ?C. Snouck Hurgronje versus C.H. Becker. Ein Beitrag zur Geschichte der angewandten Orientalistik,? Die Welt des Islams, new series 23/34 [1984]: 378?87).

35  On this original and unusual figure, see the excellent article by Martin Kramer, ?Arabistik and Arabism: The Passions of Martin Hartmann,? Middle Eastern Studies, 25 (1989): 283?300.

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#10 06-08-2013 14:21:05

Adic2010
@rmenaute

Re: Oppenheim / Berlin . Chapitre.4. Le Spectre du Pan-Islamisme et Djihad

Traduction des paragraphes du Ch.4 incluant les notes (*36) >> (*40) : 

Hartmann cite un rapport de la Gazette de Voss d'une r√©union, dans une maison dans une section mode de Berlin, de "massgebenden Vertretern des Panislamismus¬Ľ [¬ęrepr√©sentants influents du panislamisme¬Ľ], dont le r√©sultat a √©t√© une r√©solution envoy√©e √† toutes les parties du monde musulman, appelant la Turquie √† se battre pour le dernier de garder la Tripolitaine hors des mains des Italiens, √† peine de l'empereur ottoman a perdu son titre d'√™tre le calife moderne et se trouvant remplac√©s par un calife arabe. Selon le rapport de journal, Hartmann √©crit, que ce pan-islamistes demandes d'organisation de la Turquie, et ce qu'elle propose √† apporter, si n√©cessaire, sur les t√™tes des Ottomans, est un boycott des Italiens non seulement en Turquie, mais dans tout le terres qui abritent des musulmans, d'o√Ļ, en Egypte, l'Inde, l'Alg√©rie, la Tunisie, la Crim√©e, le Caucase, etc. Le califat doit, en bref, faire usage de son droit de faire appel √† tous les musulmans, o√Ļ qu'ils soient, de l'aide sous la forme de la lutte contre les hommes et de l'argent. En effet, si les puissances europ√©ennes, qui ont √† plusieurs reprises garantis √† l'int√©grit√© de la Turquie, ne parviennent pas √† freiner les Italiens, tous les engagements internationaux doivent √™tre consid√©r√©s comme nuls, y compris l'engagement de ne pas invoquer la ¬ęguerre sainte¬Ľ. Dans le cas o√Ļ la Turquie ne parvient pas √† assumer ses responsabilit√©s , le monde devrait en prendre note, tout peut arriver quand, dans quelques mois le temps de les p√®lerinages √† La Mecque commencent.

Le manifeste, √©crit Hartmann, se r√©f√®re √† une ¬ęorganisation pan-islamiste, dirig√© par des personnes form√©es en Europe" puissant et capable d'effectuer des mesures ", m√™me sur les t√™tes des dirigeants de l'Empire ottoman." Mais aucune organisation, Hartmann affirme moqueur, existe. Ce qui existe, c'est un certain nombre de petits groupes, compos√©s de quelques individus qui s'imaginent qu'ils ont une influence sur l'ensemble de la communaut√© islamique et qu'ils peuvent se d√©placer √† agir comme une unit√©. En fait, selon Hartmann, l'id√©e d'une union de tous les musulmans dans le monde est un compl√®tement utopique celui qui a √©t√© poursuivi en vain depuis l'effondrement du califat Abasside en l'an 750, et que m√™me Abdul Hamid II, en d√©pit d√©penser d'√©normes sommes d'argent sur elle et √™tre retenu par aucun scrupule que ce soit, n'est pas venu pr√®s de r√©aliser. D√®s que les repr√©sentants des divers groupes islamiques tentent de parvenir √† un accord sur une ligne d'action commune, la grande diff√©rence ethnique, √©conomique, voire religieux, parmi des millions dans le monde des musulmans sont imm√©diatement √©vidents. La collecte d'innombrables musulmans de toutes les r√©gions du monde √† La Mecque sur les Jours Saints ne sera pas effacer ces diff√©rences, Hartmann a insist√©. Toute l'enthousiasme momentan√© suscit√© l√†-bas et encourag√© par des agitateurs habiles va s'estomper d√®s que les p√®lerins rentrent chez eux et √† faire face √† leurs propres pr√©occupations individuelles et des situations personnelles. Selon Hartmann,

L'Europe ne peut se moquer des discours sanguinaires pan-islamistes croient apportera les pauvres diables rassembl√©s [√† la Mecque] de toutes les r√©gions du monde musulman, quatre-vingt dix pour cent d'entre eux sont tout √† fait ignorant, au point d'√©bullition. L'Europe ne peut se moquer de la menace de guerre sainte. Bien que cette menace a √©t√© entendu souvent ces derniers temps, rien n'est jamais venu de lui. "Guerre Sainte"! Ces gens ne comprennent pas toujours que faire de l'argent frais de la guerre, une √©norme somme d'argent? Qui va √† la fourniture de l'immense tr√©sor de guerre? Qui va l'administrer? Qui va diriger les arm√©es pan-islamistes? Sont les intellectuels assis √† Berlin vraiment si simple d'esprit qu'ils croient qu'il est encore possible de nos jours d'obtenir l'ensemble du monde islamique se lever et de faire la guerre contre les infid√®les? Il est curieux que ce sont eux qui appellent √† la guerre sainte. Cette pose ne leur convient pas. En fait, il pourrait s'av√©rer fatal pour eux. Les champions islamiques avec la guerre sainte dans leurs sacs √† dos sont les dogmatiques strictes qui d√©tiennent les prescriptions plupart far-out de la charia ou loi sacr√©e: la lapidation de ceux qui ont eu des relations sexuelles interdites, quatre-vingts coups de fouet pour boire du vin, coupant le mains de ceux qui sont engag√©s dans le vol. C'est l'esprit du panislamisme. Le flirt d'une fine couche d'intellectuels islamiques dans diverses capitales europ√©ennes avec cet √©tat d'esprit, leur saisir toutes les occasions pour pointer vers le soi-disant grand pouvoir de panislamisme, n'est rien mais une com√©die r√©alis√©e √† des fins politiques. Il est √©galement un double jeu, dans la mesure o√Ļ ceux-l√† m√™mes autrement agitent en permanence le drapeau du nationalisme, et, comme les Jeunes Turcs, les jeunes Egyptiens, Young Perses, pr√™chent la modernisation de leurs compatriotes et de d√©dain l'√©l√©ment religieux. Ils feraient mieux de se m√©fier, s'ils le font enflammer le fanatisme des masses islamiques, ce dernier prendra un peu plus pr√®s et leur jouer un mauvais tour en les d√©non√ßant comme m√©cr√©ants, le porc-mangeurs, et le vin-drinkers.(*36)

En outre, ils seraient trait√©s avec une s√©v√©rit√© particuli√®re une fois les cons√©quences de leur agitation est devenue √©vidente. Pour toute tentative d'attiser un mouvement pan-islamique √† La Mecque, Hartmann met en garde, pourrait avoir des cons√©quences importantes. Par exemple, si une organisation de lutte contre les nations de l'Ouest ["die Kulturv√∂lker"], ou m√™me seulement les Italiens, devaient √™tre mis en place sur une base religieuse, la zone dans laquelle les deux villes saintes sont situ√©s serait imm√©diatement occup√© par un puissance infid√®le; une administration infid√®le ordonn√©e aboutirait √† l'am√©lioration de l'ensemble du pays; corrompus et incomp√©tents bureaucrates ottomans seraient √©limin√©es, et une fin seraient mises √† la violence incessante des B√©douins racaille, la construction de la ligne ferroviaire important reliant Damas √† M√©dine et La Mecque, actuellement √† risque d'√™tre abandonn√©, serait repris et achev√©, etc "Turquie", conclut Hartmann, ne peut dire ¬ęDieu me pr√©serve des amis comme ceux-ci [PAN-islamistes]¬Ľ.

En g√©n√©ral, Hartmann affirme, il est dangereux pour un pays pour essayer de se sauver en faisant appel √† des pr√©jug√©s religieux: ¬ęTant qu'une partie de l'humanit√© s'accroche √† l'id√©e de la sup√©riorit√© d'une communaut√© religieuse particuli√®re, il y aura toujours des tentatives de incarner cette sup√©riorit√© dans une organisation durable sous un leader fort, qui sera presque toujours la cr√©ature d'un petit groupe de personnes ayant des int√©r√™ts particuliers de leur propre chef. "La tentative de fusionner l'√Čglise romaine et l'√Čtat en Europe et son √©chec final est cit√© comme un exemple de mise en garde, et Hartmann conclut sur la n√©cessit√© dans le monde musulman aussi, pour le bien de sa propre survie, d'un plus grand r√©alisme et une s√©paration de la religion et la politique.

Un autre article sur l'agitation musulmane √©tait d√©j√† apparu, un peu plus t√īt, dans le m√™me journal lib√©ral dans lequel l'article de Hartmann a publi√© en soi un signe de l'anxi√©t√© accrue en Europe, dans le sillage de l'invasion italienne de la Tripolitaine. Intitul√©e simplement "√úber den Panislamismus¬Ľ, il a offert un arr√™t de la circulation n'est pas sans rappeler celle de Hartmann. Promu par Abdul Hamid, l'auteur a fait valoir, le panislamisme avaient √©t√© pris en charge par l'apparence moderne et la√Įque "Jeunes Turcs", par lequel le sultan fut d√©pos√©, comme une ¬ęid√©e politique¬Ľ qui ¬ęconstitu√©, et a d√Ľ constituer un pivot signaler √©galement du nouveau parcours sur lequel le pays s'est engag√© ". Car il a offert le seul moyen de cr√©er ¬ęun lien commun entre le non-coh√©rent irano-aryenne, s√©mitique, et les courses turcs qui avaient √©t√© press√©s ensemble pour former une union purement externe, [...] un lien vivant qui pourrait prendre la place de l'unification historique apparemment arbitraire de ces √©l√©ments h√©t√©rog√®nes. Il a conserv√© un caract√®re essentiellement religieux, car en l'absence de la ¬ęforce motrice d'un esprit national commun et de la culture" ["Gemeinsame nationale und kulturelle treibende Kraft"] qui a soutenu les Etats europ√©ens, un d√©faut apparemment aggrav√©e ou peut-√™tre caus√© par la diversit√© des course le seul lien qui pourrait fournir de l'Empire ottoman avec un v√©ritable "ressenti et l'unit√© de vie" ["Gef√ľhlte Lebenseinheit"] √©tait celui qui, depuis le d√©but des temps modernes avaient de plus en plus rel√©gu√©e au second plan en Europe, √† savoir la religion. Comme au Moyen-Orient a √©t√© mis de plus en plus sur la d√©fensive contre la force croissante de l'Occident, il √©tait compr√©hensible psychologiquement que, depuis ses peuples (Arabes, les Turcs, les Indiens) manquaient de tout sens aigu de la nationalit√©, la derni√®re et la plus forte ligne de d√©fense serait ressenti comme leur religion commune. Ce n'√©tait pas du tout certain, cependant, de l'avis de l'auteur, que l'affiliation religieuse ne l'emportent sur les sentiments de la communaut√© ethnique, que les musulmans d'origine slave ne serait pas plus attir√©s par leurs compatriotes d'origine slave ou que les Arabes, malgr√© l'√©nergique Pan- tendances islamistes de la presse au Caire, ne pourraient pas √™tre moins bien dispos√© √† panislamisme que leurs coreligionnaires du nord, les Turcs. Si l'Angleterre √©tait d'encourager les Arabes, ou au moins les Arabes de l'Est dans leur d√©sir d'ind√©pendance de la domination ottomane, les aspirations arabes seraient in√©vitablement en conflit avec le califat de l'Padishah. Enfin, bien que les populations musulmanes de la Chine et de l'Inde sont consid√©rables, ils constituent encore une minorit√© dans leurs pays respectifs, de sorte qu'un mouvement vraiment dangereux, il n'y aurait plus de chances de prendre la forme de Pan-asianisme que le panislamisme. L'auteur conclut sur une note prudente:

Néanmoins, la puissance de l'islam ne doit pas être sous-estimée. Cependant primitive ses idées peuvent sembler, comme si émergeant d'un monde révolu dans notre présent, cependant exotiques sa politique théocratique, sa vision de la femme comme un morceau de propriété et de son refus des aspects interne et externe de la liberté de l'individu, ces idées ont frappé ces racines profondes dans un millénaire et demi que leur déracinement par la force semble mal avisée et dangereuse, voire impossible.
De même, cependant, il serait insensé, de l'avis de l'auteur, pour les Turcs de jouer la carte pan-islamiste:

Comme un sentiment d'identit√© nationale et culturelle entre dans la conscience populaire et la sensibilit√© de l'Est, et que l'influence de l'√©conomie moderne et les modes de vie se fait sentir, le r√īle dominant de la doctrine religieuse est li√©e √† diminuer. [...] Panislamisme, en somme, n'est m√™me pas concevable dans la mesure o√Ļ il est fortement soutenu par les Ottomans, il n'est pas impossible comme un contrepoids √† panslavisme, mais il ne peut jamais √™tre fond√©e uniquement sur la religion aussi longtemps que l'empire turc reste une puissance europ√©enne en termes de technologie militaire, les finances, la diplomatie, et ne donnant ses v√©ritables int√©r√™ts pour le bien des id√©es chim√©riques, se retirer du ¬ęconcert des nations¬Ľ dans une position d'isolement. Alors qu'il peut √™tre le souhait parl√©e ou tacite des hommes politiques et patriotes turcs, par cons√©quent, le panislamisme ne peut pas dans un avenir pr√©visible offrir une base assez solide pour justifier risquer, pour son amour, la perte de ce qui a d√©j√† √©t√© gained.(*37)

Plus surprenant, un article sous la forme d'une lettre √† l'√©diteur paru dans le v√©n√©rable magazine The Spectator Londres plusieurs ann√©es avant l'invasion italienne de la Tripolitaine, exprimant dans un anglais h√©sitant un peu-doutes sur le panislamisme de la part de la lettre- √©crivain, dont le magazine identifie comme ¬ęun membre de la secte des Senoussi"-ie de la confr√©rie fondamentaliste qui a √©t√© particuli√®rement forte en Cyr√©na√Įque et la Tripolitaine et qui par la suite a men√© la campagne contre les Italiens et a appel√© √† l'appui de tous les musulmans √† la guerre sainte pour d√©fendre l'Islam contre l'infid√®le. ¬ęLe terme¬ę panislamisme ¬Ľ,¬ę l'√©crivain a d√©clar√© dans son premier paragraphe, "est une vaste d√©signation exprimer un certain nombre d'id√©es plus ou moins identifi√©es avec sa signification r√©elle, qui est celle d'un d√©sir tentative de r√©g√©n√©rer l'Islam sur un plan ¬ęIslamistic¬Ľ. Maintenant cela, il faut comprendre, signifie n√©cessairement une haine des races extraterrestres, et, surtout, de la religion √©trang√®re. "Perturbations r√©centes en Asie et en Afrique ont attir√© l'attention sur le monde de l'Islam. M√™me un pouvoir qui avait jusque-l√† rest√© en arri√®re-plan "a d'un coup un pas en avant dans la lumi√®re et elle-m√™me proclam√© le protecteur de l'Islam,-je veux parler de l'Allemagne." N√©anmoins,

bien que moi-m√™me un musulman, voyageant pendant les huit derni√®res ann√©es dans tous les pays musulmans, et ayant tenu des rapports familiers avec d'autres musulmans, tous deux de l'ordre religieux et politique, ayant, en un mot, a suivi le cours de panislamisme selon les id√©es du khalife de l'Islam, ou du moins de celui qui se proclame tel, et qui est √©galement ainsi consid√©r√© en Europe, je l'avoue humblement que je n'ai jamais pu aller au fond de ce qui peut √™tre le pr√©cise √©tat d'√Ęme de mes coreligionnaires, ni comprendre ce que peut √™tre leurs v√©ritables aspirations. Alors incons√©quent sont-ils aussi √† tous leurs points de vue en g√©n√©ral, que l'esprit le plus p√©n√©trant, semblerait-il, ne serait jamais capable d'arriver √† un fait positif. Je dois en effet m'empresse de dire que mon cher coreligionnaires eux-m√™mes ne savent pas ce qu'ils veulent. [...] Il est douloureux et humiliant pour un musulman d'avoir √† poss√©der un tel √©tat de choses. Il est, cependant, la v√©rit√© douloureuse.

"Dans ces conditions," l'√©crivain, qui lui-m√™me Saleb el Khalidi noms, conclut, ¬ępanislamisme¬Ľ, tel qu'il est compris par les politiciens de l'Europe, est une pure chim√®re. "" L'unit√© et la solidarit√© "qui font de la r√©sistance des Etats europ√©ens, "ne sont pas connus pour les personnes musulmanes." Par cons√©quent, "les seuls r√©sultats qui pourraient d√©couler de panislamisme √† l'√©poque actuelle serait explosions isol√©es du fanatisme chez les plongeurs des pays musulmans, mais jamais, je le r√©p√®te et l'affirment -jamais une explosion g√©n√©rale des disciples du Proph√®te dans le monde entier. "Cette situation est encore aggrav√©e du point de vue musulman par le fait que les¬ę mouvements Pan-Islamistic, qui ont surgi dans certains pays musulmans, et √† laquelle l'Europe -encore si ignorants en mati√®re d'Orient-a attribu√© une si grande importance ¬Ľsont principalement dans les instruments g√©n√©raux dans les mains des dirigeants ambitieux et √©go√Įste, m√™me si quelques-uns sont inspir√©s par des" motifs patriotiques. ¬ęCes personnes" sp√©culer sur la simplicit√© de leurs coreligionnaires. [...] Les gens sont ignorants, [...] facilement attrap√© par des discours fleuris et [...] incapable de voir qu'ils sont tromp√©s et trahis. "Les deux" plus grands champions de panislamisme ¬Ľ, de l'avis de l'√©crivain," sont Sa Majest√© le Sultan Abd-ul-Hamid et le cheikh Senoussi, chef de cette confr√©rie florissant des musulmans √† qui ce dernier a donn√© son nom. "Peu de temps apr√®s son accession au tr√īne, Abdul Hamid, l'auteur de la lettre poursuit:" sur les conseils de son conseiller [sic], le cheikh Sa√Įd Abd-ul-Houda, la pens√©e de faire revivre l'ancienne Khaliphat, et ainsi regrouper sur son tr√īne l'ensemble de la population musulmane du monde. C'√©tait formidable, cette arme qu'il voulait forger afin de le servir contre l'Europe. Je n'exag√®re pas quand je dis que la moiti√© de ses revenus sont d√©pens√©s chaque ann√©e sur les questions touchant de pr√®s le panislamisme ¬Ľ.

Malheureusement pour le Sultan, cependant, ¬ęjusqu'√† pr√©sent, la politique pan-islamique d'Abd-ul-Hamid a r√©ussi nulle part, mais en Egypte, et l√† seulement en partie." Au contraire, "aujourd'hui, l'ensemble Empire ottoman est sous agitation. En raison de son mode d'pernicieuse du gouvernement, par sa cruaut√©, et par la malhonn√™tet√© de ses fonctionnaires, le Sultan a ali√©n√© tous, et le temporel, ainsi que la puissance spirituelle d'Abd-ul-Hamid s'affaiblit de jour en jour. Les Arabes du Y√©men, du Hedjaz et du Hauran sont en r√©volte ouverte contre la Turquie ", tandis que" les chefs b√©douins sont d√©termin√©s √† faire les troupes ottomanes √©vacuer l'ensemble du territoire du Y√©men, ainsi que celle du Hedjaz, et de proclamer que khalife de l'Islam l'Imam Mahmoud Yabia, ayant sa r√©sidence √† la Mecque. "En bref,¬ę la mont√©e de tous saoudite a presque an√©anti les projets pan-islamiques d'Abd-ul-Hamid "et" par cons√©quent le seul repr√©sentant qualifi√© de Pan -islamisme est le cheikh Senoussi. "

L'auteur poursuit en d√©crivant ¬ęce chef, dont la renomm√©e repose sur une base solide." Sheik Sidi Mohammed Ben Ali Senoussi, n√© √† Tlemcen (Alg√©rie) lui-m√™me "pas comme un r√©formateur, ni comme un innovateur pr√©sent√©, mais simplement comme un r√©g√©n√©rateur ¬Ľ. Son but √©tait de¬ę faire revivre et st√©r√©otype des principes religieux dans ce mode obtenu dans les jours du proph√®te, dont le descendant [sic] qu'il √©tait. "Pers√©cut√© par d'autres imams jaloux de sa popularit√© croissante, il a d√Ľ chercher refuge dans La Mecque et parmi les B√©douins ¬Ľqui le re√ßut avec beaucoup de respect" comme un saint homme. Il a ensuite d√©m√©nag√© √† Tripoli ¬Ľ, qu'il traversa de part en part [...] pr√™cher [ant] aux personnes qui ont afflu√© vers lui de tous les c√īt√©s", et "qui soumissionnent les unissent ainsi que respecter rigoureusement les principes ordonn√©e par le Coran. ¬ęPartout dans Tripoli, l'Egypte et Hedjaz, il fonda des monast√®res, dont les sup√©rieurs √©taient en effet¬ę dans les m√™mes juges √† temps et les gouverneurs des districts environnants ".  Son fils et successeur Sidi El Mahdi a continu√© la politique de son p√®re et vint √† √™tre consid√©r√© comme le ¬ęmusulman Messie qui devait un jour pour d√©barrasser l'islam de l'√©trier chr√©tienne, ce qui rend le ma√ģtre de la foi musulmane dans le monde entier." Pour cette raison, nouvelles de sa mort a √©t√© accueillie avec incr√©dulit√© par ses nombreux disciples, et m√™me fut bient√īt d√©clar√©e erron√©e. Il avait √©t√© vu ¬ęv√™tu comme un derviche et vivant au milieu d'un troupeau de gazelles.¬ę En fait, une lettre ouverte lue sign√© par l'actuel chef de la secte, le neveu de El Mahdi, a proclam√© qu'il n'√©tait pas d√©c√©d√© mais avait dur√© une voyage secret.

Cette ¬ę√©trange missive a pris fin avec l'annonce de la joyeuse s'approchant temps que l'heure de se d√©barrasser du joug Christian √©tait √† port√©e de main." "Musulmans", l'auteur de la lettre de spectateurs d√©clare, "sont en fait convaincu que Sidi El Mahdi apparaissent peu √† la t√™te d'une grande arm√©e pour mener la guerre sainte. "Dans une finale r√©sumant, les lecteurs du spectateur sont avertis que,¬ę bizarre ¬Ľque cela puisse para√ģtre, cette situation

m√©rite l'attention de toutes les puissances qui ont des int√©r√™ts dans l'Est et en Afrique. Une coalition g√©n√©rale des musulmans comprenant les habitants de Tripoli, de l'Egypte et du Hedjaz, utopique que cela puisse para√ģtre, c'est encore possible. Il ne faut pas oublier que le Senoussi poss√©der une organisation politique r√©elle, qu'ils sont bien affich√©s comme √† tous les mouvements, qu'ils ont une offre tr√®s consid√©rable de fusils de magazines, et qu'ils sont aid√©s dans leur croisade par les chefs d'Etats musulmans , et m√™me par une grande puissance europ√©enne [ie Allemagne], dont l'assistance Senoussi se pr√©valoir, mais avec qui, comme tous leurs coreligionnaires, ils ont tout de m√™me pas tout de sympathie.

En un mot, ¬ętous les espoirs de la Pan-islamiste incombe √† l'Senoussi, qui, je le r√©p√®te, sont loin d'√™tre un ennemi √† d√©daigner." En somme, seul un panislamisme pleinement et authentiquement religieuse a une chance de r√©ussir .

Il s'av√®re, cependant, que l'auteur de la lettre n'est pas trop heureux de cette situation: ¬ę√Ä mon humble avis, les pan-islamistes font plus de mal que de bien √† leurs coreligionnaires. Que l'Islam doit faire est de se ranger franchement du c√īt√© des id√©es modernes, en mettant de c√īt√© religieux. On peut √™tre un vrai croyant sans haine nourrissant pour tous les autres et refusant d'√™tre associ√© √† leurs travaux. L'√©mancipation du peuple ne peut √™tre gagn√©e par la science et le progr√®s. "En fin de compte, l'auteur de la lettre de spectateurs (environ dont l'identit√© pr√©sum√©e comme un¬ę membre de la secte des Senoussi "il est permis de certains doutes) vient sur le c√īt√© de ces savants europ√©ens, comme Hartmann et Hurgronje, qui peu apr√®s a exprim√© son scepticisme quant √† l'efficacit√© du mouvement panislamiste et les chances de concilier les int√©r√™ts divergents des Turcs et des Arabes, des chefs religieux fondamentalistes et les politiciens nationalistes ou ottoman. Au lieu de cela, il pr√©conise pleine √©treinte de la modernit√© de l'islam: ¬ęLa barbarie et un attachement √† des id√©es anciennes, mais va h√Ęter la fin et provoquer un d√©sastre complet. L'islam n'a qu'√† faire son choix entre son √©mancipation et sa ruine ¬Ľ.(*38)

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#11 06-08-2013 14:22:19

Adic2010
@rmenaute

Re: Oppenheim / Berlin . Chapitre.4. Le Spectre du Pan-Islamisme et Djihad

36  M. Hartmann, ?Das Ultimatum des Panislamismus,? Das freie Wort. Frankfurter Monatschrift f√ľr Fortschritt auf allen Gebieten des geistigen Lebens, 11 (April 1911-April 1912): 605?10.

37  A. Tavilet, ?√úber den Panislamismus,? Das freie Wort. Frankfurter Monatschrift f√ľr Fortschritt auf allen Gebieten des geistigen Lebens, 11 (April 1911?April 1912): 218?21. This author?s home base is identified as Constantinople.

38  The Spectator, 24 August 1907, Correspondence columns. It is, of course, possible that the author of this letter was either a European agent interested in dissuading influential Muslims from buying into Pan-Islamism or a Muslim interested in reassuring Europeans that Pan-Islamism did not constitute a serious threat. The Senussi Sidi al-Mahdi referred to in the article should not be confused with the self-proclaimed ?Mahdi? (Muhammed Ahmad of Dongola), who led the revolt in the Sudan (1881?1885) and whom the Senussial-Mahdi denounced as an impostor. The Senussi al-Mahdi focussed on religious and spiritual issues and avoided political engagement. The brotherhood became ?a political and military force capable of organizing around resistance against the French colonial drive from the south and, after 1911, the Italian occupation of Libya? only after his death and under the leadership of his successor, Ahmed al-Sharif al-Senussi (Claudia Anna Gazzini, Jihad in Exile: Ahmed al-Sharif al-Sanussi 1918?1933 [Unpublished M.A. thesis, Princeton University, 2004]).

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#12 06-08-2013 20:07:49

Adic2010
@rmenaute

Re: Oppenheim / Berlin . Chapitre.4. Le Spectre du Pan-Islamisme et Djihad

Traduction des paragraphes du Ch.4 incluant les notes (*39) >> (*40) : 

L'apparition d'une longue lettre de Saleb el Khalidi dans un magazine d'int√©r√™t g√©n√©ral tels que The Spectator, avec des √©chos de celui-ci atteignant le magazine New York litt√©rature actuelle pour Juillet-D√©cembre 1907 et d'aussi loin que la Nouvelle-Z√©lande, o√Ļ il a √©t√© r√©sum√©e dans le Nelson Soir√©e Message pour le 8 Novembre 1907 √† un article intitul√© ¬ęLa menace en Afrique du Nord: La propagation de l'islamisme¬Ľ, est un signe qui concernent les questions de panislamisme et ¬ęguerre sainte¬Ľ ne se limite pas aux cercles acad√©miques ou diplomatique, mais √©tendu vers l'ext√©rieur au g√©n√©ral un large public. √Čcrivains occidentaux rapports sur le mouvement dans des magazines et des journaux ont partag√© l'incertitude des savants sur l'importance √† accorder au panislamisme. Un article tr√®s d√©taill√© et bien inform√©e, qui a paru dans le Boston bas√©e North American Review peu apr√®s l'invasion italienne de la Tripolitaine avait d√©clench√© des appels √† un jihad, refl√®te √† la fois l'angoisse consid√©rable provoqu√©e en Occident par le panislamisme et le d√©saccord sur sa signification: ¬ęPas un jour ne passe sans que les journaux de l'Europe ne contiennent pas beaucoup d'informations sur le sujet [du panislamisme]¬Ľ, l'auteur de l'article de North American Review observe. "Dans un num√©ro d'un quotidien de Londres, j'ai trouv√© une demi-colonne de l'agitation musulmane en Inde, le rapport d'une conf√©rence pan-islamique en Egypte, une d√©p√™che du Turkestan russe sur un fanatique qui avait √©t√© arr√™t√© pour pr√™cher la guerre sainte, et un t√©l√©gramme officiel fran√ßais du lac Tchad au sujet d'un nouveau 'ordre g√©n√©ral ¬Ľvoulu par les autorit√©s militaires pour dissuader certains agitateurs de l'Ordre du Derkawa qui ont √©t√© semer le trouble parmi les noirs de ce district. [...] Le raid italien dans la Tripolitaine et la r√©cente d√©faite √©crasante des Turcs ont relanc√© le sujet. [...] D'une mani√®re g√©n√©rale, "explique l'auteur,¬ę panislamisme est l'id√©e d'unir tous les disciples de Mahomet. Mais dans quel but? Par quels moyens? Avant ces questions, le r√™ve de l'unit√© √† la fois tombe en panne. "

L'auteur procède ensuite à identifier et à décrire "trois éléments distincts et mutuellement hostiles au mouvement pan-islamique", essentiellement traditionalistes extrêmes, modernisateurs et un disque pour définir un groupe de fanatiques religieux prêts à utiliser des méthodes modernes pour parvenir à leurs fins:

Il ya d'abord ¬ęvieille garde¬Ľ. Le mahom√©tan Ils sont r√©actionnaires intellectuelle qui n'ont rien appris et ont oubli√© toute cette connaissance qui une fois fait leur puissant, toute la science et de l'art qui a √©t√© la gloire du grand califes. Coterie eccl√©siastique le ¬ęnoir¬Ľ √† Rome est follement progressive par rapport √† eux. Ils sont fid√®les aux vieilles traditions qui ont d√©truit la biblioth√®que d'Alexandrie il ya douze si√®cles. Toute la v√©rit√© sur le monde est dans le Coran, tout n'est pas dans ce livre sacr√© est fausse. Comme tous les fanatiques, ils sont visionnaires. Ils prennent aucune pens√©e de moyens pratiques. Ils attribuent le d√©clin de l'islam pour les p√©ch√©s du peuple. Si seulement ils voulaient revenir √† la puret√© primitive de leur religion, Allah attire son √©p√©e et la carri√®re de conqu√™te qui a marqu√© les d√©buts de l'islamisme reviendraient.

Les ¬ęap√ītres de cette renaissance," mendier leur chemin vers la Chine, la Sib√©rie, l'Inde, le Soudan, l'Afrique centrale, et le Maroc, sont re√ßus partout comme des hommes saints et "les gens √©coutent leur pr√©dication avec crainte." L'√©tendue de leur influence est difficile √† juger, selon l'auteur de l'article. "Il est facile de les rejeter comme des fanatiques ignorants¬Ľ, conclut-il prudemment. "Mais le monde a vu beaucoup de choses m√©morables faites au nom de l'ignorance et du fanatisme."

La deuxi√®me faction de la Pan-islamistes est aussi √©loign√©e que possible de la premi√®re: "Son inspiration vient des musulmans" europ√©anis√©s "" qui "ont √©tudi√© √† la Sorbonne, √† Oxford, ou au moins dans l'une des nombreuses √©coles europ√©ennes qui ont √©t√© √©tablis dans le Levant. La plupart d'entre eux sont-bien qu'ils ne pourraient pas admettre penseurs elle-libres [...] mais ils consid√®rent que certains religion est n√©cessaire pour les masses ¬Ľ. Encourag√© par la victoire d'un peuple de l'Est sur une grande puissance occidentale dans la guerre russo-japonaise, "ils r√™vent de rajeunir les terres de l'Islam √† la mani√®re des Japonais. [...] Le meilleur de l'Egypte et des mouvements indiens ¬ęnationaliste¬Ľ, la cr√®me des Jeunes-Turcs et de ¬ęconstitutionnalistes¬Ľ Le Persan appartiennent √† cette faction. "Ils esp√®rent atteindre leurs objectifs" en raison "et" n'ont aucune hostilit√© envers nations chr√©tiennes. "Ce volet du panislamisme jouit de la sympathie des¬ę observateurs d√©sint√©ress√©s-qui est pratiquement tout le monde, mais les administrateurs coloniaux ¬Ľ, l'auteur des revendications de l'article. Malheureusement, l'incapacit√© des adeptes des Jeunes Turcs √† ¬ęgouverner sagement a discr√©dit√© partout¬Ľ et ¬ędonn√© un nouvel argument aux colonialistes europ√©ens dans leur affirmation selon laquelle les musulmans sont inaptes √† g√©rer leurs propres affaires."

Le troisi√®me groupe identifi√© par l'auteur est ¬ęmoins nette dans les grandes lignes. Elle est marqu√©e par un m√©lange ahurissant de fanatisme brut, le mysticisme et la culture europ√©enne. "Ses partisans diff√®rent du second groupe" dans la sinc√©rit√© de leur vie religieuse et dans leur croyance en la arbitrament de la guerre. "L '¬ę ordre du Snoussia ¬Ľest le porte-√©tendard de ce groupe en pleine expansion. Mais "alors que le livre de son fondateur ne ressemble √† rien dans la litt√©rature de la chr√©tient√©, sauf quelques-uns des √©crits des anabaptistes m√©di√©vales et le plus fr√©n√©tique des mystiques russes", le "Snoussia" diff√®re du premier groupe dans son ¬ęvif int√©r√™t pour cette choses pratiques que les fusils et la formation militaire. "Contrairement √† d'autres confr√©ries qui embrassent la pauvret√©, ses dirigeants sont excellentes collectes de fonds et les organisateurs, et l'ordre" encourage ses membres √† s'enr√īler dans les r√©giments indig√®nes [des puissances coloniales] et re√ßoivent une formation dans le les moyens de la guerre europ√©enne. "Il est, en outre,¬ę un pillage constant d'armes et de munitions [...] dans presque tous les r√©giments indig√®nes. " Peu d'officiers de police en Egypte ou en Tunisie mettraient en doute l'all√©gation ¬ęque le Snoussia pourrait mettre en troupes¬ę plusieurs ¬Ľmilliers de champ, perc√©s par des officiers europ√©ens, abondamment fournies avec des armes et des munitions, et soutenue par de l'artillerie." Ils sont soup√ßonn√©s d'avoir un grand d√©p√īt d'armes dans une oasis le long de la fronti√®re √©gypto-Tripolitaine, o√Ļ aucun Europ√©en n'a encore p√©n√©tr√©. Certaines personnes croient qu'ils ont encore la capacit√© de fabriquer des armes. Histoires circulent √† propos de "haute puissance, moderne, fusils √† r√©p√©tition qui ne portent pas la marque de commerce d'un fabricant europ√©en¬Ľ et ¬ęrumeur natale dit qu'il ya un grand arsenal dans cette oasis myst√©rieuse o√Ļ les dipl√īm√©s musulmans des √©coles techniques occidentales fabriquent des armes et des munitions contre le grand jour "-ie le jour du djihad. En effet, la popularit√© croissante du ¬ęSnoussia¬Ľ est due ¬ęincontestablement √† la croyance largement r√©pandue que cela fait de la pr√©paration pratique de la guerre sainte."

¬ęJusqu'√† pr√©sent, au moins¬Ľ, l'√©crivain conclut: ¬ęles diff√©rences dans les id√©aux de ces factions ont emp√™ch√© toute action unie. Et il ne peut y avoir de v√©ritable pan-islamisme jusqu'√† ce que ces diff√©rences sont dissous ou jusqu'√† ce qu'on avale de faction jusqu'√† deux autres. "Les administrateurs coloniaux sont plus pr√©occup√©s par la troisi√®me faction, car il n'est¬ę pas seulement parler d'une renaissance militant du mahom√©tisme ¬Ľ, mais "pr√©pare activement pour cela." N√©anmoins, il est difficile d'obtenir des informations solides. D'o√Ļ le fran√ßais en Afrique du Nord, par exemple, "sont divis√©s en deux camps:. Ceux qui croient que la guerre sainte est une menace grave et imminente et ceux qui se moquent de l'id√©e de¬ę l'exp√©rience personnelle de l'auteur le conduit "√† croire que le majorit√© des Fran√ßais qui ont v√©cu assez longtemps dans le pays de conna√ģtre la langue ne se moquent."  Parmi les officiers anglais et des administrateurs en Egypte il ya une diff√©rence d'opinion semblable, mais en g√©n√©ral, ils semblent s'inqui√©ter moins, car ils ont finalement r√©ussi √† mater la r√©volte du Mahdi au Soudan. Pourtant, il existe une incertitude sur la fiabilit√© des troupes indig√®nes. "Est-ce que le troupes mars √©gyptien contre le nouveau Mahdi?" Par exemple. Dans l'ensemble, cependant, ¬ęl'√©crasante majorit√© des r√©sidents europ√©ens d'Afrique du Nord ne craignent pas la guerre sainte." Il ya trop de rivalit√© entre les divers ordres musulmans pour qu'ils puissent unir leurs efforts. "Les Dominicains et les J√©suites ne se ha√Įssaient la fa√ßon dont ces sectes musulmanes rivales font,¬ę un homme dit √† l'auteur de l'article. En outre la plupart de leurs dirigeants, selon lui, peut en fin de compte √™tre achet√©. ¬ęSi une nouvelle Mahdi se leva, il attirerait l'attention √† la fois. S'il ne pouvait pas √™tre corrompu, il serait supprim√©e et il serait un des grands cheikhs dont le prestige a √©t√© menac√© par l'arriviste qui serait le remettre aux Europ√©ens. Mais il n'y aura jamais un nouveau Mahdi. Il est moins cher et plus simple de les acheter avant qu'ils recueillent suffisamment de partisans pour combattre. " Ensuite, il ya l'absence d'une langue unique: non seulement les Turcs, les Arabes et les Perses parlent pas la m√™me langue, les arabophones eux-m√™mes sont s√©par√©s par leurs innombrables dialectes. "Ici, en Afrique du Nord¬Ľ, l'informateur de l'auteur explique, ¬ęun Maure ne peut pas comprendre un Alg√©rien." Quoi qu'il en soit, ¬ęles gens ne vraiment belliqueux¬Ľ, selon lui, ¬ęsont les Berb√®res des montagnes" et "leur langue n'est pas encore √† distance li√©e √† l'arabe. Par ailleurs, les musulmans en tant que peuple ne sont pas arm√©s. Les fusils qu'ils ach√®tent des trafiquants d'armes sont de bas grade et √† l'int√©rieur d'une ann√©e sont trop rouill√© pour fonctionner. Ils sont r√©partis en petites tribus, avec toute la jalousie de l'organisation, les diff√©rents dialectes et des coutumes tribales, Ca√Įds rivales. Il n'y a pas plus d'unit√© politique ou racial que il ya de l'unit√© religieuse. Panislamisme est une histoire pour effrayer les enfants. Les musulmans sont corrompus jusqu'√† la moelle. [...] Chaque chef-Cadis, oul√©mas, Ca√Įds et marabouts-tout sont √† vendre. "

En somme, l'optimisme de nombreux Europ√©ens sur l'inefficacit√© du panislamisme repose, selon l'auteur de l'article de North American Review, le "m√©pris pour la foi natif et grand dans la puissance militaire de l'Europe." Il s'est cependant , n'est pas √† cent pour cent convaincu: ¬ęIl ya toujours de l'autre c√īt√© qu'on se souvienne, les hommes s√©rieux, sinc√®res qui ne sont pas optimistes √† ce sujet." Par cons√©quent, "une diff√©rence grave et violente d'opinion existe le danger d'un pan- r√©volte islamique. Le n?ud de la question est de savoir si ou non les tribus vari√©es du monde musulman, parlant diff√©rents dialectes et langues, et les sectes religieuses vari√©es, avec leurs dirigeants rivaux, peuvent s'unir. "Bien", il ne semble certainement pas probable, ¬ępas si il ya longtemps ¬ęune autorit√© sur le Proche-Orient m'a dit que la jalousie nationale entre la Serbie et la Bulgarie √©tait si grande qu'il n'y avait pas la moindre chance d'une f√©d√©ration balkanique!"

Dans la page de cl√īture de cette 1913 article, l'auteur s'interroge sur l'effet sur la politique europ√©enne et de l'√©quilibre des forces en Europe dans le cas d'une ¬ęr√©volte pan-islamique." Ses r√©flexions sugg√®rent que le point de vue du panislamisme et son potentiel a √©t√© vivement encourag√© √† l'Ausw√§rtiges Amt et dans le cercle du Kaiser par Max Freiherr von Oppenheim n'√©tait nullement inhabituelle ou unique de Oppenheim et n'a probablement pas √©t√© invent√©e par lui. Le journaliste am√©ricain consid√®re d'abord l'effet d'une r√©volte panislamiste sur les pays de la Triple Entente: l'Angleterre ne serait plus en mesure de retirer les troupes de l'Inde pour le d√©ploiement en Europe et ne pouvait compter que sur son ¬ęarm√©e de maison minute", la Russie serait maintenu occup√© avec ses propres tr√®s importante population musulmane; ¬Ľ. serait sa faillite" "La France, avec son grand empire d'Afrique du Nord, serait d√©nu√© de troupes" et de ses efforts pour r√©primer la r√©volte En revanche, l'Allemagne et l'Autriche-c'est-le puissances "Central seules des grandes nations ne seraient pas touch√©s par une r√©volte musulmane. Gr√Ęce √† la puissance militaire de ses principaux rivaux tendues √† l'extr√™me, serait l'Allemagne devrait pas tenter d'obtenir un ¬ęplace au soleil¬Ľ son convoit√© ? "(*39)

Si l'id√©e de Oppenheim que le panislamisme est une force √† laquelle il faut compter (et √©ventuellement exploit√©e en tant qu'instrument de la politique de puissance europ√©enne) n'√©tait pas particuli√®rement original dans la premi√®re d√©cennie du XXe si√®cle, ni a son int√©r√™t connexe dans le jihad et son potentiel. La notion de jihad ou ¬ęguerre sainte¬Ľ est √©troitement li√©e avec le panislamisme, dans la mesure o√Ļ l'effort pan-islamistes du devoir de tous les musulmans de venir √† la d√©fense de la communaut√© mondiale des musulmans, o√Ļ et quand une partie de celui-ci est attaqu√© ou l√©s√© par une puissance infid√®le. Le terme djihad, cependant, a beaucoup de significations, qui savants modernes ont explor√© en profondeur. "Le mot djihad en arabe moderne repr√©sente plut√īt un concept vague", selon le chercheur n√©erlandais Rudolf Peters:

Conformément à son sens originel, il peut désigner tout effort vers un but louable subjectivement, qui ne doit pas nécessairement avoir quelque chose à voir avec la religion. Par conséquent, il a été utilisé pour signifier la lutte des classes, la lutte entre l'ancien et le nouveau, et même les efforts des missionnaires chrétiens. Mais même quand il est utilisé dans un contexte islamique, il ne recouvre pas toujours la lutte armée. Cela peut aussi signifier une lutte spirituelle pour le bien de la société islamique ou une lutte intérieure contre les mauvais penchants de chacun. Ce large spectre sémantique du mot djihad a confondu plus d'un visiteur étranger avec une connaissance défectueuse de la langue arabe. Entendre le mot Djihad être utilisé dans les sermons, dans les mosquées ou à la radio, ils ont été amenés à penser que le massacre des non-musulmans était à hand.(*40)

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#13 06-08-2013 20:09:28

Adic2010
@rmenaute

Re: Oppenheim / Berlin . Chapitre.4. Le Spectre du Pan-Islamisme et Djihad

Notes du Ch.4 (*39) >> (*40) :   

39  Albert Edwards, ?The Menace of Pan-Islamism,? North American Review, 197 (May 1913): 645?57.

40  Rudolf Peters, Islam and Colonialism: The Doctrine of Jihad in Modern History (The Hague and New York: Mouton, 1979), p. 3. An even more far-reaching caveat had been issued by the German travel writer, Otto C. Artbauer, almost seven decades earlier, at the turn of the century, in his popular Die Rifpiraten und ihre Heimat [The Bandits of the Rif and their Homeland]. ?The meaning of the word jihad as understood by Mohammed and as it appears in the Koran is not properly struggle against infidels in general, but rather struggle against the evil inclinations in one?s own self. The word and its meaning are constantly misused by both Europeans and Orientals. Whenever foreigners are beaten up somewhere in the Orient, they immediately imagine that they have been the victims of jihad. If one tribe steals some camels from another in the East, there will be a call for jihad. Spanish and French newspapers especially are constantly discovering some hermit wandering around in the Atlas mountains and preaching jihad against all foreigners. All that is utter nonsense? (O.C. Artbauer, Die Rifpiraten und ihre Heimat. Erste Kunde aus verschlossener Welt [Stuttgart: Stecker & Schr√∂der, 1911], pp. 214?15, under ?Dschihad? in the list of terms following the index).

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#14 06-08-2013 20:37:44

Adic2010
@rmenaute

Re: Oppenheim / Berlin . Chapitre.4. Le Spectre du Pan-Islamisme et Djihad

Traduction des paragraphes du Ch.4 incluant les notes (*41) >> (*49) : 

En Occident, en effet, Peters soutient que le terme a eu un sens plus précis que en arabe:

La doctrine du djihad islamique a toujours fait appel √† l'imaginaire occidental. L'image du Turc terrible, v√™tue d'une longue robe et brandissant son sabre, pr√™t √† abattre tout infid√®le qui pourrait venir √† sa fa√ßon et refuserait de se convertir √† la religion de Mahomet, a √©t√© un st√©r√©otype dans la litt√©rature occidentale depuis longtemps . Aujourd'hui, cette image a √©t√© remplac√©e par celle de l'arabe ¬ęterroriste¬Ľ en tenue de combat, arm√© d'un fusil kalachnikov et pr√™t √† assassiner dans le sang des femmes juives et chr√©tiennes innocentes froid et les enfants. L'hypoth√®se sous-jacente √† ces st√©r√©otypes est que les musulmans, souvent vaguement appel√© les Arabes, sont naturellement sanguinaire et hostile envers les personnes d'une autre persuasion, et que [...] la religion [...] pr√™che l'intol√©rance, le fanatisme et la guerre continue contre les infid√®les. Ce point de vue de l'Islam et des musulmans, qui s'est d√©velopp√©e au Moyen-Age, a acquis une nouvelle vie et de la vigueur √† l'√©poque de l'imp√©rialisme europ√©en. Musulmans ont √©t√© d√©peints comme arri√©r√©s, fanatique et belliqueux, afin de justifier l'expansion coloniale avec l'argument selon lequel il a servi la propagation de la civilisation, ce que les Fran√ßais appelle la mission civilisatrice. Dans le m√™me temps, cette offrait un pr√©texte commode pour l'usage de la force contre la population indig√®ne, car derri√®re les apparences de soumission des musulmans colonis√©s, les colonisateurs ont vu le danger continue de r√©bellion qui se cache, nourrie par l'id√©e du jihad et d'attente une occasion de se manifester. L'orientaliste fran√ßais Louis Mercier a exprim√© ces craintes dans les termes suivants: ¬ęCependant, Tous Ceux d'Entre Nous, Qui Ont V√©cu de longues Ann√©es au contact avec √Čtroit D'Une population musulmane, d'orienter ous d'Occident, Ont eu de multiples occasions de Sentir, j'en suis persuader, au Qu√©bec l'id√©e du jih√Ęd Persiste √† Travers Le Temps Au point de dominer, F√Ľt-CE UNE FACON D'Latente, Toute La Vie population of this, d'impr√©gner aspirations SES Profondes et d l'attitude de son fils sur influer, Dans les relations SES AVEC les infid√®les ¬Ľ(*41).

Peters souligne que dans la communaut√© musulmane jihad monde a toujours eu des significations multiples, allant, dans une classification, de ¬ęle¬Ľ Jihad of the Heart ¬Ľ, √† savoir lutter contre inclinations coupables de l'un, le¬ę Djihad de la langue ¬Ľ, c'est √† dire ordonnant ce qui est bon et l'interdiction du mal (al-amr bi-l-mdruf wa-l-nah un al-munkar) et le ¬ęJihad de la main¬Ľ, c'est √† dire l'administration des mesures disciplinaires telles que coups, par des dirigeants et des hommes d'autorit√© dans Afin d'emp√™cher les gens de commettre des actes abominables ¬Ľ, √†¬ę la 'djihad de l'√©p√©e ¬Ľ, √† savoir la lutte contre les incroyants, √† cause de la religion." Dans le m√™me temps, cependant, il estime √©galement que "ce dernier sens [...] est toujours cens√© lorsque le mot jihad est utilis√© sans qualification. "Dans toutes ses formes," le but direct de jihad est le renforcement de l'Islam, la protection des croyants et l'annulation de la terre de l'incr√©dulit√©. Le but ultime est la supr√©matie totale de l'Islam, que l'on peut apprendre de K 2:193 et ​​8:39 (¬ęCombattez-les jusqu'√† ce qu'il n'y a pas de dissension [ou la pers√©cution] et la religion est enti√®rement √† Allah)." (*42) Naturellement, les savants musulmans et des hommes saints ont √©tudi√© de pr√®s la signification de ce terme cruciale, a fait valoir √† leur sujet, et a cherch√© √† √©tablir des r√®gles et conditions qui tiendrait compte de l'√©volution des situations historiques dans lesquelles les musulmans eux-m√™mes avons trouv√©: dans quelles circonstances et pour ce qui finit, par exemple, suscite de djihad l√©gitime? Afin de conqu√©rir le monde de l'islam? Afin de r√©sister √† tout envahisseur infid√®le d'un territoire musulman? Ou de r√©sister seuls les dirigeants infid√®les qui interf√®rent avec la pratique de l'musulman de sa religion? Qui peut √™tre tu√© dans un jihad et qui ne peut pas? Quelles dispositions particuli√®res peuvent √™tre prises avec certains infid√®les pour √©viter la guerre?

L'invasion et l'occupation de terres musulmanes par les puissances europ√©ennes √† l'√®re de l'imp√©rialisme britannique en Inde et aussi en Egypte, les Fran√ßais, suivis plus tard par les Italiens, en Afrique du Nord, les Hollandais dans les Indes orientales; les Russes dans l' Caucase dirig√© √† la fois au d√©veloppement de panislamisme comme un programme politique, comme nous l'avons vu, et, de mani√®re concomitante, √† une recrudescence des appels au jihad. Jihad a √©t√© appel√© √† la r√©volte contre la domination de Dipanegara n√©erlandais en Java (1825-1830) et de nouveau, un demi-si√®cle plus tard, lors de la guerre Atjeh entre le Sultanat d'Atjeh et les Hollandais √† Sumatra (1873-1904), il a √©t√© invoqu√© dans Inde dans la premi√®re moiti√© du XIXe si√®cle par les musulmans en Inde du Nord et du Bengale qui a exhort√© la r√©bellion contre les Britanniques, mais cette violence a ensuite √©t√© d√©clar√© ill√©gitime, principalement par les savants musulmans des classes sup√©rieures, dont de nombreux membres avaient √©t√© recrut√©s pour un emploi dans l'administration britannique et donc pr√©conis√© un h√©bergement avec elle. Depuis le garantit la libert√© de religion en Colombie, selon les autorit√©s, l'Inde n'√©tait ni Dar al-Islam (le territoire de l'islam), ni Dar al-Harb (le territoire de la guerre contre les ennemis de l'Islam), mais une zone neutre o√Ļ les musulmans jouissaient s√©curit√©, Dar al-aman.(*43)

La guerre russo-turque de 1877-1878 a √©t√© largement consid√©r√© par les musulmans comme un jihad pour la d√©fense de l'islam. En d√©pliants distribu√©s en Inde, ceux qui n'ont pas particip√© √† cela, au moins en contribuant financi√®rement, ont √©t√© menac√©s de punition et d√©shonneur √† la fois maintenant et dans l'hereafter.(*44) Le bombardement britannique d'Alexandrie le 11 Juillet 1882, le pr√©lude √† ce qui √©quivalait √† une prise de contr√īle de l'Egypte, a provoqu√© un appel imm√©diat au djihad. Une proclamation du jihad a √©t√© publi√© dans al-Waqa'ial-Misriyyah, le Journal officiel de l'Egypte et dans tout le pays, oul√©mas pr√™ch√© le djihad et a exhort√© les Egyptiens √† soutenir l'arm√©e dans sa lutte contre le unbelievers.(*45) L'invasion de la Tripolitaine par un arm√©e italienne de 60.000 hommes trois d√©cennies plus tard, a provoqu√©, comme nous l'avons vu, une r√©ponse similaire. Un appel au djihad, √©non√ßant en d√©tail les fonctions de "tous les musulmans, en particulier dans des pays comme l'ont √©t√© occup√©s par les ennemis de la religion" et les r√©compenses qui peuvent √™tre attendus par le guerrier et martyr, a √©t√© publi√© par Sayyid Ahmad al -Sharif, le chef de la confr√©rie Senussi, dans le journal du Caire al-Mu'aijad le 29 Janvier 1912. Typiquement, cela a √©t√© interpr√©t√© par le correspondant du Times de Londres comme un appel √† la guerre contre les chr√©tiens, alors que le journal a insist√© pour que le jihad √©tait exhort√© tous les musulmans que contre les Italiens comme des envahisseurs d'un musulman land.(*46) Peu de temps apr√®s, en 1913 -1914, un trait√© sur le djihad, par Sayyid Ahmad al-Sharif, a √©t√© publi√© au Caire. Il s'est adress√© aux musulmans libyens en particulier: ¬ęComment pouvez-vous vivre avec les vip√®res et les scorpions, et avec ceux qui professent ouvertement le polyth√©isme et la Trinit√© et qui d√©truisent les mihrab? [Niches de pri√®re orient√©e vers la Mecque dans la paroi des mosqu√©es]. Comment la lumi√®re du soleil de l'Islam peut briller sur vous lorsque l'√©tendard de la Croix et les T√©n√®bres flotte parmi vous? ".(*47)

Cet examen approfondi des perceptions du panislamisme et du jihad dans les d√©cennies qui ont pr√©c√©d√© le d√©clenchement de la guerre en 1914 sugg√®re qu'il n'y avait rien de vraiment surprenant ou particuli√®rement original sur la recommandation de Oppenheim, dans sa note de cette ann√©e, que d√®s que la Turquie avait √©t√© persuad√©s d'entrer dans la guerre aux c√īt√©s des puissances centrales du sultan-calife devrait proclamer le jihad contre les ennemis de l'Islam. Fomenter la r√©volution comme une strat√©gie de guerre √©tait en soi rien de nouveau en 1914: en guerre avec l'Autriche en 1859, Napol√©on III avait menac√© d'attiser les diff√©rents groupes nationaux de l'Empire des Habsbourg; Bismarck et Moltke adopt√© la m√™me strat√©gie √† la veille de la guerre austro-prussienne, en 1870-1871 Molkte d√©p√™ch√© des agents et parmi eux Gerhard Rohlfs, un mentor du jeune Oppenheim √† la Tunisie pour attiser les Arabes contre la France, et des ann√©es plus tard, anticipant une possible guerre sur deux fronts (dans l' Est contre la Russie et l'Occident contre la France), son neveu, g√©n√©ralement connu sous le nom Moltke le Jeune, consid√©r√© comment l'Allemagne pourrait b√©n√©ficier de la faiblesse de Russie sur ses fronti√®res "vuln√©rables" (Russie-Pologne occup√©e, la Finlande et le Caucase) .(*48)  Il y avait aussi rien de nouveau ou d'inconnu en 1914 sur un appel au jihad. Ce qui √©tait diff√©rent de ces appels pr√©c√©dents a √©t√© le exploitant du jihad et de la passionnante des musulmans √† la r√©bellion par une puissance europ√©enne dans le cadre de sa strat√©gie de guerre dans une lutte avec d'autres powers.(*49) europ√©enne √† la direction de l'Allemagne, en encourageant le djihad chez les musulmans et la promotion communiste r√©volution en Russie √©taient des strat√©gies √©quivalentes visant √† b√©n√©ficier Allemagne imp√©riale. Comme on le sait, c'√©tait responsables allemands qui ont facilit√© le retour de L√©nine en Russie par l'Allemagne de la Suisse neutre en 1917.

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#15 06-08-2013 20:38:47

Adic2010
@rmenaute

Re: Oppenheim / Berlin . Chapitre.4. Le Spectre du Pan-Islamisme et Djihad

fNotes du Ch.4 (*41) >> (*49) :   

41  Peters, Islam and Colonialism, pp. 4?5.

42  Ibid., p. 10. See also the entry on ?Jihad? in Avraham Sela, ed., Political Encyclopaedia of the Middle East (Jerusalem: Jerusalem Publishing House, 1999), pp. 425?26. This excellent short article outlines clearly both the complex meanings of jihad (and the absence of any single, set doctrine) and its invocation in modern history since the Mahdi in the Sudan in the 1880s.

43  Peters, Islam and Colonialism, pp. 46?49.

44  √Ėzcan, Pan-Islamism: Indian Muslims, the Ottomans and Britain (1877?1924), p. 75.

45  Peters, Islam and Colonialism, p. 79.

46  See Erich Graefe, ?Der Aufruf des Scheichs der Senusija zum Heiligen Kriege,? Islam 3 (1912): 141?50 (p. 142). It is also worth noting that, for whatever reason, the Times correspondent downplayed the likely effect of the Senussi call: ?Until the actual text is known, it is difficult to gauge the probable effect of the exhortation, but in view of the general terms in which it appears to be couched, and emanating as it does only from the brother of El Senousi, it is not thought that very great importance need be attached to the proclamation? (The Times, 19 January 1912, report from Cairo dated 18 January).

47  Cit. Peters, Islam and Colonialism, p. 87; also p. 186, note 125.

48  See, inter alia, Hans-Ulrich Seidt, Berlin Kabul Moskau. Oskar Ritter von Niedermayer und Deutschlands Geopolitik (Munich: Universitas, 2000), p. 44.

49  See Gabriele Teichmann ?Fremder wider Willen?Max von Oppenheim in der wilhelminischen Epoche? in Geschichte zwischen Wissenschaft und Politik. Festschrift f√ľr Michael St√ľrmer zum 65. Geburtstag (Baden-Baden: Nomos, 2003), pp. 231?48 (p. 239): ?Zwar geh√∂rte das Kampfmittel der nationalrevolution√§ren Aufhebung seit Beginn des 19. Jahrhunderts zum Arsenal europ√§ischer Machtpolitik. Oppenheim war jedoch der erste, der eine Weltreligion politisch zu instrumentalisieren versuchte.?

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#16 17-05-2015 10:45:49

Adic2010
@rmenaute

Re: Oppenheim / Berlin . Chapitre.4. Le Spectre du Pan-Islamisme et Djihad

http://en.qantara.de/sites/all/themes/custom/qantara/qantara_logo.png . Un article à la sauce germano-orientaliste sur Oppenheim :

The German archaeologist and explorer Max von Oppenheim, Enchanted by the Myth of the Orient

On ne dira pas qu'il est all√© habil√© en turc, pr√©cher la haine dans les mosqu√©es (signal√© par la bureaucratie des renseignements britanniques de l'√©poque). sad    Nil.

#1523

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#17 07-03-2016 16:57:00

Adic2010
@rmenaute

Re: Oppenheim / Berlin . Chapitre.4. Le Spectre du Pan-Islamisme et Djihad

http://bilder.buecher.de/produkte/40/40752/40752772z.jpg . Ce matin je suis allé ce matin à la bibliothèque de Topographie des Terror qui est le musée d nazisme de Berlin. J'y ai photocopié le 1er chapitre avec ses notes du livre Islam and Nazi Germany's War By David Motadel (nov. 2014). On parle naturellement de Max von Oppenheimer et c'est aux pages : 15, 18-21, 24 du 1er chapitre qui nous intéresse. Nil.

#2432

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#18 01-07-2016 01:20:17

Adic2010
@rmenaute

Re: Oppenheim / Berlin . Chapitre.4. Le Spectre du Pan-Islamisme et Djihad

Voici semble-t-il un youtube en anglais plus √©labor√© du JIHAD MADE IN GERMANY :  WWI The Complete Series part 4 of 10 (Jihad) 50mn:27s.

Quand va-t-on faire une version en fran√ßais ?   neutral

Y aura-t-il une version en arabe ?      hmm

Quand va-t-on faire une version en arm√©nien et en russe ?   roll

http://www.globalarmenianheritage-adic.fr/0de/b_dschihad02.jpg
#2674

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#19 29-08-2018 13:52:03

Adic2010
@rmenaute

Re: Oppenheim / Berlin . Chapitre.4. Le Spectre du Pan-Islamisme et Djihad

Les www des renvois à des messages#nn et à des rubriques (#NN) de ce thread Oppenheim / Berlin . Chapitre.4. Le Spectre du Pan-Islamisme et Djihad sont actualisés à ceux du nouveau forum.

~ http://www.globalarmenianheritage-adic.fr/flags/eu_germany.jpg . Thread lié à

- C3/ Deutschland3 - Turco.Ottomans - Hays / Jeunes-Turcs 1908 > 1915 > 1918

- HI . Oppenheim / Berlin . Chapitre.5. "1914 Denkschrift" (Memorendum 1914) . Jihad Made In Germany ?

- au R√ČCAPITULATIF BIBLIOGRAPHIQUE 'JIHAD MADE IN GERMANY' se trouvant √† ce message #5

- Max von OPPENHEIM (1860-1946) - - Chapter.4 on Oppenheim : The Spectre of Pan-Islamism and Jihad. The Background of Oppenheim?s 1914 "Denkschrift betreffend die Revolutionierung der islamischen Gebiete Unserer Feinde" par l'historien Lionel GOSSMAN >> Traduction.4 ~~ Traduction transcrite dans les messages ci-dessus de ce thread

#4798

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